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 Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?

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Basil Karlo
MessageSujet: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Lun 23 Avr - 20:30




« Il y a des poignards dans les sourires. » William Shakespeare, Macbeth.

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Amusement Miles, Seagate Amusement Park.

La nuit, il ne faisait pas bon de se balader dans ce vieux parc d’attractions. On le disait hanté par des fantômes, habité par des créatures surnaturelles et des démons infernaux. On disait aussi que c’était une des planques du Joker, qu’au vu de sa face de clown, il devait forcément se cacher dans un parc rouillé et effrayant. Cela paraissait si évident que de nombreuses rumeurs se mirent à courir dans tous les sens, signalant le psychopathe dans les alentours. Certains s’amusaient même à faire semblant de l’espionner, simulant une course-poursuite avec le criminel dont s’échappait toujours le gamin incrédule : aux grands bonheurs des nombreux fans, et de la barre des abonnés de la chaîne YouTube. C’était devenue une pratique tellement courante que ça ne semblait plus vraiment être un lieu dangereux, tant on l’avait ridiculisé avec des scénarios bidons et des costumes enfantins, dont on pouvait encore voir l’étiquette et la taille trop petite. Mais il était à noter que personne ne s’enfonçait jamais dans les profondeurs de cet endroit gigantesque, se contentant de dépasser à peine l’entrée et le portail de fer aux lettrages distordues.

Mais, ce soir, il y avait des adolescents plus courageux que les autres. Quatre franchirent l’entrée en tremblant, à la fois d’excitation et de peur. En première ligne, on avait le courageux de la petite bande : Jason Poller et ses gros muscles, armé d’une vieille batte et d’une lampe portable. Puis, dans l’ordre, il y avait aussi Bruce avec son fidèle regard de cadavre, Tom « Taxi » Wood qui était le seul à avoir le permis. Et, enfin, pour clôturer la marche, Amy N’Guyen qui agrippait fermement son chauffeur. C’était son idée à elle, d’aller jouer dans les filets du clown. Elle n’en menait finalement pas large.

Ils se mirent en marche en silence, concentrés et attentifs aux moindres bruits étranges. L’alcool irriguait le sang de la plupart, les faisant trébucher à maintes reprises sur les morceaux de tôles et les objets sur le sol. L’air froid s’engouffra dans les manteaux des jeunes gens, en même temps qu’il chatouilla les anciennes pancartes et affiches. Les images enfantines l’étaient beaucoup moins à la lumière d’une pleine lune. Tout était possiblement dangereux ici et, rien n’inspirait confiance.

— Putain, qu’est-ce qu’on fout là ! Ma mère va me tuer si je rentre trop tard en plus, vous êtes des gros cons franchement.

— Ferme-là, j’ai entendu un truc, vers là-bas.


L’oreille tendue vers une ruelle, Jason s’engagea alors dans celle-ci en intimant aux siens de l’attendre un peu derrière. Le garçon avait l’impression que quelque chose se déplaçait, qu’une chose s’amusait à gratter les murs. Lentement, il se fraya un chemin entre les parois étroites. Un rat était tranquillement en train de courir sur le haut d’une poubelle quand il s’arrêta subitement, humant l’air d’une façon indécise. Soulagé, le sportif ne prit pas la peine de regarder derrière lui. Il aurait dû.

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Après une bonne dizaine de minutes d’attente, le second garçon décida de partir à sa recherche malgré les remontrances d’Amy, la jeune asiatique qui lui faisait les yeux doux depuis le début de la soirée. Ils se mirent alors en route en vitesse, il n’était plus question de rester dans cet endroit. Quelque chose de louche s’était déroulé alors qu’ils attendaient. Personne n’osait formuler leurs hypothèses à voix haute, mais, tous, voyait dans cette disparition les signes du monstre maquillé. C’était Le Joker, c’était forcément le Joker, ce bâtard de première ? Non ?

— Dieu, c’est quoi cette merde sur le sol.
L’Asiatique s’était exprimée un peu trop fort et elle se fit sévèrement réprimandée par ses camarades, avant de reprendre sur un ton plus adapté à la situation. Non mais, vous avez vu ce qu’il y a par terre ? On dirait des matières fécales, des excréments qu’on aurait raclé sur le sol sur plusieurs mètres. Le chemin continue par l’allée centrale, on dirait bien. On la suit ?

— On ne va pas suivre un chemin de crottes ! C’est hors de question ! Tiens mon sac Tom, je vais appeler l’autre ringard. Il doit nous faire une blague pourrie dont il a le secret. On récupère l’autre bouffon et, on se tire vite fait bien fait de ce coin merdique. Le Joker ira chier sur le sol ailleurs.

Le blond joignit le geste à la parole, saisissant son téléphone. Par chance, et contrairement à tous les clichés des films d’horreur, il semblait que la couverture réseau s’avérait plutôt bonne. En deux secondes, Bruce lança son appel et attendit la réponse de son copain. Un léger bruit vibra de l’autre côté, vers les dernières marques de l’étrange matière sur le sol. Le bonhomme poussa un gros juron avant de suivre les deux autres, le dos courbé et le souffle court. Tout semblait pointer du doigt la maison hantée du parc, un manège pathétique et élimé par les affres du temps. Prenant son courage à deux mains, il fut le premier à ouvrir les portes de bois et à se jeter à l’intérieur. C’est bon, il en avait vraiment marre.

— Attends-nous, on est juste derrière avec Amy !

Tom eut à peine le temps de se rendre compte de l’absence de la gamine que la porte se ferma dans un claquement. Peu importe les coups, les hurlements et la terreur manifeste de se retrouver enfermé dans le noir : rien n’arrivait à faire céder l’Asiatique qui bloquait avec fermeté l’entrée. Les larmes aux yeux, elle s’enfuit en courant vers le chemin de la liberté. Enfin, c’est ce qu’on aurait pu croire, du moins.

Les deux prisonniers durent se rendre à l’évidence, ils étaient tout seuls dans le noir et dans un endroit inhabité. Ils cédèrent à la panique pendant plusieurs minutes, avant de finalement se ressaisir. Le danger était réel, cela ne servait à rien de tourner en rond et chialer. Il fallait l’affronter, ou, au moins, trouver un moyen de prendre la tangente le plus vite possible. Alors, d’un commun accord, les deux s’enfoncèrent plus profondément dans le théâtre des horreurs. Leurs pas étaient bruyants, leurs semelles crissant contre le gravier et les pierres. Les cœurs battaient dans un tintamarre incroyable, les corps étaient crispés, les muscles tendus et les poumons comprimés.

— Salut les gosses ! S’était exclamé un homme gigantesque derrière eux, accompagné d’un comparse plus petit. Tu m’aides, copain ? Ça fera plaisir au patron une prise pareille, y a peut-être moyen de récupérer une promotion avec ça.

Paralysés de peur, les adolescents prirent beaucoup trop de temps avant de se lancer vers la sortie. Des rires s’esclaffèrent en les voyant gesticuler à la manière des poulpes, et les masses s’abattirent sur les visages douloureux de pantin.

— Une putain de bonne soirée, copain. Matte le blond, il est plutôt pas mal ! Laisse-moi trois minutes avant de retourner vers le patron, je vais jouer avec la fleur du petit. Et, tu gardes le secret pour toi hein, je ne veux pas qu’on finisse par me surnommer le prêtre ou une merde du genre.

Le sourire aux lèvres, le complice jura de ne pas honorer sa promesse pour un sous. Et puis, aimer les enfants, c’est en quelque sorte garder son âme de gosse, non ? Il n’y a pas de mal à cela alors !

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Au revoir la subtilité, pensa-t-elle. Si j’ai envie de le voir, ça ne sert à rien de continuer à se balader au hasard en espérant ne pas se faire attaquer par surprise. Autant directement faire acte de présence, en essayant d’intriguer suffisamment son interlocuteur pour éviter de finir dans une marmite ou en saucisson. La décision prise, l’écolière prit soin de ramasser des branches pour allumer un gigantesque feu à côté de la grande roue. Elle prit place sur une pierre lisse plutôt confortable et se perdit dans la contemplation des flammes dansantes. Elle avait trop pris de risque pour s’arrêter au milieu du chemin.

Des raclements se firent entendre autour du campement improvisé. Les déplacements étaient à peine dissimulés, les gars se contrefichaient complétement d’effrayer la proie. Au contraire, il était clair qu’ils voulaient un peu de résistance de celle-ci. Le dindon en avait littéralement rien à faire aussi, c’est à peine si elle n’avait pas les jambes écartées pour qu’on la prenne et que tout cela se termine. Elle leva nonchalamment les yeux pour observer les ténèbres alentours. Ses pieds glissèrent sur le sol alors qu’elle descendait de son perchoir pour poser ses fesses sur le sol.

— Vous pouvez venir, j’en ai marre de me cacher. C’est de ta peur que j’ai peur, disait Shakespeare. Vous n’êtes clairement pas du genre à avoir peur, je n’ai pas à être effrayé alors.

Des voix s’exclamèrent alors, surprises. On pouvait sentir une certaine désillusion dans leurs intonations. Le visage d’Amy se mit à craqueler, révélant celui bien moins joli d’un Gueule d’Argile. La bête se leva doucement, de sa taille de gamine, et prononça de sa voix roque, monumentale :

— Je veux voir Le Joker, j’ai une proposition à lui faire. J’ai ramené des cadeaux avec moi, je crois que vous avez déjà joué avec l’emballage, n'est-ce pas ?



