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 Mais qui tire les ficelles ?

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James R. Specter
MessageSujet: Mais qui tire les ficelles ?   Mar 13 Juin - 0:08

Mais qui tire les ficelles ?

Dollmaker & James R. Specter

Un cannibale est un homme qui aime son prochain avec de la sauce.
Jean Rigaux


Le matin se leva, je me réveillai doucement en me dirigeant vers la fenêtre de ma chambre. Le soleil se levait tranquillement laissant la ville baignée dans une lumière orangé. Tout était fait pour que ce soit un bon début de journée, mais pas pour moi… Non moi je devais aller visiter l'asile d'Arkham, ce fameux institut connu dans toute la ville pour abriter tous les criminels les plus fous qui soient.

Je me devais de me rendre dans cet établissement afin d'y prendre le plus d'informations possibles, sur comment était l'endroit, comment était enfermé les personnes internées, quels étaient leurs traitements à la fois médicaux et physiques. Autant de questions qui nécessitaient des réponses, car il fallait que le G.C.P.D. et la Justice reprennent le contrôle sur l'établissement laissé trop longtemps impunément et librement aux mains du scientifique Jeremiah Arkham.

Je m'habillai assez sobrement pour cette occasion, un costume plutôt léger, une chemise blanche, un costume gris ardoise et une cravate bleue minuit rayée grise argent. Je me rendis assez tôt à l'asile, je n'avais pas envie d'y passer la journée. Un seul pont menait à l'île d'Arkham, c'était à se demander comment autant d'évasion était possible, rien qu'en surveillant correctement ce pont j'étais certain que l'on pouvait stopper la moitié des évasions.

La voiture me laissa à l'entrée de l'asile, le chauffeur n'était vraiment pas à l'aise à l'idée de venir dans cet endroit et souhaitait repartir le plus vite possible. Je ne pus le convaincre de m'attendre il me donna son numéro et me dit de l'appeler lorsque j'aurais besoin qu'il vienne me chercher.
Rien que depuis l'entrée l'endroit faisait froid dans le dos, un manoir d'époque à côté d'un institut plus ou moins délabré, même les grilles de l'entrée étaient grandes ouvertes, pas étonnant que les gens s'enfuissent si facilement. J'étais à peine arrivé j'avais déjà tellement de choses à noter.

Je commençai à pénétrer dans l'allée, même avec un grand soleil et un ciel bleu l'endroit était inquiétant. Quelqu'un avait l'air de m'attendre sur le palier du premier bâtiment, sûrement celui des soins intensifs. Comment savaient-ils que j'étais ici, j'avais bien évidemment rendez-vous, mais je ne m'étais pas encore annoncé.

L'individu m'accueillit froidement, il se nommait Helmut et étais un des "docteurs" qui s'occupait des patients. Il était chargé de me faire la visite des lieux aujourd'hui et au vu de son allure cela ne l'enchantait guerre, à moins que ce soit la consigne de Jeremiah Arkham qui lui est dit de me donner le moins d'informations possibles et d'être exécrable avec moi.

Plus je visitais les différents bâtiments plus je me disais qu'il était impensable de laisser l'asile tourner ainsi, insalubrité, non-respect des droits des détenus, faille de sécurité, comment était-il possible d'envoyer des prisonniers ici ? Comme prévu mon interlocuteur était très récalcitrant à me donner la moindre information, il fallait presque lui tirer les mots de la bouche pour qu'il daigne répondre à mes questions.

Au bout d'un moment nous passâmes devant la porte qui menait aux cellules d'isolements, là où était retenu les plus dangereux des criminels, le pire du pire, la crème de la crème, à côté d'eux Jack l'éventreur était un enfant de cœur. Je demandai au docteur Helmut s'il était possible de rentrer dans cette partie du bâtiment. Comme pour le reste de la visite il ne fit que grogner et continua son chemin, sauf que cette fois je ne comptais pas me laisser faire.

Alors qu'il était à un pas de moi, je pris son badge de force et entrai dans la pièce, il me suivit en criant que je n'avais pas le droit d'être ici et en essayant de me retenir par le bras pour me faire revenir dans l'autre pièce. Je fis un mouvement brusque avec mon bras pour qu'il me lâche et je sortis mon portefeuille de ma vaste et le dépliai, à l'intérieur se trouvait mon insigne du G.C.P.D.. Je lui dis d'une voix énervée :

Vous savez ce que c'est ça ? Ça veut dire que je suis le procureur de cette ville et que j'ai le droit d'aller où je veux. Donc maintenant vous allez me suivre bien gentiment et vous allez passer votre badge là où je vous dirais de le passer !


