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 Here comes the Drums - ft Basil Karlo

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MessageSujet: Here comes the Drums - ft Basil Karlo   Ven 20 Avr - 23:21

Jason Todd / The Red Hood

ft. Basil Karlo

「 Here comes the Drums.  」

Les éclats de bois jaillissent dans toute la pièce alors que la porte retombe lourdement. L’homme masqué la suit de peu, armé de deux pistolets. Un cri de femme retenti et elle se lève de la banquette, attrapant son fils d’à peine sept ans dans un coin, le cachant derrière elle. Son compagnon l’imite, mais reste planté debout, surprit par la visite impromptue. Le mercenaire s’avance dans la pièce d’un pas lourd, son épaisse armure en kevlar, sa veste en cuir, son masque, tout son attirail contribuant à épaissir sa carrure déjà impressionnante. Caché derrière sa mère, l’enfant arbore les mêmes cheveux noirs que les deux autres et la peau semblablement foncée. La femme se met à hurler dans un espagnol aux forts accents cubains, exigeant tantôt que son compagnon fasse reculer l’intrus, tantôt qu’il lui explique pourquoi le Red Hood se dresse dans leur salon. Avant que n’éclate la dispute, le mercenaire lance : « prends le gamin et dégage. »

Elle hésite un long moment, tournant la tête dans tous les sens, évaluant le risque. Mais elle se décide finalement. Sans doute parce que l’homme s’est avancé un peu plus dans la pièce, laissant la porte un peu plus accessible. Elle pousse son enfant devant elle et bientôt ne reste d’eux que le son de leur cavalcade dans les escaliers de l’immeuble. L’homme, pas idiot, s’est empressé d’ouvrir un tiroir pour viser celui qui arbore à présent et pour le futur le batsymbole sur sa poitrine. La pauvre victime tremble tant qu’il en aurait presque pitié, mais ça ne l’empêche pas de marcher droit sur lui, se fendant pour écarter l’arme de sa poitrine au moment où la détonation se fait entendre. D’un coup de coude dans le poignet du type, il le désarme et le pousse avec force contre le mur. Le corps s’y écrase avec une facilité déconcertante et avant que le malfrat n’ait eu le temps de reprendre son équilibre, il est saisi au col et soulevé assez haut pour que ses pieds s’agitent bêtement dans le vide.  

« On est pas allés sur ton territoire ! Lâche-moi ! Lâche-moi ! »

Sans décrocher un mot, Hood se tourne et envoie voler le type à un autre coin de la pièce comme s’il ne pesait pas plus qu’une plume. Il ne lui laisse pas le temps de se relever et s’accroupis au-dessus du criminel, lui pointant son arme sur la tempe.

« Où sont les gosses que vous avez pris ?
- Quels gosses ?! Ah ! »

Son hurlement ne se fait pas attendre quand le canon de l’arme quitte son crâne pour son épaule. La balle s’y loge bruyamment, lui causant au passage une douleur qu’il n’oubliera pas de sitôt. Le mercenaire pose son genou sur la plaie qui saigne déjà, arrachant un énième gémissement au malheureux.

« Ils étaient sous ma protection, Rafael. Si je ne les retrouve pas vivants d’ici demain, je viendrais pour toi. Pour tes amis. Pour vous tous. Je foutrais le feu à votre quartier. Je ruinerais votre petit gang de ratés. Je vous réduirais au néant. Alors maintenant tu vas me dire où vous livrez les gamins et à qui, et si tes informations sont vraies, je ne reviendrais pas demain pour te faire sauter la cervelle, pigé ?
- Je sais pas pour qui on bossait ! On avait juste… AH ! »

Cette fois, le mercenaire vise le genou. Ce n’est pas très propre, ce n’est peut-être pas juste pour ce gars qui n’était qu’un sous-fifre, un esclave de la perversité de la ville, mais en deux mois, ses amis et lui avaient livrés douze enfants des quartiers pauvres, dont quatre sous la protection du gang du jeune homme. L’homme masqué se souvient encore des retombées de l’affaire des cannibales. Et plus anciennement du trafic d’organes que Fallout et lui avaient fait sauter. Agacé par les cris stridents de sa victime, le brun lui saisit la mâchoire et ferme assez fort sa main pour qu’il ferme la bouche et se torde afin d’échapper à la poigne. De grosses larmes dévalent le long du visage de l’homme, il est jeune, la trentaine même pas atteinte, une cicatrice en forme de cratère sur la joue et un tatouage sur l’autre. Il se débat un instant et le mercenaire le relâche.

« On a toujours rendez-vous à l’angle de la 17e, chez le vendeur de chaussures. On lui laisse un papier dans une boîte avec l’âge et le nombre des gamins qu’on a. Ensuite on reçoit un sms avec l’endroit où on doit déposer les gosses. Putain… C’est souvent sur les docks. »

Cette fois, de gros sanglots lui soulèvent la poitrine. Le genou de l’homme au masque rouge l’empêchant de perdre trop de sang en lui compressant la plaie ne suffit plus à calmer le flot du liquide et l’entrevue touche à sa fin. S’appuyant un peu plus sur lui et lui arrachant un gémissement bruyant, Hood murmure : « Si on te demande ce que je faisais ici, c’est pour ton petit commerce de drogue à l’extrême-sud de mon territoire, juste à côté d’une école. Compris ? Sinon… »

Imitant le bruit d’un couteau qui frotte, Red Hood passe son pouce ganté sur sa jugulaire, juste sous son masque. Le mime est suffisant pour arracher des promesses à Rafael, pressé de voir partir l’homme qui le torture depuis bientôt trente minutes. Jason n’a pas plus que ça envie de rester et aussitôt parti, il se met en quête de ce magasin de chaussures.

Posté sur l’immeuble en face du commerce, l’opération se monte dans la tête du mercenaire avec une lenteur qui l’agace. S’il entre en fanfare comme précédemment, le reste des kidnappeurs pourrait bien prendre peur et déguerpir. Il fait tourner le téléphone de Rafael, confisqué pour éviter toute fuite, pensif. L’informateur s’attend à voir le cubain entrer dans son échoppe pour lui passer le mot, pas le leader d’un gang ennemi…

« Merde. C’est pas le moment de rester comme un con. Qu’est-ce que ferait Batman à ma place ? »

A la réflexion, sans doute pas penser à voix haute, mais si ça l’aide à trouver une solution… pourquoi pas ?
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Basil Karlo
MessageSujet: Re: Here comes the Drums - ft Basil Karlo   Dim 22 Avr - 11:07




« Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. » William Shakespeare, Comme il vous plaira.

