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 L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]

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MessageSujet: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Mar 9 Mai - 10:05

Savez-vous que chaque être humain sur Terre a une date de péremption ? Logique infaillible pas vrai ? C'était le genre de lapalissade qu'on pouvait sortir à n'importe quel diner de riches, et beaucoup, très incultes, applaudissaient face à ce genre de raisonnements. L'idiotie fait que malheureusement, l'être humain perde de sa saveur. Il perdait inexorablement son intérêt auprès de ses semblables. Quand un homme était privé de sa raison d'être, surtout dans un milieu aussi mondain ou aussi célèbre, il perd toute crédibilité et deviens la risée. Mais au Gant Noir, nous offrons à ces pauvres hères, une fin méritée et horrible. Souffrance, douleur, destruction de l'âme, c'était le crédo habituel du Gant Noir, un groupe exclusivement réservé pour cinq personnalités riches qui ne voulaient qu'une chose : se divertir et dévorer les miettes d'un homme portant les valeurs de vertu et de bien. Mais parfois, une exception arrive : Et le Batman avait vaincu le Gant Noir, à mon plus grand regret. Après mon échappatoire des docks, j'avais erré pendant quelques heures sur les docks, cherchant comment redonner une espèce de punch à mon entreprise. Oh que oui, je n'abandonnerais pas la lutte face au Chevalier décérébré et à sa cohorte de petits Wayne abrutis. Je le traquerais, et je détruirais sa conscience.

J'avais décidé de me réfugier à l'église de la Sainte Piété, dans les catacombes noires et profondes de ce lieu de culte. Le prêtre qui s'en occupait n'était clairement pas dans son édifice, surement en train de se dévoyer en comptant les oboles de ses pigeons, ou bien était-il en train de fourrailler une bonne soeur ? Les prêtres aimaient bien, généralement, dévoyer les jeunes filles sans expérience dans les couvents, c'était monnaie courante dirons-nous. Je savais mater les jeunes filles, moi aussi. J'avais géré un bordel du temps du Far West, jusqu'à ce que Hex face tout clapoter. Les filles étaient idiotes, et on pouvait les faire souffrir comme on le désirait. Plus tard, dans mon Hell's Club à Londres, j'infligeais les tortures les plus viles et les plus horribles à des jeunes filles qui n'avaient même pas vingt-cinq ans. Délicieusement horrible, en effet, mais que voulez-vous ? Quand on a le mal dans le sang, il faut savoir le propager. Corrompre les cœurs et détruire ce qu'il y'avait de beau en ce monde. Dévoyer et corrompre, c'était mon leitmotiv, mais mon plus grand désir, c'était de détruire la famille Wayne pour de bon. Le Hell's Club avait été une expérience magnifique. Vous n'imaginez pas les pires tortures mentales et physiques que vous pouvez infliger à une âme. Tout peut y passer.

Les catacombes s'étendaient vraiment sous terre, sur un rayon d'environ trois kilomètres. Je les connaissais pour avoir jadis, fait quelques messes noires, à l'insu des cloportes qui vénèrent un dieu qui n'existe pas. Ces imbéciles croyaient qu'un homme pouvait marcher sur l'eau, ou qu'il pouvait revenir à la vie après trois jours de mort. Quels imbéciles, on pouvait tout leur faire gober. Si demain, je m'improvise dieu, je suis sur que les crétins me suivraient, sans hésiter, et sans même poser trop de questions. Cela pourrait être drôle, mais à Gotham City, je serais très vite démasquer. Non, ce plan n'irait pas. Après quelques minutes de marche, j'arrive enfin à un petit autel, dans une petite salle. M'y posant, je me rappelais avoir sacrifié quelques imbéciles à la gloire de Barbatos autrefois, et maintenant que j'y pense, ce lieu serait un bon endroit pour moi. Enlevant le couvercle d'une petite urne, j'y trouve une bouteille de brandy, je l'avais laissé là il y'a quelques années, pour les coups durs. Buvant ce doux liquide qui me brûle la gorge, je sens déjà que les blessures ne me piquent plus autant. Cela me fait du bien, et je profite de la paix que m'apporte le lieu. Je pourrais peut-être y rester quelques jours, et après ... Après, je verrai.
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Mar 9 Mai - 12:30

