Forum JDR/RPG sur Batman
 

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 Captif

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Dollmaker
MessageSujet: Captif   Ven 30 Juin - 1:11





Captif

Tim Drake - Dollmaker




Tandis qu’il observait le corps de son prisonnier se ranimer nonchalamment, secoué par l’effroyable comptine, le cannibale se rebellait contre l’odeur insupportable de la fumée qui s’était agrippée à ses habits durant l’incendie. Sa gorge se contractait sans relâche, son estomac se rebellait au fond de son œsophage et l’air devant ses yeux grouillait de points noirs. Son ultime spasme libéra une bulle d’oxygène emprisonné, et Barton eut l’impression qu’elle lui emportait une partie de la poitrine lorsqu’elle explosa hors de sa bouche. Il s’essuya le visage avec un mouchoir, nauséeux, écœuré. La double fascination qu’exerçaient sur lui la violence et l’excitation de sa seconde rencontre avec le jeune justicier se lisait dans ses yeux vifs que sa mère avait un jour comparés à ceux d’un chien agressif. Barton parvenait encore à la visualiser les yeux fermés. Mais depuis quelques temps, des taches blanches lui dissimulaient certaines parties d’elle – le lobe d’une oreille, ses cils, les contours de sa chevelure. Le phénomène n’avait pas encore pris assez d’ampleur pour la masquer entièrement, mais il craignait que le temps ne la lui dérobe, qu’il ne broie peu à peu les images dans son esprit et ne les réduise à néant. Si elle avait disparu depuis de nombreuses années, elle apparaissait la nuit dans ses rêves, et il lui arrivait certains matins de penser durant plusieurs minutes qu’elle était dans la cuisine ou en train de boire son café sur le balcon de leur appartement à Plzeň. Il s’agissait d’un cruel tour de son imagination, mais Barton avait appris depuis longtemps à en accepter la logique ; le réveil s’apparentait à une naissance. Il venait au monde sans passé, reconstituait son histoire personnelle entre deux clignements d’yeux et quelques bâillements, puis remettait les morceaux dans l’ordre pour trouver la force d’affronter le présent. L’insecte doté d’une intelligence surnaturelle qui avait toujours vécu dans son cerveau jouait avec lui, rampait en lui, arrachant des câbles au gré de ses caprices.

Dollmaker se pencha, huma l’air à gauche du visage du justicier, puis à droite. Tim, apeuré, le corps entier parcouru d’inexplicables picotements, pouvait déceler de l’allégresse dans les yeux de tueur et pouvait imaginer son cœur battant dans sa poitrine, noir comme du charbon.

Bienvenue chez toi, Tim. Sens-tu cette odeur ? Je crois bien que c’est l’odeur de la peur. Aujourd’hui, dans le Sud, ils font leur possible pour mettre les nègres au pas. Mais je vais te dire une chose, Tim : j’ai moi-même séjourné dans le Sud, et il n’y a que des nègres là-bas. Des nègres blancs, des nègres noirs, des négresses. Et non seulement il y a des nègres partout, mais en plus ils ne sont pas plus utiles que des chiens à deux pattes. Et encore, au moins, les chiens sont capables de flairer une piste de temps à autre. Toi-même, tu es un nègre, mon jeune enfant. Je le sens. Une raclure. De la vermine comme les rats. Comme eux, tu t’assoies sur ton arrière-train, tu observes quand tu te sais à distance prudente, et tu files à toute vitesse dans un trou en un clin d’œil. Tu t’es lâchement enfui de chez moi il y a quelques jours, mais aujourd’hui tu es t’es coincé la patte dans le piège à fromage et tu n’en sortiras plus jamais. Souviens-toi des chaînes que tu portes, elles sont tes seules amies à présent. Et sache que j’attends avec impatience notre dernière danse.

Il s’exprimait d’une voix étrangement légère, presque féminine. Dans le silence malsain qui suivit, Tim entendit les semelles de Bentley couiner sur le sol poussiéreux et les rejoindre dans la « salle isolée » dont la porte s’ouvrait vers l’intérieur – une porte découpée dans de l’acier, aux charnières tellement bien huilées qu’elle alla taper avec force contre le mur de droite. Sur leur gauche, après un court pan de mur nu, se dressait une petite penderie en bois contenant quelques habits – des blouses et des pantalons noués par un lien à la taille – suspendus à des cintres en plastique. Cette pièce n’était en réalité rien d’autre qu’une cellule. Aucune fenêtre, une commode toute simple contre le mur de droite, sol et murs en ciment recouvert d’une peinture blanche institutionnelle. À trois dans la pièce, ils pouvaient à peine bouger sans se cogner mutuellement.

Tu auras une chambre tout à fait correcte à ta disposition, mais si tu te comportes mal avec moi ou avec l’un de mes enfants, si tu t’avises de nous faire du mal directement ou indirectement, c’est notamment dans cette « salle isolée » que tu passeras le plus clair de ton temps. Mais pour l’heure, avant de te faire prendre connaissance des règles qui régissent notre petite communauté, Bentley va retirer tes horribles vêtements puants et t’en donner d’autres.

Le jeune justicier, déshabillé - révélant sur l'ensemble de son corps nu quelques taches bleues et plusieurs cicatrices - puis rhabillé très miteusement par le géant, ne pouvait dire le moindre mot et interrompre le discours insensé du tueur. Le bâillon posé préalablement avant son réveil sur sa bouche ne l’autorisait à échapper que quelques gémissements de colère. Une goutte de sueur s’écoulait de sa tempe gauche sur tout le long de son visage et déviait sur les quelques imperfections. Barton ne cessait de le fixer de son dernier œil valide.

La psychiatrie est complètement en train de changer. Elle a connu sa propre guerre, et aujourd’hui, nous perdons du terrain. Nous, qui croyons aux électrochocs, aux lobotomies partielles, à l’hydrothérapie pour les patients les plus dociles. Nous qui croyons à la psychochirurgie, que la meilleure façon d’atteindre l’esprit consiste à enfoncer des pics à glaces dans le cerveau et à administrer d’importantes doses de médicaments, plutôt que de chercher une acceptation de sa vraie personnalité. Cette nouvelle école est éprise de psychopharmacologie. Pour eux, c’est la voie de l’avenir. Une nouvelle drogue, baptisée lithium, vient d’être agréée ; elle détend les patients psychotiques, ou les dompte, comme diraient certains. Bientôt, les fers appartiendront au passé. Ainsi que les chaînes et les menottes. Si j’échoue avec toi, nous aurons définitivement perdu la bataille. Pas seulement avec toi. En ce moment même, la balance penche en faveur de nos adversaires. Les pharmaciens prendront le relais en lieu et place des chirurgiens, mais ce sera tout aussi barbare malgré les apparences. On continuera à créer des zombies et à les placer dans des établissements spécialisés ; simplement, on recouvrira le processus d’un vernis plus acceptable pour le grand public. Ici, dans cette maison, tout dépendra de toi, Tim. Nous allons tout d’abord t’emmener à l’arrière de la maison pour te faire réfléchir à ce que tu m’as fait l’autre jour. J’espère que cela te permettra de comprendre que ce genre d’attitude n’a plus lieu d’être au sein de cette famille.


Bentley, sans attendre, agrippa soudainement et brutalement la chevelure noire du héros et la tira vers lui pour le faire basculer du lit. Il traîna son corps à terre pour l’emmener à l’extérieur de la demeure, suivit quelques mètres derrière par le Tueur aux poupées, les mains jointes derrière le dos, un sourire narquois à peine dissimulé sur son visage.




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Dernière édition par Dollmaker le Ven 30 Juin - 21:44, édité 1 fois
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Tim Drake
MessageSujet: Re: Captif   Ven 30 Juin - 21:26


« Captif »
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_____Un cauchemar, le troisième cette nuit là. Il se réveilla en sursaut, les jambes protégées sous une épaisse couette, le visage en sueur. Il observa chaque centimètre carré de sa chambre, son regard bleu azur apeuré se baladant, ses jambes se recroquevillant contre son torse, ses bras enroulèrent  ces dernières et son menton rencontra ses rotules.
La porte s’ouvrit, et une silhouette féminine  apparut pour faire glisser ses doigts fins sur l’interrupteur d'éclaircir cette chambre pour enfant. Le petit garçon, fut autrefois Tim Drake lorsque ce dernier n’était âgé que de sept ans et demi. La silhouette, n’était autre que sa mère biologique venu réconforter son fils unique qui venait de faire un mauvais rêve. Elle savait parfaitement pourquoi son enfant était aussi troublé, il avait malheureusement été témoin du meurtre de la famille Grayson. Elle prit son petit garçon dans ses bras afin de le consoler.