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Le magasin était une excentricité, coincé à l’intersection d’une grande rue, le commerce avait l’air d’un vieux bouquiniste défraîchi. Le patron, Miguel, était un vieil homme d’une cinquantaine d’année, grand mais frêle : il respirait la puissance perdue, celle de sa jeunesse. Dans le temps, c’était quelqu’un, un membre important d’une ancienne organisation de Gotham. Aujourd’hui, le bandit n’était plus rien, où, c’est ce qu’il voulait plutôt faire croire. C’était un bonhomme économe de ses mots, fier de son passé et rancunier. De loin, on aurait pu voir chez lui les airs d’un patriarche tranquille qui s’était muré dans le silence, pour ne pas affronter les problèmes de maintenant.

Les premiers jours de travail, Jamal s’était laissé intimidé par ce patron distant. Le garçon avait lui aussi une fierté animale, et n’acceptait pas qu’on puisse lui donner des ordres et faire de lui son esclave. Ici, personne ne venait jamais le faire chier, Miguel y compris. C’était à peine s’il daignait regarder les comptes de la journée, comme si l’argent du magasin n’avait aucune espèce d’importance. Tous les jours, le vieil homme prenait place devant son échoppe, sur sa table bancale, jouant aux dominos et discutant avec ces vieux amis. Jamal était content, il pouvait tranquillement se saisir dans les caisses et ne rien faire de sa journée, regardant les belles demoiselles du bar d’en face. C’était un bon gamin, rêveur, qui tentait de faire vivre toute sa famille avec son maigre salaire : c’est pourquoi il piquait ainsi dans les caisses, parce que sa paie n’était en rien suffisante pour nourrir les siens. Il aurait pu tomber dans la violence, comme ses potes, mais il était gentil par nature. La rue l’avait façonné à cacher sa tendance naturelle aux bonnes actions, mais, cette tendance était toujours là, enfuie sous les différentes couches de la nécessité.

Les clients étaient rares, souvent les mêmes visages pour les mêmes chaussures. Des personnes âgées venaient ici plus par nostalgie que par besoin, arborant leurs costumes d’autrefois, formant des tentes sur leurs corps secs et effilés. À de rares occasions, avec une régularité relative, des jeunes gens traversaient la boutique pour se rendre au comptoir. Là, ils laissaient un paquet, une boite à chaussure avec un mot pour Miguel. Ils avaient ce petit sourire moqueur, le rictus des blagues préparées à l’avance :

— Tu diras à ton patron que ces chaussures sont trop petites pour moi. C’est pareil à chaque fois que je viens ici, il n’y a jamais rien à ma taille. À croire que ce vieux fou me prend pour un de ses gosses.


Les hommes gloussèrent, d’un rire sournois et subtil. Jamal ne comprenait jamais la blague, c’était à chaque fois pareil. L’adolescent de seize ans ne pouvait alors que se faire le plus petit possible, baissant les yeux et acquiesçant à toutes les instructions. Il n’y avait pas de doute, ces gars étaient armés, il pouvait le voir à l’assurance qu’ils avaient en marchant dans la rue : l’outrecuidance de ceux qui savent que le monde est à eux, que personne ne viendra jamais les ennuyer sur leur territoire.

À chaque fois, le jeune homme faisait en sorte de remettre directement le paquet à son gérant, pour ne pas avoir le désir de l’ouvrir et voir ce qu’il y avait dedans. C’était trop léger pour des chaussures ou de la drogue, c’était quelque chose de plus dangereux encore : car, ça ne nécessitait que quelques grammes. Quand il recevait la boite, l’ancien acquiesçait toujours de la même manière et se mettait à prier solennellement. Puis, il s’enfermait dans la salle du fond, et Jamal pouvait l’entendre crier des mots dans une langue étrangère.

Tout se déroulait pour le mieux depuis plusieurs semaines, jusqu’au jour où la curiosité prit le dessus. La chose qu’il trouva alors terrifia le bonhomme à la peau brune. C’était une simple feuille de papier et des photos, une liste de noms et de mensurations, suivie des images d’enfants dans diverses positions obscènes. Sa main se mit alors à trembler avant de se ressaisir, sûr de ce qu’il allait faire. Prévenir la police ne servait à rien dans cette ville, la justice devait se faire seul pour être équitable.

Depuis lors, sur un carnet déchiré, Jamal prit soin de noter toutes les informations qu’il pouvait recueillir sur le trafic, en vue de son expédition prochaine. Pendant ses moments-là, son regard était tout autre : il n’y avait plus l’étincelle adolescente, mais, une froideur effrayante tant elle semblait naturelle dans ses pupilles. Même sa manière de se comporter avec les autres avait changé quand il était dans ses pensées, et il ne se reprenait qu’après lui avoir rappelé où il était et ce qu’il devait faire au juste.

Les jours passèrent, sous le rythme des émotions mal dissimulés. Miguel s’intéressa de plus en plus à son employé, lui montrant une déférence nouvellement acquise : lui aussi avait dû se rendre compte que quelque chose clochait, que ce n’était pas comme d’habitude. Le jeune homme avait du mal à dissimuler son dégoût pour ce patriarche si serein, il était le diable en personne. De ce qu’avait pu comprendre le détective en herbe, il n’était qu’une sorte de passeur : ce n’est pas lui qui gardait les gamins, ce n’était pas lui non plus qui gardait la commande. Son rôle dans toute l’histoire était de mettre en relation les deux trafics parallèles : les kidnappings d’enfant et la prostitution forcée de ces mêmes enfants.

Un soir, alors que la boutique était d’un calme mortel, le tunisien décida de passer à l’action, en enlevant son masque. Sans prévenir, il se saisit du monstre et le fit rentrer à l’intérieur de la boutique avec violence, faisant renverser des dizaines de boites de cartons sur le passage. Les coups fusèrent dans les deux sens dans un brouhaha infernal, jusqu’au moment où les instincts de l’acteur reprirent le dessus. D’un geste nonchalant, alors que sa gorge était pressée par les mains fantomatiques d’une bête mangée par le temps, il explosa sa chair pour dévoiler la matière malléable de son corps. Les yeux exorbités par la peur, Miguel alla se fracasser comme une poupée de chiffon contre les étagères du fond, suivie par la vague brunâtre d’une Gueule d’Argile qui reprenait surface.

— Qu-Qu’est-ce que tu es ? Marmonna la marionnette désarticulée, à mesure que la créature tentait de prendre une forme plus humaine.