   Chaque personne devait avoir un souvenir effrayant à narrer. Il était vrai que la peur était le sentiment le plus complexe à analyser. S'agissait-il d'une peur qui méritait d'être dédaignée ou encore une peur qu'il fallait surmonter. Il y avait également le cas : « Vivre avec ses peurs, les affronter, les comprendre et connaître un moyen de ne plus avoir peur » Toutes les commandes psychoactives du cerveau se relâchent lorsque la peur parasite nos synapses. Le pouls s'accélère, la circulation sanguine pareillement. La peur est le seul sentiment capable de vous paralyser pour de bon. Alors comment ne pas se réjouir d'utiliser une toxine qui nous concrétiserait nos peurs, nous apprendrait à y faire face ?! Ces temps-ci étaient sombres et il était favorable à chaque pas de vérifier que personne ne nous suivait. Le Batman. Le Batman était là, non loin, près de chaque lampadaire, au dessus de chaque toit, priant pour avoir sa dose quotidienne d'hémoglobine. Il était temps qu'il affronte également ses peurs, comme tout le monde ! La peur dépasse l'instinct, elle est présente dans chaque être vivant et va même jusqu'à contrôler nos relations sociales.

    Crane se souvenait de ce grand pré dans lequel il courrait jadis étant enfant, c'était vers ce pré que menait cet espèce de Bunker où travaillait son père. Puis doucement il approchait, il approchait, il approchait. Et plus ce dernier se mariait avec l'ombre, plus ses peurs se manifestaient. Des voix doucement s'élevaient et parasitaient son esprit décomposé. Il secoua doucement la tête pour éviter de faire face à cette ombre… Que manifestait-elle ?! Ses plus grandes peurs ? La concrétisation de la crainte d'être oublier ? Tellement de significations, tellement de signes !!!

    La vieille Gotham se périmait. Les habitants avaient peur. Peur de la suite des évènements, qu'allait-il bien pouvoir se passer ? Quel était le réel sens de la peur dans chaque Gothamite ? Il fallait savoir, comprendre, interpréter, s'interroger… Pourquoi ne pas enfumer quelques uns de ces pourceaux pour étudier, concrétiser l'approche scientifique des phobies ?… Empoisonner le maire, symbole d'une ville rongée. Le vers de gris sur la statue de la place principale se répandait sur elle comme le crime se laissait aller doucement sur toutes les parcelles d'honnêteté de la ville. Doucement la peur infiltrait la terre, chaque lopin d'espoir ne se cultivait plus, une jachère éternelle. L'église de la Piété tombait en ruines. Mais c'était un lieu idéal pour la peur, et surtout son maître. Les bons soins généreux ne se prodiguaient quasiment plus. Alors il était l'heure. Un affrontement avait catalogué la peur, celle de Simon Hurt, une peur que Crane devait interpréter, devait cerner ? Que se cachait-il derrière cet être ? Que signifiait ce combat à l'asile ? Il lui fallait les informations nécessaires pour concrétiser un plan qui servirait la peur.

    Derrière un masque de toile de jute, un long chapeau quelque peu troué, signe vieux magicien déluré. Une longue cape, un bâton de berger, que des yeux éclatant dans une nuit noire. Des bonbonnes ça et là de toxines sous un manteau qui faisait peur à voir. Une voix stridente dans la nuit et un homme… et une peur.

    « Bonsoir, docteur. »





    « Vous semblez bien affaibli… peut être s'agirait-il de confier quelques réflexions à celui qui doit vous suivre… Laissez vous bercer par le son de cette mise en abyme. Un fou parmi les fous »




   Un rire de hyène strident peu supportable accompagne une voix que seul un accordéon rance pourrait prosodier.
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Mar 9 Mai - 14:32

Une voix retentit de la pénombre. "Observe l'abysse et celui-ci te regardera" disait un proverbe. Je ne me rappelais plus trop exactement les mots exacts, et la liqueur semblait dissiper la réalité. Entrais-je dans un rêve ? Je doute. C'est à ce moment-là que je le discernais, une créature abominable qui répondait au nom de l'épouvantail. Le Docteur Jonathan Crane. Peu avant que Batman n'arrive à l'asile, mon agent infiltré, le docteur Guy Dax m'avait confié la liste des plus dangereux criminels, et Jonathan Crane faisait partie des monstres que Gotham avait fécondé. Gotham City, cette pute impie qui engendrait telle une putain fornicatrice les bâtards déformés qui investissaient cette ville, chaque rue, chaque parcelle. Putain féconde et grossière, Gotham était une monstruosité et elle crachait le crime, elle suintait le péché, le vice et la luxure. Une putain que j'aurais embrassé à pleines lèvres, sans doute. Et Crane était l'inspiration, l'allégorie de la peur. J'avais entendu parlé de ses travaux, mais je le trouvais indigne de s'associer à pareille association que la mienne. Bien sur, je ne lui avais jamais parlé, mais tout le monde était au courant pour l'asile d'Arkham désormais, et je ne pouvais pas passer sous silence que j'avais échoué. Oui, le constat était bien là, j'avais échoué face au Batman. Encore une fois, le "Bon" Wayne avait vaincu le "Mauvais" Wayne. Encore une fois. L'homme au masque en toile de jute ricana, une hyène n'aurait pas mieux fait.

