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 Punition et rédemption

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Criminel(le)
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Angela Jackson/Gormogon
MessageSujet: Punition et rédemption   Dim 25 Juin - 16:15

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Punition et Rédemption
PV Dollmaker
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Cela faisait maintenant plusieurs semaines que je fréquentais Tim de plus en plus fréquemment. Seulement, il y a quelques jours, alors que nous avions rendez-vous, je l’ai vu s’approcher de moi en boitant. Inquiète, j’ai dû lui poser des centaines de questions. Je sais bien qui il est, que son rôle de Red Robin n’est pas sans risques, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si mal en point. D’abord réticent, j’ai finalement réussi à savoir ce qui s’était passé. Il m’a enfin avoué toutes les tortures que Dollmaker lui avait fait subir, puis tout ce qu’il aurait encore pu faire subir à mon bien-aimé si celui-ci n’avait pas eu la chance de pouvoir s’échapper. Je suis restée horrifiée, et en même temps quelque peu admirative devant une telle violence. J’aurais moi-même pu utiliser ce genre de procédés il n’y a pas si longtemps. Mais Tim avait tout changé en moi. Dès lors que nous nous sommes embrassés la première fois, toute envie de vengeance avait disparu. J’avais fini par renoncer à revêtir le costume de Gormogon et décider de vivre une vie bien posée avec l’homme que j’aime. 
Cependant, au récit de Red Robin, ma rage se fait plus forte que jamais. Je ne supportais pas l’idée que l’on puisse faire du mal à une personne que j’aime aussi fort. Il y a peut-être une dernière mission que Gormogon doit accomplir : faire payer son audace à Dollmaker.

C’est pourquoi, après avoir mené mes recherches, je me retrouve aujourd’hui, emmitouflée dans mon armure, devant la vieille maison délabrée du tueur aux poupées. La maison tombait littéralement en ruines, au point que je doute qu’elle soit réellement habitable. D’un autre côté, un évadé d’Arkham irait rarement s’installer tranquillement dans les quartiers les plus chics et les plus en vue de Gotham. Dollmaker est quelqu’un d’intelligent, selon Tim, et quelqu’un d’intelligent ne se montrerait pas, il se ferait disparaître et opérerait tous ses crimes dans l’ombre. A ce moment, je ne doute plus, si je devais me cacher, j’irais probablement dans ce genre de petite bicoque.
J’avance dans l’allée et commence à monter les marches qui mènent à la porte d’entrée. Malgré mes pas feutrés, le sol grince sous mon poids, comme si toute la maison voulait avertir son occupant de mon arrivée. A ma grande surprise, la porte d’entrée n’est pas verrouillée. Était-il possible que ce monstre m’attende déjà de pied ferme ? Non, c’est impossible, quel moyen aurait-il eu de connaître mes intentions ? Ce n’était probablement qu’une petite négligence. Je pousse doucement la porte, mais celle-ci grince encore plus que les marches dehors. Tant pis pour la discrétion. Je décide de jouer franc-jeu et d’agresser directement mon assaillant. 
« Dollmaker ? Je sais que vous êtes là ! Montrez-vous si vous n’êtes pas un lâche ! »
Aucune réponse ne se fit entendre. J’avance que quelques pas pour entrer dans la maisonnette. Seul le bruit de mes pas résonnent. Il n’y a personne. Pourtant, j’ai la désagréable sensation de ne pas être seule. Je me sens observée, mais ça ne doit être qu’une impression liée au peu de lumière, à l’ambiance pesante qui émane de cette maison et à autre chose, mais je n’arrive pas à savoir quoi. Tout est sombre autour de moi, chaque pas m’éloigne un peu plus de la lumière du jour. Soudain, j’arrive enfin à savoir ce qui me met tellement mal à l’aise. L’odeur. Un mélange subtile de moisi, de renfermé et… de sang. J’en suis certaine, c’est bien l’odeur du sang et de la putréfaction de corps que je sens autour de moi. J’ai suffisamment senti ces odeurs sur moi pour les identifier formellement. Plus aucun doute n’est possible, je suis bien dans le repaire de Dollmaker ! Je sens un souffle sur mon épaule qui me fait trembler… Puis un bruit sec me fait sursauter. Je me retourne le cœur battant. La porte venait de claquer à quelques mètres de moi. Ce n’était pas un souffle, c’était seulement la brise qui avait fermé la porte. C’est du moins ce que je pense en toute rationalité. Mes pas faisaient un boucan d’enfer sur le parquet grinçant, il était impossible que Dollmaker, même aussi émacié que Tim me l’avait décrit, ne fasse absolument aucun bruit en se déplaçant. Mais même si c’était rationnellement impossible, la peur commence à s’emparer de moi… J’essaye néanmoins de ne pas me laisser guider par des sensations. Les sensations sont hasardeuses. Je tends l’oreille, mais n’entendant toujours aucun bruit, je me dis qu’il n’y a personne dans cette maison. Alors, je rebrousse chemin. Mais au moment de tourner la poignée de la porte, je la sens résistante. Je comprends que je suis enfermée à clé. Des sueurs froides apparaissent dans mon dos lorsque, toujours aveugle à mes yeux, j’entends quelqu’un rire. Un rire atroce et à peine humain qui se moque de moi.
 