« Encore ce mauvais rêve ? Allons... Mon petit cœur tu veux que ton père et moi retardions encore un peu notre départ ? Ça te rassurerait ? »

« Je les vois Maman. Ils tombent…Il n’y a rien pour les rattraper, j’ai vu la détresse sur leur visage jusqu’à la chute… Et je les revois… encore et encore… rien pour éviter la chute… »

« Tim, je sais ce que tu ressens. Je sais que c’est dur pour toi. Ton père et moi nous nous faisons beaucoup de soucis à ce sujet. Mais… je sais que tu es un courageux petit garçon. Un jour, ces cauchemars ne seront plus qu’un mauvais souvenir mon cœur, crois-moi. Un jour, ils te donneront la force de te battre,tu deviendra plus fort jour après jour et nous serons fiers de toi. »


• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

_____Ces paupières sont encore lourdes. Il ne perçoit qu’une silhouette flou se pavaner juste devant lui, lui tournant le dos. Son ouïe est en alerte, il entend cette comptine, cette voix qui lui paraissait si familière, comme un cauchemar éveillé. Il redressa légèrement sa tête du matelas dur dans lequel on l’avait déposé. Il sent la migraine ralentir ses mouvements, comme si on venait de lui vider de l’intégralité de ses forces.
Les souvenirs commençaient à refaire surface et il finit par comprendre où est-ce qu’il avait fini. La voix appartenait à ce cher Barton alias Dollmaker, l’homme à qui, il avait crevé un œil lors de leur première rencontre. Il se souvenait de tout, l’incendie, cette femme, ce piège dans lequel il était tombé. Cette seringue, cette aiguille qui s’était planté dans son bras lorsqu’il avait tenté de reprendre ses esprits au milieu des débris et des flammes. L’anesthésie avait été surement mal dosé, Red Robin se sentait nauséeux, peinant à reprendre le contrôle de son corps.

Les discours de Barton sonnaient comme des sifflements dans ses oreilles. Il n’arrivait pas à tout cerner, à capter ces mots pour leur donner un traître sens. Ces sourcils se fronçaient, et son regard n’en restait pas moins haineux. Il mourrait d’envie de le frapper, de lui casser une bonne fois pour toute sa mâchoire, lui faire comprendre que son œil n’était qu’un aperçu de sa véritable colère. Mais son état ne lui permettait pas cela, une rage intérieur commençait à se faire ressentir chez le jeune homme.
Bentley approcha, l’adolescent grognait. Cet individu l’avait envoyé à l’infirmerie, et il aurait pu faire bien plus à sa victime si cette dernière n’avait pas été assez maline pour fuir le combat au bon moment. Il le déshabilla, c’est extrêmement malsain et terriblement gênant pour le jeune justicier qui essayait faiblement de se débattre pour finalement se rendre compte qu’on lui avait retiré le droit à la parole.

Il observa ces habits miteux avec dégoût. Il laissa échapper quelques gémissements une fois qu’il se sentit plus ou moins réveillé, les effets de l’anesthésie commençaient tout juste à se dissiper. La dose était forte, il mettrait encore une heure supplémentaire avant de retrouver ses forces. Il s’arrêta quelques secondes pour poser son regard azur sur le t-shirt. Sur le côté droit de sa poitrine se trouvait un logo. Un logo bien familier. La typographie avait pratiquement disparu, mais l’aspect losange de ce symbole fit comprendre au jeune héros qu’il s’agissait de vieux vêtements destinés au prisonnier de la tristement célèbre asile d’Arkham.  

L’adolescent laissa échapper de nouveaux gémissements suite aux dernières paroles de Barton. Un regard remplis de rage, montrant à travers ce même regard qu’il ne regretterait jamais de lui avoir crevé cet œil, qu’il recommencerait si cela était nécessaire et que ce psychopathe ne s’en sortirait pas aussi facilement qu’il le croit. Tim est courageux, mais Barton a plus d’un tour dans son sac pour mater ce sale gosse.
Bentley saisit la crinière du garçon, ce dernier laissa échapper un cri étouffé de stupeur. Le cul par terre, débarrasser de son matériel de justicier, il se fit traîner par le géant pendant plusieurs mètres. Le jeune héros planta ses griffes dans la chair meurtrie du colosse pour soulager sa douleur. Il leva les yeux un temps vers son bourreau, puis les baissa en direction de son tortionnaire. Son regard était toujours aussi noir lorsqu’il l’orientait vers le tueur aux poupées. Il hurla soudainement, une phrase à peine audible, étouffé par le bâillon, une phrase, se rapprochant bien du classique « Va te faire foutre. » que l’on connait si bien.

Contre son gré, il fut emmené à l’arrière de la demeure du psychopathe. Bentley colla la colonne vertébrale de sa victime contre une planche de bois pourrie par le temps et les bestioles. L’adolescent se redressait doucement, sentant le vent frais caresser son visage, un sentiment de soulagement de pouvoir observer le ciel étoilé de la ville de Gotham City, ce même ciel qu’il observait du haut des toits de cette même ville lorsqu’il partait en patrouille, seul ou accompagné. Un sentiment de réconfort qui fut vite stoppé lorsque de petites vermines saisirent les bras du jeune homme. Il se débattait, ils étaient faibles, ces hommes et ses femmes à la chair pourris par la maladie et par le temps, enfermés dans l’obscurité, à l’abri des regards, mais ils étaient nombreux contre Tim et Bentley veillait à ce qu’il ne s’échappe pas.
Ces bras s’écartaient du reste de son corps, et il comprit ce qui allait arriver lorsqu’il bascula la tête sur sa gauche pour voir dans les mains de l’ennemi un marteau et un clou rouillé par l'usure.



L’adolescent laissa échapper des cris de douleur étouffé par le bout de tissu qui se trouvait  sur ses lèvres. Le premier clou se planta sur la paume de sa main droite, la douleur est insupportable, l’adolescent ferma les yeux, se retrouvant avec un premier bras paralysé et tétanisé par la douleur. Chaque chose en son temps, une seconde de répit pour le jeune garçon, une expiration, il reprenait son souffle avant que le second clou ne s’enfonce dans sa chair pour passer à travers et se planter violemment dans le bois en forme de croix.
Aussitôt les clous posés, les bras de la victime paralysés, ces cris étouffés meublant le silence de la nuit, Bentley chassa ce que Barton appelait les galeux, les forçant à se tenir à bonne distance du prisonnier avant de les contraindre à dresser cette croix sur laquelle était attaché le jeune garçon.  

La douleur était encore plus intense lorsqu’il se retrouva retenu par la seule souffrance de ses mains clouées contre sa croix. Sa tête se baissa, il sentit les gouttes de sang s’échapper de sa peau pour venir s’écraser sur l’herbe humide à un mètre sous ses pieds se baladant dans le vide. Les cris cessèrent pour laisser place à un violent vertige, son état nauséeux reprenait le dessus, il se sentit presque tourner de l’œil. Mais il se forçait à garder les yeux ouverts, il essayait de se ressaisir.
Il put entendre une dernière fois Barton et le reste de sa petite tribu lui tourner le dos pour le laisser pendre contre cette croix. Maudite religion, et maudit soit ce psychopathe, Tim allait lui mener la vie dure. Si cet homme voulait jouer au jeu du plus malin avec l’adolescent, il allait perdre.

Il profita de cette solitude pour redresser doucement sa tête, observer rapidement les alentours. Le brouillard était présent, on ne pouvait voir à plus de cinq mètres. Si l’adolescent n’espérait pas que l’on puisse entendre ses appels de détresse, il se tourna vers les clous rouillés qui le maintenaient prisonnier sur cet horrible symbole religieux.
Tim essayait de faire bouger sa main, la faire pivoter de gauche à droite en espérant que le clou suivra la cadence pour se décrocher de l’écorce. Sa chair fut broyée, l’hémorragie empira, la souffrance était encore plus intense, mais le bout de ferraille ne bougea pas d’un trait.

Après plusieurs minutes à essayer de se débattre contre une force invisible. Tim finit par accepter sa défaite et abandonner. Il fut contraint de se laisser suspendre pendant plusieurs heures, fermant doucement ses yeux pour entrer dans une forme de méditation que lui avait enseigné son mentor afin d’oublier la douleur et attendre le jugement dernier.


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Dollmaker
MessageSujet: Re: Captif   Dim 2 Juil - 2:49





Captif

Tim Drake / Dollmaker



Le noir dans lequel le jeune justicier reprenait connaissance était aveugle et impénétrable. Un noir à se crever le tympan à forcer d’écouter. Pas d’autre bruit que le vent dans les arbres dépouillés et noircis. Un silence de mort. À ses pieds, il y avait de vieilles chaussures et quelques vêtements miteux comme ceux qu’il portait. Une tache de sang séché sur les feuilles, et une flaque de viscères un peu plus loin. Des os et de la peau en tas avec des pierres par-dessus qui avaient probablement été bouillis. Tout sentait l’humidité et la pourriture. Tim entrait à grandes enjambées dans le néant, yeux fermés, le corps tout entier anéanti d’épuisement. Son tortionnaire, assis par terre, les mains de chaque côté du corps, dans le brouillard et dans de la boue grise à quelques dizaines mètres de lui sur le chemin entre la porte arrière de la demeure et la grande croix, se perdait dans ses pensées. Il avait les pieds mouillés et transis, et ses chaussures partaient en morceaux. L’air était granuleux. De l’eau noire ruisselait des congères de cendre détrempés près de lui. Il ne restait que des rangées de ronces noires et tortues. Sa pâle mère venait vers lui, sortait d’un dais de feuillage verdoyant. Ses mamelons frottés d’argile blanche et ses côtes peintes en blanc. Elle portait une robe de gaze et sa sombre chevelure était maintenue très haut par des peignes d’ivoire et d’écaille. Son sourire, ses yeux baissés.
Barton se méfiait de ses souvenirs. Il disait souvent que les rêves qui convenaient à un homme en péril étaient les rêves de danger et que tout le reste était une invite à la langueur et à la mort. Il dormait peu et il dormait mal. Il était assis là, par terre dans l’obscurité, tandis que s’évaporait dans sa bouche l’insolite saveur d’une pêche vieille de plusieurs saisons. Il se disait que s’il vivait assez longtemps le monde aurait à la fin tout à fait disparu. Comme le monde mourant qu’habite l’aveugle quand il vient de perdre la vue, quand toute chose de ce monde s’efface lentement de la mémoire. Le tueur avait tenu bon jusqu’à présent malgré la maladie, les hallucinations à répétition et les centaines de nuits passées à analyser le pour et le contre de l’autodestruction avec le sérieux de philosophes enchaînés au mur d’un asile d’aliénés.