"Je ne suis pas fou."

Dis-je d'une voix calme et posée, un sourire sur mon visage. Un visage presque victorieux alors que j'avais perdu la guerre. Mais d'une certaine manière, j'avais presque réussi à battre le chevalier noir. Mais je n'étais pas le seul à "avoir failli", non, ils étaient nombreux, ceux qui pouvaient se vanter de presque l'avoir eu. Je n'étais qu'un minable, mais un surhomme par rapport à tous ces autres cancrelats qui se vautraient dans leurs manies méprisables et idiotes. Moi, j'avais réussi à investir la Batcave, j'avais mutilé son majordome et j'étais sur le point de faire du célèbre Bruce Wayne, l'homme-esclave du Gant Noir. Un échec, un échec abominable et honteux. Me voila maintenant coincé avec l'un des plus dangereux cas de Gotham City. Son poison néanmoins, pourrait très bien un jour, servir mes plans, si j'arrivais à me faire un allié de cet homme. Dax m'avait annoncé la caractéristique première de Crane lors d'un bref échange sur les pensionnaires. C'est un sadique, un homme qui se délecte du malheur des autres. Dans un sens, il me rejoignait, et il pourrait peut-être se révéler utile. Peut-être ...

"Que me vaut le plaisir de votre venue, Docteur Crane ? Je ... doute que ce soit un échange entre un patient et un psychiatre ..."

J'étais psychiatre oui, mais je n'avais jamais pratiqué à Arkham Asylum. Trop dérangés pour ma propre personne. Mais ma réputation me suivait, les journaux en parlaient depuis quelques jours. "Le docteur Simon Hurt : Monstre", qui s'était affiché sur le Gotham Gazette. Ma tête était vraiment connue maintenant, mais je saurais rebondir ... Je saurais.
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Mar 9 Mai - 16:28

 La peur d’un homme suffit-elle au désespoir de cet homme-même ? Il s’agissait d’évoquer ici un énorme problème. Mais il fallait être juste. Ce bon vieux Simon Hurt. Il avait le visage harassé où s’étaient patiemment gravé chaque phalange de Batman. C’était un triste état pour un homme qui avait su mener à bien pas mal de ses entreprises… Mais chez Hurt, c’était une toute autre peur qui s’insufflait. D’abord, la peur d’être oublié. Cela rapproche tellement les êtres, ce perfectible sentiment de renommée qui pousse tous les hommes à se déchirer entre eux. Ils ont peur d’être vaincu, ils ont peur de ne pas être les meilleurs. Et dire que les plus idiots d’entre eux avaient misé sur l’égalité entre les hommes. Il y avait eu 1776, 1789… pourquoi ?! L’homme a la phobie de l’oubli. Il projette l’intégralité de son avenir sur la peur de ne pas réussir. Ce sentiment d’échec plane au dessus de lui comme une épée de Damoclès et elle lui rappelle à quel point il est un être imparfait. Il y a des hommes faits pour diriger, d’autres pour être soumis, il y a des hommes faits pour penser, pour intellectualiser ; d’autres pour conceptualiser manuellement la chose. Déjà Aristote l’avait dit… Mais ce philosophe oubliait l’importance de la peur qui ronge l’Homme… Pourquoi Verres a-t-il conspué contre la très magistrale république ? Pourquoi Catilina s’est obligé à commettre ces actes odieux ? Parce qu’ils auraient certainement eu peur qu’on les oublie !!! Aujourd’hui encore l’on cite leurs noms, pas pour de bonnes choses, mais jamais l’on les oubliera… Ils ont vaincu leur peur… Maintenant, il était grand temps de placer ce sentiment de peur au sein de la population mondialisée, qu’elle comprenne l’infâme place qu’elle détient et surtout qu’elle n’est rien face à ses phobies…