Tout cela n'était évidemment pas tout à fait vrai, mais ce pauvre homme n'avait pas besoin de le savoir, j'avais juste besoin qu'il m'obéisse. Je continuai donc d'avancer dans le couloir de la pièce. Dans ce couloir il n'y avait que des noms sur des portes avec parfois un dossier accroché. Sur l'une des portes je vis un nom marqué "Barton Mathis". Je pris le dossier entre les mains et je me tournai vers Helmut :

Celle-là.


Le ton était calme, mais ferme ne laissant pas place au refus. Il semblait paniqué, il ne devait pas souvent se rendre dans cette partie de l'asile, il m'indiqua que je pouvais entrer si je le souhaitais, mais que lui m'attendrais à l'extérieur. Bah je ne ferais pas long feu en tant que procureur de cette ville si je ne pouvais pas faire face à ce genre de criminels, après tout on ne peut comprendre ce qu'est l’inhumanité que lorsque l'on y fait face.

La lumière était faible dans la pièce, je cherchai donc un interrupteur pour y voir plus clair. Je le trouvai assez vite et toute la salle s'éclaira. La pièce était en deux parties séparées par une épaisse vitre blindé. Un individu se trouvait de l'autre côté, il était retenu par une longue chaîne en métal fixée au sol et reliée à son cou. De mon côté il y avait un siège et une petite table. Je m'y assis à mon aise et pris quelques minutes pour lire le dossier de l'individu. Apparemment il se faisait nommer Dollmaker et il était cannibale, cela promettait d'être intéressant.

Alors que je lisais le dossier pendant de longue seconde, je l'observais du coin de l'œil à l'autre bout de la pièce. Il ne semblait pas bouger ni réagir à ma présence, dormait-il ? Je levai la tête et je lui dis d'une voix calme et paisible :

Bonjour monsieur Barton, est-ce que vous m'entendez ? Pouvez-vous parlez ? Je me présente James Specter, nouveau procureur à Gotham city. J'aimerais pouvoir échanger quelques instants avec vous si vous le voulez bien.

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Dollmaker
MessageSujet: Re: Mais qui tire les ficelles ?   Mer 14 Juin - 0:12





Mais qui tire les ficelles ?

James R. Specter / Dollmaker




Le ferme et bref claquement de la lourde porte en métal qui retentit soudainement à l’autre bout du couloir réveilla Barton, isolé dans une cellule sombre et étriquée, éloigné de tous les autres patients, jusqu’ici enfui dans des rêves absurdes et fragmentaires. Le tueur peinait à reprendre conscience de la réalité, bien trop enlisé dans des souvenirs douloureux et déterminés à ne pas le laisser s’échapper. Il ne prêta dans un premier temps aucune réelle attention au tohu-bohu du couloir, préférant jeter quelques rapides coups d’œil vers l’unique fenêtre de sa cellule, dessin simplet qu’un enfant aurait également pu réaliser, d’où lui apparaissait une nouvelle fois sa mère. Le bout de papier ne lui offrait pas la vue à laquelle il s’attendait. Ce n’était soudainement plus celle des gratte-ciels qui devaient en toute logique régner dans le quartier aux alentours du centre pénitentiaire et psychiatrique, mais celle d’une villa tchèque sous une pluie torrentielle où ils avaient séjourné autrefois. Brusquement, sa mère sortit par la fenêtre et s’approcha de lui dans la cellule, révélant un ventre brûlé achevant de se consumer. Elle prenait son temps, belle, les cheveux mouillés, dégoulinants de pluie. De fines volutes de vapeur s’en échappaient. Il revoyait ses regards alanguis révélant un appétit charnel tout d’indolence. Un liquide rougeâtre jaillit de son ventre et coula sur les mains de Barton. Il vit ses doigts lui envelopper la clavicule tandis qu’elle lui offrait quelques baisers incestueux. Elle l’embrassa avec une fougue grandissante, et l’amour qu’il ressentait pour elle s’accentuait en même temps. En guise d’adieu, elle fixa son enfant d’un regard vidé de toute lueur d’espoir, résigné à ce monde. Finalement, elle disparut en laissant échapper de sa gorge une légère bulle de son chargée d’une angoisse qui la rendait à la fois déchirante et sublime. Son image et son odeur se dissipèrent peu à peu, chassées par la voix enthousiaste de James R. Specter, qui faisait part de l’objet de sa visite inconvenante. Une violente lumière blanche jaillit brutalement de l’unique néon lumineux au plafond de la cellule et l’aveugla quelques instants alors qu’il était encore couché sur son lit métallique rongé par l’humidité. Les murs de bois et de pierres bleues humides l’écrasaient de toute leur histoire, et l’abondante moisissure qui s’en dégageait - et qui lui avait déjà provoqué d'interminables démangeaisons - lui était devenue insupportable. Les quelques mètres carrés qui le privaient de liberté avaient, en fin de compte, plus l’allure d’un fond de puits que d’une véritable cellule.