Quelque part autour de moi, Dollmaker était bel et bien là.

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Dollmaker
MessageSujet: Re: Punition et rédemption   Mar 27 Juin - 2:28





Punition et rédemption

Angela Jackson/Gormogon - Dollmaker




Étendu sur son lit double face à l’autel élevé en hommage à sa mère disparue et envers qui il vouait - depuis l’enfance - un véritable culte, chemise ouverte et torse nu afin de garantir à son cycle respiratoire une activité efficace, Barton tentait vainement de rejoindre l’univers onirique. L’anesthésiant qu’il s’était injecté sans crainte par seringue dans l’une des veines de son bras droit peinait à démontrer ses prétendus puissants effets dormitifs. L’esprit du tueur était bien trop instable pour se laisser berner aussi aisément. La cire des quelques bougies s’écoulait et se posait irrévérencieusement sur le meuble boisé de recueillement sur lequel elles avaient été déposées quelques heures auparavant. Les flammes jaunes et remuantes peinaient de plus en plus à protéger de l’obscurité de la nuit le portrait tout de noir et de blanc de sa mère. Dehors, l’orage grondait. Les pluies abondantes et les bourrasques de vent qui résultaient de la violente perturbation atmosphérique plongeaient la demeure de Barton dans un environnement profondément chaotique. Le cannibale haïssait les désordres de la nature, lui qui idéalisait sans cesse le monde absurde dans lequel il vivait. Les gouttes d’eau qui désertaient précipitamment les sombres nuages dispersés dans tout le ciel de Gotham City s’abattaient de façon brutale sur l’unique fenêtre de sa chambre à coucher. La lumière de la lune délicate d’été, elle, filtrait à travers les plumes de cristal du givre. Le tourne-disque posé sur un guéridon dans le coin de la pièce propageait la douce mélodie de l’Arie da capo de Johann Sebastian Bach. Bientôt, l’ombre gigantesque du psychopathe allait passer sur les murs et sur les carrés des nombreux tableaux.

Il n’arrivait pas à dormir. Tandis que sa fille adoptive, nue et étendue à côté de lui, le corps mouillé de convoitise, se noyait progressivement dans les eaux sombres et trépidantes de son inconscient, le tueur distinguait la rumeur des vents qui labouraient le sol et faisaient trembler les fondations. Il songea à son entrevue avec le psychiatre qui l’avait analysé par introspection durant son bref passage au centre pénitentiaire et psychiatrique d’Arkham.

Si vous continuez comme ça, il ne sera plus question de « si », mais de « quand ».