— Je ne suis qu’un comédien enfermé dans un rôle, expliqua Basil dans un râle impossible à identifier, un acteur qui s’est laissé dominer par ses émotions et qui ne peut donc plus faire marche arrière.

Le corps gargantuesque continua à grossir, grossir jusqu’à devoir presque se plier entièrement pour ne pas briser le plafond fragile. Des relents liquides s’écoulèrent un peu partout dans le magasin. Coincée trop longtemps sous un autre état, la substance qui le constituait avait un peu de mal à se solidifier de nouveau.

— Je sais ce qui se passe dans cette boutique, ce que vous avez fait Miguel, ce que vous avez fait aux gamins. Et, ça, je ne peux pas le supporter. Si vous ne tenez pas à tirer votre révérence tout de suite, je ne peux que vous conseiller de vous mettre à table et de cracher le morceau. Le repentir porte avec lui une certaine douceur, écrit Shakespeare. Allez-vous vous repentir ?

En même temps que monsieur Karlo parlait, ses membres se raccourcirent et sa peau se balança dans tous les sens, le recouvrant entièrement comme un drap peu épais. La couche, devenu solide, fit apparaitre un jeune enfant au regard triste.

— Que m'as-tu fais, vieil homme ? Où sont mes amis ? Pourquoi tu veux nous faire du mal ?


« This was the performance of a lifetime ! »





Dernière édition par Basil Karlo le Mar 24 Avr - 16:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Here comes the Drums - ft Basil Karlo   Lun 23 Avr - 22:15

Jason Todd / The Red Hood

ft. Basil Karlo

「 Here comes the Drums.  」

Plus qu’une réflexion intensive, c’est le grabuge qui se déroule dans le magasin de chaussures qui tire le mercenaire de ses pensées. Il se penche sur le bord de l’immeuble qui lui servait d’observatoire et manque de finir quinze étages plus bas dans sa précipitation. En apparence, il ne se passe rien, la devanture est toujours aussi paisible et la rue calme à l’exception d’une boite à chaussure renversée, comme jetée dehors par une main en colère. Mais en bon petit apprenti du Batman, l’ancien Robin s’est délesté avant de venir se percher de quelques grammes de micros habilement déposés par-ci par là pour espionner le repère de criminels.

Les bruits de coups, de petits battements ténus et sourds, prirent bientôt fin alors qu’un plus grand fracas raisonne dans les tympans du soldat, l’attention vrillée sur l’échoppe. Il tire prestement son grappin, décidé à ne pas se laisser devancer par qui que ce soit. Se faire voler sa proie n’est pas la chose la plus agréable qui soit. Les micros n’amplifiaient pas assez les sons pour comprendre exactement ce qui fut dit ensuite, mais le brun pouvait saisir le gros de la conversation. Son pressentiment s’avérait vrai : on lui volait sa proie. Un grondement sourd lui échappe, profond, bas, animal. La ligne de vie du grappin vient se ficher dans le mur en face dans un sifflement strident.

Au moment où l’homme masqué pose les pieds sur l’asphalte du trottoir devant le magasin il entend une nouvelle voix dans son oreillette. Plus geignarde. Un enfant. Son sang ne fait qu’un tour dans son organisme et il pousse les passants en courant vers l’échoppe. Un véritable chaos régnait dans le magasin, comme si les occupants avaient dû y affronter un voleur. Pourtant, la scène qui se déroulait tout au fond, à côté de la petite caisse enregistreuse était spéciale. S’il avait pris le temps de penser avant de s’élancer, Hood aurait noté qu’étrangement, ce n’était pas l’enfant qui était terrorisé par l’adulte mais l’adulte qui, écroulé par terre, fixait l’adolescent avec un regard qui cachait à peine la terreur naissante. Il aurait pu également constater que des éclaboussures d’une substance bizarre parsemaient le sol.

Les dernières inflexions de la voix du cadet laissaient à penser qu’il venait de poser une question, mais le mercenaire lui saisit l’épaule en le tirant vivement en arrière. Sa main libre s’était armée d’un pistolet qui ne quittait usuellement pas sa hanche, surtout depuis qu’il portait la chauve-souris sur son torse. Mais Batman et lui savaient qu’il y avait des fois où le jeune homme devait sortir son arme. Ils savaient que certaines situations ne pouvaient laisser indifférent l’ancien Robin.

« Il faut que tu sortes, gamin ! Tu comprends ? »

Poussant plus encore l’enfant vers la sortie, l’homme masque garde en joue le gérant de l’échoppe de chaussures, s’approchant de lui au point de manquer de marcher sur son tibia. En se penchant, le canon de son arme rencontre le front de l’homme. Ils sont nez à nez, où plutôt nez à casque. Son vocodeur se charge de modifier sa voix et lui donner une sonorité métallique quand il crache : « tu vas bien sagement me donner l’adresse et le nom de tes petits copains trafiquants d’enfants, d’accord ?
- Sinon quoi ?
- Sinon quoi ? »

C’est un rire qui se fraie un passage entre ses dents serrées, étonnamment. Mais ça ne dure pas longtemps. Regagnant son sérieux, sa main gauche se meut rapidement, s’armant d’un couteau caché dans sa ceinture balistique et se fiche dans l’épaule du type, juste entre  la nuque et le bras, ripant contre la clavicule et la brisant au final.

« J’apprécie ton silence, vieil homme. »

En effet, la victime du mercenaire n’a fait que relever la tête, mordant fermement ses lèvres pour réprimer un râle de douleur mais ne pouvant pas s’empêcher de grogner. Les yeux clos, il tente visiblement de contenir ses cris.

« Mais ce n’est que le début. Je peux te garder en vie aussi longtemps qu’il le faudra tout en te faisant souffrir le martyr. Ah… »

Dans un bruit de succion dégoûtant, le couteau est extrait de la plaie et la main gantée du brun s’y appuie afin de ralentir l’hémorragie. Son masque empêche quiconque de décrypter son expression, mais sa voix est tout à fait chantante quand il reprend : « ou peut être que j’ai tapé dans une artère finalement. Oups ? »
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Basil Karlo
MessageSujet: Re: Here comes the Drums - ft Basil Karlo   Mar 24 Avr - 18:06




« Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. » William Shakespeare, Comme il vous plaira.

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Alors que le vieil homme commençait sa réponse, les lèvres tremblantes et sèches, un élément perturbateur fit son entrée : sous les traits et le masque du Red Hood. L’enfant n'eut pas le temps de continuer son assaut culpabilisateur qu’une main vient se ficher sur son épaule pour le tirer en arrière. Le trouble-fête lui intimait maintenant de sortir. Engoncé dans son rôle, le criminel au corps d’argile ne pût que lancer un :

— Oui monsieur, tout de suite monsieur. 
 