    « Voyons, docteur. Vous voilà tombé bien bas. J’avais franchement espéré que vous pourriez inspirer davantage qu’un sentiment de supériorité à cette bête noire qui parcoure les toits de notre ville... Vous qui étiez tellement disposé à révolutionner les choses... »


   Crane savait. Il savait beaucoup de choses. Jonathan avait eu vent du passif de cet homme. Il avait passé sa longue vie à se confronter à ses propres peurs : la peur de l’échec. Oui… Ce sentiment qui l’a poussé à devenir si vil était-il nécessairement ancré dans son esprit tordu ?…


    « Qu’importe ces statuts primaires à savoir qui soigne qui, cela n’a pas d’importance. L’important c’est la peur. Et j’ose croire que vous souhaitez la diffuser dans l’esprit phare de cette ville… Notre objectif est commun. »


   Crane entamait son discours :



    « Profiteur, rusé, habile mais peureux. Vous avez peur, docteur Hurt, mais pas de moi, non, non ! Vous avez peur de l’échec, vous avez peur de ne pas vous venger… Vous souhaitez rendre à la ville ce qu’elle vous a offert en quelque sorte. Vous souhaitiez la plonger dans l’oubli, mais vous avez échoué. Mais l’échec est passager. Et vous mieux que personne peut savoir qu’un mur se reconstruit…J’ai appris beaucoup de choses sur vous à l’asile. J’ai partagé certaines soirées avec le sombre Strange… Vous devez avoir réminiscence du colonel Kane ? »

 
 Il était temps de montrer ce qu’était la peur.
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Mar 9 Mai - 17:36

Un sentiment de peur passa dans mon regard, un léger sentiment de peur alors que je faisais en sorte de n'être qu'une ombre dans le paysage de Gotham City. Comment pouvait-il savoir ce que je savais ? Le colonel Kane bien entendu. J'avais travaillé avec lui pendant quelques années, dans l'espoir de créer un nouveau Batman. De créer des super-soldats capables de traquer le crime, mais qui pouvaient avoir des réflexes biens engagés. Avec pour seule condition de trouver un traumatisme capable de motiver pour mener la lutte contre le crime. J'avais réussi à cette époque. J'y étais arrivé, malheureusement ... Ils se sont retournés contre moi et ils sont devenus des monstres avides de haine et de colère. Des monstres capables de faire mal, très mal. Et le soupçon de venin incorporé à leur A.D.N, en ont fait quelques sur-êtres, des surhommes. Strange s'était intéressé de prêt à ces trois cas, et je l'avais croisé avant qu'il ne devienne complètement dingue. Mais tout ça, c'était il y'a si longtemps déjà ... Aux premières heures du Batman. Le colonel Kane avait mis Strange dans la confidence et Strange avait tout raconté à Crane. Il fallait garder la bonne mesure et ne pas se laisser influencer par cet être de paille qui venait à moi pour me menacer.

"Je suis impressionné de vos connaissances et de cette habileté de déduction, Docteur Crane."

Je lui devais au moins ça, je lève ma bouteille vers sa direction avant de boire une nouvelle gorgée, histoire d'adoucir ma douleur au bras. Il me faudra trouver une petite clinique de pauvres pour me faire soigner ça. Hors de question de me faire attraper dans un hôpital, pas comme ça. Ce n'était clairement pas une fin pour le docteur Simon Hurt. Oui, il avait raison, j'avais peur de l'échec. Cette peur s'était matérialisée à l'asile et Batman m'avait vaincu pour de bon. Comment le surmonter ? Avec de la patience. Il me fallait du temps et de la patience pour revenir à Gotham City. Du temps pour me refaire un blason digne de ce que je fusse jadis. Au moins, il avait l'air d'ignorer que j'étais un parent de Bruce Wayne, et c'était déjà la meilleure des choses. Tout le monde connaissait les grandes lignes j'imagine ... Le docteur qui ne faisait pas de bruit, se révèle être un pervers, un monstre, et fort heureusement, le reste de l'histoire ne semblait pas être connu.


"M'avez-vous suivi cher docteur ? Ou bien comptiez-vous passer votre temps ici-même ?"