Était-il suicidaire ? Sans doute. Il ne pouvait se rappeler un seul jour depuis la disparition et la mort probable de sa mère où il n’avait pas pensé la rejoindre. Parfois, les choses allaient même plus loin. Parfois, il lui semblait que rester en vie s’apparentait à la plus grande des lâchetés. Pourquoi vivre si rien de tout ce qu’il faisait ne lui permettait de se rapprocher d’elle ? Il était censé aller de l’avant, il le savait. Se remettre peu à peu. Tourner la page. Et s’il était lui-même placé en position d’observateur extérieur, il ordonnerait sans hésiter à cet autre Barton de se ressaisir, de faire face et de ne pas baisser les bras. Il était trois heures du matin et Barton se sentait parfaitement réveillé. Au point qu’il lui semblait entendre de nouveau sa voix à la texture un peu éraillée, teintée d’un léger accent centreuropéen qui affectait surtout ses r à la fin des mots ; ainsi, quand sa mère lui murmurait qu’elle l’aimait, c’était « pourrr toujourrrs ». Un sourire vint aux lèvres ; il l’entendait, il revoyait ses dents, ses cils, ses regards alanguis du dimanche matin révélant un appétit charnel tout d’indolence.

Alors que l’aiguille diamantée de la tête de lecture du tourne-disque n’allait pas tarder à abandonner Bach en le laissant tourbillonner indéfiniment dans le vide, et que la fumée des flammes des bougies se répandait petit à petit dans toute la chambre, Barton, incapable de s'endormir, rejoignit la salle de bains et contempla longuement son reflet épuisé dans le miroir crasseux et fissuré, ajustant sa chemise, puis s’arrêta et posa un regard agressif sur sa main droite. Une goutte de cire s’était collée et avait durci dans le mince pli de peau entre deux doigts. Il les écarta et la petite entaille blanche se fendit.

Un bref et féroce claquement de la porte d’entrée à l’étage du dessous, précédé par de longs craquements sur le sol qui lui avaient déjà paru suspects, le saisit et l’informa rapidement de la présence d’un nouvel intru dans la demeure. Bentley, son garde du corps, le rejoignit quelques instants après pour lui confirmer cette impression. La famille Mathis toute entière était à présent éveillée, et le tueur ricana dans le haut-parleur du hall pour effrayer le parasite qui n’avait désormais plus aucun moyen de reculer ni de s’enfuir de la demeure, les portes ayant été solidement verrouillées.

Dollmaker descendit lentement les escaliers et se présenta sans retenue. La jeune femme paraissait bien petite à ses yeux du haut de son mètre quatre-vingt-cinq. La couleur de son uniforme avait tout de suite accroché son regard même si, en réalité, ce n’était pas lui qui avait attiré son attention, mais plutôt la façon dont elle le portait. Nerveuse, apeurée, elle en effleurait le tissu avec un soupçon d’appréhension. L’ajustait et le réajustait sans cesse. S’assurait que les épaulettes étaient bien place. Elle était maigre au point de paraître émaciée, proposant cependant des formes plus que généreuses qui affriolaient intensivement Barton. Ses joues étaient légèrement creusées, presque aspirées de l’intérieur. Si elle ne ressemblait pas tout à fait aux sacs d’os et de cartilage que son père dissimulait maladroitement dans la cave durant son enfance, elle aurait néanmoins bien eu besoin de quelques bons repas. Les ombres jouant sous ses augustes yeux éclatants profondément enfoncés semblaient s’en écouler pour se répandre sur le reste de son visage. Il n’en fallu pas davantage au cannibale pour déduire de ses traits qu’elle était rongée par d’interminables insomnies ou par un effroyable secret qui bousculait son existence. Ses lèvres et son nez étaient minces, à l’image de toute sa personne, et son menton presque inexistant, comme raboté. Ce qui était cruel pour le psychopathe, et de loin, c’était la façon dont toutes sortes de choses disparates pouvaient réveiller des souvenirs de sa mère qui lui brûlaient intensément l’esprit. D’autant qu’il ne pouvait jamais prévoir d’où viendrait l’impulsion : une trace de rouge à lèvres sur un verre, un parfum agréable, une taie d’oreiller. Mais de tous ces déclencheurs, aucun n’était plus corrosif en termes d’effet que la silhouette élégante d’une femme. Celle qui se trouvait devant lui était élégante, à n’en pas douter, aussi le tueur ne pouvait que penser à sa génitrice en l’observant d’un œil vif. Le poids de son fardeau était devenu bien trop lourd au fil des semaines, des mois et des années, et il tentait constamment d’atténuer ses effets en déchargeant sa haine dans la métamorphose de ses victimes, désireux d’ancrer dans l’esprit de la population une perfection contrôlable, mais qui restait toutefois utopique bien qu’il ne l’eût jamais admis jusqu’à présent. Elle allait être sa prochaine victime, il l’avait décidé.