Barton se redressa lentement, reprenant sa place dans la décourageante réalité de la cellule auprès de ses livres consacrés à la psyché humaine et de ses innombrables autres dessins, avec le sentiment d’avoir rassemblé toutes ses forces pour s’extirper de son hallucination et le ramener à la conscience. Le jour était venu où il ne pouvait plus supporter l’absence de sa mère. Avec les années, son besoin d’elle avait grandi au lieu de diminuer, élargissant une blessure qui ne cicatriserait jamais et ne cesserait jamais de suppurer, le faisant sombrer dans la folie en laissant ses troubles le dominer. Il était censé aller de l’avant et il le savait. Il devait se remettre peu à peu de la disparition de sa mère, tourner la page. Les nombreux psychiatres qui l’avaient analysé le lui avaient dit. Pour y parvenir, il lui fallait trouver un moyen de la ranger au sommet d’une immense étagère et de la laisser accumuler la poussière dans l’espoir que cette même poussière finirait par adoucir le souvenir qu’il gardait d’elle, par voiler son image jusqu’au jour où elle lui apparaîtrait moins comme la réminiscence d’une femme ayant réellement existé que comme celle d’un rêve familier.

L’air était de nouveau immobile, l’atmosphère méphitique et rythmé par les paroles du procureur. Malgré des signes évidents d’inquiétude, il émanait de lui une impression générale de fluidité, mouvements empreints d’une telle langueur qu’il semblait nager dans l’air. Ses joues étaient légèrement creusées, presque aspirées de l’intérieur. Il ne ressemblait aucunement aux sacs d’os et de cartilages que son père dissimulait maladroitement dans la cave durant son enfance. Les ombres jouant sous ses augustes yeux éclatants profondément enfoncés semblaient s’en écouler pour se répandre sur le reste de son visage. Ses lèvres et son nez étaient minces et finement dessinés, à l’image de toute sa personne, et son menton presque inexistant, comme raboté. Il avait un sourire extraordinairement sublime, éblouissant et débordant d’une confiance qui faisait pétiller ses prunelles – un sourire à peine exagéré dont il se servait à cet instant même, alors qu’il attendait une réponse de Barton, quelle qu’elle soit, de l’autre côté de la vitre blindée.

Le tueur fut secoué par une atroce migraine qu’il dissimula péniblement sur sa figure. Il perdit momentanément de vue Specter, comme s’il avait disparu derrière un voile de gaz. Il se frotta l’œil droit, mais son geste ne servit à rien, et soudain il sentit s’ouvrir sur le côté gauche de son visage un canyon rempli de lave en fusion qui prenait naissance à l’intérieur de son crâne. Au début, il crut la sensation provoquée par les hurlements de sa mère lorsqu’elle se faisait battre par l’homme qui se disait être son mari, par l’écho du vacarme terrible qui résonnait encore en lui, mais il n’y avait pas que cela : les élancements fusaient maintenant, en quelques secondes à peine, comme si on lui enfonçait lentement une dizaine d’épées dans la boîte crânienne. Incapable de réprimer une grimace, il porta les doigts à sa tempe. Des doigts aux ongles acérés déchiquetèrent le côté gauche de son crâne avant de déverser à l’intérieur une boîte entière de punaises. Dollmaker siffla en aspirant de l’air entre ses dents serrées. Son estomac glissa vers ses hanches en même temps que des flammes venaient lécher les bords de la fissure dans sa tête. Une scie avait été insérée dans le canyon. Elle attaqua les plis de son cerveau, et il lutta pour refouler un hurlement tandis que ceux de sa mère rivalisaient d’intensité avec les grondements du feu. Il lui sembla sentir son souffle lui effleurer les lèvres tandis qu’il lui encadrait le visage entre ses paumes et lui caressait les tempes avec ses pouces. Elle disparut soudainement, s’évaporant entre les mains de son fils, et la migraine se dissipa presque instantanément juste après. Les flashs de lumière, si blanche et si crue, qui lui écrasaient les paupières s’estompèrent, laissant à nouveau régner dans la cellule une ambiance obscure et malsaine. Bien qu’il se refusait à l’admettre, les effets du cannibalisme – activité qu’il pratiquait sans retenue et de façon répétée –, faisaient découvrir progressivement au tueur les symptômes de kuru, une maladie du cerveau provoquée par une absorption trop importante de chair, le corps humain n’étant pas véritablement programmé pour sa digestion. Il se servit du mouchoir dans la poche de son pantalon gris partiellement décousu pour s’essuyer le front et la bouche.