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Joker
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Lun 23 Avr - 22:51


Laugh and Die

Parc d'attractions Seagate

Un vieil appareil à musique, défraichit, oublié, usé par les hoquets du temps. Combien de temps cet appareil avait-il hanté les vieux couloirs du parc d'attractions hanté de Seagate ? Bonne question ! L'individu qui venait de choisir un disque au hasard, se risqua à le mettre avant d'entendre une légère musique s'élever, doucement, dans les hauts-parleurs de la salle. Souriant, l'être se dirigea, une canne-épée dans la main, vers une direction des plus hasardeuses. L'endroit était vieux, usé, triste, et les peintures se faisaient la malle. En un mot, l'endroit puait et ça servait de décharge. La musique retentit doucement, "Casse-noisettes", un classique de Tchaikowsky ! Un artiste et un virtuose qui n'avait rien de dégoutant pour les chastes oreilles de l'homme. Son visage était découpé, caché dans les ombres, seuls ses yeux étaient encore biens visibles dans la pénombre ... Ses lèvres d'un rouge vif et des dents virant au jaunâtre. Ses cheveux verts faisaient sa fierté et son sourire était toujours sur son visage, comme incrusté dans le muscle même, toujours propre, toujours très classe en terme de droiture et d'accoutrement par contre, malgré le fait qu'il se soit fait refaire le visage par ce cher Dollmaker. Il portait un imperméable violet, classique, et sa canne-épée. Il écoutait la musique, chaste musique à ses oreilles, innocente, agréable, douce, et pourtant, cette musique lui donnait envie de massacrer quelqu'un avec un casse-noisettes. Morceau par morceau. L'idée lui plaisait et le faisait sourire. Un autre homme, plus petit, plus bossu, attendait depuis un moment dans ce vieux manège déglingué et pourri. Se frottant les mains, l'homme patientait depuis des heures ici, et il avait accepté exprès ce rendez-vous qui lui foutait un peu la trouille.

Johnsie - "L'endroit vous plait ? J'veux dire ... Le courtier a dit que c'était le genre d'endroit qui vous bottait. Après, avec quelques travaux, vous pourriez relancer les manèges. La maison hanté faisait n carton à l'époque."


Il croyait tromper qui ? Bien sur que c'était l'arnaque du siècle, mais le Joker n'était pas si stupide que ça. Cet endroit était un tas de merde, une poubelle ambulante qui restait au coeur même de Amusement Miles comme un véritable pustule au milieu d'un visage. Mais quelque part, le lieu avait un certain charme. Le Joker sortit la pénombre, suivit de la musique. Souriant, le Joker semblait être dans une bonne humeur. Ses cheveux étaient hasardeux, dans tous les sens, son visage s'était dissimulé sous de nombreux bandages blancs qui cachait le visage rougeoyant du Clown, et ses yeux semblaient être de nouveaux "calmes" et normaux pourrait-on dire. Comme s'il avait encore changé, au niveau physique, mais aussi au niveau comportement. Silencieux, le Joker se dirigea vers le petit homme. Celui-ci était envoyé par le courtier, un type qui se chargeait de revendre des vieux endroits aux criminels de la ville. Un type à qui ça dérangeait pas de vendre un bâtiment pour faire un musée des horreurs par la suite. Noooon, ce n'était pas dans les habitudes de la maison monsieur ! Quand on a un travail et qu'on est un professionnel, comptez sur ce cher Sherman Fine, le courtier le plus en vogue de Gotham City. La voix du Joker s'éleva soudain.

"C'est ... Grand, démesuré, vide, encombré, et terriblement insalubre. Je prend ! Et je peux même vous dire que vous faites une affaire de dingue ! Hihihihihihi !"


Et le Joker tendit sa main pour conclure l'affaire. Malheureusement pour l'homme qui venait de baisser sa garde, ce-dernier n'avait pas vu la petite piqure empoisonnée dans le creux de la main gantée du Joker. Et ce-dernier commençait à comprendre son erreur. S'appuyant sur le mur. Il commençait à étouffer, et à sourire, son teint devenait blanc, et un sourire commençait à luire sur son visage. Un sourire rouge, et des yeux exorbités. Seagate était une merveille de technologie en terme d'amusements oui, mais il y'avait eu beaucoup de mauvaises histoires, ce qui rendait la chose hantée. Et beaucoup d'adolescents venaient jouer dans ces lieux horribles pour se donner du courage et s'inventer une adrénaline. Fichtre, quelle idiotie. Le Joker n'avait peur de rien, sauf peut-être d'une petite chose ... Mais on y reviendra. Fixant l'homme qui s'occupait de la vente pour Fine, le Joker eut un sourire des plus déplaisants, toujours sous ses bandages qui commençaient à prendre la couleur de sang à cause des blessures encore biens fraiches.

"Malheureusement, vous comprendrez cher ami, qu'avec cette guerre des gangs, mes finances sont au plus bas. Mes associés ont déjà la signature de votre collègue, ce qui fait que cet endroit est à moi depuis une petite heure déjà. Je suis au grand regret que cette vente ne vous donnera aucune contrepartie. Boooon, je vois que vous le prenez bien, vous avez un grand sourire sur votre jolie face de bébé rachitique. Je pense que je vais vous laissez encore un peu ici, ne vous en faites pas, vous allez adorer ce que je vais faire de cet endroit."


L'homme succomba et le Joker prit le cadavre par un morceau du col et l'envoya valdinguer comme un vulgaire sac de chiots à travers l'entrée du manège, il tomba dans la boue devant le manège hanté. Il déboula hors de la maison hanté, avant de s'écraser lamentablement aux pieds d'une jeune fille qui était encore couverte de sang, qui servait de "projet" dans l'esprit du Joker. La musique de Casse-noisettes avait laissé la place à du french cancan, le Joker traversa alors le rideau rouge qui donnait sur l'entrée du manège hanté à son tour avant de faire une ovation à un public invisible. Souriant, il s'imaginait que les projecteurs étaient tournés vers lui, tous magnifiques, un public qui le saluait, oui, il y'avait du monde imaginaire ... Et quelques cadavres fraichement installés dans le wagonnets du manège hanté. Aaaah les joies du spectacle ! Faisant un grand salut de la main, le Joker était ravi, parfaitement ravi ! S'avançant vers les cadavres qui tournaient en mode deux par deux dans le train hanté, le Joker s'abaissa vers l'homme qui venait d'être tué, puis sourit avant de lui mettre une étiquette "Je suis un idiot" sur le front. Se relevant, il ricana avant de regarder un de ses hommes de main qui arrivait en courant. Apparemment, on était pas seul. Et il y'avait déjà du public à la porte, bon, d'après les relevés de l'ahuri qui venait de pleurnicher, ce n'était qu'un autre comparse monstrueux de l'asile qui venait au Joker. Ce-dernier ne se pria pas et sortit alors du manège pour aller à la rencontre. Il semblait guilleret, malgré le fait qu'il s'était fait arracher le visage par Dollmaker, mais sinon tout va bien hein !

"Chic ! Chic ! Chic ! Un admirateur !"


Le rire résonna dans le parc. Le Joker croyait entendre des applaudissements, comme toujours, dans son crâne infecté par la folie. Il était dans un rêve, la réalité ? Il n'y touche plus ! Cela lui gâche ses hallucinations. Et puis pour tout dire, on avait pas besoin d'une réalité froide et naze. S'approchant alors du gros monstrueux qui venait d'entrer dans le parc, et par la même occasion qui venait de coller une foutue trouille à ses hommes de main, le Joker eut un sourire non visible en voyant l'homme-boue enfin devant lui.

"Gueule d'Argile ! Je ne m'attendais pas à te revoir. Tu as bonne mine ..."


La blague était dite.




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Basil Karlo
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Mar 24 Avr - 21:28




« Il y a des poignards dans les sourires. » William Shakespeare, Macbeth.

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Amusement Miles, Seagate Amusement Park.

La gamine fut escortée jusqu’au Joker, accompagnée par les deux sbires du clown. Sur le visage de la jeune asiatique trônait celui de Gueule d’Argile, une masse gluante et effrayante qui promenait son regard un peu partout. Si le meurtrier n’acceptait pas de lui venir en aide, s’il décidait subitement de l’attaquer, il devait trouver un moyen de s’échapper au plus vite. Bien sûr, il était bien plus fort et plus puissant que lui, mais, ça n’empêchait pas l’acteur de ressentir une certaine appréhension face à cette rencontre immédiate. Personne ne peut prédire les actions d’un fou ni ce qu’il a dans sa poche.

— Vous m’excusez les gars : je ne veux pas vous faire peur mais je vais devoir prendre mon costume de soirée.

Les dernières syllabes qu’elle prononça furent suivies d’un torrent d’argile, qui, en quelques secondes, se solidifia et s’éleva dans la forme qu’on lui connaissait le plus. Ainsi, le bonhomme atteignit facilement les trois mètres, et était aussi large qu’un camion. Une bête de la nature, un monstre de terre. La route continua pendant plusieurs minutes. Les détours étaient nombreux, on tentait vaguement de le perdre à travers le dédale des rues et des allées. Conscient de ce qu’il se passait, il ne fut pourtant pas assez vif pour apprendre par cœur la manière de sortir du parc hanté : il était tout à sa réflexion et ses pensées.

Le criminel avait changé, c’était flagrant. En particulier parce que le malade s’était fait arracher le visage et que le spectacle n’était pas des plus gourmands. Si le métamorphe avait une gorge ainsi que de la salive, il l’aurait sûrement avalé sur l’instant. Être constitué d’une manière liquide lui donnait au moins un avantage : on ne pouvait pas lire sur ses lèvres, écouter un cœur inexistant ou mesurer sa tension musculaire. Rien chez le colosse ne permettait de douter de sa position de géant, aussi borné et impitoyable qu’un mur de béton.