Alors que son sourire malicieux témoignait toujours d’une grande sympathie envers son interlocutrice, un aliéniste confirmé aurait déjà pu deviner en lisant dans ses yeux que ses réelles intentions étaient en définitive essentiellement tournées vers le sadisme et la perversité. On pouvait observer dans le blanc éclatant de l’iris de Barton toute la démence qui l’habitait, ainsi qu’une scène abominable où il rouait sauvagement de coups la jeune femme étendue au sol de l’appartement. Elle l’intriguait grandement et il concluait déjà avec de plus en plus d’assurance qu’elle tentait de dissimuler un trouble psychotique profond. Des moues, grimaces et autres mimiques extraordinairement rapides apparaissaient sur son visage, démontrant aux yeux du tueur – maître de la psychologie moderne, qu’elle s’enlisait dans son instinct de conservation. Au-dessus de ses jeunes mais sombres cernes, ses yeux semblaient révéler une force brûlante qui cherchait à s’en extraire.

Pourquoi êtes-vous venue jusqu’ici ? Ne vous doutiez-vous donc pas de ce qui allaient se passer ? Je ne puis imaginer qu’une femme aussi délicieuse que vous soit aussi instinctive que les hommes. Les hommes sont des imbéciles. Ils mangent, ils boivent, ils libèrent des gaz, ils forniquent et ils procréent – ce qui est d’ailleurs tout à fait regrettable, car le monde serait un endroit bien plus supportable si nous étions moins nombreux. Des retardés, des bâtards, des cinglés et des individus sans moralité – voilà ce que nous produisons. La souillure que nous répandons sur cette terre. Mais Dieu rappelle ceux qui se sont écartés du chemin. Avez-vous apprécié ce récent don de Dieu ? en indiquant d’un geste l’extérieur de la maison dévasté par de violentes bourrasques de vent. Sa violence. Quand je suis descendu au rez-de-chaussée, et que j’ai découvert ce spectacle à l'extérieur, j’ai eu l’impression de voir la main divine tendue vers moi. Pas au sens littéral, bien sûr. Mais au sens figuré. Dieu aime la violence. Pourquoi y en aurait-il autant, sinon ? Elle est en nous. Elle vient de nous. Elle est encore plus naturelle pour nous que le simple fait de respirer. Nous déclenchons des guerres. Nous faisons des sacrifices. Nous pillons, déchirons la chair de nos frères. Nous remplissons de cadavres pourrissants d’immenses champs de bataille. Et tout cela pourquoi ? Pour Lui montrer que nous avons retenu Ses enseignements. Dieu nous a offert les tremblements de terre, les ouragans, les tornades. Il nous a offert toutes ces montagnes qui déversent sur nous des torrents de feu. Tous ces océans qui engloutissent les navires. Il nous a offert la nature, cette meurtrière au sourire fallacieux. Il nous a offert la maladie pour qu’au moment de notre agonie, nous pensions qu’Il nous a dotés d’orifices uniquement pour sentir la vie s’en écouler. Il nous a offert le désir, la fureur, la cupidité et un cœur souillé pour que nous puissions répandre la violence en Son honneur. Il n’existe pas d’ordre moral aussi pur que cette tempête à laquelle nous venons d’assister. D’ailleurs, l’ordre moral n’existe pas. Tout se réduit à cette seule question : ma violence est-elle capable de l’emporter sur la vôtre ?