Un temps de silence installa entre les deux hommes, séparés par la vitre blindée, une certaine gêne. Puis, Dollmaker laissa échapper un lent et profond soupir, assez significatif pour faire comprendre à son interlocuteur que sa présence n’était pas la bienvenue. Ses yeux blancs écarquillés, vidés de toute émotion, fixèrent le procureur. La lourde chaîne métallique le reliant au mobilier grinça froidement en caressant le sol tandis qu’il se déplaçait vers la vitre pour rapprocher son visage le plus près possible de celui de Specter.

C’est donc vous le nouveau procureur de Gotham City. Je vous souhaite bien du courage. Voilà une entrée en matière plutôt déroutante. Que me vaut le plaisir de votre visite, mon cher ami ? Vos activités professionnelles doivent vous prendre un temps considérable, alors pourquoi les avoir sacrifiées pour venir jusqu’à moi et « échanger quelques instants » ? Vous devez avoir une idée bien précise en tête. Puis-je la connaître ?




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Sang-Bleu
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James R. Specter
MessageSujet: Re: Mais qui tire les ficelles ?   Sam 17 Juin - 12:19

Mais qui tire les ficelles ?

Dollmaker & James R. Specter

L'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté.
Félix Le Dantec


Je regardai l'homme à travers la vitre, s'il n'avait pas bougé auparavant, là il se penchait d'un côté à l'autre, comme s'il avait des spasmes ou qu'il était en transe. La situation était assez malsaine, je ne savais même pas s'il m'avait entendu ou si tout cela était normal. D'un coup il planta ses doigts sur sa tempe allant jusqu'à se faire saigner.

Ne sachant pas trop quoi faire tant qu'il était en état de transe je pris le temps de lire son dossier médical. C'était un homme intelligent, pour preuve il était devenu chirurgien, mais selon le médecin ce sont des problèmes d'enfances trop marqués dans son esprit qui l'ont fait basculer dans… Le cannibalisme ? Je rejetai un œil vers l'homme toujours en transe, si la situation était malsaine déjà auparavant, le fait de savoir que l'homme en face de moi mangeait d'autre être humain me retourna l'estomac.

Je repris ma lecture, apparemment Jeremiah Arkham profitait de ce cas de cannibalisme pour étudier une maladie appelé "Kuru", une maladie touchant uniquement les êtres humains mangeant d'autres êtres humains, d'ailleurs après cela pouvions-nous toujours les appeler humain ? J'en doutai sérieusement.

Alors que je lisais le dossier un sifflement vint dérangé ma lecture, ce long bruit strident émanait du prisonnier. Il commençait à reprendre ses esprits petit à petit, les tremblements s'arrêtèrent petit à petit et lorsqu'il reprit le contrôle de ses mouvements il s'essuya la bouche, il se leva et me fixa de ses yeux blancs, aucune émotion ne transparaissait. Un silence se fit dans la salle, long, pesant, nous nous regardions dans les yeux sans baisser les regards tel un duel psychologique, c'est alors qu'il soupira me signifiant que je le dérangeais. Personnellement, je me fichais bien de ce qu'il pouvait penser et de si je le dérangeais dans son environnement.

Il continua de me fixer, puis il avança doucement, laissant la lourde chaîne frotter au sol, il avança le plus qu'il pouvait jusqu'à ce qu'il soit pratiquement collé à la vitre, me fixant froidement du regard, cherchant surement à me déstabiliser. Je ne me laissai pas avoir, je soutins son regard de bout en bout, arborant mon attitude naturelle.