La lumière faiblissait dans l’espace vert abandonné derrière la maison, vestige d’une très ancienne et luxuriante forêt où poussaient autrefois l’herbe-à-peigne et la pomme de mai et le ginseng, remplacés aujourd’hui par des rameaux morts et dénudés de rhododendrons noueux. Dollmaker ramassa une morille. Il l’examina pour enlever la terre et la cendre, la renifla et en mordit une bouchée de ses dents grises en train de pourrir, longtemps gluantes de chair humaine. Il savourait ce maigre repas solitaire et ne prêtait aucune réelle attention à sa victime suspendue sur la croix de bois - devenue rougeâtre au bout d’une heure et demie – qui peinait de plus en plus à résister. Sa silhouette tombait dans un noir sans profondeur ni dimension. Un dieu en loques s’abandonnant à ses supplices dans le bois dénudé, écoutant les vols des corbeaux tout là-haut dans l’âpre nuit, se traînant métaphoriquement dans des guenilles à travers un désert dantesque et errant sur le fond desséché d’une mer minérale au sol fracturé et fendu comme une assiette qui serait tombée. Tim savait que, tôt ou tard, il serait violé, ou mangé, ou tué, si ce n’était les trois successivement. Il ne pouvait attendre cette vérité.

Barton se releva et marcha enfin vers lui, en tenant sa ceinture d’une main, des yeux profondément enfoncés comme si une bête cachée au-dedans d’un crâne épiait du fond des orbites. Il était exsangue, rachitique. Les bruits de pas dans les feuilles cessèrent, puis reprirent. Pas une parole, pas un appel, ce qui n’en était que plus sinistre. Avec l’arrivée définitive de la nuit et de la pluie, le froid refermait son étau et maintenant le jeune justicier tremblait violemment. Aucune lune ne se levait au-delà des ténèbres et rien ne pouvait le sauver de la démence meurtrière de son tortionnaire. Celui-ci appela ses prisonniers galeux d’un geste de main, qui s’extirpèrent insidieusement du brouillard en périphérie, brandissant chacun une grande hache. Tous s’employèrent à renverser la grande croix rougeâtre en faisant pénétrer sauvagement le métal. Tim bascula en avant et son corps fut écrasé dans l’herbe et les viscères sous le poids du bois coupé en deux après plusieurs chocs. Sous l’averse glaciale, Dollmaker, qui ignorait ses nombreux gémissements de douleur étouffés par le bâillon, le mit sur le dos et lui retira l’un après l’autre les deux grands clous solidement fixés dans la paume de ses mains. Le héros s’épanouit quelques instants sous ses paroles effroyables.

Je pense que le message du Très-haut est passé. Tu peux rentrer à la maison.


Tim était bien trop affaibli pour tenter d’échapper au tueur qui le traînait comme un sac d’ordures sur le chemin de la demeure, portant également sur ses épaules le corps inerte en décomposition d’une autre victime qui avait subi le même sort et qui avait été abandonné dans les environs quelques jours plus tôt. Après avoir été suspendu pendant presque deux heures sur la croix, il comprit avec beaucoup de désespoir et de frustration que cette longue et lente torture n’allait pas être la dernière. Il perdit à nouveau connaissance en observant passivement Barton, fier de sa prise, qui comptait bien s’amuser avec lui le plus longtemps possible.

Le temps n’avait plus la moindre importance dans cet enfer. Au plus les heures allaient passer, au plus s’estomperait dans le cœur du justicier tout espoir de liberté. Il s’éveilla brutalement, le visage percuté de plein fouet par le parquet du sol poussiéreux, et secoué immédiatement après par une violente toux. Ses mains, percées de deux énormes trous, lui faisaient horriblement mal. Il s’essuya le nez avec le revers du poignet avant de relever son visage pour découvrir la pièce dans laquelle il venait d’être jeté. Dollmaker, derrière lui, lui adressa un violent coup de pied pour le maintenir au sol. Un magnétophone à bobines tournait, et un petit micro orienté vers le centre de la pièce surmontait les deux individus. Le tueur pris le temps de griffonner quelques mots sur un petit morceau de papier, et de prendre une photo de son prisonnier avec un appareil jetable, qu’il rangea ensuite au fond de la poche intérieure de sa blouse avant de déclarer :

Voici ta chambre, Tim. C’est ici que tu dormiras si tu te tiens sage. Dans le cas contraire, tu iras dans une salle nettement moins agréable. Il y a quelques règles que tu dois retenir si tu souhaites que ton séjour chez nous se passe au mieux. Cette pièce sera fermée à clé de l’extérieur à chaque fois que tu t’y trouveras. Tu n’auras pas le droit d’essayer d’en sortir. Au moindre bruit trop suspect, nous te corrigerons. Lorsque tu seras en présence de la famille, tu veilleras à nous obéir, et à parler avec respect et déférence dès lors que tu auras droit à la parole. Tu feras exactement ce que nous te dirons, comme nous te le dirons et quand nous te le dirons. Ni plus ni moins. Si tu t’en prends directement ou indirectement à l’un d’entre nous, nous t’enverrons dans la salle d’opération pour savourer quelques plaisirs. Ne t’avise pas d’essayer de t’échapper d’ici. Les portes sont constamment fermées, et les fenêtres sont condamnées. Inutile de crier, car personne ici hormis la famille ne t’entendra. Tu auras droit à un médicament, un repas et une douche de deux minutes par jour. Hormis ta chambre, la salle de bains et la salle à manger, la maison est d’un accès défendu sous réserve de la présence de moi-même ou d’un membre de ma famille. Suis-je assez clair ? J’espère que ce que nous venons de faire à l’arrière de la demeure t’aura fait comprendre qu’il est plus judicieux d’observer la discipline chez nous.


Sans attendre la moindre réaction de son prisonnier, le tueur lui retira son bâillon et s’en alla, éteignant les lumières et refermant comme convenu la porte à clé.




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Tim Drake
MessageSujet: Re: Captif   Dim 2 Juil - 19:40


« Captif»
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_____Tim Drake souffrait, ces muscles avaient tétanisé en moins de deux heures, son corps était resté suspendu à la force de ses bras écartés pendant tout ce temps. Lorsqu’il constata que son cauchemar venait de se finir, il était à peine conscient. Machinalement, les gémissements de douleur sortaient de ces lèvres bâillonnées. Ces paupières étaient très lourdes, mais son regard bleu azur était plongé sur le visage de son tortionnaire qui le décrocha de ce maudit symbole religieux. L’adolescent laissa échapper des gémissements beaucoup plus forts, mais Barton semblait complètement ignorer la souffrance de sa victime.

Une fois les clous retirés, le jeune homme pu enfin respirer de nouveau. Il ramena doucement ces bras contre le reste de son corps, les mains complètement paralysés par la douleur. Le moindre geste était source de souffrance intense aux yeux du justicier pourtant à peine conscient. Depuis tout ce temps, les effets de l’anesthésiant s’était complètement dissipés pour laisser la douleur prendre le dessus. Il aurait aimé arracher de ses propres mains le bâillon qui l’empêchait d’insulter directement Barton et ses mauvaises manières. Il se serait soudainement redresser pour coller sa rotule dans les parties de Dollmaker avant de répliquer par un magnifique coup de boule avant de l’achever en lui enfonçant un de ces clous qui lui avait servi à torturer l’adolescent en plein dans son dernier œil valide, histoire de l’affaiblir une bonne fois pour toute et l’empêcher de nuire de nouveau.

Mais il se sentait bien trop impuissant ce soir-là. Barton payera pour cet affront, un jour ou l’autre. Pour l’instant, le jeune Timothy devra d’abord se remettre de ses blessures. Le sang coulait depuis maintenant plusieurs heures, il avait perdu une importante quantité d’hémoglobine jusqu’à là. Cette perte était sans nulle doute à l’origine de son état comateux, à moitié conscient.
La voix de Barton résonnait dans son esprit, il ne put répondre que par de faible gémissement avant de se laisser trainer, attraper l’une des chevilles pour être reconduit dans la demeure des enfers. Il ne se débattait pas contre le tueur aux poupées, il luttait contre l’épuisement. Son regard se baladait, ces paupières s’ouvraient et se fermaient machinalement. Il essayait de prendre ces repaires dans la maison, savoir où est-ce qu’on l’emmenait, comprendre quel chemin il devra emprunter lorsqu’il se sera libéré de l’emprise de son tortionnaire. Cependant, il ne put pas entièrement se rappeler du chemin, il avait malheureusement perdu connaissance entre temps pour se réveiller dans ce que Dollmaker qualifiait comme une chambre.

Tim s’était doucement redressé, mais un coup de pied de la part de son tortionnaire et il se retrouva de nouveau à terre. Il laissa échapper de nouveau gémissement de douleur avant qu’on ne lui fasse la liste des consignes à respecter. L’adolescent leva les yeux au ciel par signe de mépris et de désintérêt totale pour ces dites règles.
Il restait à terre, ne souhaitant pas prendre le risque de se prendre un autre coup inutilement. Il était déjà bien affaiblis par cette séance de torture, un petit avant-goût de ce qui allait lui arriver d’ici quelques heures de repos si ce dernier ne trouvait pas rapidement une faille pour s’enfuir le plus loin d’ici ou prévenir la chauve-souris.

