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 Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]

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Blackgate
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Slade Wilson-Deathstroke
MessageSujet: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Mer 7 Fév - 9:29

La nuit étirait son long voile de noirceur sur la ville, rendant celle-ci encore plus sombre qu’à l’accoutumée. Les minces rubans nuageux qui recouvraient la cime sans étoiles dissimulaient partiellement la Lune, ne laissant que momentanément pleuvoir quelques rayons lumineux sur les rues silencieuses. Silencieux ! C’était un mot qui ne pouvait être que rarement évoqué lorsqu’on parlait de la lugubre Gotham, ville de meurtre, de violence et de chaos. Toute personne un tant soit peu sensée évitait de traîner dans les rues de cette cité coupe-gorge, une fois les dernières lueurs du jour disparues. Il était de notoriété commune que rester seul dans un quartier mal famé était la meilleure manière de disparaître, de façon définitive… Cité des gangsters, des maniaques et des psychopathes, Gotham était particulièrement reconnue comme domaine de la pègre, une ville qui détenait le taux de criminalité le plus important du pays. Ce n’étaient pas les maigres officiers de police qui pouvaient faire grand-chose face à ce déluge de violence, eux, si volontaires mais pourtant si faibles et passifs face à ce qu’il se passait dans leur ville.

Non, Gotham était bel et bien un lieu sacré pour le crime, un lieu d’opportunités où chacun pouvait se faire un nom s’il savait rester à sa place jusqu’au moment de décrocher le gros lot. Tout le monde avait des ennemis dans ce type de ville. Devant, derrière, il en pleuvait de tout côté. Même vos plus proches amis pouvaient en réalité s’avérer être vos pires cauchemars… Il s’agissait donc d’un lieu où une personne souhaitant toucher rapidement une grosse somme d’argent pouvait le faire en sachant tirer les bonnes ficelles. Et c’est précisément ce qui amenait Slade Wilson dans ce coin perdu de l’East End ce soir-là.

Perché sur un des toits de la ville, le mercenaire scrutait les rues de son œil unique, attentif au moindre mouvement, au moindre bruit. Il avait déposé son équipement un peu en retrait, mais toujours à proximité au cas où il eut dû se défendre promptement. Il avait révisé celui-ci quelques heures auparavant pour s’assurer qu’il ne manquerait de rien durant sa mission. En effet, force était de constater que le temps avait fait son œuvre. Après sa dernière défaite face à l’encapé chauve-souris, Slade s’était retiré du terrain, disparaissant en faisant croire à sa mort. Il avait réussi à fuir de justesse, mais n’en était pas sorti indemne, sa fierté brisée d’avoir été écrasée par son Némésis. Slade avait disparu dans les sombres recoins de l’Asie du sud-est, s’isolant afin de reconstruire ses forces. Il n’avait eu de cesses depuis d’effectuer dans son esprit des simulations mentales, revoyant ses erreurs, identifiant les failles et cherchant à combler celles-ci. Il avait toujours eu la prétention de penser que ses ennemis ne verraient rien venir, qu’il était capable de calculer le moindre coup, de voir dix coups à l’avance. Mais le Batman avait su lui montrer la réalité, que comme tout homme, lui aussi était faillible.

Désormais, Slade ne ferait plus d’erreur. Il s’était préparé, renforcé et affûté pour sa future rencontre avec la chauve-souris. Il était certain qu’il aurait de nouveau affaire à lui, c’était obligé. Rien ne se passait à Gotham sans que le Batman ne l’apprenne. Mais c’était précisément là ce qu’il cherchait à faire. A son tour, Slade Wilson plongerait Batman dans un torrent de douleur : il massacrerait ses alliés, torturerait sa famille, détruirait ses proches… Et enfin, il le briserait. Telle était la mission qu’il s’était confiée.

Mais Slade avait fort à faire avant tout cela. Revenant au présent après s’être perdu dans ses souvenirs, il se concentra sur sa tâche. Il s’était fait passer pour mort et tout le monde le pensait disparu. Tant mieux ! Il aurait d’autant plus d’espace pour manœuvrer au début. Néanmoins, très vite, les gens comprendraient que l’Exterminateur avait fait son retour. Il devait donc parvenir à approcher rapidement les gens qui détenaient le plus d’influence dans cette ville et qui lui permettraient d’atteindre son but. Et Slade connaissait fort bien la solution pour y parvenir : la chasse.

Il s’était approché de ses anciens informateurs pour obtenir quelques données sur de petites primes, des pions qui devaient être éliminés. Des gens qui avaient énervé la mauvaise personne, le mauvais gars, et qui allaient devoir le payer. Sa cible de ce soir, c’était trois flics ripous… Ils couvraient les actes d’un vendeur de drogue du coin, qui devait cacher ses actions, le temps de grandir. Cependant, ils avaient doublé leur employeur et un gang voisin avait fait une descente et flingué tous ses hommes. Depuis, celui-ci avait juré leur perte et s’était même octroyé les services de Deathstroke pour les dessouder. La prime en soit n’apporterait pas grand-chose, elle ne représentait rien comparé aux honoraires habituels de Deathstroke mais lui permettraient de se refaire un nom. Et c’était ce qui comptait avant tout…