Il commença à parler, il m'avait donc bien entendu malgré ça transe. Il me souhaita bon courage pour mon travail et me posa plusieurs questions sur ce que je venais faire ici dans cette cellule. C'est vrai qu'étais-je venu faire dans cette cellule ? J'avais pris la première qui m'était venu, mais pourquoi discuter avec un détenu ? J'étais en totale improvisation, en fait je cherchais à visiter l'asile pour en reprendre le contrôle avec la police. Je le regardai de haut en bas réfléchissant à ce que j'allais dire, un prisonnier n'avait pas vraiment besoin de savoir cela ? Je me levai de ma chaise pour me rapprocher de la vitre à mon tour toujours en soutenant son regard je dis avec un léger sourire en coin :

N'essayez pas d'inverser les rôles, monsieur Barton, ici c'est moi qui pose les questions, je ne serais pas une de vos marionnettes… Je vais tout de même répondre à l'une d'entre elle, je suis ici car la police de Gotham va, dans un avenir proche, reprendre le contrôle sur l'Asile d'Arkham. Je suis ici pour observer comment il fonctionne et tout ce qu'il y a à changer ou renforcer. Trop d'évasion ont lieu, beaucoup trop, il faut que cela change.


J'avais finalement consenti à lui dire ce que je faisais ici, mais simplement pour l'amadouer et lui faire comprendre que ce n'est pas seulement en ville que cela allait changer, mais ici aussi. J'avais besoin qu'il réponde à certaines de mes questions et pour cela il fallait bien donner une carotte, c'était moi qui menais la danse. Je repris :

Je rends visite à plusieurs criminels enfermé ici afin de recueillir leurs… Impressions, je souhaite savoir ce qu'il se trame exactement ici, comment vous êtes traités. Je vois que vous êtes…Enfin étiez chirurgien, vous avez donc étudié la médecine. Que pensez-vous de Jeremiah Arkham et de ses expériences ? Cherche-t-il vraiment à vous soigner, ou simplement à assouvir une soif de connaissance personnelle ? Respecte-t-il bien la loi ?


Oui pour reprendre le contrôle d'Arkham, il me faudrait sûrement évincé, ou au moins diminuer le pouvoir de Jeremiah. Je me tenais là debout, devant le cannibale le fixant droit dans les yeux attendant des réponses.

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Dollmaker
MessageSujet: Re: Mais qui tire les ficelles ?   Mer 21 Juin - 0:39





Mais qui tire les ficelles ?

James R. Specter / Dollmaker




Malgré la fermeté affichée très rapidement par son interlocuteur qui s’employait ardemment à défendre sa place de dominant dans la conversation qui peinait à ne pas paraître incongrue, Dollmaker ne manifesta aucun signe d’impatience ; il se borna à attendre que Specter achève son discours concis et sa liste de questions. Chacune de ses paroles bruissaient comme des feuilles sous la brise, un sourire sinuant tel un ver de terre sur ses lèvres molles. Un bref moment de silence fit comprendre au tueur – peu attentif – qu’il était temps pour lui de répondre. Il baissa un instant la tête avant de reculer et de s’asseoir sur la chaise au fond de la cellule. La chaîne fixée à son pied traînait sur le sol. Le frottement était froid et bruyant.

Vous possédez des mécanismes de défense remarquables, procureur. Je suis convaincu que vous êtes particulièrement doué pour les interrogatoires.

Barton détourna ensuite son regard vers la fenêtre, qu’il avait dessinée plus tôt sur un vulgaire papier poussiéreux charitablement offert par le gardien du bloc, se remémorant la cour extérieure, dont sa présence lui était strictement et formellement interdite. À l’intérieur du mur d’enceinte, la pelouse s’étendait de chaque côté de l’allée principale, faite des mêmes pierres que le mur de sa cellule. Des jardiniers aux chevilles entravées par des fers entretenaient l’herbe, les arbres et les massifs de fleurs, et aussi les rosiers qui poussaient le long du soubassement de l’hôpital. Ils étaient flanqués d’aides-soignants, comme tous les autres patients pareillement entravés que Specter avait pu voir arpenter le site de leur étrange démarche de canard. Des hommes pour la plupart, mais aussi quelques femmes.
À droite et à gauche du centre psychiatrique se dressaient deux maisons identiques de style colonial – brique rouge, encadrements blancs, fenêtres munies de barreaux vitres jaunies par l’air pollué. Du haut de ses six étages, les lucarnes semblaient contempler chaque nouveau venu.