L’adolescent fut rapidement abandonné à son triste sort. Enfermé dans cette chambre à la décoration douteuse, le jeune homme pu enfin bouger ses lèvres et se redresser pour observer un peu les alentours. Il entendit la porte se refermer derrière lui, le verrou s’activer.
Pendant les premiers instants, le jeune garçon resta assis sur le sol poussiéreux à observer les alentours de sa dite chambre. Malgré l’extinction des feux de Dollmaker, il parvenait quand même à voir quelque chose grâce à la lumière de la vieille télévision toujours allumé. Il prit le temps de se relever pour faire la visite des lieux



Des choses bien étranges dans cette chambre. L’adolescent prenait en compte chaque détail, la chaise renversé, le fusible manquant, les photos des victimes de Dollmaker qui prit un malin plaisir à déchirer pour en abandonner les morceaux sous ces pieds nus. Ces mains le faisaient toujours autant souffrir mais il prenait sur lui, il était déterminé pour trouver un moyen de fuir, mais malheureusement trop exténué pour avoir la force de se libérer de sa prison. L’adolescent s’arrêta quelques secondes sur le carton disposé à côté de la télévision. Il ouvrit la boîte déjà entre-ouverte pour apercevoir des bandages à l’intérieur. Il s’en saisit, il en avait bien besoin pour stopper l’hémorragie qui continuait lentement de vider les dernières forces de l’adolescent.

Il abandonna ces recherches pour ce soir, se concentrant sur ces blessures qu’il se devait de soigner avant d’attraper une quelconque infection. Il s’installa alors sur le fauteuil le plus confortable, et commença à entourer les bandages autour de la paume de chacune de ses mains, serrant de toutes ses forces. Les bandages avaient l’air propre, c’était bien la seule chose qui semblait propre dans cette pièce. Il prit son temps pour confectionner des bandages solides et assez épais pour limiter la douleur du jeune garçon.

L’épuisement commençait à le bouffer de plus en plus, impossible pour lui de continuer ces recherches et d’envisager une quelconque évasion ce soir. Si ça se trouve, Batman est déjà au courant de la disparition de son disciple et est en train de partir à sa recherche. Peut-être que la puce GPS présent dans les affaires de Red Robin était encore fonctionnelle et pouvait bien permettre à son mentor de le sortir de ce merdier.

Il finit par trouver ce qu’il cherchait en fouillant davantage la chambre. L’obscurité refroidissait vite l’air ambiant et l’adolescent était déjà trempé et complètement frigorifié. Ces dents en claquaient. Il finit. Dans les tiroirs de la cheminée, il finit par dénicher une couverture bien chaude. Il allait pouvoir s‘allonger sur toute la longueur du canapé et essayer de se reposer, ne rien faire, fermer les yeux et essayer de reprendre des forces pour faire face à Dollmaker. Il sortira de cette prison, il ne le dit pas, mais il a déjà quelques idées en tête pour fuir l’autorité de son tortionnaire et sortir vivant de ce merdier. Il n'a pas beaucoup dormis, peut-être a-t-il somnolé pendant une trentaine de minute. Il avait les yeux clos, sa tête allongé sur l'accoudoir du canapé, son visage collé contre le dossier du canapé, son corps recroquevillé, frigorifié mais protégé jusqu'au épaule par une couverture de laine puant la poussière, le protégeant du froid ambiant de la pièce.

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MessageSujet: Re: Captif   Dim 9 Juil - 3:03





Captif

Tim Drake / Dollmaker




Tim Drake était allongé au fond du fauteuil dans une obscurité haïssable. Les ténèbres grouillaient derrière ses paupières et lorsqu’il sombrait quelques secondes dans le sommeil, il rêvait qu'elles le pénétraient. Elles entraient, insidieuses, dans ses oreilles et dans son nez, ses doigts humides se présentaient à chacun des orifices de son corps. Sa respiration, les battements de son cœur remplissaient les ténèbres. Parfois la peur se jetait sur son visage, comme un trappeur sur un renard. Il arrivait à penser. Il savait qu’il ne rêvait pas ; dans cette obscurité totale, il entendait le bruit de ses paupières lorsqu’il clignait des yeux. Il se sentait moins bien que la première fois qu’il avait repris connaissance. Le terrible vertige avait presque entièrement disparu, et l’air ne semblait plus lui manquer. Il pouvait distinguer le haut et bas et se rendait à peu près compte de la position de son corps. À force de se presser contre le fauteuil, après avoir passé plus d’une heure la veille sur une croix, il avait mal à l’épaule, à la hanche, aux bras et au mains. L’un de ses doigts était sûrement cassé, l’annulaire.
Le jeune justicier portait sa combinaison ouatinée, recouverte de son propre sang, qui lui faisait un drôle d’effet. Le vêtement sentait la transpiration. Il était libre de ces mouvements, mais il n’y avait nulle part où aller. Les murs de ciment, lisses, s’incurvaient légèrement vers le haut. Entendait-il des bruits ou était-ce son cœur ? Des bruits qui venaient d’en haut. Nettement au-dessus de sa tête. L’oubliette où il se trouvait faisait partie d’une cave située sous une cuisine ou une salle de bains. Des pas sur le carrelage, et de l’eau qui coulait. Le crissement des ongles d’un animal, Jack-in-the-box, sur le linoléum.

Une grande salle de bains au carrelage blanc, avec des lucarnes et des accessoires italiens brillants qui se détachaient sur les vieilles briques nues. Une coiffeuse raffinée, flanquée de plantes vertes et chargée de cosmétiques, dont le miroir s’emperlait de buée. De la douche sortait la voix du tueur qui fredonnait une octave trop haut « The man comes around » de Cash. Après s’être rincé une première fois, Barton se frictionna avec une lotion tonifiante, en se servant d’un gant pour les parties de son corps qu’il n’aimait pas toucher. Ses jambes et ses pieds étaient un peu poilus, mais il décida qu’il n’était pas nécessaire de les épiler. Il se frictionna jusqu’à ce que sa peau rosisse, puis s’enduisit d’une bonne crème émolliente. Son grand miroir en pied était dissimulé par un rideau coulissant sur une tringle. Un traitement électrolytique l’avait débarrassé de sa barbe et dessiné ses courtes dreadlocks. Il regardait son pénis et ses testicules avec beaucoup de mépris, ne pouvant supporter d’être né avec l’opportunité de procréer, lui qui haïssait tant le monde qui l’entourait et qui l’avait rejeté. Jack-in-the-box gratta à la porte en entendant la voix de son maître. Barton passa un peignoir et sortit pour l’accompagner à la cuisine. Il sortit deux plateaux repas de son four à micro-ondes. Le garde du corps dévora son plat mais ne toucha pas aux légumes. Le tueur, quant à lui, ne laissa que les os de son plateau.

Ils descendirent tous deux au sous-sol, rassasiés. De cave en cave, de coin en recoin, le sous-sol divaguait comme le labyrinthe qui, dans les rêves, empêche de progresser. De temps à autre, Barton prenait son plaisir – Matilda - dans les pièces les plus reculées, loin des escaliers. Il y en avait, tout au fond, qu’il n’avait plus ouvertes depuis des années. Certaines étaient encore occupées, bien que derrière leurs portes les hurlements avaient depuis longtemps fait place au silence. Le niveau du sol variait d’une pièce à l’autre, parfois de trente centimètres. Il y avait des seuils à franchir, des linteaux à éviter. Il était impossible de faire rouler des fardeaux ou de les tirer ; et il était risqué de faire marcher devant soi quelque chose qui trébuche et pleure, supplie et se cogne la tête. Tout le sous-sol était plongé dans les ténèbres. Sous la cave au sol sablonneux, dans l’oubliette, Tim peinait à garder le silence. L’œil humain ne voyait rien dans une telle obscurité, mais le sous-sol était plein de petits bruits. De l’eau gouttait et de petites pompes bourdonnaient. Les faibles échos qui y résonnaient faisaient paraître la pièce plus grande. L’air était humide et froid. Le tueur et son garde, habitués à cette obscurité, pouvaient se déplacer normalement. Quelques papillons de nuits voletaient et se posaient, sans danger, sur le grillage qui entourait les plafonniers. Il observa un instant, en extase, l’un d’eux qui grimpait le long d’une plante morte. Cette femelle escaladait soigneusement une tige de belladone, à la recherche d’un endroit où déployer ses ailes humides, toutes neuves, qui capitonnaient son dos. Le célèbre dessin apparaissait. Un crâne humain, merveilleusement exécuté en écailles douces comme de la fourrure, le regardait.