Une fois en face de lui, le comédien décida d’arrêter, ironiquement, la comédie pour se dévoiler avec son corps originel. Son ventre sembla remuer, un voile brun recouvrit son dos et l’engloutit, délivrant un Basil sous sa plus belle apparence.

— Content de te revoir, camarade ! Je vois que tu es allé chez le coiffeur et … aussi, chez le boucher !

Reprendre son véritable physique lui redonnait le coup de fouet dont il avait le besoin : on pouvait justement dire qu’il jouait à domicile, connaissant parfaitement la moindre parcelle de son être. Ses cheveux blancs tombaient avec savoir sur ses yeux acérés, couplés à une moustache grisonnante d’un autre temps. Coincé dans une chemise blanche impeccable dont une cravate tombait mollement sur le torse, monsieur Karlo était prêt à affronter tout le monde, pour peu qu’on ne lui tâcha pas son magnifique costume italien.

— Je suis venu discuter avec toi de certaines affaires, mon ami. J’ai des services à te demander, et, à l’inverse, n’hésite pas à faire de même. Tu sais que j’aime rendre service et que je suis connu pour tenir toujours mes promesses.

C’est ça, c’est bien, un peu de pommade pour cacher ton malaise. Le sourire un peu crispé, le quinquagénaire parlait à grand renfort de ses mains. Il se voulait percutant, amical et chaleureux. Son ton, à la réflexion, était peut-être un peu trop familier et pompeux. Merde.

— Je t’ai apporté des jouets, tes copains ont dû te les présenter. Ils sont tout frais de ce soir. Je ne suis pas du genre à me présenter chez un collègue sans ramener un présent, j’espère que ça te fait plaisir, vieux frère. Tu me fais visiter ton beau domaine ?

Sa façon de parler était tellement mielleuse qu’elle pourrait tuer des centaines de diabétiques. Respirant de grandes bouffés d’air, le tueur au visage d’argile tentait de garder une contenance et de s’attendre au pire. Toujours s’attendre au pire, ne jamais se relâcher, pas même une seconde pour se vider les couilles.

— Sans rentrer dans les détails de suite, je voulais te faire part d’une proposition particulière. J’aimerai, dirons-nous, que tu m’apprennes à être toi. J’ai toujours vu dans tes yeux sournois les étincelles d’un show-man, on se ressemble pour ça : le spectacle avant tout !

Il rit, difficilement. Ses pupilles renvoyaient une impression dure, qui n’allait pas vraiment avec l’hilarité qu’il simulait. Ce n’était pas son meilleur jour, voilà que Gueule d’Argile galérait à s’incarner lui-même, l'ironie était cinglante.

— Je veux rendre mes personnages réalistes, les rendre vivants. Les fous m’ont toujours posé problème, c’est tellement difficile à jouer parfaitement. C’est pour ça que je suis ici, pour t’étudier et améliorer mes performances. Sans cela, je ne peux pas prétendre être le plus grand acteur de ce monde : tu reconnais l’ampleur du problème, tout de même. Penses-tu pouvoir m’offrir ton aide ?  



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Joker
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Mar 24 Avr - 22:19


Laugh and Die

Parc d'attractions Seagate

Le Joker ne savait pas si c'était l'air du moment, mais il pensait à la musique de Frank Sinatra dans ses oreilles, il entendait Frankie chanter son célèbre Strangers in the Night. La scène se transforma en véritable opéra dans son crâne. Quand le boueux ami s'avança pour que le Joker l'observe un peu mieux tout en jaugeant l'homme transformiste, le Joker se sentit battre fort dans sa tête, sa nouvelle lubie lui rappelait de nombreux souvenirs contradictoires. Il s'imaginait jadis être un ancien crooner qui a eu la malchance de faire un pas de travers pour se payer sa drogue quotidienne, ou bien était-ce encore une autre histoire ? Il se rappelait d'une fille et d'un mec qui dansaient sur ses chansons, qui chantaient et qui riaient, le rire, ce fameux rire de l'homme heureux qui a tout ce qu'il avait. Il se souvient de les avoir tué, tous les deux, juste après le concert, ou bien était-ce encore une histoire inventée ? Alors que la jeune fille imaginaire de son esprit semblait danser avec Robert, le joyeux fantôme invisible, le Joker s'appuyait doucement, prenant appui sur sa canne-épée, regardant avec un certain intérêt ce qui se passait sous ses yeux. Ne répugnant pas à cette transformation des plus normales pour le clown, le Joker fixait l'étrange scène qui se déroulait sous ses yeux. Clayface venait de reprendre une forme un peu plus humaine pour la discussion et il avait besoin de quelque chose, il avait besoin de passer un marché avec le Clown. Il avait besoin d'un maitre, d'un maitre qu'il pourrait imiter, tout en devenant bien sur, une espèce de véritable acteur capable de copier et de diriger la folie selon ses envies et selon son talent d'acteur. On pousse le bouchon un peu loin, pas vrai Maurice ? Tout est normal ! Figurativement, il était à genou, devant le Joker, rendant un hommage à l'homme qui venait de pénétrer céans dans ces lieux. Il voulait un maitre à penser ? Un homme dont il pourrait apprendre, devenir son double ? Pourquoi pas, mais qu'il n'oublie pas que personne n'aime les copies. L'originale est toujours plus dangereux pas vrai ? Pas un problème pour le clown de la ville de Gotham. Chacun ses folies dirons-nous.

"Accorde-moi cette balade et on peut discuter."


Dit-il en pointant de la canne l'horizon du parc, tout en commençait à se diriger doucement, en compagnie de Clayface, d'un manège avoisinant. Dans le crâne du clown, dans sa tête, ça tournait, et ça tournait, tournait, encore et toujours, sans arrêt, sans cesse, sans s'arrêter. Le but de Clayface était bien simple, et malgré le fait que le Joker n'aimait pas trop ce genre de relations, Clayface avait quand même un intérêt des plus amusants : Il pouvait tourmenter le Batman et faire en sorte de l'aiguiller ailleurs. Il sourit en pensant aux blagues qu'il pourrait faire. Il flattait le Joker, il savait très bien s'y prendre et le clown était quelqu'un de vaniteux, sans tomber dans l'égocentrique, le Joker aimait qu'on parle de lui pour ses faits d'armes et ses talents.

"Tu connais le proverbe, Clay-Clay d'amour. Ce sont les tragédies qui engendrent les meilleurs comédies."

Cette phrase illustrait tellement ce pauvre Batman quand on y pensait non ? Qu'était-ce la folie au final ? Les êtres normaux ne comprenaient jamais ce qui se passaient dans le crâne de ceux qui sont différents. Mais le plaisir ! Le plaisir de faire ce que l'on veut, de faire l'inattendu ! Cela était surement la vraie folie, mêlée à la mort, l'excentricité et à l'art ! Voila la plus belle des folies, et le Joker en était un esthète. Quelque part, le Joker voyait en Clayface un allié plus probable que prévu. Et pour tout dire, il serait à même de mieux gérer certaines situations, de mieux gêner ses rivaux.

"Tu es l'acteur royal du Bat de Gotham ! Le ménestrel de sa cour ! Le grand Clayface ! Tu es celui qui le mystifie et qui le divertit de ses talents d'amuseur. Pourtant, il y'a une chose que je ne comprend pas. Tu es un acteur, et tu as encore besoin d'apprendre auprès d'un homme comme ... Moi ? La folie ... C'est quelque chose d'insaisissable, tu ne peux pas la comprendre en deux trois jours, il te faut ... Du temps."


Souriant, le Joker avait toujours le visage manquant, les bandages collaient à ses muscles rougeoyants, mais il enleva les bandages qui couvraient sa bouche. On y voyait encore le tracé des étirements du sourire du Joker. Il était toujours le Joker, malgré la perte de son visage, il était et restait le Joker, quoiqu'il puisse être à l'intérieur, lui et son passé multiple et tourmenté. Clayface avait amené des jouets, mais le Clown n'était pas intéressé, du moins, pas pour le moment. En attendant, un plan se préparait.

"Je vais t'aider mon petit Basilounet, je vais t'aider, sache que tonton J n'abandonnera pas un de ses meilleurs camarades de cellule. Essaie de prendre mon apparence, celle où j'avais encore un visage."


La musique dans le manège s'arrêta et le Joker éclata d'un rire avant de repenser à toutes ces choses qu'il avait commise pour atteindre le Batman, au long de toutes ces années. Avec un garçon comme Clayface, on pouvait s'attendre à rigoler encore quelques jours de plus. Et s'il prenait son apparence pour toujours ? C'était un peu dérangeant et le Joker n'aimait pas les copieurs. Par contre, s'il l'aidait à fausser les indices des justiciers ... Cela ne le dérangeait alors pas, et dans aucune mesure. Il éclata d'un rire qui résonna dans le vieux parc insalubre. La vie n'était qu'une farce, qu'une monstrueuse blague. Tout n'était que sentiments au théâtre de la vie. Passion, joie, tristesse, tout en une danse mélodramatique, c'était ça le Joker ! C'était ce gout pour la folie et pour la mise en scène. Le gout du rire et de l'envie de rendre les choses plus folles qu'elles ne le sont. S'approchant de Clayface, le Joker posa un doigt sur la bouche du transformiste. Sa voix gronda légèrement, comme ravie, et partiellement amusée.

"Voila ce que je veux voir ... Un ... Beau ... Grand ... Sourire."





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Basil Karlo
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Mer 25 Avr - 16:26




« Il y a des poignards dans les sourires. » William Shakespeare, Macbeth.

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Amusement Miles, Seagate Amusement Park.