En est-elle capable ? répéta-t-il en se rapprochant, au point de souffler au visage de la jeune femme une bouffée de son haleine fétide. Vous êtes une personne d’une rare violence. Je le sais, je le sens. Ne vous fatiguez pas à nier votre soif de sang. S’il n’y avait plus de contraintes sociales, et si je représentais votre seul repas possible, vous n’hésiteriez pas à me fendre le crâne à coups de pierre pour vous repaître de ma cervelle. Ceux de notre espèce se connaissent depuis des siècles. Je n’ignore rien de vous. Je sais que vous êtes triste et frustrée. La tristesse ne me dérange pas. Ce qui m’intrigue le plus, c’est que vous êtes frustrée et donc dangereuse. Je vais vous montrer ce que vous êtes réellement capable de faire en puisant dans ce sentiment profondément obscur. Vous m'excuserez, ma chère.

Dollmaker décocha un violent coup de poing dans le visage de la jeune femme, qui percuta le sol aussi vite qu’elle avait perdu connaissance.




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Criminel(le)
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Angela Jackson/Gormogon
MessageSujet: Re: Punition et rédemption   Dim 2 Juil - 18:06

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Tout est noir autours de moi. Je sens une violente douleur dans la tête. Comme si un million d’explosifs avait été déposés dans mon crâne et explosaient les un après les autres. Je décolle péniblement mes paupières. Pourtant, même en ouvrant les yeux, je ne vois toujours rien. Les souvenirs remontent en moi et je comprends enfin ce qui m’est arrivé. Dollmaker m’a frappé si fort au visage que je me suis évanouie. Puis, plus rien. Suis-je morte ? Le cannibale aurait-il eu ma peau ? Je retrouve tout doucement mes sens et je comprends que mon cœur bat toujours. Je comprends que je suis solidement attachée, probablement sur une chaise et que je ne peux plus bouger... Mais il y a pire. Je sens quelque chose de lourd peser sur mon visage. Quelque chose qui n’avait rien à voir avec la douleur que je ressentais et qui m’enserre les mâchoires et qui est d’ores et déjà considérablement douloureux. La vue est le dernier sens que je retrouve, une fois mes yeux habitués à l’obscurité de la pièce dans laquelle je me trouve. Je distingue peu de chose dans cette pièce, si ce n’est le mouvement léger d’un abdomen qui se soulève sous l’effet de la respiration. Je ne suis pas seule. Mon estomac se noue. Est-ce Dollmaker ? Que veux t-il faire de moi ?


Mes interrogations sont interrompues par une lueur soudaine : un poste de télévision vient de s’allumer. Il éclaire assez la pièce pour que je puisse jeter un coup d’oeil plus approfondi sur l’endroit où je me trouve. Je me trouve soulagée de voir que Dollmaker n’est pas là. A la place, je trouve un homme. Un homme aux paupières cousues. Une sorte de porc transpirant pour lequel je ne parviens pas à éprouver de compassion, seulement un profond dégoût. Il puait la peur et des larmes coulaient de ses yeux, entre les fils. Comme si pleurer allait lui sauver la vie.
La télévision commence à diffuser un message.