Ils se dirigèrent ensuite vers l’oubliette et franchirent la porte. La chose était couchée sur le côté, repliée comme une crevette morte. L’expérience avait enseigné à Barton qu’il fallait attendre de quatre à sept jours avant de commencer à prélever la peau. Une brusque perte de poids la relâche, ce qui permet de l’enlever plus facilement. De plus, le jeûne affaiblit les sujets et les rend plus maniables. Plus dociles. Certaines sombrent dans une stupeur résignée. Néanmoins, il faut leur fournir quelques rations afin de prévenir le désespoir et les crises de rage, destructrices, qui peuvent endommager la peau. La peau humaine est lourde – seize à dix-huit pour cent du poids total du corps – et glisse entre les doigts. La peau toute entière n’est pas facile à manipuler et tombe facilement si elle est encore mouillée. Le temps aussi est un facteur important ; elle commence à rétrécir dès que l’on prélevée, surtout chez les jeunes adultes dont le grain est plus serré. Impossible cependant de travailler sur un matériau trop frais. Barton avait dû faire de nombreux essais, le cœur battant, avant de trouver la bonne technique. Il faisait d’abord tremper les peaux dans des aquariums pleins d’extraits de végétaux élaborés par les Indiens d’Amérique – des substances naturelles qui ne contenaient pas de sels minéraux. Puis il utilisait la méthode qui permet d’obtenir le daim incomparable du Nouveau Monde, souple comme du beurre – le tannage à la cervelle. Les Indiens croyaient que chaque animal avait juste assez de cervelle pour tanner sa propre peau. Barton savait d’expérience que ce n’était pas vrai, même dans le cas des primates supérieurs. Il avait un congélateur plein de cervelles de bœuf, aussi n’en manquait-il jamais. Le tannage, il pouvait s’en tirer ; la pratique avait fait de lui un expert. Restaient les problèmes terribles de la forme, mais là aussi, il était particulièrement bien qualifié pour les résoudre.

Le prisonnier n’avait encore rien perdu hormis du sang. Il était si spécial à ses yeux, si important. Tim essaya de ravaler sa peur en déglutissant. Dollmaker, sous l'œil attentif de son garde du corps, laissa un temps de silence de plusieurs dizaines de secondes, en fixant froidement sa proie, instillant son dégoût dans son regard, avant de lui adresser la parole.

C’est l’heure de manger. Lève-toi.




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MessageSujet: Re: Captif   Mar 11 Juil - 0:08


« Captif»
ft. Dollmaker
_____Le bruit de la porte grinçante retira Tim du monde des rêves. Ces pupilles s’ouvrirent grandement pour observer avec attention l’aspect du cuir du canapé sur lequel il était allongé. Toujours recroquevillé sur lui-même, il semblait un peu surpris de ne pas s’être réveiller dans sa chambre, au manoir Wayne. Depuis son arrivé dans la demeure de Barton, il avait toujours pensé que tout ceci n’était qu’un rêve, ou plutôt, il essayait de se faire croire que tout ceci n’était qu’illusion. La douleur était réelle ainsi que l’odeur répugnante des environs.

Il entendit les bruits de pas se rapprocher de lui, mais il ne bougea pas d’un pouce. Il écoutait attentivement. Ils étaient deux, dont l’un qui marchait à quatre pattes. Il en déduit la présence de Barton et de son pseudo garde du corps Jack. L’adolescent est toujours immobile, il sent le corps de Dollmaker lui faire davantage d’ombre. Il est proche, trop proche, et le regard de Tim ne décrochait toujours pas du cuir du fauteuil. Lorsque Barton retira les draps qui protégeaient le corps du jeune justicier de la fraicheur et déclara que c’était l’heure de manger, il ne bougea pas d’un trait.
Dix secondes, puis vingt secondes de silence, Dollmaker perdait facilement patience. Il avait décidé que le garçon allait respecter son autorité. Une seconde plus tard, il sentit une puissante pression s’exercer sur son bras gauche. Il se débat vivement, contraint de se lever de son lit. Les ongles sales de Jack se plantaient dans sa chair, il rapprocha son visage de sa victime qui grimaça de dégoût avant de lui cracher au visage. Il se prit un violent coup de poing qui manqua de lui dévisser la tête. L’adolescent sent son corps se plier en deux, ses dents étaient désormais teintes de rouge. Jack frappa de nouveau, laissant le temps à son maître pour attacher les mains de cet adolescent plutôt turbulent aujourd’hui.

Jack ressaisit le bras du petit, Dollmaker saisit le second bras, les deux hommes trainèrent leur prisonnier en dehors  de sa pseudo chambre. Il se débat beaucoup, c’est le moment de tenter une évasion pendant qu’aucun verrou ne l’empêche de sortir de cet endroit. Plus le garçon se débattait, et plus la force de ses deux tortionnaires augmentaient. Ils empruntèrent un escalier que l’adolescent refusa de monter pendant les premières secondes avant d’y être complètement contraint.
Les deux hommes emmenaient Tim jusqu’à ce qui semblait être une salle à manger. Le prisonnier observa derrière lui le chemin qu’il avait parcouru pour en arriver là. Sa tête pivota devant lui pour chercher une issue de secours pour fuir cet endroit au plus vite. Rien, toutes les fenêtres étaient condamnées et seul les lampes poussiéreuses éclairées la pièce. Bentley se tenait juste en face de la table où le repas était déjà servi. Il trainait derrière lui une chaise d’une main, la chaise du captif qu’il posa juste devant ces couverts. L’autre main tenait de solide cordage.
A peine Tim fut installé sur la chaise et qu’il tenta de se redresser, Bentley le cloua sur cette chaise. Jack attrapa le cordage et ligota le jeune homme, le haut de son corps à cette chaise, effectuant plusieurs tours avant de serrer au maximum pour ne lui laisser aucune opportunité de fuite. Le souffle du garçon en fut coupé. Quant à Barton, il s’occupa d’attacher les jambes baladeuses du justicier, chevilles et cuisses attachées entres elles. Ils étaient trois sur lui, exerçant ensemble une importante force physique sur le pauvre jeune homme, luttant en vain de se sortir de cette misère.

La pression est relâchée, Tim serra les dents, puis comprenant qu’il lui était impossible de bouger, il observa les alentours pendant que le reste du groupe s’installait. Bentley à gauche du garçon, Jack à droite et Barton juste en face de lui. Au fond de la cuisine, son attention fut perturbée par un objet étrange, similaire à ce qu’il avait vu dans sa chambre. Un fusible, le fusible manquant disposé suspendu sur la clé d’un tiroir. Il fallait qu’il attrape cet objet, mais aucun de ces trois-là ne lui laissera atteindre librement le fond de la cuisine. Il devait attendre, trouver un bon moyen de le récupérer. Devant lui se trouvait une cloche de métal rouillé cachant son soi-disant repas. Il se relève pour laisser place à de la viande et un peu de légume. Tim dévisageait l’assiette, il n’y croyait pas à cette histoire d’assiette généreuse.

Alors quand on le força à manger, car attacher comme il était, il ne pouvait manger de son propre chef, l’adolescent détourna automatiquement la tête. Pas question pour lui de jouer à ce petit jeu-là. L’adolescent tient tête, face à son tortionnaire, il est en forme malgré ces violentes blessures. On essaye de ramener son visage vers la fourchette qui tenait le morceau de viande, main sous le menton. Tim arrivait toujours à se libérer de leur emprise malgré leur insistance. On lui ordonnait de manger, il foudroya du regard Dollmaker.

« Oh non, je ne jouerais pas dans ton petit jeu Barton. Je sais ce que tu fais. Si je me laisse faire, je prendrais des forces, je serais plus résistant face à tes supplices et je tiendrais plus longtemps pour que ton plaisir dur. Il n’y a aucune autre raison qui peut pousser son tortionnaire à nourrir son prisonnier. Et je n’ai pas peur de mourir. Ce n’est qu’une question de temps pour qu’il vienne et qu’il t’arrache les dents une par une. Il s’inquiète assez rapidement quand je disparais. » Il secoua la tête pour essayer de se libérer. Ces mains commençaient déjà à s’occuper des nœuds de ses liens. « Tu ne sais pas dans quel pétrin tu t’es mis… et tu vas sévèrement le regretter. »

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Dollmaker
MessageSujet: Re: Captif   Dim 16 Juil - 2:11





Captif

Tim Drake / Dollmaker




La maison était lugubre, avec un toit en bardeaux d’asphalte, tachés de rouille aux endroits où les gouttières avaient débordé. Les fenêtres étaient condamnées de toutes parts. Il était impossible de déterminer qui du soleil ou de la lune avait pris le dessus sur l’autre. Partout, des caisses empilées presque à hauteur d’homme, entre lesquelles on avait pratiqué des passages, remplissaient les pièces – des caisses en carton pleines d’abat-jour en peau humaine et de cadavres d’animaux, de paniers d’osier, de vieux draps de lit sentant l’urine de rongeur. Cannibalisme, taxidermie, mutilation des corps, nécrophilie. Dollmaker avait transformé au fil des années sa demeure en charnier, une gigantesque et effroyable chambre de torture érotique. Dans la cuisine, surchauffée par un radiateur, Matilda jouait avec un enfant mort dont le visage ressemblait plus à de la viande qu’à une tête. Le devant et le haut n’étaient plus qu’une mare d’hémoglobine où surnageaient de la chair arrachée, un seul œil planté sous les narines et des orbites remplis de sang.  En partie éviscéré, le bébé, taillé en pièces, semblait avoir explosé tant les murs étaient éclaboussés de gouttes de sang.

La cuisine sentait l’humidité. Les petits tapis disposés au hasard étaient usés jusqu’à la trame. Dans un coin, il y avait des morceaux de chair, durs et noircis, dans une soucoupe. Barton et Jack-in-the-box avaient laisser tomber le jeune justicier à terre tout près de Matilda. Elle ne leva les yeux vers lui que quelques secondes, préférant se noyer dans ceux du cadavre qu’elle portait et bordait soigneusement. Une timide comptine s’échappait entre ses lèvres rosées délicieusement pulpeuses. Bentley, le tas de muscles au crâne rasé, était le premier à s’être assis à la petite table ronde au milieu de la pièce. La chaise en bois peinait à soutenir son poids et ne tarderait pas à craquer. Il regardait l’écran grésillant de la vieille télévision à antenne posée sur le plan de travail un peu plus loin. Dollmaker s’était composé un programme à partir de deux extraits de films copiés sur cassette. Ils le regardaient tous ensemble, tous les jours, quand le maître s’adonnait à des préparations importantes, et toujours avant de prélever une peau. Le premier extrait provenait d’un film rayé des actualités en noir et blanc de 1948. C’était les quarts de finale du concours de Miss Sacramento, une étape sur la longue route menant à l’élection de Miss Amérique, à Gotham City. Pour le défilé en maillot de bain, toutes les filles montaient une par une sur la scène, des bouquets de fleurs à la main. En entendant la musique, Matilda lorgnait à chaque fois du côté de son père, sachant qu’il finirait par la serrer dans ses bras avant de satisfaire son plaisir charnel.