Le Joker intima à Basil de l’accompagner pour une petite balade dans son domaine. Celui-ci, rassuré par son ton, se détendit un peu et se mit en marcher d’un pas léger en sa compagnie. L’ambiance était étrange et l’acteur eut du mal à la définir, il n’était pas très à l’aise.

— Je suis bien d’accord avec toi, et, crois-moi, j’en connais long sur les comédies.

Que devait-il comprendre de la phrase du Joker, qu’il ne considérait pas la vie de Gueule d’Argile comme une tragédie, que cela expliquait forcément son mauvais jeu ? Les muscles tendus, il écouta la suite du dialogue en tentant de réprimer ses émotions, en profitant pour rajuster sa veste de costume. Il voulait garder sa fierté de star d’Hollywood, même à côté d’un monstre sans visage.

— J’ai du temps à consacrer à cette tâche. La folie est une des dernières nuances de couleur que je n’arrive pas complétement à saisir. Sans elle, mon tableau n’a aucun sens. Je ne peux supporter de ne pas être encore à la perfection de mon art. J’ai tant à apprendre que j’ai l’impression de n’être plus qu’un enfant qui découvre le théâtre. Si seulement les autorités de Gotham arrêtaient de m’importuner à chacune de mes représentations, je serai déjà reconnu à mon plus juste titre.

Quand il lui parlait, Gueule d’Argile faisait bien attention à ne jamais croiser son regard. À vrai dire, il ne le regardait jamais des pieds à la tête : simplement les extrémités de son corps. Le bonhomme concentrait son attention sur les bras, les jambes et la canne-épée du Joker. Il ne voulait pas le voir sourire, ça n’annonçait jamais rien de bon chez lui. Le truc avec ce taré, c’est qu’il souriait tout le temps. Pendant un instant, il resta interloqué devant ce que lui demandait son camarade. Prendre son apparence ? Certes, pour imiter la démence, il devait être la démence. Mais, dans cette proposition, il sentait que quelque chose n’allait pas, que ce n’était pas simplement par jeu.

— Très bien mais, j’y ajoute mon style, dirons-nous. Je ne suis pas encore capable d’imiter l’original : j’aurai parfaitement ton corps, mais pas la lueur dans tes yeux. C’est tout de même le clou du spectacle ! Hm, je sais ! Je pense que ça va te plaire !

Alors, s’arrêtant dans un nuage de poussière sombre, le gentleman fit face à l’arlequin. Sa peau se décomposa pour prendre un nouveau masque. Il devient plus petit, bien plus petit que le Joker. Dans une parodie cartoonesque de son spectateur, il reprit les grands traits de son apparence en les déformant pour imiter les personnages des dessins animés, un Mickey Mouse diabolique. Tout correspondait à l’original, si ce n’est les proportions et les détails. Avec cette tentative d’humour et de satire, le métamorphe espérait apaiser les tensions et amuser son camarade. De son dos, il tira une canne-épée anormalement grande et se mit à jouer avec, non sans une certaine classe, celle d’un danseur professionnel qui aurait chaussé ses meilleurs chaussons. Ses lèvres s’élargirent jusqu’à former l’un des plus grands sourires jamais observés, étirant jusqu’à la limite les muscles de ses joues et de ses pommettes. Un peu perdu, le nain violet attendit la suite du programme, en espérant, secrètement, que celui-ci ne comportait pas un couteau et sa jolie trogne.

— Je crois qu'il serait de bon ton de finir mon petit tour par un, TADAAAM, de circonstance.

--------------------------------------

PS : Bon, le RP est plus court que les précédents, j’avoue. J’ai eu un peu de mal à trouver comment finir mon message, tu es aussi imprévisible que ton personnage ! Ne sois pas trop méchant avec mon Basil, Jokerounet tout de même !


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Joker
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Mer 25 Avr - 17:46


Laugh and Die

Parc d'attractions Seagate

Le Joker éclata d'un petit rire. Il ne savait pas qui il était au final, il se transformait et se changeait encore et encore. Et pourtant, son visage était placardé dans la ville entière, avec un bel avis de recherche et avec la mention "Dangereux" en gros dessus. Marrant hein ? Alors que tout s'emballait à une vitesse folle, Clayface montrait quelques drôles d'intérêts. Enfin quand on dit drôle, avec le Joker, y'avait une espèce de relativité évidente. Le Joker était drôle mais ça dépendait surtout de ses humeurs. Il découvrirait très vite, et n'arriverait toujours pas à le saisir, qui il est, la seule chose que le Joker avait en tête, c'était cette danse, folle, intriguant, et monstrueusement endiablée. Elle parlait, elle parlait beaucoup, comme le Joker oui, mais pas aussi bavard non, il était plutôt du genre questions. Il voulait être aussi intéressante que le Joker, aussi passionné par sa lubie ? Pourquoi pas ? Après tout, il n'y a pas quelques minutes, il voulait devenir l'élève du Joker, apprendre à gérer la folie, chose qui était pratiquement impossible. C'est comme vouloir demander à un homme tronc de se lever sur ses jambes et d'applaudir avec ses mains. Non, pour se plonger dans la folie, il fallait l'embrasser, ne pas la rejeter, refuser de rester ancré dans la réalité. La réalité n'était qu'une vaste blague, une idiotie de plus dans un monde de plus en plus psychotique. Niveau folie, on repassera pas la case "santé mentale" dix sur dix. Cessant l'étude de la parodie que le boueux ami venait d'accomplir, le Joker ne dit rien, il observait, patientant, s'imaginant la créature en rouge, couleur sang. Il toucha ses lèvres rouge sang, s'il en restait, enfin, du moins, ce qu'il y'avait à la place des lèvres.

"La voie de la folie est pavée de cadavres. Batman a essayé jadis, de me comprendre, de suivre une thérapie pour comprendre mon état mental. Il a cru qu'en deux jours, c'était possible. L'imbécile. Non, Clayface, la seule chose ... Que tu dois savoir ... C'est qu'une fois la route de la folie empruntée, on devient ... Quelqu'un d'autre, quelqu'un de fort et d'imprévisible."


Il voulait devenir comme le Joker ? Devenir aussi fou ? Mais ... Cela ne s'improvise pas ! Jamais ! Que nenni. Alors que le Joker fixait avec des yeux ronds la parodie Mickey Mouse du clown, le Joker s'approchait, petit à petit, avant de reprendre une nouvelle fois le boueux transformiste dans ses bras. Il avait touché le Joker, et il semblait être instable psychologiquement, pas de trop, mais il commençait à montrer des signes intéressants, il suffisait juste d'une petite poussée, d'une petite pichenette et il pourrait être bien plus que tout ce qu'il était. Inquiétant mais terriblement excitant pour le Joker. Prenant son regard le plus charmeur, le Joker lâcha sa canne-épée avant de lui dire doucement, tendrement.

"Il suffit d'une journée, tu sais, une journée pourrie de trop ... Pour basculer dans les affres les plus terribles et les plus noires qui soient ... Une journée pourrie pour devenir maboule. Dans mon cas, une journée pourrie et un bon bain d'acide. Hahahahahahaha."

Il éclata de rire. Tout le monde a une histoire, une histoire bien à lui. Une histoire qui en disait long sur la personne. Pour le Joker, lui, c'était différent ... Il avait ... Disons, comme un trou, il ne savait plus trop qui il fut jadis. Parfois, il s'en souvient d'une façon, le lendemain une autre. Des souvenirs, confus, étrangers, et parfois même prenants. Mais la plus drôle des choses, et c'est ce qui mettait le piment dans cette vie si triste, c'était d'avoir plusieurs histoires possibles, au moins, on était jamais déçu. Non. L'ambiance devint vite étrange, vite bizarre. Pour tout dire, le Joker avait envie de le voir dans un monde bien à lui, il voulait l'aider bien sur, il voulait lui montrer que certaines choses ne valaient pas d'être vécues, que certaines choses étaient si inutiles, si drôles. Il fallait lui montrer la triste réalité dans laquelle il vivait. Et il en rigolerait, surement ! C'était merveilleux d'avoir ce soucis de la perfection, après tout, Clayface était un esthète, et il voulait lui aussi être le centre de l'attention, et le Joker le comprenait parfaitement. Il ne pouvait comprendre que trop bien. Toujours en train de tenir Clayface par les deux épaules, le Joker sourit, d'un sourire à faire presque peur.

"Laisse-toi aller, laiiiiiisse toi aller. Si tu veux être le meilleur acteur du monde, il te faut ... Un stimulant. La douleur nous endurcit, elle nous apprend qui nous sommes vraiment. Et pour tout te dire mon cher, il te faudra souffrir pour devenir celui que tu veux être."


Se rapprochant encore un peu plus de Clayface, le Joker entendait encore les applaudissements, les rires dans son crâne, il pouvait même imaginer être sous les projecteurs et être éblouit par les lumières qui se collèrent à son visage. Bien sur, tomber d'une scène, ça peut faire très mal, surtout quand on touche de près la gloire à Gotham, mais le Joker s'en fichait, son plan était de le pousser encore plus dans la folie, dans la mort, et dans l'excentricité. Sérieux, mais ô combien à fond dans sa folie, le Joker étira son sourire avant de reprendre sa canne-épée. Il faut souffrir pour être beau non ? Le Joker enleva la poignée de la canne et aspergea Clayface d'une version non mortelle de son venin. Une version qui le ferait rire, énormément rire, et qui en plus, lui collerait quelques hallucinogènes, histoire de voir le monde en couleurs. Le tout pour le précipiter vers un monde des plus fous.

"Je ne te tuerai pas, tu es beaucoup trop précieux pour mes plans ... Mais je vais te faire ... Très ... Très ... Très ... Mal."