Quand les premiers cliniciens se sont installés, il n’y avait ici que des graminées et des broussailles. Vous devriez voir les photos, procureur Specter. Ce centre me rappelle ceux construits pour servir de quartier général au Bataillon juste avant la guerre de Sécession. Apparemment, il était prévu d’en faire des bases d’entraînement. Ensuite, quand la guerre est devenue imminente, tous les efforts se sont concentrés sur ces forts, et plus tard sur leur reconversion en camp de prisonniers. Le centre psychiatrique et pénitentiaire d’Arkham est, cependant, unique en son genre. Vous devez bien comprendre qu’il n’existe pas d’établissement comparable aux Etats-Unis. Ils ne prennent que les patients les plus gravement atteints. Ceux qu’aucune autre institution ne peut prendre en charge. Il y a quelques dizaines d’années, la pratique en vogue voulait que le genre de patients dont ils s’occupaient ici soient au mieux mis aux fers et abandonnés dans leur crasse et leurs excréments. Ils étaient systématiquement battus, comme si cela suffisait à éliminer leur psychose. Ils les diabolisaient, les noyaient, les torturaient, pour ainsi dire. En ces temps moins éclairés, un patient comme moi aurait été condamné à mort. Mais désormais, les médecins ont la possibilité de m’étudier, de me définir une pathologie, voire d’identifier et d’isoler cette anomalie de mon cerveau qui m’a conduit à m’écarter de façon radicale de schémas de comportement acceptables.  Ils veulent, à terme, aboutir à une harmonisation morale entre la loi, l’ordre et les soins hospitaliers. Sur le papier officiel, en tout cas.

L’air saturé d’humidité se réchauffait, et dans cette atmosphère moite, grillons et cigales s’en donnaient à cœur joie.

Ce cher Jeremiah Arkham se prend pour une véritable légende vivante dans son domaine. Major de sa promotion à Johns Hopkins et à Harvard. À vingt ans, il publiait son premier article sur les pathologies hallucinatoires. Il a été consulté à de nombreuses reprises par diverses agences de renseignements. Affaires militaires, du genre classées top secrètes. Du moins, je suppose. C’est un être vil, en réalité. Arkham est maigre au point de paraître émacié. Il a la peau criblée de cicatrices d’acné. Les vestiges de sa chevelure sont aussi sombres que ses yeux et les ombres en dessous. Il se morfond dans le grand salon de son bureau, véritable bibliothèque - qui ne rassemble pourtant pas beaucoup d’ouvrages médicaux mais plutôt des romans, de minces volumes de recueils de poésie, des rayonnages de livres d’histoire et de biographies -, assis dans une haute bergère à oreilles en face d’une cheminée, un pied calé sur le genoux opposé, tournant le dos au véritable projet d’harmonisation du centre psychiatrique. Si je vous dis que je ne suis pas fou, procureur, allez-vous me répondre que c’est exactement ce que répondrait un fou ? C’est toute l’absurdité kafkaïenne de la situation. Si vous n’êtes pas fou, mais que l’on vous a présenté comme tel au reste du monde, toutes vos protestations ne servent qu’à conforter les autres dans leur opinion. Elles constituent un déni. Vos craintes légitimes deviennent de la paranoïa. Votre instinct de survie est qualifié de mécanisme de défense, celui que vous semblez maîtriser. C’est sans issue. L’équivalent d’une condamnation à mort, en quelque sorte. Une fois que vous êtes ici, vous n’en sortez plus. Personne, hormis les professionnels de l’évasion, ne quittent le pavillon des soins intensifs. Quelques-uns ont essayé, c’est vrai. Quelques-uns en sont même sortis. Mais on les a opérés.
Je ne suis pas fou, non. Je suis médecin, chirurgien, neurochirurgien. Je le suis toujours. Si vous m’aidez, je vous en dirai bien davantage sur ce qu'il se passe ici afin que vous puissiez remplir la mission que vous vous êtes donnée.


Le visage de Barton reflétait un profond désarroi. Le tueur tendait une perche au procureur, qui n’attendait plus que d’être saisie.




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James R. Specter
MessageSujet: Re: Mais qui tire les ficelles ?   Mar 4 Juil - 23:02

Mais qui tire les ficelles ?