Les candidates faisaient très Deuxième Guerre mondiale. Certaines avaient un joli visage, d’autres des jambes bien faites, mais dont la chair manquait de tonus musculaire et tremblotait un peu au genou. Elle arrivait au bas de l’escalier, dans son maillot blanc, adressait un radieux sourire au jeune homme qui l’aidait à monter les marches, puis s’en allait sur ses hauts talons, la caméra fixée sur le galbe de ses cuisses.  Maman. C’était maman. Barton n’avait jamais eu besoin de toucher la télécommande ; il avait tout fait en copiant le film. Maman retraversait la scène à reculons, redescendait l’escalier, relançait un sourire au jeune homme, remontait l’allée, puis tout recommençait, en avant puis à reculons. Quand elle souriait au jeune homme, le tueur souriait aussi. On la voyait ensuite dans le groupe, mais c’était toujours flou en arrêt sur image. Mieux valait le mettre en accéléré et ne faire que l’apercevoir. Maman avec les autres filles, congratulant la gagnante.

L’extrait suivant était un piratage de la télévision par câble dans un motel de Gotham City – il avait dû, en toute hâte, aller acheter un magnétoscope et rester une nuit de plus. C’était un film en boucle qu’ils faisaient passer sur une chaîne par câble miteuse, tard dans la nuit, comme fond à des publicités pornos qui apparaissaient sur l’écran, en caractères d’imprimerie. C’était de la camelote, des films coquins drôlement anodins des années quarante et cinquante, plus une partie de volley dans un camp de nudistes, et les scènes les moins explicites de films pornos où les acteurs portaient de faux nez et gardaient leurs chaussettes. La bande-son était faite de bric et de broc. Barton ne pouvait rien faire au sujet des publicités qui rampaient sur l’écran. Il devait les supporter.

La piscine apparaissait soudain, dans une végétation californienne. De beaux meubles de jardin, très années cinquante. Des nageuses nues, certaines fort gracieuses. Quelques-unes auraient pu figurer dans des séries B. Potelées et fringantes, elles sortaient de la piscine et couraient, bien plus rapides que la musique, gravir l’échelle d’un toboggan. Elles glissaient en riant et plongeaient, les seins dressés, les jambes jointes, plouf ! Et voilà maman. Elle émergeait de la piscine derrière une fille aux cheveux frisés. Son visage était en partie caché par une publicité pour un sex-shop, mais on la voyait s’éloigner et monter à l’échelle, toute luisante d’humidité, merveilleusement souple et bien en chair, avec une petite cicatrice de césarienne. Elle glissait sur le toboggan. Tellement belle, et même s’il ne pouvait pas voir son visage, Barton savait, au fond de son cœur, que c’était maman, filmée après qu’il l’eut vue pour la dernière fois. Sauf en imagination. La scène enchaîna sur une publicité filmée pour un conseiller conjugal.

Tandis que la famille Mathis regardait et écoutait attentivement les images qui s’extirpaient de l’écran de la vieille télévision, Tim, énervé, épuisé, tenait par la seule force de la volonté. Il ne savait ni quoi dire ni que faire face à ce spectacle épouvantable. Il restait assis à table sans bouger, mains, jambes et bras ligotés, à l’endroit où on l’avait posé de force durant la transmission des deux extraits, et avait l’impression qu’une conscience étrangère était lâchée dans sa tête, tel un ours dans un camping-car vidant des étagères à coups de patte. La chaleur était insupportable. Les vêtements miteux du justicier absorbaient toute la sueur qui recouvrirait bientôt l’ensemble de son corps, du front aux orteils. Le Tueur aux poupées fit un bref mouvement de tête vers sa fille qui se mit aussitôt au garde à vous jusqu’au second signe qui l’autoriserait à aller chercher la cloche en métal dans le four. Les insectes aux mille pattes s’éloignèrent diligemment du milieu de la table sous peine de se faire écraser par le plat. Tous attendaient avec appétit le menu du soir préparé par le Tueur. L’odeur qui se dégageait du four et qui s’insinuait malicieusement dans les narines était insupportable pour le jeune héros. Une écrasante sensation de nausée et plusieurs contractions de son estomac le firent grimacer. Vertiges, sueurs froides, Tim devait résister pour ne pas s’humilier devant ses tortionnaires. Dollmaker lui sourit tandis qu’il enlevait la cloche pour révéler le contenu de son dîner.

Voilà pour toi, mon cher. J’ai préparé ce petit avec passion. Je l'ai fouetté jusqu'à ce que le sang coule sur ses jambes. J'ai coupé les oreilles et le nez, agrandi la bouche, sorti les yeux des orbites. J’ai enfoncé le couteau dans le ventre et y ai placé ma bouche pour boire le sang. Puis, je l'ai démembré, et j'ai coupé le tronc au-dessus du nombril, et les jambes à environ cinq centimètres en dessous de son derrière. Après j'ai tranché la tête, les pieds, les bras et les jambes au-dessus du genou. Je suis rentré à la maison en emportant la viande. Mes morceaux préférés : le sexe, les rognons, et un délicieux petit derrière bien grassouillet pour le rôtir au four. J'ai préparé le ragoût avec ses oreilles, son nez, des morceaux de visage et du ventre. J'y ai mis des oignons, des carottes, des navets, du céleri. Les fesses, je les ai coupées en deux, et mises sur le plat avec sur chacune des lanières de bacon. J'ai versé un demi-litre d'eau pour le jus de la sauce. À intervalles réguliers, j'ai arrosé de jus son derrière avec une cuillère en bois afin que la viande soit juteuse. Jamais je n'ai mangé une dinde rôtie qui ait été la moitié aussi excellente que ce délicieux petit cul grassouillet. Nous en aurons pour quatre jours. Par contre, ses petites roubignolles étaient trop dures. Elles seront trop difficiles à manger. Je les ai jetées dans les toilettes.

Tim ferma les yeux et interrompit sa respiration pour empêcher le reflux du contenu de son intestin grêle. C’en était déjà trop pour lui. Il pouvait dès à présent se rendre pleinement compte de toute l’horreur que Gotham City abritait en son sein. Dollmaker représentait à ses yeux tout le mal qui rongeait la ville. Son histoire était pour les psychiatres du monde entier l’incarnation en chair et en os de tous ces monstres de légende qui les avaient effrayés, fascinés et excités dans leur enfance. Comme la sorcière dans Hansel et Gretel, cette vieille personne apparemment inoffensive qui offre des bonbons et qui s’avère être une cannibale. La plupart des gens qui avaient souffert dans leur enfance s’en étaient sortis et étaient devenus des êtres humains respectables et équilibrés. Mais le tueur, lui, avait toujours réitéré les mêmes erreurs et n’était jamais parvenu à franchir le pas vers l’âge adulte ni vers l’âge mûr. Au moment précis où il devait atteindre l’épanouissement, au contraire, il se disloquait émotionnellement. Il se voulait être important, original. Assoiffé de pouvoir, souhaitant atteindre une forme d’autosatisfaction, il recherchait désespérément une sensation de maîtrise en tuant, en torturant, en sodomisant, en démembrant des corps. Dollmaker ne tuait ni pour l’argent ni par vengeance, mais parce que cela lui procurait une sensation de bien-être. D’exaltation. D’excitation. De plaisir. Le cannibalisme qu’il exerçait avec complaisance, qui brise l’un des tabous les plus profonds de la société, était le vecteur d’une telle quête. Il jouissait de la souffrance de ses victimes et s’efforçait de rendre leurs derniers instants longs et douloureux. Cela lui permettait de se sentir supérieur à elles, à la mesure même de leur impuissance.

Le justicier était impuissant, remuant vainement le corps pour tenter de se libérer de ses liens. Mais ses tortionnaires avaient pris les plus extrêmes précautions. Il n’était plus question de le laisser s’enfuir. Tim allait être là pour un long moment. Tous se mirent à manger avec entrain à l’exception du jeune héros. Et bien que ses liens l’empêchassent de se mouvoir, il ne fut pas enthousiasmé à l’idée de participer au festin. L’écœurement qui se lisait sur son visage était suffisamment explicite. Toutefois, Matilda se leva volontairement pour le forcer à manger. Jack, Bentley et le maître interrompirent leur dégustation pour se concentrer sur la réaction de Tim.

Oh non, je ne jouerai pas dans ton petit jeu, Barton. Je sais ce que tu fais. Si je me laisse faire, je prendrai des forces, je serai plus résistant face à tes supplices et je tiendrai plus longtemps pour que ton plaisir dur. Il n’y a aucune autre raison qui peut pousser son tortionnaire à nourrir son prisonnier. Et je n’ai pas peur de mourir. Ce n’est qu’une question de temps pour qu’il vienne et qu’il t’arrache les dents une par une. Il s’inquiète assez rapidement quand je disparais. Tu ne sais pas dans quel pétrin tu t’es mis… Et tu vas sévèrement le regretter.