Et le Joker éclata d'un petit rire. En vérité, il allait lui infliger une douleur, une douleur si forte au niveau psychologique, si traumatisante, que les effets sur Clayface seraient impossibles à deviner. Il deviendrait un véritable acteur, entreprenant, dangereux et morbide. Pas aussi dangereux que le Joker non, mais relativement monstrueux pour infliger à Gotham City une plaie encore plus béante. Oh oui, cela serait des plus amusants. Le Joker était un psychopathe, et il changeait régulièrement de mentalité comme bon l'amusait, et lui semblait. La douleur des autres ? Il s'en fichait. Il ne voyait que ses lubies, ses expériences et ses preuves. Ce soir, il allait prouver à Gotham City que tout le monde peut devenir encore plus maboule. Qu'il suffit d'aller loin dans la douleur, pour virer cinoque. Pourquoi continuer à fermer les yeux ? La douleur est toujours là, mais une fois qu'on l'a réellement goutée, on sait comment survivre dans un monde aussi ... dur et irrationnel.




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MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Jeu 26 Avr - 21:31




« Il y a des poignards dans les sourires. » William Shakespeare, Macbeth.

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Amusement Miles, Seagate Amusement Park.

Pendant quelques secondes, Basil resta interloqué, attendant la réaction du Joker face à son imitation. Le clown gloussa. Content de son effet, l’acteur se détendit un peu. Il n’était pas à l’aise, pas dans son domaine de prédilection. Son costume lui paraissait trop lourd, il se sentait s’enfoncer dans le sol boueux du parc, s’enfoncer encore plus profondément dans la merde qu’était sa vie. Les lèvres toujours écartées dans un sourire grotesque, il balada la canne et la ficha sur son épaule, ne sachant pas trop quoi faire de ses mains, de ses muscles, de ses pensées.

— Devenir quelqu’un d’autre, je sais faire. Je flotte toujours avec l’extrême limite, celle qui fait de moi ce que je suis et mon personnage ce qu’il est.

C’était vrai, il avait toujours titillé cette ultime barrière. La nuit, des cauchemars l’enfermaient dans un rôle dont il n'arrivait pas s'extraire, camisole infernale des ses plus grandes peurs. Toute sa vie, Gueule d’Argile avait lutté pour incarner au mieux les autres, en tentant, ironiquement, de ne jamais vraiment se laisser envahir. Son masque avait toujours un ou deux centimètres de sécurité, pour ne pas faire disparaître son véritable visage. Le contrôle, la raison : deux choses qu’il ne voulait pas perdre. Le voilà donc devant un dilemme moral et philosophique : pour parfaire son art, devait-il abandonner tout ce qu’il était ? Un acteur qui ne jouerait plus, serait-il encore un acteur finalement ?

Les mots se fracassèrent dans son crâne, les rouages de son cerveau avaient dû mal à fonctionner correctement. La réponse était difficile à discerner, Basil sentait qu'on le tirer dans deux directions opposées, arrachant les maigres certitudes que le bonhomme avait acquis depuis son enfance. La moindre fibre de son être frissonnait, un froid glacial le couvrit entièrement. Comme un escargot, le vieil homme avait envie de s’enfuir en son sein, s’évanouir pour se concentrer sur lui-même. Mais, se cacher dans sa carapace ne le ferait pas pour autant se volatiliser. Il ne ferait disparaitre que ce que ses yeux pouvaient voir, pas le monde.

— Il suffit d’une journée, parvient-il à prononcer haletant faiblement, il suffit alors aussi d’une nuit.

Le rire de son camarade éclata dans sa tête comme des poignards, sa détresse était-elle si amusante ? Le bruit, le bruit remplit tout l’espace, l’empêchant d’agiter ses méninges, de prendre le temps de réfléchir. Il sentait que ça n’allait pas bien, qu’il aurait besoin de repos pour réfléchir. Au calme, dans le silence, loin de ce brouhaha infernal qui l’obsède, le détruit. Reconstruire, assembler, se concentrer, mettre tout cela à plat, tout poser sur une table, prendre le temps, peser, soupeser, étudier, considérer, proposer, juger, rejeter. Et encore de nombreux mots si lourds de sens mais qui paraissaient si léger sur le moment. Des syllabes vides qui, avant, voulaient dire quelque chose. Des sons qui commençaient peu à perdre de leurs couleurs.

— Jouer ou ne pas jouer ? L’homme de théâtre a-t-il pour idéal de ne plus être homme de théâtre ?

Les mains du Joker saisirent les épaules de Basil, c’était à la fois un contact rassurant et étouffant. Cette lourdeur lui donnait l’impression d’être dans les serres d’un gigantesque vautour, agrippant vigoureusement pour l’empêcher de partir.

— La douleur, quel rapport avec la douleur ?

Il n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il se passait devant lui, les vapeurs toxiques étaient déjà à l'assaut de son nez. Il sentit le nuage coloré s’emparer de son organisme, si vaguement humain. Avec sa véritable forme, la substance n’aurait pas pu avoir d’effet sur lui. Mais, là, imitant parfaitement le fonctionnement d’un être vivant, il s’avérait sensible à de nombreuses choses. Peut-être que le fluide n’eut finalement pas tant d’effet sur lui, mais, l’effet nocebo était déjà en train de faire son chemin, comme une idée sournoise et indiscernable.

D’abord, il n’y eut rien de particulier. Clayface était enfermé dans un mutisme pétrifiant, rien chez lui ne dénotait d’un changement. Puis, comme une infection, il sentit le monde se dérober autour de lui. Ses membres explosèrent en des milliers de filaments, blanchâtres, d’une pâleur démoniaque. Les tentacules s’agitèrent dans un bruit de succion indescriptible et une tête sortie de cette forme innommable : pour rire, sourire, il fallait avoir un visage. Et dieu, que ce visage était laid ! Une face énorme et dégoulinante trônait sur cette flaque de ténèbres éclatantes, imitant ce qui aurait pu être le cauchemar de beaucoup : le rictus amusé du Joker dans une dimension disproportionnée, dantesque.

Le monstre s’agitait ainsi, sans raison apparente, seulement secoué par les soubresauts de son hilarité contre-nature. Rien n’avait plus de sens, comment une chose pouvait-elle produire un brouhaha si horrible, sans pour autant posséder de langue ni de cordes vocales ? Sa voix n’était plus caverneuse mais d’un strident si acéré qu’il aurait pu couper des centaines d’oreilles. Son ricanement était cristallin, pur et éclatant.

Basil Karlo, Gueule d’Argile, Clayface : Clownface.

Des fragments d’une même psyché qui s’assemblent pour n’être plus qu’un, des multiples soudés par le grognement de détresse d’une raison qui s’efface, qui disparait pour ne laisser que le vide, l’absence. La blancheur de la seule innocence, de la seule plaisanterie. Il n’y avait plus de chaînes, de liens ou d’entraves. Ce n’était pour autant que le début de l’aventure, la première pierre de la nouvelle bâtisse qu’était son esprit. La folie n’était que passagère, inscrite par le poison du gugusse d’en face : une simple parodie de ce qu’était la démence véritable. La douleur n’allait pas tarder à lui apprendre que la perversion ne pouvait pas se simuler, qu'elle ne s'apprenait que par les larmes et les cris.

— HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH.

Toujours impossible de prévoir, de réaliser ce qu’il se passe et ce qu’il va se passer. L’univers n’a plus de repères : plus de haut, de bas, de droite ou de gauche. De même, voilà qu’il n’y a plus de passé ni de futur, encore moins de présent. Impuissant, perdu mais hilare, le pauvre homme se laisse tomber droit dans les bras du loup qui le piège et s’apprête à le dévorer.


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Joker
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Jeu 26 Avr - 22:23


Laugh and Die

Parc d'attractions Seagate

La douleur, quand on commence à l'appréhender, des milliers de neurones commencent à se relayer l'information. Il n'en faut pas plus, la douleur est là pour nous permettre d'endurer, de suivre et de ressentir. Si l'on ne ressent rien, à quoi bon vivre ? Il faut une douleur nécessaire, utile et surtout aléatoire pour permettre à l'individu de s'améliorer. Quand le Joker y pensait, y pensait-il réellement ou faisait-il ça pour son propre plaisir ? Il savait qu'il ferait le meilleur des choix, et que la folie ambiante dans Gotham City en ce moment ne pourrait qu'être un écrin dans lequel on réservait un bijou pour sa promise. Mais la voila la grande idée ! La voila la plus belle des idées, il pourrait être un as dans la manche du Joker, il pourrait être une nouvelle créature, une nouvelle monstruosité urbaine. Une nouvelle blague à sortir dans les mains de Batman ! La voila la meilleure des idées, la plus drôle des blagues ! S'avançant avec un certain calme, même si le sourire en disait bien moins sur la teneur des actes qu'il allait lui faire, le Joker essayait de rester le plus "souriant" possible quant à la vue de ce cher et nouvellement crée : Clownface. Qu'allait-il lui faire ? Bonne question, une chose est sure, lorsqu'il avait sorti son rasoir de barbier de sa veste, son sourire s'étira.

"Mesdames et Messieurs ! Pour la première fois ce soir et pour une représentation unique, venez applaudir Clownface ! Tu sais, chéri. Les vraies histoires sont toujours ennuyeuses, inintéressantes, mais j'ai quelque chose pour toi. Imagine ... Un barbier, et ce barbier, c'est ton père. Mieux encore ! C'est l'oncle qui te viole derrière dans ta chambre lorsque ton père l'invite à la maison."