Une question des plus pertinentes pour tout dire. Il fallait que je sache. Pour tout dire, savoir que Crane m'avait pisté pourrait relever d'une légère inquiétude. Pourquoi ? Que me voulait-il cet oiseau là ? Après le coup que le Joker avait fait, je doutais de m'associer une nouvelle fois à des pensionnaires de l'asile d'Arkham. Trop imprévisibles, trop dangereux. Crane était intelligent. J'en venais à reconsidérer les paroles du Bossu à propos de cet ancien psychiatre : Très intelligent, sadique et névrosé. Mais est-il vraiment fou ? Sa place était-elle à l'asile d'Arkham ? Peut-être que non. Je le jaugeais, il était vraiment comme un épouvantail, même costume, et ce rire qu'il avait émit. Un véritable monstre, et quelque part, ce malade m'intriguait.


"Notre objectif est commun oui ... Néanmoins, je me demande si je peux vous faire confiance."
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Mar 9 Mai - 18:28

   Crane glapissait doucement. Il éructait au plus profond de son être les plus insignifiantes paroles pourvues qu’elles le consolent. Il avait décelé la peur de ce curieux personnage. Mieux ! Il allait bientôt la maîtriser. Sensible à cet élan de majesté inversée, Jonathan pensait qu’il était temps de le rassurer. Avant d’exhorter un oiseau à voler une fois de plus, il faut soigner son aile blessée. L’être de paille soucieux, replia un pan de son manteau sinistre pour sortir d’une besace en laine feutrée une bouteille miniature remplie d’anxiolytiques, anticoagulants et quitte à lui faire oublier sa douleur, du paracétamol. Il fit rouler les médicaments sur le sol pavé de l’église dépravée. On entend un son rauque et spécial, celui de l’intriguant roulement des instruments de l’industrie. La peur était une métaphore. Celle de chacun. Elle était subjective et s’illustrait sous différentes formes. Panique, sueurs, nausées… Tant de symptômes qui permettaient à Crane de déceler quel type de peur emplissait le coeur noir de ce Simon Hurt. Palpitations cardiaques significatives, Crane sourit sous son infâme masque. Il plia donc par effet son masque mais le sourire en lui-même était indétectable.

    « Prenez le temps de soigner vos blessures, docteur Hurt. Ces quelques soins seront l’assurance de ma bonne foi. Vous trouverez une seringue dans cette besace »




   Crane envoya la besace au sol, sans la donner directement à Hurt.

    « Bien sûr, vous pourrez penser qu’en vous administrant tout cela, vous tomberez dans une folie incurable, mais je vous sais un minimum d’intelligence. Celle-ci devrait vous amener sur la voie suivante : Comment créer une alliance entre psychiatres ? Je sais ce que vous vous dîtes… Est-il un nouveau Joker ? Je n’ai pas la réputation d’être blagueur. La peur est bien plus intéressante que le rire en ce qui me concerne ! Sachez que… votre rêve de création d’une race supérieure, je la conçois… très bien. Et nous allons relancer l’idée. Ensemble. Je vous laisserais bien sûr le choix mais pourquoi vous demander votre avis alors que vous n’avez qu’une seule chance de vous relever en acceptant mon aide ? »

   Toi, lecteur, connais-tu l’infamie de la peur ? Celle qui te laisse sans espoir dans le noir ? Celle qui te met dos au mur ? Elle s’infiltre doucement dans tous les pores de ta peau, qu’elle soit sèche ou grasse, te fait transpirer, saliver. Tu t’accroches à ce qui te reste de vie… Tu saisis ta chevelure en priant qu’elle ne cède pas avant ton petit coeur… La peur est intuitive… Elle connaît et est supérieure à toi. Elle sait tout, te maîtrise et connaît chaque personne mieux qu’elle ne se connaît elle.

    « Le docteur Strange m’a parlé de cette race que vous avez tenté de créer. Nous allons relancé le projet. Il nous faudra des fonds et des partenaires. Mais il me semble que vos comptes étrangers restent relativement bien chargés ?… Pour un commencement… Nous allons pirater l’armée et les anihiler. Batman sera écrasé sous le poids de la difficulté et LA. Seulement là, nous ressentirons la peur qui pénétrera son petit corps musclé. Nous assisterons ensemble à la fin du problème Batman et nous verrons la peur dominer Gotham... »
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Mer 10 Mai - 10:02