Dollmaker & James R. Specter

Les fous passent, La folie reste.
Sébastien Brant


L'homme en face de moi laissa d'abord un moment de silence, restant là sans rien faire. Il baissa ensuite la tête surement pour réfléchir à sa réponse et finalement il repartit au fond de la pièce pour s'asseoir sur une chaise. L'homme finit enfin par ouvrir la bouche, il vanta ma défense et mes techniques d'interrogations, cela me mit sur la défensive, il était suspicieux qu'un détenu vous complimente. Était-ce là tout ce que l'homme avait à dire ? Cela ne m'avançait guerre…

La tête du détenu se tourna ensuite vers une feuille de papier. En y regardant de plus près cette feuille de papier on pouvait y décerner une fenêtre dessinée. La cour était sûrement interdite aux criminels de cette partie de l'aile de l'asile, mais bon de là à avoir besoin d'un dessin d'une fenêtre il fallait être un sacré malade. Barton finit par reprendre la parole, il me raconta l'histoire de l'asile… Bon ce n'était pas tout à fait ce que j'avais demandé, mais bon pourquoi pas ? Selon lui il n'y avait pas de bâtiment comparable dans le pays de par sa structure mais aussi de son histoire. Il m'expliqua comment était traité les anciens patients de l'asile et comment cela avait évolué jusqu'à aujourd'hui. Même si cela n'était pas la réponse que j'attendais, cela n'en restait pas moins intéressant… Et inquiétant aussi, comment cela se faisait-il qu'un patient en connaisse autant sur cet endroit et les pratiques exercées ici ? Y avait-il travaillé ? Cela n'était fait mention nulle part dans son dossier, était-il vraiment enfermé ?

Il finit enfin par répondre à ma question et me parler de Jeremiah, tout comme avec l'asile, il connaissait son parcours dans les moindres détails. Et même au niveau du physique et de ses passe-temps, cela en était plus qu'inquiétant. Il me décrit Arkham comme quelqu'un de vil, mauvais, qui restait enfermé dans son bureau. Vint le moment où il me fit tout un discours sur la folie, sur qu'est qu'était qu'un fou et que lui le n'était pas. Il alla même jusqu'à tenter de me demander de le libérer en échange de réponse.

Surpris par sa demande, je restais interloqué quelques secondes. Il n'avait pas de doute cet homme fou ou pas fou en avait sous le pantalon. D'un coup je me mis à éclater de rire, je ne pus réprimer ce fou rire :

Ahah… Veuillez m'excuser, mais vous allez vraiment me soutenir sérieusement là les yeux dans les yeux que vous n'êtes pas fou ? Ohohoh… Ah je m'attendais à plein de réponse, mais celle-là je dois dire vous me surprenez.


Je repris doucement mon calme en séchant les quelques larmes de rire qui coulaient le long de mes joues, puis je repris d'un ton sérieux :

Non franchement sérieusement ? Alors il est vrai que ce n'est pas spécialité, mais lors de mes études j'ai bien étudié un peu la psychologie et il me semble que la définition de la folie est quelque chose qui doit ressembler à : "Troubles psychiques sérieux, rendant problématique la vie en société", pas mal non qu'en dites-vous ?... Alors maintenant reprenons vos antécédents vous voulez bien ? Et bien… Ah ! oui, cannibalisme, rien que ça… Pensez-vous que cela n'est pas un problème pour la vie en société ? Je passe bien sûr, les meurtres, les enlèvements, les tortures, et cætera, et cætera…


Non mais il s'attendait à quoi ? Que je lui dise… Bon ok aller je te libère ? Mon visage se ferma et mon ton devint rude :

Autant vous le dire tout de suite je ne compte pas vous faire sortir d'ici et cela quel que soit vos propositions, ne me confondez pas avec un vulgaire garde !


En fait je m'étais presque senti insulté par cette proposition. À qui pensait-il avoir à faire ? Jo le clodo ? Non mais franchement… Le goût de la colère passée, je me remis à la lecture du dossier et je revins sur quelque chose qui m'intriguait :

Je ne vois nulle mention du fait que vous ayez travailler ici auparavant, mais comment se fait-il que vous en connaissiez autant sur l'Asile et sur Jeremiah ? Je veux dire ce ne sont pas là des informations que l'on peut trouver n'importe où. Même moi qui ai fait des recherches pour ma visite d'aujourd'hui je n'avais jamais entendu parler de ces informations.

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