C’était tout ? Tout ce que Dollmaker envisage pour moi est de tuer l’homme qui est enfermé avec moi ? Et il prétend me connaître ? Il connaît peut-être Angela, cette partie douce et altruiste de moi-même, mais pas cette autre partie de moi. Celle que je me contrains dissimuler depuis plusieurs semaines. Mais si je me suis rachetée une conduite, je ne sacrifierais jamais ma vie pour un homme si pathétique que celui-ci. S’il existait un Enfer, j’y étais déjà condamnée par les trop nombreuses âmes que j’avais déjà pris. Une de plus ou une de moins ne changera plus rien.


Le message s’achève et l’écran de la télévision se remplit de neige. Je sens alors mon lien se desserrer. Je me lève doucement, sûre de mon coup. Mais à peine debout, je constate que le minuteur bouge et enlève deux minutes à mon précieux temps. Quel saligaud ce Dollmaker ! Il me force à tuer, il me donne un temps limité qui m’empêche de tuer à ma façon, et il ne me permet même pas de profiter de ce temps déjà plus que restreint. Mais il faut faire avec, je n’ai pas vraiment le choix. J’espère au moins qu’il va couiner ce cochon ! J’ouvre précautionneusement le coffret à côté de moi et me saisis du couteau qu’il contient. Malgré le temps qui presse, je ne peux m’empêcher de prendre quelques secondes pour contempler la lame brillante de l’arme blanche. Cette lame devient un prolongement de mon bras, elle fait partie de moi. Je me rends compte à quel point la pression était montée en moi durant les semaines où j’avais fait taire mon envie de sang. Mon envie de tuer. J’allais enfin la laisser sortir, montrer ma puissance à ce goret. Je m’approche doucement de lui. Au paroles du tueur aux poupées, il s’était mis à geindre, à me supplier de l’épargner. Comme si j’allais m’intéresser à ce qu’il disait. Il a une femme ? Des enfants ? Je n’en ai cure. Ils vivront sans aucun doute mieux avec un père mort en martyr qu’avec un père vivant de cette façon. Un lâche, une larve, il n’était rien d’autre. En entendant mes pas se diriger vers lui, il tente de s’éloigner, de me fuir, mais il est coincé. Aucune ouverture ne lui permettra de s’enfuir. Il esquive un premier coup de couteau de justesse, qui n’aura fait que lui égratigner le flanc droit. Ma lame est ensanglantée d’un rouge parfait et luisant. L’odeur du sang encore chaud monte à mes narines. Tel un requin, il me donne une envie folle de tuer. Le petit gros courre aussi vite qu’il peut pour tenter de sauver sa vie. Enfin, il se dandine plus qu’il ne courre. Il se cogne dans chaque mur, trébuche sur la chaise sur laquelle j’étais attachée quelques secondes plus tôt… Quel empoté ! Je finis par le plaquer contre un mur, ma main sur sa gorge. Comme je l’espérais, il pleure, gémit et me supplie.


-Tu me ferais presque pitié gros sac… Dommage pour toi, je n’ai pas de cœur.


Après un bref coup d’œil au minuteur, je constate qu’il me reste environ une minute trente. Je découpe un par un les boutons de sa chemise. Je fais glisser la lame froide sur son ventre en appuyant légèrement pour l’ouvrir de haut en bas. Je l’entends hoqueter, le sang coule sur ses lèvres, mais il n’est pas mort. Je plonge ma main dans son ventre et pars à la recherche de la clé. Je la trouve assez rapidement et me libère facilement. Mais je ne peux me résoudre à m’en aller en laissant cet homme agoniser sur le sol. Je veux être là quand il s’éteindra. Juste pour le plaisir, je replonge ma main dans les entrailles de ma victime. La chaleur de son sang englobe ma main et m’excite. A tâtons, je remonte ma main en lui. Enfin, je trouve ce que je cherchais. Son cœur. Je le sens battre faiblement contre ma main. Je le serre doucement, puis de plus en plus fort. Je me penche sur l’homme et lui murmure


-Crève.


A cet instant, j’écrase le cœur de toutes mes forces, jusqu’à ce qu’il explose. Toute vitalité quitte le regard de l’homme.

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