Le flacon et les quelques médicaments roulèrent sur le sol. Sans hésiter, je les pris, comme un clochard qui se jette sur du foie gras, comme un de ces sales drogués en manque de came, sauf que moi ! J'avais besoin de ça pour me refaire une santé. Et je commençais à soigner mes quelques blessures, histoire de cautériser et d'éviter les infections. J'avais beau être immortel, je n'en étais pas moins invincible. Je pouvais peut-être vivre éternellement, au fur et à mesure de mes sacrifices envers Barbatos, mais je devais me rappeler que les blessures physiques pouvaient m'handicaper quelques temps si je ne faisais pas attention, en témoignaient mes blessures. J'étais un dieu parmi la masse de rats qui grouillaient sur cette planète. Je soignais les blessures, l'alcool ingéré me faisait oublier la douleur, de l'alcool qui nettoie la blessure. Tandis que je me soigne, j'écoute son discours, sa petite litanie. Il connaissait plutôt bien son sujet en ce qui concernait les trois policiers que j'avais transformé en "Bat-men". Le travail avait été long, et le temps, c'est tout ce dont j'avais besoin quand on y réfléchissait. Le temps parfait pour trouver de nouveaux membres du Gant Noir, de préparer ma nouvelle attaque sur le manoir Wayne, et bien sur, reprendre cette ville qui est la mienne. Avec un léger sourire, maigre même, je regardais en direction de l'homme de paille.

"Vous connaissez votre leçon, docteur Crane. Mais ce que vous espérez prendra du temps, des mois même. Ce n'est qu'au bout de plusieurs manipulations mentales que nous pourrons ôter toute peur, tout désir, toute émotion. Il est facile de détruire un homme, pour cela j'excelle. Mais reconstruire un être, cela peut s'avérer hasardeux. Il faudra de l'argent, du temps, et des cobayes ... Beaucoup de cobayes. Les résultats pourraient se révéler très amusants même ... Si l'on y réfléchit bien."

En y réfléchissant, les quelques résultats ratés pourraient très bien servir d'exemple à ces prochaines générations de sur-êtres. Mais il faudrait trouver les variables, et sélectionner drastiquement les sujets. Sélectionner des êtres génétiquement supérieurs, et pas de ces mélanges infects que l'on peut retrouver de nos jours. Non, il faudrait des hommes sélectionnés, parfaits, et absolument propres ... Crane n'avait pas l'air d'être le Joker, loin de là, mais il semblait plus concentré sur ses desseins véritables. Il voulait la peur totale, l'échec du Batman. Moi je voulais sa corruption, son âme déchirée, qu'il devienne un serviteur du mal et qu'il laisse tomber ses idéaux du Bien. La corruption pouvait détruire un être, et rien qu'à cette pensée, je souriais de plus belle. Au moins, il ne semblait pas être au courant de ce qui s'était réellement passé à l'asile, et c'était plutôt une bonne chose. S'en prendre à Wayne maintenant ne servirait à rien, lui révéler c'est pareil. C'était le Batman que nous attaquions, pas ce dandy idiot, même s'il n'était qu'un masque.


"Pourquoi moi ?"

Dis-je d'une voix douce, mêlée de méfiance. Après tout, il y'avait d'autres personnes capables de venir à bout de Batman. D'autres personnes dans la possibilité de le mettre à mal. Et au final, n'était-ce pas le Joker qui avait le plus de chances de tuer Batman ? Le tuer oui, pas de le corrompre, ni de l'atteindre plus profondément que moi. Il fallait redoubler d'efforts pour reprendre cet objectif des plus téméraires.
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Sam 13 Mai - 20:41

   Rien ne pouvait faire dévier Crane de son chemin d'étoiles qu'il s'était tracé. C'était justement cette obstination qui caractérisait farouchement l'Epouvantail. Outre cette fascination des phobies qu'on lui connaissait, il était vrai de dire que jamais il n'avait oublier le sens premier de l'existence qu'il avait mené depuis sa tendre enfance. N'était-ce d'ailleurs pas là qu'était le souci ? Cette farouche idée d'étude, de maîtrise de la peur. Quoi qu'il en soit, Jonathan s'avisait devant Hurt d'être au moins le maître de ses peurs, et rien que pour ça, Hurt devait le craindre. Imprévisible et curieusement sadique, Crane était de ces gens qui ne savaient pas dire « non » pour faire avancer la science. Ou leur science ? Qu'importe, le travail était leur objectif, même si ce dernier était mêlé d'une folie qui ne correspondait jamais à aucune autre diagnostiquée. Chaque personne ayant séjourné dans cet asile de fou était frappée, mais chacune différemment ; et c'était ce qui les rendait dangereuses. A partir de ce moment-là, la Justice réputée aveugle devenait plus molle au fur et à mesure que cette folie s'infiltrait dans cette société souillée. Aux derniers mots de Hurt, Crane sourit. Il savait pertinemment que Hurt allait se méfier de son plan, mais ce dernier était tellement ambitieux que ce pauvre ère de Simon ne pouvait que se demander pourquoi il choisirait un sans-abri…

    Avec l'élégance épouvantable qu'on connaissait à l'Epouvantail, ce dernier profita d'une légère bourrasque de vent qui s'engouffrait dans ce qui restait de l’Église pour pivoter sur lui même à la manière d'un de ces pantins de paille dans les champs, harnachés comme des bêtes… C'était la Folie.