L'idée du Joker était d'abord de lui créer une histoire, une histoire horrible. Une histoire émotionnelle qui forgerait son caractère, qui endurcirait son cœur, et qui lui offrirait un comportement de cinglé, tout simplement ! Une belle histoire, bien monstrueuse, bien horrible. Les gens adoraient ce genre de truc, le public aimait quand ça saignait, quand ça dégommait, quand ça faisait pleurer. Mais il faut du rire aussi ! Du rire et des larmes, les joies du théâtre ! Jouant du bout des doigts avec son rasoir, il tira la lame en arrière, dévoilant une sublime lame tranchante, une lame qui coupe aussi bien qu'un sabre japonais. Le Joker s'en servait pour certaines de ses passions, à savoir torturer un gugusse qui entrerait dans son manège personnel, par exemple. Tout le monde a une histoire, et tout le monde peut la modifier, tout le monde peut essayer de changer, et puis, les acteurs ne sont ils pas le reflet de nombreuses histoires après tout ?

"Imagine aussi mon grand, que pour oublier ces sévices, que tu t'inventes un pays imaginaire. Un pays des merveilles, que tes larmes qui coulent sur le lit n'existent pas. Que les corps moites n'existent pas non plus, qu'il ne te reste que le pays des merveilles. Et tu en serais le protagoniste. Le Jabberwocky, terrifiant et monstrueux, par exemple ? C'est un nom agréable, tendre et mignon. Oublie l'enfance perdue, oublie ta chambre devenue un enfer sur Terre. Dans cette vie, il faut savoir s'amuser. Te voila dans ta chambre ... Seul ... Avec un couteau ... Tu vois la vie dans son état complet ... Une vaste blague après tout ! Tout ça ne rime à rien ! Pourquoi continuer à y croire ?"


Le Joker gifla fortement la masse visqueuse souriante. Il n'était qu'une ébauche, un nouveau projet du Joker. Une nouvelle créature qui avait besoin de nouvelles expériences dans un monde monstrueux. Une expérience oui, oui, il n'était qu'une expérience, et il allait prouver qu'il pourrait faire d'elle une créature aussi semblable que lui. Infime et mineur en fonction de son Art, mais bien présent dans l'âme de Gotham City. Il ne serait qu'un monstre de plus, un être perdu dans ses lubies d'être le meilleur des acteurs, d'être un être à fond dans ses délires, dans ses pensées. Il serait l'acteur ultime, l'acteur parfait pour déjouer Batman, une ordure de plus, à enfermer, à gaver de médicaments, et qu'on devrait essuyer sa bave en permanence après les longs délires. Oui, il hurlerait à la Lune dans sa cellule capitonnée. Oui, il deviendrait un paria, un criminel ayant sombré dans un abîme d'horreurs sans noms, mais il avait tellement à apprendre, tellement à faire, et si peu de temps. Le poison n'était pas violent, et ses effets allaient bientôt se dissiper.

"Qu'importe les histoires, qu'importe ton passé, fait de ta ... Vie ... Un feu ... D'artifices ! Deviens un esthète, un passionné de ton talent, ne sois pas esclave de tes peurs."


Se reculant, le sourire du Joker ne s'arrêtait pas. Non, non, il voulait être admiré ? Pourquoi pas ! Il aurait ce qu'il veut, tandis que le Joker, lui parachèverait la transformation de l'acteur transformiste qui avait osé vendre son âme au plus monstrueux des criminels de Gotham City. Les spectateurs de Gotham City voulaient du sang, ils en voulaient pour leur argent, la télévision était là pour ça, et Clayface en serait un grand moteur. La douleur, si elle venait de quelqu'un autre que soit, n'avait aucun intérêt, non. La douleur devait venir de soi-même, du mal que l'on s'inflige pour renaître, encore plus monstrueux qu'avant. Ce serait orgasmique à voir. Comme la fois où Dollmaker avait arraché le visage du Joker pour son bon plaisir. Le Joker s'en souvient. Douloureux, mais délicieux à la fois.

"Tu mérites un public à la hauteur de ton talent. Tu mérites Gotham en trophée."


Quelques encouragements pour suivre dans la folie de Basil Karlo. Suite à cela, le Joker attendait. Il ferait de lui sa créature. Il serait son Frankenstein à lui. Il pourrait montrer à Batman, et lui démontrer, que personne ne peut être sauvé d'une vie aussi folle ! C'était impossible ! Que seule la folie était la seule vraie porte de sortie dans un monde aussi ... Schizophrénique. Oui, oui, Batman comprendrait, et il accepterait cet état de fait. Cela ne pouvait qu'être du bon sens ! Après tout ... Batman lui aussi avait dû avoir une mauvaise, une terrible, une abominable journée pourrie pour être devenu ce qu'il était. Sauf que lui, préférait y voir une logique implacable. Alors que la vie n'était qu'une cruauté sans nom. Le rire du Joker emplissait à nouveau le parc d'attractions, grande, et poussiéreuse.




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Basil Karlo
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Ven 27 Avr - 22:01




« Il y a des poignards dans les sourires. » William Shakespeare, Macbeth.

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Amusement Miles, Seagate Amusement Park.

Les effets de la toxine étaient encore bien trop puissants, embrumant l’esprit de Basil dans une folie provisoire. Son corps, gigantesque, inconcevable, continuait de s’agiter dans des relents nauséabonds. De loin, on aurait pu croire que c’était un lac, tant il recouvrait une partie considérable du parc. Le visage, ballon insensé sous cette mer incontrôlable, se balançait d’avant en arrière dans une parodie de fou rire. Son touché, mortel, détruisait tout ce qui l'effleurait de près . Son vide intérieur commença à se remplir, peu à peu, des mots et des sons du Joker.

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Je me souviens, oui, je me souviens. A l’époque, j’étais encore un petit marmot. Ma mère était morte dans un accident de voiture. Heureusement, j’avais mon père qui n’a jamais cessé de faire attention à moi. Lui, il était toujours présent lorsque je me réveillais en hurlant dans la nuit, brisant le silence par mes cris de remords. C’était pour moi qu’elle s’était pressée, elle était morte à cause de moi. Je m’en suis voulu, affreusement. La honte et le dégoût de moi-même m’ont obsédé pendant de terribles années, jusqu’au jour où mon oncle a commencé à me prendre sous son aile. Au début, personne n’avait senti le danger.

C’était un vieil homme seul, toujours prêt à rendre service et avec un cœur énorme. Dans la vie de tous les jours, il faisait un peu tout est n’importe quoi pour vivre, en plus de son métier de barbier. Les souvenirs sont un peu flous, mais, je crois me souvenir de la face de son magasin : c’était une devanture bleue avec des fleurs, une peinture écaillée et des lézardes dans le parquet. Quand je ferme les yeux, il m’arrive encore de sentir l’odeur de la mousse à raser, du thé en fin d’après-midi. Depuis son retour dans la vie de papa, j’avais pris l’habitude de venir le voir après l’école. Là, il me laissait m’asseoir sur une des grosses chaises en cuir avec des gros miroirs en face. En attendant le retour de son frère, c’était lui qui prenait soin de moi et qui me donnait mon goûter. Les jambes ballantes, j’en profitais alors pour écouter les discussions des adultes derrière moi, bercé par la douce musique des chanteurs d’autrefois.

Après, j’ai un peu plus de mal à assembler les morceaux, les images sont tronquées. Des larmes coulent de nouveau sur mes joues, on me force à quelque chose. Mais, la douleur me fait oublier, tout mon organisme rejette cette scène et mon corps humilié, tordu et manipulé comme une simple poupée de chiffon, se trouve souillé. Il y a des hurlements, partout des cris et des sirènes. On me pose sur des genoux, même si j’ai passé l’âge. On me dorlote, on me couvre, on me réchauffe : pourtant, j’ai encore froid. A l’intérieur, je suis cassé.

Je suis un jouet brisé, prêt à être mis au rebut. Mais, au fond, moi, je n’ai pas envie d’arrêter de m’amuser. Quand je regarde autour de moi, je ne vois qu’une nuée d’yeux, des regards gigantesques qui m’observent pour noter mes réactions. Je suis le spectacle, on attend peut-être de moi que je chante ? Que je me mette à danser ? Personne ne me dit rien, je sens qu’on prend des gants avec moi, qu’on évite de me brusquer. Ils voient une petite chose qui risque d’exploser, ils ne me voient pas vraiment finalement. Je ne suis pas en verre, pas en carton et encore moins en papier.

C’est le contraire même, je suis de lave et de sang. Mon cœur boue d’une colère sourde, mes joues rougissent alors que mes pupilles lancent des éclairs. Je suis la rage incarnée, le joujou qui refuse qu’on se moque de lui. Le jouet qui veut continuer à jouer. Alors, je prends la décision de me cacher sous un masque, sous plusieurs. La comédie devient instinctive, vitale à ma survie : je ne vis que pour elle et c'est elle qui me fait vivre.

-------------------------------------------

L’illusion se dissipa petit à petit, en laissant cependant des traces dans l’esprit de l’acteur. Il ne savait plus ce qu’il devait croire, qui était-il réellement ? La substance, couplée avec sa manie de flirter au bord du précipice, l’avait plongé dans un abîme sans lumière. Pour son plus grand malheur, son adversaire était le seul phare, la seule constante dans tout ce merdier grandiose. Au premier abord, il ne remarqua pas que sa forme n’était plus le même. Il n’était plus le Basil simulé, encore moins la bête infâme qu’il était devenu par relâchement. Non, il était tout autre, modifié par le choc répété de ses pensées et ses personnalités : le résultat des impacts de son esprit sur sa chair, le cabossant dans tous les sens.