Les paroles dites, il s’élança dehors comme s’il avait la mort aux trousses, avant de se cacher derrière la porte. Dissimulé par les bords de la vitrine, il observa la scène qui se déroulait devant ses yeux, en tentant de réprimer son envie de se lancer de nouveau à l’assaut de Miguel. L’intervention du bonhomme avait fait rater son plan, l’avait quelque peu déstabilisé. La position n’était pas vraiment confortable, c’était même tout à fait le contraire. Comment réagir ? Il était hors de question de lâcher l’affaire, ni de faire tomber le masque directement. La basket du gosse tapait lourdement contre le sol sale, il était en pleine confusion. Son cœur battait encore la chamade de la bagarre précédente, et ses pensées mirent du temps à se mettre finalement en ordre.
 
A l’intérieur, la tension était palpable. Une voix métallique s’éleva de la petite boutique de chaussures, menaçant le gérant d’en finir avec lui s’il n’acceptait pas de dénoncer ses petits copains. Les deux étaient manifestement là pour la même affaire, c’était déjà un bon point. Ce n’était pas simplement un contrat d’assassinat mais une attaque personnelle, le tueur en rouge avait une dent contre ce trafic qui se profilait à l’orée de son territoire. Un bruit de succion se fit entendre, suivit d’un gémissement contenu. Un coup d’œil fit comprendre au garçon qu’un couteau s’était fiché dans sa cible. La manière dont été tourné l’interrogatoire montrait que c’était un professionnel qui tenait le marteau, et qu’il allait bientôt s’abattre sur le pauvre homme si le bourreau n’avait pas les réponses qu'il attendait.

Avec une figure douloureuse, le blessé se mit à respirer bruyamment, affolé par le défilement de ces actions terrorisantes. Ses yeux tournaient sans cesse dans leurs orbites. On pouvait presque entendre son cerveau chauffer. Lui aussi était confus, surpris, effrayé mais résigné. Dans un mouvement las de celui qui veut paraitre nonchalant, alors que la souffrance lui paraissait intenable, il déclara d’une voix fable et hésitante :
 
— C’est bon, c’est bon … Je vais tout te dire. Mais, tu dois me promettre de me laisser tranquille et de pas toucher un cheveu de ma fille, c’est promis ? Moi, je ne suis que l’intermédiaire, je ne trempe pas vraiment dans le trafic. Je sers juste de passerelle entre les deux groupes. 
 
Il réprima son envie de hurler, tenta de se lever et de prendre une position plus confortable. Il ne saignait pas tant que ça, mais son vieux corps avait dû mal à encaisser la blessure. Il n’était plus aussi fort qu’avant.
 
— On m’a contacté y a trois ans, c’était un de mes vieux amis qui nageait encore dans les ténèbres de Gotham. J’avais arrêté les conneries, moi, je m’étais sorti de cette merde. La p-prison … La prison ça change un homme ! J’étais clean mais, surtout, j’étais pauvre. Je voyais ma gosse mourir de faim. Ça ne sert à rien de nourrir un cadavre comme moi. Elle, elle a besoin d’énergie, elle n’a que six ans. Alors quand on m’a dit que je pouvais lui donner une vie de rêve en me contentant de faire tourner des feuilles et des photos, j’ai accepté… 
 
Il renifla crûment, le regard dans le vague et les yeux quelque peu humides. Il en avait marre de tout cela. Ce n’était pas vraiment de sa faute si les gens comme lui galèraient à s’en sortir dans cette ville pourrie. Il n’avait pas mérité les monstres géants et les connards en costume, si ? Bordel !
 
— Les gars se font appeler les Faiseurs d’Anges, ce sont eux qui kidnappent les gosses. Évidemment, ils tournent autour des écoles et des squares. Les autres, se sont les employés d’un hôtel chic dans la zone. Je n’en sais pas plus, ils se font surnommer les Roses , ou une connerie du genre. Je n’ai jamais compris pourquoi tout le monde se donne des noms, je trouve ça d'un ridicule. 
 
Miguel se tenait les côtes avec fébrilité, sa carcasse ne lui laissait pas le loisir de s’exprimer correctement. Une gorgée d’air s’infiltra dans sa gorge, le faisant grogner, et il reprit alors de nouveau la parole avec un ton légèrement plus bas :
 
— Ce soir, t’as peut-être une chance de les croiser sur les docks si tu pars de suite. Fais attention, gamin, tu joues avec des gens puissants et je ne suis pas sûr que t’as les couilles nécessaires pour peser dans la balance. Suriner un ancêtre, ce n’est pas avoir du courage, ça.
 
Les propos n’étaient pas tous très clairs pour le métamorphe, mais, il avait entendu les informations les plus importantes, pensa-t-il. C’était son tour de passer sur scène, et, putain, il devait être bon. Toute cette histoire sentait mauvais, un truc vraiment pas très frais. Malgré sa puissance physique, il risquait d’avoir besoin de l’aide du clown écarlate. Surtout que, faire semblant d’être un enquêteur, ce n’était pas en être un : il avait manifestement besoin des capacités de déduction de l’ancien acolyte de la chauve-souris.
 
Sans plus de cérémonie, le voile d’argile recouvrit encore la maigre stature de l’enfant. Dans un méli-mélo de matière fluide, le cocon produisit un nouveau personnage que Basil allait incarner : le rôle de Miguel lui-même. Ainsi vêtu, il entra dans la pièce et fit face aux deux hommes.

Red Hood, prononça-t-il, tu auras besoin de mon aide et je te l’offre. Tu ne sais pas qui je suis, tant mieux. Mais, comme tu peux le voir, je possède bien des capacités qui pourront être utiles dans ton aventure. J’ai travaillé pour ce porc pendant de nombreuses semaines et je n’ai compris que trop tard ce qu’il manigançait dans mon dos. Je ne peux pas laisser ça.
 
La créature s’avança dans la grande salle, toisant son double avec fierté. En même temps qu’il s’exclamait, ses mains fouettaient l’air dans des manœuvres éloquentes. Son apparition n'était pas terrible, il en convenait.

— Tu as sûrement tes raisons, j’ai les miennes. Travaillons ensemble pour une nuit, mettons fin à ce trafic dans les plus brefs délais. Je suis un homme de parole et je jure que je ne tente pas de te rouler ou de te lancer dans un piège. Fais de même et nous mettrons fin à cet immonde commerce avant le lever du genre. J'ai des capacités qui seront utiles, qui seront indispensables.