Les protégés du tueur, choqués par un tel affront du prisonnier envers leur maître, se levèrent et le fixèrent froidement. Matilda appréhendait la fureur de son père, mais il n’en montra aucun signe. Il resta assis un moment sans faire le moindre geste, les mains croisées et posées sur la table, un léger sourire au visage. Bentley, lui, ne put retenir sa frustration et jeta ses couverts violemment. Dollmaker avait l’habitude de séquestrer pour entretenir une relation particulière avec ses proies afin de ne pas être seul. Le seul rapport qu’il était capable de vivre, parce qu’il se sentait profondément rejeté par les humains, était avec des cadavres. C’était sa manière d’être entouré, d’avoir de la compagnie. Il gardait ses victimes près de lui et elles ne pouvaient l’abandonner à l’inverse de tous ceux qui l’avaient côtoyé dans le passé. Mais avec Tim, c’était différent. Ce n’était pas de la peur mais de la haine. Il délia ses mains et fit un rapide geste à son garde du corps. Jack poussa un hurlement strident et bondit vers le héros. Il agrippa sa chaise et le traîna jusqu’en salle d’opération. Barton se leva et suivi à quelques mètres derrière. Le lutin diabolique coupa ses liens et, avant qu’il n’ait pu faire le moindre geste agressif contre lui, déposa brutalement son corps sur la table métallique glaciale. Les deux monstres l’attachèrent cette fois-ci avec des sangles. Tim tentait de se débattre mais c’était peine perdue face à la démence meurtrière qui les habitaient et les plongeaient dans un état de folie incommensurable. Quand il fut parfaitement relié à la table d’opération, Dollmaker pencha son visage vers le sien.

Au centre pénitentiaire et psychiatrique d’Arkham, j’ai reçu plus de courrier que tous les autres détenus réunis. Beaucoup d’entre eux auraient aimé parler au public. Il se sentent parfois innocents, ont besoin d’assistance, de conseils. C’était impossible car je me trouvais parmi eux. Il se développe beaucoup de haine en prison envers quelqu’un comme moi, si médiatisé comme une espèce de superstar.  À propos de mon comportement, il apparait aux yeux des psychiatres qu’il doit y avoir un élément dont la science n’a pas encore tenu compte : le concept du Mal, de l’Enfer. Ce qui les passionne le plus, ce n’est pas tant à quel point le cannibalisme, le vampirisme, ces choses de cette nature, sont mal car on peut argumenter. La victime est déjà morte. Alors qu’est-ce qui est pire ? La tuer, ou manger son foie après l’avoir fait ? On pourrait affirmer que le cannibalisme, cette forme extrême d’agression, est enfuie en chacun de nous. Il y a une part d’agressivité chez tout le monde. Cela fait partie de la nature humaine. Nous sommes tous des cannibales potentiels. J’ai démarré dans la vie avec de nombreux fantasmes. Un mélange de sexe et de violence. Parce que je ne pouvais partager ces fantasmes avec d’autres, je me suis retrouvé seul pendant longtemps. Lesquels fantasmes ont augmenté en complexité et en fréquence. J’ai commencé à tuer pour me lancer à la poursuite de mes rêves. Je tente de parfaire ces fantasmes. Mais tant que cette perfection restera hors d’atteinte, je continuerai à tuer jusqu’à réussir le meurtre parfait. J’y arriverai peut-être avec toi, et c’est bien pour cela que tu as besoin de manger. Et tu mangeras, de gré ou de force, sois en sûr.

Dollmaker s’en alla récupérer une bouteille de détergent dans l’une des armoires plus loin dans la salle et en prépara une dose dans une petite seringue. Il tapota le poignet de Tim, affreusement paniqué et tremblotant, pour faire ressortir une veine et procéda à l’injection sans la moindre hésitation. Les premières convulsions n’allaient pas tarder à se manifester. Jack-in-the-box, quant à lui, ouvrit la bouche du justicier et y déposa un grand entonnoir, les mêmes utilisés pour engraisser les volailles. Des gémissements de terreur s’extirpaient du fond de sa gorge, ultime baroud d’honneur pour tenter d’échapper aux horreurs qui l’attendaient dans les prochaines minutes.



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Tim Drake
MessageSujet: Re: Captif   Mer 19 Juil - 21:33


« Captif»
ft. Dollmaker
_____Il s’attendait à une réaction aussi violente et il ne craignait pas d’attirer la fureur de son tortionnaire comparé à ces précédentes victimes. Il avait déjà eu à faire avec des psychopathes du même genre que Barton, il savait à peu près comment fonctionnait ces individus avec leurs captifs. Certes, Timothy ne connaissait pas les intentions précises du tueur aux poupées, mais il en avait déjà une petite idée. L’adolescent avait cherché Barton en refusant de se prêter à son petit jeu et de manger la chair d’un habitant de Gotham City qu’il était censé protéger de ce genre de criminel. Il préférait se laisser mourir affamé, et cela semblait grandement déranger son tortionnaire.

Suite à cette provocation, le jeune garçon sentit son corps attaché à la chaise basculée légèrement en arrière. Il sentit la force du garde du corps tirer la chaise derrière lui pour l’emmener dans une pièce que le jeune homme avait déjà croisée auparavant, la salle d’opération. Les battements de cœur accéléraient leur cadence, les deux monstres s’étaient jetés sur le justicier impuissant. Les liens étaient coupés, Tim se débattait machinalement dès qu’il se sentit libre de ses mouvements. Bentley écrasa le corps de l’adolescent sur le métal froid de la table d’opération. A ces yeux, Tim ne faisait que gesticuler vainement, luttant contre une force brute quatre fois supérieure à la sienne. Pendant que le géant le bloquait sur la table, ce dernier put entendre les ricanements de Jack et les sangles se resserrées au maximum sur sa peau pâle, jusqu’à couper le souffle agitée de sa victime.

Tim est à la merci du Dollmaker qui ne se rapprocha de sa victime uniquement lorsqu’elle fut totalement immobilisée. Ces poings se refermèrent, le justicier gigotait faiblement pour tenter de trouver une faille sur ces sangles. Les discours de Barton ne l’intéressait pas, il voulait sortir de ce merdier, collé une bonne droite à ces tortionnaires et fuir de cette demeure.
Il observa son bourreau s’éloigner pour aller chercher son matériel, idéal pour calmer un enfant perturbé par son nouvel environnement. Tim jeta un coup d’œil sur cette bouteille contenant un liquide coloré et trouble, un aspect peu rassurant aux yeux du surdoué qui avait parfaitement déduit la toxicité de ce produit, probablement des produits de nettoyage. Au-dessus de sa tête, le jeune héros pouvait entendre les ricanements de Jack lorsque son maître saisit le poignet tremblant du héros à la recherche d’une veine pour y insérer l’aiguille de la seringue. Tim était beaucoup trop concentré sur les agissements du Dollmaker, qu’il en oublia son garde du corps. Ce dernier profita de ce moment de distraction pour lui ouvrir la bouche et coincer entre ces dents le tuyau d’un entonnoir qu’il enfonça profondément dans sa gorge.

Une sensation désagréable, Timothy se débattait vainement, une nouvelle fois. Entre la sensation d’un liquide froid et dense qui se promenait dans ses veines et ce tuyau qu’il sentait pénétrer jusqu’à son œsophage, il sentit son corps trembler et essayer machinalement de se débattre. Sa tête était complètement immobilisée, droite, ces yeux fixant le plafond. Il sentit la main froide de Jack lui saisir le bas du menton, lorsque son organisme tentait d’expulser le tuyau dans sa gorge. Le lutin forçait sa victime à garder la tête droite, le menton orienté vers le ciel pour le pousser à avaler plus vite et à accepter la présence de l’entonnoir dans sa gorge. Les premiers effets du détergent se font également ressentir et Tim commençait à convulser. C’est à ce moment-là que Barton décida de gaver son prisonnier avec la bouillie de chair humaine, mélanger avec le reste de sang qui ne s’était pas encore dessécher. La nourriture passait par le tuyau pour entrer de force dans son système digestif.  La mixture descendait trop vite, Red Robin la sentit faire des va-et-vient dans sa gorge sans pour autant entièrement sentir le goût de cette chair humaine. Il sentait plus le goût du plastique sale de l’entonnoir qu’autre chose.

De longues minutes d’agonies que Barton savouraient. Il pouvait observer les yeux de sa victime, d’un bleu parfait faire ressortir une certaine peur chez le justicier. Une sensation qui lui était non seulement douloureuse mais aussi inconnue. Personne n’avait pensé à le gaver comme une oie et à l’empoisonner au détergeant.
Lorsque le contenu de son assiette fut engloutit de force par le jeune garçon, l’entonnoir fut rapidement retirer, sans aucune délicatesse, provoquant de petites séquelles dans le système digestif de l’adolescent. Il retrouva son souffle d’un coup, une délivrance pour lui. Il sentit ensuite son estomac complètement lourd, un état nauséeux commençait doucement à se faire ressentir ensuite. L’état de délivrance était parti peu de temps après les premières grandes bouffées d’air. Les convulsions étaient devenu plus intense et rendait l’adolescent particulièrement inoffensif, dans un état second. Son regard était vide, sa tête se déroba lorsque Jack lui lâcha le menton, observant l’horizon remplis de ténèbres.