Clownface avait un corps gigantesque, élastique, qu’il devait tenir baissé, courbé en deux, pour atteindre la taille de son interlocuteur. Sa peau blanchâtre était craquelée de toutes parts, laissant apparaître des os difformes qui semblaient vouloir rompre les tissus fragiles. Ses bras trop longs entouraient de deux côtés le Joker en lui renvoyant une moue triste. Un masque cachait ses véritables traits, s’enfonçant dans son crâne comme si la chose était vivante et voulait le dévorer. C’était un clown triste qui se tenait devant le clown rieur.

— Devenir un esthète, certes. Ne pas être esclave de mes peurs, voilà un bon programme.

L’image qu’il avait de lui-même était tellement trouble que la structure de son organisme était en changement constant, alternant les transformations mineures comme plus importantes. Ainsi, au fil de ses pensées et des manipulations de son comparse, la marionnette passait au temps de l’hilarité qu’à la dépression la plus profonde : deux extrêmes qui coloraient maintenant la première page de son livre, celui de l’acteur qui aurait tout à réinventer.

— Oui, tu as raison, copain, tu as raison. Sa langue claquait dans l’air, son ton neutre était rythmé par la lenteur qu’il mettait à prononcer chacune des syllabes. Il tentait de soupeser tous ses mots, sans jamais parvenir à arriver à quelque chose de satisfaisant. Je mérite un public, je mérite d’être reconnu par tous les habitants de Gotham, c’est vrai, tu as raison. Une ville pour célébrer mon être, pour fêter l’existence du plus grand acteur que ce monde est connu. Le seul, l’unique : …

Incapable de se souvenir de son nom, la bête baissa la tête dans un mouvement désespéré. Des appellations, il en avait des centaines dans l’esprit : tous paraissaient être les bons. Qui était-il finalement ?

— Copain, souffla le géant au teint pâle comme la neige, sais-tu qui je suis ? Quel est mon véritable prénom ?

Une flammèche invisible prit feu dans son cœur. Au fond de lui, il s’avait que cette question était plus importante que le supposait sa voix. C’était la seule interrogation importante, le seul questionnement qui avait un réel intérêt. De la réponse de l’arlequin, tout pouvait naître : tout pouvait s’effacer comme ressurgir.

-------------------------------------------

Des coups de feu rugirent dans la nuit, en même temps que des cris d’assauts éclatèrent dans les allées poussiéreuses. Dans le parc abandonné se déroulait déjà une scène si étrange qu’elle paraissait incroyable, mais, voilà qu'une autre scène venait un peu tout chambouler. Des lumières bleutées s’allumèrent dans la pénombre, suivit par le bruit caractéristique des sirènes de la police. Un simple portable, un SMS de la part d’un des cadeaux du Joker avait mobilisé plusieurs dizaines de flics. Et, ils n’étaient pas seuls, des chiens bavant et aboyant les devançaient de très loin, s’approchant des deux compères avec une discrétion relative ...


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Joker
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Ven 27 Avr - 22:30


Laugh and Die

Parc d'attractions Seagate

Les deux faces de la comédie : Le burlesque et le tragique. Clayface en était la copie parfaite. La voila la douce musique ! La voila la tendre et douce symphonie de la Haine, de la douleur, et du macabre. Il était nu, entièrement, dans une nouvel univers qui s'offrait à lui. Entièrement nu pour assister à une véritable renaissance. Le Joker ne disait rien, il observait. Se dirigeant vers l'ancien tourne-disques qu'il avait précédemment allumé, le Joker l'avançait avant de le placer sur la scène. Soufflant sur un vieux disque, il se dit que ce serait du chic et de la classe de voir quelqu'un sombrer dans la folie sur du Sinatra. Et pendant qu'il s'enfonçait dans la folie, dans le cortèges de souvenirs abominables et monstrueux, le Joker savourait la musique : "I've got you under my skin" de Frankie ! Frank Sinatra pauvre abruti ! Le grand, l'unique, le roi de la Classe ! Et ça collait en plus avec l'ambiance de la soirée pour tout dire. Il se changeait de peau, il révélait celui qu'il cachait au plus profond de lui-même, et pour le plus grand plaisir du Joker, il l'amusait. Oui, il amusait le Joker. Sa souffrance était un véritable plaisir pour l'empereur du crime de Gotham City. Nu dans la folie, affolé, se changeant et succombant aux effets de la toxine, il avalait l'histoire, bribe par bribe, s'imprégnant et devenant UNE avec l'histoire que le Joker lui avait concoctée. Surement ou peut-être ... C'était ça la beauté du geste, de la folie. S'accaparer une histoire bidon et faire en sorte que tout devienne plus noir, plus monstrueux, et surtout plus théâtrale. D'une voix fluttée, amusée, endiablée, le Joker se dirigea vers une vieille malle à souvenirs, issu d'un des manèges que ses hommes avaient fouillé de fond en comble. C'était une petite malle de déguisements, utile pour les forains et autres clowns de l'endroit. Il ouvrit le grand coffre en cassant la serrure révélant de nombreux costumes et accessoires qu'utilisèrent jadis les anciens acteurs et actrices du théâtre. Mités, usés, ces vêtements étaient dans certaines dispositions, disons, avancés, mais encore valables !

"Don't you know little fool ? You never can win ! Use your mentality, wake up to reality. But each time, I do just the thought of you makes me stop before I begin because I've got you under my skiiiiiiin. Because I've got youuuuuuu under my skiiiiiiiin."


Le Joker éclata d'un grand rire, un rire bruyant tandis que l'homme continuait à se perdre. Il n'était qu'une chenille, et le Joker lui offrait la voie de l'évolution. Celle qui la mènerait vers un sentier plus bizarre, plus doux, plus fou. Bien sur, on en perdait sa santé mentale, mais qui ne la perdait pas dans cette foutue ville ? Tout le monde devenait cinglé à Gotham City. Quand on s'évertue à rester normal, c'est mieux reculer pour mieux sauter dans le puits de folie qui restait à Gotham City. Continue mon grand, tranche, découpe les liens de la santé mentale, et la folie entrerait en toi comme dans un livre ouvert, elle s'emparerait de Clayface, et ils le dévoreraient, jour après jour. Ils l'abreuveraient d'une folie de sang, de haine, de violence, au péril de son âme. Se sacrifiant chaque jour du reste de sa vie. C'était une belle ironie hein ? Quand on y pensait. Mais il n'était qu'une chrysalide, il émergerait en beau papillon. De nouveau, la voix du Joker s'éleva et un rire en sortit.

"Qui es-tu ? Tu as le pouvoir d'être qui tu veux. Tu es le plus grand des acteurs que cette ville ait portée ! TU ES BASIL KARLO !"


Le Joker laissa la "Gueule d'Argile" quelques minutes, il était en train de se poser des questions, comme une grand. Il avait besoin d'aide, et fort malheureusement, les flics n'avaient pas tardé à se pointer. Quel merdier. Il fallait agir vite, et très vite.

"Tu vois ces vilains messieurs en bleu ? Ils te veulent du mal, ils veulent te mettre à l'ombre, te cacher au public de cette ville ! Tu vas être magnifique mon petit ! Magnifique ! Ma chose ! Ma créature !"


Et le Joker commençait à le rafistoler mentalement. Plongeant son aiguille dans le cerveau de l'acteur pour raccommoder, refaire, reconstruire et remettre en place ce qui avait été découpé. Bien sur, il avait perdu quelques repères, et un peu de consistance, mais il en était magnifique désormais. Pas grave, cela le rendrait bien plus fort, bien plus intéressant. De sa voix douce, le Joker continuait le récit du viol par l'oncle, répétant, répétant, répétant mots pour mots ce qu'il apprenait à l'acteur, il voulait ancrer une histoire horrible, plongé l'acteur dans un rôle qu'il devait s'approprier et rien de plus. Dans la douleur, entre la vie et la mort, on entre dans un délire, un délire d'avant-mort, une espèce de petit orgasme et on paraissait comme drogué. Dans ce cas-là, le Joker implantait de faux souvenirs à l'acteur oui, mais c'était surtout pour faire en sorte que son vrai rôle, pour que son jeu d'acteur soit encore meilleur. Que l'horreur amène la folie à l'intérieur du crâne de la créature. L'horreur appelle la folie, petit à petit, les germes prendraient vie et il succomberait à la tourmente. Histoire de lui créer un passif amusant et complètement déglingué. Il parlait des scènes de viol, il parlait de cet oncle dégueulasse, de ses délires lubriques, tandis que les quelques voitures de police encerclaient le parc d'attractions, tout en attendant l'ordre de pénétrer. Les gardes du Joker les tenaient en joue aussi ... Et le Joker soignait, pansait les plaies mentales de l'être boueux. La créature avait commencé sa transformation. Elle n'était pas parfaite, elle était monstrueuse et hideuse, mais parfaite aux yeux du Joker.

"Montre à cette ville ... Ce que tu vaux."





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Basil Karlo
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Sam 28 Avr - 16:27




« Il y a des poignards dans les sourires. » William Shakespeare, Macbeth.

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Amusement Miles, Seagate Amusement Park.

Basil Karlo, oui, ce nom lui parlait un peu plus que les autres. C’était lui ? Le véritable lui ? Des flashs stimulés par la drogue rendaient ses pensées douloureuses : il se voyait enfant, au théâtre et chez le barbier. Deux visions opposées, deux histoires différentes qui se mêlaient pour n’en former plus qu’une. Sa véritable histoire était en train de se faire altérer, en train de se mélanger avec la fiction que lui présentait le Joker : et ce n’était pas le plus beau des contes. La musique berçait la créature qui se noyait dans son calme apathique, tous ses mouvements étaient d’une extrême lenteur. Lentement, donc, la bête fit sa sélection dans les habits de la vieille malle. Tout était évidemment trop petit mais ça ne l’empêchait pas d’essayer pour autant. Il y avait un aspect très enfantin dans l’empressement, relatif, qu’il mettait à sélectionner ses accessoires.