Respirant avec empressement, Gueule d'Argile lança un dernier :

— Tu en penses quoi ?


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MessageSujet: Re: Here comes the Drums - ft Basil Karlo   Mar 24 Avr - 21:45

Jason Todd / The Red Hood

ft. Basil Karlo

「 Here comes the Drums.  」

Enfant des rues, gamin abandonné et désabusé, laissé pour compte, Jason avait été chanceux de tomber sur Bruce Wayne, mais il n’avait jamais oublié la rue, le froid, la faim et la peur. Il n’avait jamais oublié les yeux de ceux qui n’ont nulle part où aller et que personne n’attend. Il ne pouvait tout simplement pas se détourner d’eux, les effacer, les ignorer, même enfoncé dans le cuir et le satin du Manoir. Même perdu dans les quartiers de la Ligue, même installé à la tête d’un gang de criminels. Il ne pouvait pas. C’était sa nature, son ADN, sa réalité. Il était un enfant de Gotham, un gamin des rues et de la boue, né dans le sang, élevé dans les cris et la colère et mort dans bien pire encore. Une deuxième chance lui avait été offerte et le brun avait décidé de l’utiliser les mains dans cette même merde, dans cette même ville.

Alors il comprenait ce que faisait faire la faim, il comprenait le crime, les vols, tout ça… il n’y était pas étranger, il n’était pas innocent. Mais des enfants ? Aussi abandonnés que ce type, aussi désespérés, aussi pétris de peur et de crainte… Des enfants… De simples victimes inoffensives de cette ville qui broie tout, des dommages collatéraux. Quelle raison obscure pouvait justifier de se servir de ces gosses comme un outil ? Quelle justification suffirait à rendre le crime moins odieux ? Penché sur l’homme d’un âge certain, le mercenaire l’écoute car celui-ci parle. Il ne livre pas une grande bataille, il rend les armes très vite, sans doute rongé par la culpabilité. Et plus il s’empêtre dans ses explications, plus le sang du mercenaire chauffe. Il se met carrément à bouillir mais docile et plein de maîtrise, l’ancien Robin se tait. Il serre en silence ses dents et ouvre grand ses oreilles.

Le gérant est en difficulté, respirer lui devient plus ardu et jouant avec un petit ordinateur embarqué dans un bracelet, le mercenaire prévoit l’arrivée des secours. Dans ses tripes, le combat fait rage. Acculer des gens à vendre des gamins, c’est le fait des grands de ce monde, des Luthor, des Wayne, les Falcone, des gars comme ça, juchés dans leurs tours d’ivoire, contemplant le monde en fumant un cigare. C’est vrai, gamin il les enviait ces gens riches et puissants, maintenant… il ne restait que de l’amertume et de la haine dans son cœur. Mais ce gars-là, l’épaule en sang, il avait choisi cette voie. Il avait choisi de collaborer à la vente de gosses, pour sauver la sienne, c’est vrai. Mais il aurait pu faire d’autres choses. Avoir une morale. Un cœur.

Le vieil homme finit avec difficulté de transmettre ses informations, il semble au bout de la course, une rapide vérification à son poignet indique au mercenaire que les secours sont à cinq petites minutes de leur position. Alors il finit lui aussi de dire ce qu’il pense des agissements du commerçant : « J’ai eu les couilles de reprendre la moitié du Coventry et de foutre le Batman le nez dans sa merde. Et toi ? C’est quoi ton courage ? Donner des gamins à ces porcs pour qu’ils les vendent en pièces détachées ? Pour qu'ils les vendent à de vieux pervers ? M’fait pas rire, connard. T’es un pourri... T’es un pourri. Ça aurait pu être ta fille, putain. Ta gamine. J’suis pas un tueur d’enfants, moi, j’ai choisi ma voix, j’en ai payé le putain de prix, j’en ai chié, t’imagines même pas combien j’en ai chié. Mais j’ai jamais vendu de gosses. Tu sais combien j’aurais pu me mettre dans les poches en vendant de la drogue dans les écoles ? »

Un rire cynique lui échappe. Actuellement, son gang ne vaut rien. Du moins, lui, son leader, ne touche rien. Mais il n’a pas de problèmes avec sa conscience, au moins. Avant qu’il n’ait pu ajouter quoi que ce soit, une voix étrangement familière les coupe. Se relevant en pivotant sur ses talons, Hood fait face… au vieillard ? Les sourcils froncés, il l’écoute s’expliquer et immédiatement son instinct d’enquêteur lui dit qu’il a en face de lui un sacré caméléon. Ses yeux se plissent, mais personne ne peut le voir, caché par le secret de son casque. Il doute. Hésite. Manque de se rebeller et se laisser balayer par la colère, mais il l’a promis. Il se l’est promis. Limiter les morts à ceux qui ne peuvent pas être maîtrisés et contenus comme le Joker, à ceux qui échapperont à la Justice comme Sionis. Le brun fait rouler ses épaules dans un mouvement motivé par le besoin de se refroidir la tête. Le calcul est vite fait. Avec un double de cet enfoiré, la mission sera bien plus facile.

« J’accepte. Un pas de travers et je te neutralise. Tu entres, tu me donnes leurs positions, armement et nombre et je fais le ménage. T’as une caisse ? »

Montant son plan dans sa tête, l’homme casqué se retourne vers sa victime qui est en passe de tourner de l’œil. Il lui lance : « Les secours sont en route. T’échappera pas à ton jugement. Une fois que ces connards seront sur la touche, tu seras avec eux sur le banc des accusés. Devant ta fille. Et si elle n’a personne, elle finira à la rue ou dans un foyer. Elle sera à la merci de gars comme tes potes, là » et il le regarde perdre le peu de sang froid qui lui reste. Puis sans aucun remords le plante là. Le nouveau duo a à peine le temps de tourner à l’angle d’une rue que les sirènes hurlantes des voitures des médecins et du GCPD se font entendre.

« Colle ça sur la bagnole que tu veux voler, ça va la déverrouiller et te permettre de la conduire. Là-bas, ils s’attendent pas forcément à ce que tu viennes, alors pas besoin de forcer les choses et se mettre en danger. Si tu entres, dès que je lance l’attaque, trouve un coin pour te planquer et fuis. Pas besoin d’un dommage collatéral. On se retrouve aux Docks et… tiens. »

Le brun lui tend son téléphone afin qu’ils puissent communiquer. Sa moto l’attend à deux pas de là, mais il reste droit devant son nouvel allié. Après tout, si celui-ci s’oppose au plan que le mercenaire vient de monter seul, ce ne serait pas étonnant. Il faut preuve de patience, acceptant les remarques malgré son envie d’enfourcher son bolide et foncer dans le tas.
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Arkham Asylum
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Basil Karlo
MessageSujet: Re: Here comes the Drums - ft Basil Karlo   Mer 25 Avr - 13:56




« Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. » William Shakespeare, Comme il vous plaira.