     « Vous vous souciez de choses qui sont déjà résolues… Comment pouvez-vous croire que moi, je ne sois pas disposé à tout prévoir avant de venir quérir l'aide d'une personne riche devenue, par sa soif d'ambition de profit, rien de plus qu'un mendiant ?… Je sais quelle est la valeur de vos comptes, vous avez effectué avec le chevalier noir un pugilat dans un endroit rempli de ces affreux malades… Et j'ai en ma possession assez de toxine pour faire craquer toute une ville… hihihi »





    Ces derniers crissements s’apparentaient à ceux d'une craie que l'on frotte contre un tableau. Pourtant, Crane riait. Un rire de victoire ? Comment le savoir ?





    « Sachez, docteur, que nous créerons une race qui domine sa peur et celle des autres, et tout cela grâce à un gaz. Voilà la magie d'un monde dominé par la peur : elle ne sait pas quelle source de puissance elle a entre les mains ; et elle méprise le savoir... »








   Crane s'approcha des quelques marches où se trouvait Hurt pour le contourner et approcher de l'autel où demeurait encore quelques cierges et une croix en fer renversée.












    « Sainte Peur, que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne ; oh oui ! Bientôt tu domineras Gotham... »
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Dim 14 Mai - 11:10

C'était un véritable malade mental. Le processus infligé aux trois "Batmen" que j'avais sélectionné sur mes critères proches de Batman n'avaient clairement pas supporté le trauma infligé pendant les épreuves. Ils avaient tous pétés un plomb, et pas qu'un peu. Ils étaient devenus certes, sans peur, mais aussi capables d'évoluer sans chef. Ils arrivaient à un stade de non-peur dans la mesure où toute autorité au-dessus d'eux était à éliminer, et c'était avec beaucoup de chance que j'avais pû survivre à ces trois-là. Mais l'idée avait son charme, le matériau semblait brut, mais il y'avait matière à exploiter. Et Crane avait peut-être des atouts que je n'avais pas lors de la première fois. Après tout, si l'on peut refaire une nouvelle race d'hommes forts ... Pourquoi ne pas sélectionner des gens capables de tenir le sérum ? Il faudrait faire en sorte que tout soit parfait, que le plan ne manque pas d'accroc, mais j'avais peur de Crane, non pas en tant que partenaire, mais en tant que cinglé. Il l'était et c'était un handicap. Sa folie pourrait mener à terme mes efforts pour vaincre Batman et briser le mental de Bruce Wayne. Il n'en faudra pas plus, Gotham City me reviendra de droit. Qu'importe si des millions de gens doivent mourir, la ville me reviendra à moi : Thomas Wayne.

"Faire craquer toute une ville. Et avec la manipulation nécessaire ... Nous pourrions vendre un antidote bidon aux citoyens. Quelque chose qui rendrait accroc ces gens à la peur de votre drogue."

Un sourire perla sur mon visage. Voila la belle idée de corruption que nous pourrions faire. Ce n'était qu'un plan, mais il me paraissait assez intéressant pour le faire avec Crane. Corrompre, toujours. Prendre Gotham, c'est prendre Batman, le détruire, lui et sa ville. Détruire Gotham, c'est détruire l'âme de Batman. Alors imaginons les conséquences sur les citoyens de la ville. L'idée était fabuleuse quand on y pensait.


"On diffuse votre toxine, je reviens à Gotham et je fournis une drogue sous couvert de vaccin qui rend les gens accrocs à votre toxine. La mort est le stade ultime, je sais bien, mais la corruption de ces gens, le changement de leurs valeurs, le besoin de combler ce manque, ça serait dévastateur pour le chevalier noir. Ce serait ... diablement cynique."