Candidement, il opta en premier lieu pour un chapeau de noël, qu’il plaça avec une attention particulière sur le haut de son crâne. Puis, le géant enfila un costume mité qui lui allait finalement plutôt bien, bien qu’li craqua la plupart des coutures. Ainsi vêtu, il se présenta à son camarade avec le plus grand des sourires, dévoilant ses dents élimées de monstre cauchemardesque.

Des bruits d’animaux attirèrent son attention et il tourna la tête en direction des chiens qui approchaient. Il sentait la colère prendre possession de son corps, le criminel avait envie de briser des os et c’était bientôt son heure de rentrer en scène. Dépliant ses longues jambes, il observa de sa hauteur les policiers qui arrivaient en nombre conséquents.

— Personne n’a le droit d’empêcher Basil Karlo de s’amuser, personne ne peut l’interdire de monter sur les planches.

Soutenu par les mots vénéneux du Joker, Clownface sentait sa haine se décupler et se renforcer.

Les premiers cabots sortirent en jappant des brumes nocturnes pour s’élancer à l’attaque de cette marionnette gigantesque, qui chancelait difficilement sur ses longs membres amaigris. Toujours trop passif, il attendit que la douleur soit véritablement insupportable pour se mettre à agir avec vélocité. La dizaine de chiens l’entouraient, le griffant et tentant de l’immobiliser. A chaque morsure, il laissait un peu plus sa raison en arrière pour se laisser consumer par sa rage de sang. La souffrance à son paroxysme, la créature hurla de ses cordes puissantes, un hurlement si bestial et puissant qu’il fit trembler les feuilles et les arbres, les policiers et les chiens. D’un coup de patte, il déchira violemment trois des pauvres bestioles qui s’agitaient sur son nouveau costume.

Des morceaux de chaires s’envolèrent de tous les côtés, recouvrant la blancheur de sa peau d’une nuance un peu plus écarlate : ce n'était plus une peinture vierge, mais une œuvre imprégnée de sang. Il prit un malin plaisir à entendre les complaintes effrayées des canins, et il s’amusait encore plus lorsqu’il pouvait les sentir se broyer dans sa gigantesque mâchoire.

Sans attendre son reste, le démon difforme prit le chemin de ses futurs assaillants, raclant ses genoux sur le sol poussiéreux du parc. Il était sujet à de nombreuses gesticulations involontaires qui le faisaient parfois dévier de sa trajectoire, quelque chose en lui semblait se battre. Au fond, Basil sentait que la mort gratuite, violente, n’était pas son modus operandi. Mais, cette petite voix de son passé était étouffée par les hurlements incessants des centaines des petites personnalités qui voulaient se déchaîner au grand jour. Être le plus grand comédien au monde, pouvoir incarner des milliers des rôles en claquant des doigts, s’accompagnait forcément de deux-trois malades mentales.

— Venez, venez m’affronter. Vous ne me faites plus peur, désormais.

Souffla-t-il avant de se précipiter sur le premier groupe à portée, enfonçant ses doigts dans la poitrine d’un soldat de Gotham. Les vapeurs de son épiderme étaient suffisantes pour condamner toutes les personnes qu’il effleurait d’un geste, et il ne se privait pas de coller ses mains un peu partout. Déchainé, il enchaîna divers meurtres de sang-froid, écrasant la cage thoracique de cette pauvre dame, décapitant de ses crocs la tête de ce regretté bonhomme. Redécouvrant ses capacités de métamorphose, l’acteur s’infiltra subitement dans le ventre d’un inspecteur de police avant de le faire éclater de l’intérieur dans un gargouillement caverneux.

Les balles s’enfonçaient dans sa poitrine avec une mollesse ridicule, retombaient au sol avec tristesse. Rien ne semblait pouvoir arrêter la folie destructrice du vieil acteur. Il s’enfonçait plus profondément dans cette immonde carcasse à chaque vie qu’il enlevait, se retrouvait perdu dans l’immensité de ses crimes. Bientôt, il n’y eut plus de cris ni de sirènes, plus de tirs de feu ni d’aboiements. Il n’y eut plus que le silence et le ronflement d’une bête féroce, rassasié de son hécatombe.

Rongeant avec attention une jambe poilue, il traina avec lui quatre corps vers le Joker, comme l’aurait fait un chat pour montrer qu’il était un bon chasseur. En peinture, il aurait l’air de Kronos qui dévorait sagement un de ses enfants. C’était peut-être un sentiment identique qu’il expérimentait : la démence nécessaire, la folie salvatrice. Le regard dans le vide, une partie du pauvre homme de théâtre était morte, ce soir.

— Voilà, c'est fait, copain. J'ai fini.


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Joker
MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    Dim 29 Avr - 10:59


Laugh and Die

Parc d'attractions Seagate

Bon, c'est vrai, le Joker était un charmeur de première, il savait trouver les mots pour calmer, favoriser et bien entendu, pour manipuler ceux qui le côtoyaient. Le Joker était un monstre, un pervers qui brisait tout ce qui était sacré, tout ce qui était beau, pour l'amener à son niveau de folie. Qu'importe les victimes et le sang versé, il se devait de démontrer qu'il était sain, mais différent après tout. Que la folie pouvait réclamer n'importe qui, et le Joker se voyait comme un homme qui se devait d'apporter à l'entité de la folie, son tribut en âme. Des âmes, faibles, à Gotham City, y'en avait plein, des milliers, et à chaque fois, le Joker savait comment s'y prendre pour pousser les gens de l'autre côté de la ligne. Alors que Clayface revenait péniblement de son petit carnage, tirant les cadavres de policiers, il ne trouva plus le Joker. Il ne restait que les bandelettes du Clown, sur le sol. Les hommes de main du Joker étaient toujours là, se demandant si leur patron reviendrait. Après tout, le Clown aimait se donner cette idée d'être une créature paranormale, surgissant et corrompant les personnes qui l'entouraient. Le rôle du Joker ce soir, était terminé, et Clayface avait montré un tout nouvel aspect de sa personnalité. Pour tout dire, le Joker était satisfait. La musique de Sinatra continuait de tourner, et sur le fameux tourne-disque, un petit papier violet était accroché. On pouvait y lire un smiley souriant, rien de plus. Comme si tout s'était passé de la meilleure des façons. Le Joker, lui, avait bel et bien disparu, il s'était évaporé, laissant à la créature le soin de devenir quelque chose d'autre. Comme si le Joker ne voulait pas être au centre de la gloire, comme s'il ne voulait pas prendre la place de l'acteur ultime, après tout. C'était Clayface la star de ce soir. Et il s'était parfaitement illustré, il avait maintenant compris que tout ça n'était qu'une forme de folie des plus appréciables. Après tout, le Joker lui avait montré la vraie folie non ? Il lui avait montré ce que c'était de céder à ses pulsions, de céder à ses sentiments les plus enfouis. Oui, le Joker avait respecté sa part du marché, et un jour, il viendrait prendre ce qu'on lui a promis. Un jour, il reviendrait voir Clayface en échange d'un tout petit service de rien du tout. Et alors qu'il quittait le Seagate, il éclata d'un rire. La scène était cocasse. Il espérait néanmoins que la scène de film ferait rire l'acteur, après tout, il y'avait du drame, du comique et de la casse, c'était un beau film après tout ! C'était ça le plus drôle non ? Savoir rire de soi-même en toute occasions, c'était ça la classe. La seule, l'unique. Et le Prince du Crime savait que cela ne pouvait qu'être l'occasion de bâtir quelque chose de fou avec l'artiste. Sincèrement, il espérait l'entendre rire, au moins une fois, un jour, un vrai rire sans fioritures. Une putain de fois dans sa vie de clown criminel. Rien n'est plus beau qu'un rire franc et doux, un rire si tendre qu'il vous emporte vous aussi sur le chemin de la franche rigolade et des blagues. Venant de la part d'un malade comme le Joker, le constat était légèrement ironique dirons-nous. Mais qu'en penserait le pauvre et désolé Basil Karlo ? Il aurait surement une ou deux idées pour aider le Joker prochainement, bien sur, le Joker a tout fait pour se débarrasser des derniers restes de santé mentale en l'acteur, ce qu'il fallait après tout. Il n'y a rien de pire qu'un homme sain. Quelqu'un de sain, quelqu'un de normal. Quelqu'un logé dans le même moule que tous les autres, quelqu'un qui soit dans le système, sans cesse, qui paie ses impôts, qui devienne un travailleur émérite, qui cotise et qui paie avec de l'argent bien liquide. Et tout ça pour quoi ? HA ! Tout ça pour un final unique et misérable ? Comment peut-on vivre une telle vie ? C'était fou de se dire que ce genre de vie était la normalité absolue. Quelle tristesse ...

Quelle blague !

Les hommes du Joker ne comprirent pas pourquoi le Clown avait disparu, les laissant seuls avec le bonhomme collant. Pour tout dire, ils ne comprenaient déjà pas leur patron, alors comprendre ses plans, vous imaginez bien ... Le Joker avait d'autres plans, d'autres délires, et malheureusement pour Basil, il n'était pas dans la liste des invités à ce petit gouter avec les autres justiciers. Le Joker avait préparé quelque chose de sombre, d'horrible, de monstrueux, et cette histoire commencera très bientôt. Il suffit juste de mettre la main sur une jolie Batgirl ... Ou deux ?

Bientôt ...




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MessageSujet: Re: Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?    

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Il y a des poignards dans les sourires. N'est-ce pas, Joker ?

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