--------------------------------------

Le Red Hood ne donnait pas facilement sa confiance, c’était un comportement avisé. Il avait aussi le comportement irritant des tyrans. Sans même prendre le temps de se montrer courtois, le voilà qu’il se mettait déjà à donner des ordres. Basil n’aimait pas vraiment cette manière de faire mais, soit. Ce n’était pas le moment de se montrer pointilleux, des enfants étaient en danger après tout. Un rictus au visage, le double acquiesça aux ordres du chef de gang, légèrement énervé.

— D’accord, on fait comme tu dis. J’entre, je sors et je te dis tout.

Il allait rentrer, pour sûr. Il allait sortir aussi, tout lui dire, évidemment, mais le bonhomme n’allait sûrement pas lui laisser tout le plaisir : sa rage était aussi intense que la sienne, le sang devait aussi couler de ses mains. Ses poings se crispèrent alors qu’il s’imagina embrochant une dizaine de vieux pédophiles, dans un jet de lance mythologique quoiqu'un peu surjoué.

— J’ai une vieille bagnole au coin de la rue, ça devrait faire l’affaire. Par contre, tu paies le plein, cracha-t-il cynique.

Ce n’était pas vraiment le moment des faire des blagues, ni de se montrer discourtois. Il reconnut que son ironie était de mauvais goût et il se mordit les lèvres. Le duo se mit ensuite en marche, devançant les autorités et les médecins. Le soldat rouge n’était finalement pas si sanglant, il avait rechigné à finir Miguel avec son flingue. Il s’était montré clément, une erreur que n’aurait pas fait Gueule d’Argile. Depuis le temps que la créature vivait dans les rues de Gotham, il avait eu le temps de se rendre compte que les pourritures de ce genre ne changeaient jamais : il en avait encore une fois la preuve.

— Ah ? Tu ne veux même pas faire le plein, c’est noté. Je vais prendre, hm, celle-là !

La mine faussement hésitante, le criminel choisit de prendre le plus gros véhicule présent dans la rue. La petite camionnette noire devait être suffisamment grande pour accueillir les enfants. Plus qu’une mission punitive, c’était surtout une mission de sauvetage. L’acteur espérait que la chose était bien comprise pour le mercenaire, ce n’était pas simplement une guerre de territoire ou une merde du genre.

Glissant la petite machine en dessous de la bagnole, il ouvrit la porte nonchalamment. Cette technologie était impressionnante. S’il avait le temps, il ferait en sorte de garder l’objet pour l’étudier plus tard. Ce serait un coup de pouce non-négligeable pour sa carrière et ses effets spéciaux.

— On se retrouve là-bas !

Le moteur se mit rugir, les pneus crissèrent et le cortège s’élança alors dans les rues ténébreuses de Gotham. Les Docks n’étaient pas très loin du magasin de chaussures, une vingtaine de minutes de conduire devrait suffire à les atteindre. Une fois sur place, il n’était plus question de se laisser aller comme tout à l’heure, c’était même hors de question. Ses pouvoirs devaient rester secrets le plus longtemps possible. Pour une fois, on ne demandait pas à Gueule d’Argile de se servir de ses muscles puissants, non, c’était une mission pour Basil est sa langue acérée. S’il n’était pas aussi rongé par la colère et l’envie de meurtre, il aurait sûrement trouvé la sortie divertissante.

L’odeur de la mer lui emplit entièrement les narines, ça sentait mauvais, à la fois de manière concrète et abstraite. Garant la voiture volée, il s’éjecta du véhicule et se mit à se balader en aillant l’air connaisseur de l’endroit. C’était un port magnifique, avec des centaines de bateaux alignés comme autant de soldats au garde-à-vous. L’eau, calme, clapotait tranquillement contre les digues. Le temps était grisâtre et des volutes d’épaisses fumées rendaient l’exploration hasardeuse. Cependant, au détour d’un chemin, monsieur Karlo crut voir quelque chose d’intéressant.

— J’ai deux véhicules en vu, un gros camion et une voiture de sport. Ils sont cachés derrière des containers et n’ont pas de phares. D’ici, je ne peux pas voir si des gens sont devant ou non. Je vais m’avancer et voir ce qu’il en retourne exactement.

Choses dites, choses faites. Le doppelgänger s'élança prudemment vers le coin sordide, les mains dans les poches dans la position de celui qui sait où il va. Il sifflota même une petite chanson avant de rentrer en contact avec les personnes présentes. Car oui, il y avait bien des gens et ce n’étaient pas les plus amicaux. Ils étaient au nombre de quatre et discutaient à grand renfort de hurlements et de gestes brusques.

— On avait un accord ! Bordel de merde ! Vous pouvez pas changer le contrat comme ça !

Celui qui parlait était manifestement un des gestionnaires du commerce d’enfant, sa voix était nasillarde, irritante. Son beau costume se mouvait en même temps qu’il simulait des coups-de-poing dans l’air, se voulant terrifiant. Il ne l’était pas. Sa démarche le rendait même plutôt ridicule, amusant les deux gars d’en face qui l’imitèrent.

— Bien sûr que si. Si le patron dit que ta marchandise vaut plus le prix de base, alors, elle vaut plus le prix de base. C’est comme ça et pas autrement, minus. Si tu veux te plaindre ou porter plainte, on te laisse faire. On n’a même pas besoin de te menacer ou de te casser les genoux, le boss te tient par la peau des couilles. Si tu t’amuses à trop tirer, tout va rompre.

Nouveaux éclats de rire humiliants des deux gros bras sur la voiture de sport. Ils se levèrent doucement avant de s’avancer un peu plus. À mi-chemin du kidnappeur, les sous-fifres s’arrêtèrent pour faire fasse au nouvel arrivant. Sentant son heure arrivée, Basil se mit alors sous le devant des projecteurs.

— Miguel, qu’est-ce que tu fous là ? Qu’est-ce que cette merde encore ?

Cette voix lui disait vaguement quelque chose, un des blagueurs qui avaient fait face à Jamal, à l’époque où tout était plus simple.

— Tout doux, je suis là pour une urgence. Je sais que je ne suis pas censé venir ici, mais là, y a pas le choix. Ce soir, j’ai eu la visite d’un drôle de mec avec un casque : il était au courant de tout et, même du lieu de rendez-vous de ce soir. Je suis venu en vitesse vous prévenir qu’il faut partir le plus vite possible.