Amusante idée, oui. Mais pour en revenir au plan des surhommes, il faudrait des hommes d'exception, des hommes qu'on pourrait embaucher ... Des mercenaires. Deathstroke pourrait être un bon élément. Deadshot aussi, ou encore même Merlyn, les mercenaires les plus dangereux pourraient devenir des éléments de destruction du chevalier noir. C'était une autre idée assez intéressante quand on y pensait. Pour tout dire, ça donnait presque envie de se relancer et de venir à bout du Batman. Bien sur, ma vengeance pouvait encore attendre, puisque j'avais l'immortalité pour moi. Mais il me faut prendre le Manoir Wayne. Il me faut reprendre ce qui m'appartient de droit, sans hésiter. En observant l'étrange homme de paille qui faisait le cinglé, l'idée germa.

"Je pense que le Gant Noir pourrait s'estimer heureux d'avoir un allié en votre personne, docteur Crane."
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MessageSujet: Re: L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]   Lun 15 Mai - 12:05

   Crane se défit de la croix qu’il tenait entre ses mains. Il se retourna vers Hurt avec la même grâce d’épouvantail. Il replaça son chapeau horrible et s’approcha très près de son interlocuteur.


    « Savez-vous, docteur, le pouvoir infini de la peur qui habite chacun des habitants de cette ville ? Ils tremblent à l’idée qu’un criminel puisse, à la sortie de leur travail, les dévaliser. Plus rien ne tient. Tout s’écroule et ce sentiment de peur s’est accru depuis que cette chauve-souris s’est emparée de Gotham... Il est temps de rétablir l’équilibre de la Justice, la puissance de la balance aveugle qui nous guide. Certaines personnes pensent que la Justice est infaillible… Moi je crois que c’est la peur d’être envahi qui l’a crée, d’être surplombé… Et bientôt… Retour aux origines, Hurt. Nous allons créer une situation de pandémie. Une pandémie qui va annihiler toute résistance. Et de là, nous sortirons tous deux vainqueurs de ce duel contre Batman. Il faut une zone témoin. Une zone pauvre qui va inciter toute la côte Est à ce servir en vaccin contre cette nouvelle maladie. Et ce vaccin sera la porte d’entrée de ma toxine. Comme si le vaccin était complément d’agent. Et lorsque tous les Etats Unis gémiront par le pouvoir que j’ai crée, Batman succombera, ainsi que tous ceux qui ont un jour osé croire qu’ils étaient plus forts que leur peur... »


   Crane s’éloigna quelque peu et tendit un dossier à Hurt, et encore une fois, s’éloigna.


    « Vous trouverez dans ce dossier trois zones pauvres pré-choisies. Tout d’abord, Cancun au Mexique. Sa situation géographique est propice à la diffusion d’une maladie. Au bord de mer, ce qui signifie que tous les gens refusant d’affronter leur peur chercheront à fuir par la voie maritime. Contaminés, ils iront voir Cuba, puis les Etats Unis pour finir en dominos… Ce sont là les effets néfastes d’une émigration incontrôlée... Ou bien Augusta dans le Maine. Les informations ont fait état d’une trop grande pollution dans cette zone… Et la pollution est l’amie idéale d’une maladie respiratoire… Elles se répandent si vite… Vous trouverez la troisième zone peu attractive, puisqu’il s’agit de Métropolis… Luthor perdrait beaucoup, mais ce n’est pas là notre objectif… Voici un moyen de contact que vous utiliserez pour me joindre, je vous contacterai bien vite. Je vous charge de choisir une de ces zones après avoir reforgé vos armes, et vos élites du Gant. Nous nous considérons comme collaborateurs, ce qui veut dire que 50 % de votre pouvoir me revient, me voilà co-dirigeant du Gant Noir. Assurez-vous l’addiction des Gothamites aux hôpitaux, lieux publics propices à la diffusion de la maladie que vous jugerez bons de diffuser… Cela m’importe peu. Ce qui m’importe, c’est le vaccin. Un vaccin prévu à l’effet qu’on lui donnera. Je me charge de l’élaboration de ce dernier. La peur dominera Gotham !!! Hihihih ….. Bon… Eh bien… A très bientôt,associé et… n’oubliez pas… c’est là votre seule chance de mener à bien votre vengeance... »



   L’Epouvantail s’éloigna bien vite de Hurt, et il souriait intensément, autant que faire se peut. Pauvre Simon Hurt, s’il savait ce que Crane lui avait donné pour se soigner, il ne rirait plus à l’idée d’assouvir sa vengeance sur un peuple qui ressentirait les mêmes effets que lui...




END
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L'immortalité est-elle la peur de la mort ? [Scarecrow]

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