Détaché, trainé jusqu’à sa chambre, Red Robin fut incroyablement calme, à la grande satisfaction de son tortionnaire. Il fut raccompagné dans sa chambre sans aucune protestation. Le silence complet, la gorge encore en feu, il sentit Bentley le trainer par la seule force de son bras. Il fut lâché à quelques mètres de la porte d’entrée, allongé sur le ventre, le corps tremblant, les convulsions devenant de plus en plus douloureuse. Le géant ne prêta nullement attention face à l’état de Barton, jugeant qu’il survivrait à tout ça, et abandonna le justicier dans sa chambre, verrouillant la porte, espérant que le gamin avait retenu la leçon.

Il resta quelques secondes allongé sur le ventre, la tête collée au plancher, immobile, avant de ressentir des nausées plus intense qui le poussèrent à se lever d’un bon et à se jeter sur la pièce  juste à gauche donnant sur une petite salle de bain à l’hygiène douteuse. Il se jeta sur la cuvette des toilettes et se laissa vomir tout le contenu qu’on lui avait forcé à avaler. Son estomac et son œsophage le brûlaient davantage, mais heureusement, cette sensation ne dura pas et laissa place à une sensation de soulagement, il sentit son état s’améliorer considérablement et se força même à vomir le reste du plat tel un mannequin russe. De plus, Tim était même certain de la présence de calmant dans cette bouillie. Barton mettait tout en œuvre pour garder le justicier sous son contrôle, pas étonnant de retrouver des traces de sédatif dans la nourriture de l’adolescent.

Tim ne pouvait plus se permettre de rester dans cette demeure. Il devait fuir, mais la seule porte d’entrée était verrouillé de l’extérieur et privé de sa poignée. Il avait déjà passé la main sur les quatre murs qui l’emprisonnaient à la recherche d’une éventuelle faille mais rien.
Les jours passaient sans que le jeune garçon ne sache réellement si combien de temps il avait séjourné ici. Enfermé dans l’obscurité, loin de toute communication avec l’extérieur, impossible pour lui de retrouver la notion du temps qui s’écoule. La seule astuce qu’il avait trouvé pour compter les jours de sa captivité, c’était en comptant les plats qu’on lui laissait juste devant la porte d’entrée, son tortionnaire jetant un rapide coup d’œil sur l’état mentale et physique de son prisonnier qui ne cessait de le fusiller du regard. Malgré sa douloureuse expérience, il refusait toujours de goûter à ses plats, se laissant dépérir de lui-même, une chose qu’aucun psychopathe dans le genre du Dollmaker ne supporterait : ne pas être la cause de la mort de ces victimes. Le jeune héros se laissait mourir, devenir la propre cause de sa mort, commençant déjà à sentir un considérable affaiblissement. Après avoir exploité tous les moyens possible et inimaginable de s’enfuir de cette chambre sans succès. Parfois, il arrivait à Doll de le trainer hors de sa chambre pour lui faire subir quelques chocs électriques dans la salle de torture. Il pouvait bénéficier de quelques hurlements lorsqu’il augmentait le voltage, mais sans plus, Tim réagissait de moins en moins.

Cinq jours de captivité, aujourd’hui nous sommes le dix-neuf juillet. Aujourd’hui, Tim a dix-sept ans. Les dix-sept ans qu’il aurait dû passer aux côtés de Bruce et d’Alfred, aux côtés de ses frères ainés. Rien n’y fait, il aura beau fermé les yeux, allongé sur le canapé qui lui servait de lit, rien ne pourra le ramener au manoir Wayne. Aujourd’hui il avait essayé de se lever de son canapé, observant les repas sous ces pieds pourrir à vue d’œil, laissant sa part aux insectes, il se dirigea vers sa petite salle de bain, essayant de faire fonctionner la douche, mais l’eau semblait avoir été coupé, seul les toilettes étaient un minimum fonctionnel. Un déplacement inutile, de l’énergie gaspillée, Timothy laissa échapper une grimace de dégoût avant de retourner sur son canapé et se laisser porter dans les bras de Morphée pendant encore une heure ou deux.

La porte d’entrée se déverrouilla, Barton entra en premier, suivit de près par Bentley qui trainait devant lui un fauteuil roulant. Tim ne réagit pas, attendant que son tortionnaire se rapproche pour venir lui saisir le cou. L’acte est héroïque, mais les forces du justicier sont moindres. Au bout de quelques secondes, Bentley lui envoya une giffle qui manqua de lui dévisser la tête et profita de ce moment d’étourdissement pour le trainer jusqu’à la chaise roulante, le faire asseoir et l’attacher sur celle-ci à l’aide de sangle. Bien évidemment, l’adolescent, une fois avoir repris possession de ces moyens ne perd pas son temps pour essayer de faire glisser ces mains sous le cuir de mauvaise qualité des sangles pour se libérer. Le stress montait, Tim ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait et Barton sentait sa peur, la peur d’un animal qui ne comprend pas les agissements de l’Homme envers lui. Le héros l’entends bien murmurer, chuchoter, essayant de se montrer rassurant envers son prisonnier mais cela sonnait plus malsain qu’autre chose à ces yeux.
Le stress ne diminuait pas, les actions de Barton sont vaines. Celui-ci finit par perdre patience et banda les yeux de son détenu avant de prendre en main les poignées de la chaise roulante et de la guider vers la salle à manger.

« Bordel… A quoi tu joues ?! » pesta Tim, continuant de se débattre contre des sangles qui commençaient déjà à râper sa peau pâle et fragile, en manque de vitamine D.

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MessageSujet: Re: Captif   Dim 30 Juil - 21:58


« Captif»
ft. Dollmaker
_____Deux mois de calvaire, contraint de vivre dans la demeure du Dollmaker et d’y subir les pires supplices. Il avait passé son temps à se faire trainer de force dans la salle des tortures par la famille du psychopathe. Maltraité physiquement et psychologiquement, le jeune garçon avait passé l’anniversaire de ses dix-sept ans sous la douleur et les cris. Barton n’avait décidément pas ménagé le jeune justicier. Il profitait de l’avoir entre ces mains d’expert pour lui faire vivre toute les horreurs inimaginables. Les chocs électriques, les mutilations, la privation d’oxygène, la noyade, les séances de lobotomies, sans compter la vivisection douloureuse du garçon. Dollmaker avait pris un malin plaisir à retirer l’un des deux reins de l’adolescent, sans se prendre la tête avec ces histoires d’anesthésies, avant de le faire cuire et de le manger devant lui. Des moments qu’il ne sera pas prêt d’oublier, marqué à vie dans son esprit.

Jamais Red Robin n’avait perdu espoir de quitter ces lieux avec ou sans aide. Il avait déjà tenté de s’évader de nombreuse fois de sa chambre. Il avait fait preuve de beaucoup d’ingéniosité et d’un sang-froid incommensurable, malheureusement cela ne suffit jamais lorsque l’on a des gardes toujours à l’affût du moindre bruit. La demeure de Dollmaker était également un vrai labyrinthe, impossible pour Tim de trouver le porte de sortie. Il se faisait rapidement rattraper par la milice du propriétaire des lieux, rattraper à l’ordre puis sévèrement punit pour avoir désobéit.
Il n’a jamais voulu rentrer dans les jeux sadiques de son tortionnaire. L’adolescent s’est laissé mourir de faim, refusant quotidiennement d’avaler ce qu’on lui proposait. Il contrariait son bourreau, mais il s’infligeait un amaigrissement ainsi qu’un affaiblissement de son organisme. Ne souhaitant pas qu’il meurt immédiatement, Dollmaker drogua et nourris artificiellement le corps de son prisonnier pendant ses moments d’inconscience ou de micro-sommeil. Impossible pour le garçon de dormir lorsqu’il savait que Barton n’était pas loin.

Une troisième évasion, elle fut presque bonne. Tim parvint à retrouver son matériel et à contacter la chauve-souris à l’aide de son communicateur. Et parvint à sortir de la demeure. Malheureusement, Dollmaker n’était pas loin, et l’adolescent peinait à se maintenir sur ces deux jambes. Il rattrapa son détenu pour le trainer de force dans le jardin et l’enterrer vivant. Il laissera le jeune garçon croupir  dans une boite en bois en guise de cercueil pendant de nombreuses heures, le laissant agoniser jusqu’à la mort avant de le repêcher au dernier moment. L’adolescent, complètement effrayé est désormais abattu psychologiquement

Conscient de l’arrivée du justicier de Gotham devant les portes de sa demeure, Dollmaker cherchera à piéger la chauve-souris et poussera le jeune Timothy a regardé les scènes de combat, pensant que Batman ne pourrait rien faire contre sa famille. Il en profitera pour empoisonner le jeune garçon, souhaitant qu’il meurt seul, dans les bras de son mentor qui serait impuissant devant cette situation.
Une fois de plus, Barton a eu tort, la chauve-souris arrive à déjouer ses plans et à refaire le portait du psychopathe en question. Ce dernier avait malheureusement un dernier plan de secours. Le poison qui circulait librement dans les veines de son jeune prodige avait besoin d’un antidote pour être éliminer une bonne fois pour toute. Ce même antidote avait été dissimulé dans l’organisme du garçon, poussant son mentor à faire souffrir son acolyte pour pouvoir lui sauver la vie.

Après toutes ces épreuves, le calvaire du jeune garçon se termine dans les bras de son mentor, il est désormais hors de danger et Dollmaker est ramené à Arkham Asylum où il croupira pendant un long moment, loin du garçon. Tim est sauf, mais son corps est atteint, et son esprit traumatisé à vie. Arrivera-t-il à faire face au monde après tout ce qu’il a vécu ?

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Captif

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