Un œil apparut dans sa main, qui tenait fermement le portable dans son dos. Tout en discutant, il pianota avec précision pour envoyer un message à son complice : Ils vont partir. Suis-les. Je vais avec les proxénètes. Idiotie ou idée de génie, Clayface avait décidé de ne pas suivre le plan à la lettre.



« This was the performance of a lifetime ! »



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MessageSujet: Re: Here comes the Drums - ft Basil Karlo   Mar 15 Mai - 11:22

Jason Todd / The Red Hood

ft. Basil Karlo

「 Here comes the Drums.  」

La tête prise dans l’étau de son casque, l’ancien enfant-soldat sent poindre une migraine violente, le moteur qui rugit bruyamment sous ses hanches de l'aide pas, et rapidement, son seul souhait est de s’enfermer dans le noir et le silence afin de chasser cette déplaisante douleur. Pour l’instant, il zigzague entre les voitures, serrant les dents, son objectif en vue et sa détermination à peine entamée. Le trajet lui paraît trop long, trop ennuyeux malgré l’ivresse de la vitesse, mais il finit par parvenir à bon port. A l’aide de son grappin et de quelques efforts, il se dresse au sommet d’un entrepôt voisin de celui occupé par ses cibles, perché là comme un oiseau de proie, il guette le signal de son nouvel allié.

L’oreillette de Jason s’allume, transmettant les informations de l’homme, pensif, celui-ci se penche en direction des véhicules. Plongés dans l’ombre, ceux-ci sont à peine visibles et bien trop éloignés pour qu’il ne puisse avertir la tâche claire qu’il devine comme étant son compagnon. Avec douceur, il ouvre un sac en plastique, faisant briller un long fusil. Gardant le silence, le brun monte l’engin, concentré sur la silhouette qui se meut, manquant presque de lui intimer la prudence. Ah. Maintenant, il se met à materner des inconnus en plus de ces crétins de Robin et ses subordonnés. Un sourire cynique fleurit sur son visage à l’idée de devenir la maman-poule de Gotham, lui qui se promettait une vie de solitaire emplie de vengeance et de sang. Beau départ.

L’arme en main, il peut profiter de son viseur pour suivre du regard la progression de son allié qui s’approche de quatre autres personnes, permettant à l’anti-héros de percevoir la discussion animée qui se déroule en contre bas. Il lui semble que le fournisseur n’obtient pas de ses partenaires d’affaire un prix raisonnable, mais comme le souligne le troisième homme, il n’a pas vraiment les moyens de s’opposer à ces gens-là. Dans sa lunette, il avise le groupe qui se tourne vers le type déguisé en Miguel. L’ancien Robin sent ses muscles se raidir, tendus dans l’attente d’un mouvement menaçant au loin.

Dans sa colère, Hood manque d’appuyer sur la gâchette en contractant son poing, fulminant il se reprend juste assez tôt pour ne pas faire exploser la cervelle de ce petit fumier en contre-bas et prend une grande inspiration afin de chasser la vague de colère qui lui enserre le crâne. Dégoûté, enragé et surtout agacé d’avoir si facilement fait confiance à un parfait inconnu pour une affaire d’une telle importance, le jeune homme affiche d’un glissement de ses doigts le message, poussant une bordée de jurons à sa lecture. La mâchoire crispée, il tente de se calmer, de faire refluer l’étrange appétit qui monte et le dévore, sentant sur sa langue le goût métallique du sang qui inonde son palais. Les maléfices du Puit de Lazare sont en train d’influer sur son humeur, il se sent manipulé, éperdu par ces émotions familières et pourtant poussées à un tel extrême qu’il se voit comme un parfait étranger une fois pris dans cette spirale.

Parvenant à peine à se tenir debout sans trembler de haut en bas, le mercenaire décide que s’il se plie aux folles idées du métamorphe, il sera peut être surpris. Peut-être n’est-ce pas un piège ou une trahison ? Moyennement convaincu, voire absolument pas convaincu, l’homme masqué est de retour sur sa moto. Il suit de loin le véhicule déguindé, qui semble à chaque cahot de la route être proche de sa fin, profitant d’un court arrêt à un feu pour envoyer un nouvel sms : « Trouve les otages et éloigne les d’ici. »

Il se promet intérieurement de revenir trouver chacune des personnes impliquées, les traquer jusqu’au dernier et le clouer dans une cage à bestiaux afin de larguer toutes ces merdes devant le GCPD ou bien dans un batbunker. L’idée lui plaisait, elle le séduisait même carrément, les trafics d’êtres humains étaient monnaie courante à Gotham, que ce soit pour de la prostitution ou de l’esclavagisme moderne, et plus récemment le cannibalisme, personne n’avait su l’endiguer par des moyens légaux ou moraux, personne n’avait su protéger les victimes, les populations à risque, personne n’avait été en capacité de donner de l’espoir dans les foyers de la ville. Hood ne se prenait pas pour un Messie, loin de là, les délires de vénération et autres exotismes lui passaient par-dessus la tête mais foutre une bonne paire de claques dans la fourmilière du crime, ça… ça ça lui plaisait.

La voiture dans un état piteux finit enfin par ralentir devant une façade assombrie par des années de pollution, au rez-de-chaussée l’échoppe est fermée et affiche un modeste écriteau signalant sa vente, à l’instar de plusieurs autres commerces dans la rue. L’homme reconnait les rues peu fréquentées d’un des pires quartiers de la ville. Le groupe s’engage à présent dans une entrée à côté du magasin désaffecté, l’immeuble est bas, Hood ne compte que deux étages, et étroit. Au dernier étage, des marques de feu et des fenêtres absentes signalent qu’il n’y a qu’un étage sur les trois occupé. Le mercenaire n’attend pas plus longtemps et s’élance de l’autre côté, grimpant sur l’immeuble voisin. Une fois arrivé assez haut, son grappin se fiche juste au-dessus des fenêtres du premier étage qui viennent juste de s’allumer. Son envol est rapide et il ferme ses bras devant sa poitrine au moment où éclatent les verres.

Sitôt qu’il atterrit devant les complices surpris en pleine discussion animée, il fait feu, tuant au passage un des malfrats et estropiant le deuxième. Ses genoux cèdent et il roule vers l’avant, s’épargnant d’être surpris par les premiers tirs décrochés par les criminels. Par chance, une balle perdue arrache un hurlement à un des types et Hood le repère assez vite, se redresse et lui fond dessus, le clouant au sol en lui enfonçant une lame dans la main. Pivotant sur lui-même il fait les comptes : trois personnes hors combat, trois autres encore en capacité de le gêner.

Ils ne sont pas idiots, afin de ne pas risquer d’autres tirs perdus, ils se contentent de prendre en joue le mercenaire, qui se déplie de toute sa hauteur après s’être penché sur sa victime épinglée au sol. Durant la mêlée, courte mais pleine d’émotion, une balle a ricoché sur son casque, lui évitant de perdre un œil au passage mais détruisant définitivement le mécanisme et rendant son côté gauche parfaitement aveugle. Avec de lents mouvements, il porte sa main à l’objet et le retire. Le casque tombe avec un bruit sourd, roulant aux pieds de premier gars à avoir perdu la vie.

« Tu vas nous dire qui t’as donné des informations sur l’entrepôt et…
- Tt… le claquement de langue du brun interrompt l’homme qui parle. C’est moi qui pose les questions, d’accord ? Parce qu’ensuite vous serez morts et je n’aurais plus trop moyen de vous arracher des réponses, tu suis ?
- Ta gueule, un autre gars s’avance, son arme toujours en joue, mais il a l’air plus assuré. Pour l’instant c’est trois contre un, je suppose que ça nous donne le droit de te poser la première question.
- Ah ! Tu supposes bien. Il suffit donc que j’envoie deux de tes amis au pays des songes, hein ? »

Les insultes fusent à la vitesse des balles, qui elles aussi s’échappent de leurs canons, mais le mercenaire est prêt, il se baisse, sentant ses oreilles siffler et un morceau de son cuir chevelu rejoindre ses ancêtres. Mais au moment de se redresser il s’est assez approché d’un des hommes pour lui foncer la tête la première dans le ventre, chassant l’air des poumons du pauvre gars et il lui suffit de pivoter pour coincer son bras armé dans une clef solide. Quand l’arme tombe dans la paume de l’ancien Robin, il lui flanque un coup de coude droit dans le nez, l’entendant s’affaisser.

« Ne tire pas. »

Le deuxième homme, le plus sûr de lui et sans doute le leader du groupe, lève la main, intimant à son dernier comparse encore en état de ne pas faire plus de dégâts que ça. Il reprend : « Qu’est-ce que tu veux ?
- Le nom de ton boss. Jason arbore un sourire carnassier, content de l’effet de sa petite démonstration.
- Impossible, il secoue la tête, presque sincère. Nous sommes le premier échelon du système, on récupère les cargaisons, on trie, et un type nous dit où les envoyer.
- Bien. File moi l’adresse de ce type alors.
- T’écoutes jamais ce qu’on te dit, hein ? »

Visiblement agacé par l’assurance du larbin, Hood gonfle ses muscles et s’avance sur lui, faisant fi du canon encore dressé dans sa direction. Un grognement lui échappe et le chef du petit cercle hausse les épaules et se décide à cracher son histoire.

« On a que son numéro, ok ? Pas de nom, pas d’adresse, pas de visage. Et de ce que j’en sais, lui aussi n’a pas le nom ni l’adresse de son chef. Le deuxième échelon gère le stockage des marchandises…
- Des humains. Des êtres humains que vous vendez.
- Ouais, ptetre bien… il soupire, pas plus troublé que ça. Chaque personne ou groupe à son job bien défini et n’est en contact qu’avec l’échelon directement en dessous et au-dessus, les informations sont limitées au maximum. »

Du bon travail, Jason se fait la réflexion intérieurement alors qu’il se passe une main lasse dans les cheveux. Un système long et incroyablement fastidieux à démonter. Il se décide à communiquer à nouveau avec son allié et lui transmet « Neutralise les types avec toi, je te rejoins ». Son pouvoir serait à nouveau utile et à mesure que ne se forme un plan dans le crâne du mercenaire, l’espoir renaît.

« Bien. T’as été gentil alors je serais aussi sympa, tu vas me filer ton portable avec le numéro de ton pote et moi je ne vais filer que tes potes assommés à la police, et si tu ne touches plus jamais à ce genre de trafic, ptetre qu’on ne se reverra plus du tout. »

La grimace que lui sert l’autre n’a rien du sourire de remerciement et Hood s’en aperçoit trop tard. Au début, le kevlar retient la lame, diffusant le choc sur la peau du jeune homme, lui faisant l’effet d’un coup de poing. Mais la lame, parfaitement aiguisée, fait son chemin et ce n’est qu’au prix du saut rapide en arrière qu’il s’épargne de perdre un organe au passage. Le type à terre, celui avec le visage en sang à cause du coup de coude, retombe en arrière et Jason se jette sur lui pour l’empoigner, le soulever et le lancer sur le gars qui tire à nouveau. Le temps qu’il ne se débatte avec son cadavre sur les bras, l’homme masqué fond sur le chef du groupe, le combat dure quelques secondes et après avoir chassé l’air des poumons du type et lui avoir cassé quelques os, surtout dans les mains et les jambes, Jason se charge de terminer le dernier combattant valide. Un ratio de trois morts, trois vivants, c’est plutôt sympa, non ?

Il tâtonne un instant pour trouver le couteau, maintenu dans ses chairs par l’armure solide que forme le kevlar. Le retirer est douloureux, mais enfin se balader avec une lame dans le dos c’est sans doute encore plus stupide. Il finit par desserrer les dents et la plaie ne lui semble finalement pas si profonde que ça.

« Bien… je suppose que tu préfères l’option « GCPD » slash « Batman » ? Bah… il hausse les épaules en se penchant sur l’homme à la recherche de son téléphone. Ça m’est égal. »

Sans se préoccuper d’avantage de qui saigne à mort, qui aura des séquelles, qui gémit, le mercenaire déverrouille l’appareil et prend une photo du visage de sa victime, manquant de l’aveugler avec le flash. Un fois sa besogne accomplie, il ne lui reste qu'a faire dormir tout ce beau monde assez longtemps histoire que le GCPD arrive et qu'il n'ai plus à ce soucier de craindre qu'ils ne contactent leur supérieur. Enfin, il s’élance par la fenêtre. En route pour l’entrepôt, il compose le numéro de son allié polymorphe : « J’arrive dans quelques minutes, j’ai encore besoin de toi si possible. Je t'expliquerais à l'entrepôt. »

A l’exception de la voiture empruntée, il n’y a plus aucun signe de véhicule sur le terrain, le mercenaire commence à se demander si le gars du magasin de chaussure n’a pas rencontré sa fin ici. Prudent, il se dirige silencieusement vers l’entrepôt, pistolet en avant.


/RP:
 
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