Un coup avait été monté de toutes pièces pour faire intervenir les flics, les détourner de leurs missions habituelles et garder les cibles dans leur secteur d’activité habituelle. Slade avait patiemment étudié le terrain, identifié la moindre zone d’anicroche et déterminé le meilleur endroit pour tendre son embuscade. Quinze minutes avant, un appel avait été passé pour demander une intervention de police sur le lieu d’un crime dans une petite ruelle, non loin de l’East End. Et c’était cette ruelle que Deathstroke scrutait attentivement en attendant que la gazelle ne tombe dans l’antre du lion. Au loin, la nuit silencieuse fut coupée par le son strident d’une sirène de police…
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MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Dim 25 Fév - 13:15


Je sers les pans de ma veste contre moi, les bras repliés sur mon torse. M’amusant avec l’air glacial, je souffle de longs traits pour former des nuages blancs, malgré le début annoncé d’une vague de chaleur sur la côte, il me semble bien que Gotham fait figure de microclimat, en particulier la nuit. Je lève les yeux au ciel, j’aperçois à peine la pointe lumineuse d’un building derrière le QG à cause d’une épaisse chape de brouillard, entre pollution et nuages pleins de pluie.

« On cherche les étoiles, Ahn ?
- Non. C’est une nuit sans étoiles.
- Mh. Il hausse les épaules, parce qu’il se fiche bien de ce que je dis. Tu feras de l’astrologie plus tard, magnes toi, on y va. »

Je suis trop blasée pour lever les yeux au ciel, je me contente de suivre ce type, un type fin et sec, qui n’a jamais cessé de se vanter de son origine « pure » devant moi, alors que ses arrières-grands parents sont des colons irlandais. Je le déteste. Je déteste son clan de flics mauvais, puant les magouilles et pas loyaux pour un sous. Je déteste bosser de nuit, maintenant que je sais que Maya m’attend. Je déteste ces soirs pathétiques, à battre les rues en détournant les yeux des vrais problèmes parce que mes équipiers sont des lâches, des merdeux qui pissent dans leurs frocs au premier danger venu. Je déteste surtout ce soir-là, parce que mon épaule me lance et que je sens encore parfois pulser le sang qui s’échappe de ma plaie, je déteste ce soir-là, parce que c’est sans doute le dernier que je passe comme larbin. Gordon me l’a promis, il mettra en adéquation mon grade et ma mission. Plus question de partir seule en opération parce que personne ne m’écoute, plus question de me vider de mon sang parce que tout le monde m’a prise pour une idiote.

Nous nous installons à peine dans le véhicule qu’une alerte nous demande dans l’East End. A la mention du nom de la rue, les trois types se regardent en silence. Auparavant, ils discutaillaient légèrement à propos du sport, mais à présent, l’ambiance se fait tendue, pesante. J’hausse un sourcil curieux, mais continue de me taire, prudente. Le véhicule s’immobilise à quelques mètres de l’entrée de la rue, la tension est devenue palpable, comme si ces types en craignaient pour leurs vies. Je veux dire… plus que d’habitude.

« Ahn, tu restes ici. »

Je ne me souviens pas que nous ayons un grade si différent pour qu’il s’octroie le droit de me donner des ordres. A dire vrai, nous sommes les deux plus hauts rangs de la patrouille, alors j’arque un sourcil et les laisse me dépasser avant de leur dresser mon majeur. Je leur laisse un peu d’avance et commence à discrètement les suivre.

Les trois policiers arrivent sur place, devant un type allongé dans son propre sang, la main posée sur son flanc alors qu’il avait tenté de stopper le saignement. Cachée dans l’ombre, je serre mon épaule, la sensation brûlante de la balle qui déchire ma chair. Méthodiquement, le grand roux s’approche du cadavre et prend son pouls par précaution. Il se retourne vers ses compagnons et leur fait un signe négatif de la tête. Le second, un type aussi grand et pâle mais bien plus large se penche sur le visage du mort, me le cachant, et grogne : « c’est Jackson… C’est quoi ce bordel, Thomas ?
- J’en sais rien putain…
- On n’aurait pas dû faire ça, bordel, je vous l’avais dit, je vous l’a…
- Ta gueule ! »

Thomas se relève et se tourne vers le troisième homme, furieux. C’est un type aussi large que haut, mais pas bien grand toutefois. Son haleine puant le tabac, ses yeux étroits de rongeur et son hygiène pauvre en font un type plus qu’agaçant. Et moi, je me demande bien ce qu’ils trafiquent, ce qu’ils cachent. Je décide de cesser cette mascarade et sort de l’ombre. Je bourre le passage pour m’agenouiller devant le cadavre, provoquant des glapissements choqués sur mon passage. Pendant que je fouille l’homme, je sens dans mon dos qu’on s’approche de moi. Malgré mon frisson, je reste confiante, parce qu’ils sont flics, comme moi, n’est-ce pas ?

Je tire un petit sachet de la poche du mort. Une poudre blanche, immaculée. Quel bordel… comment ils connaissent ce type, hein ? C’est leur informateur… ou pire ?

« C'est qui se type, putain ? D'où vous le connaissez ? Je porte ma main à ma radio. Il me faut… »

Je relâche doucement le bouton quand un canon glacé se colle contre mon crâne et lève docilement les mains en l’air, le sachet toujours coincé entre mes doigts.
Une nuit sans étoiles


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Blackgate
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Slade Wilson-Deathstroke
MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Mar 27 Fév - 9:38

Il n’y avait des nuits où l’on avait l’impression de se perdre dans l’immensité du ciel. Des nuits qui faisaient rêver. Des nuits où les étoiles perlaient le ciel, où les couples faisaient un vœu devant une étoile filante, où les enfants rêvaient d’un avenir glorieux, où les héros rêvaient d’un futur meilleur.
Pour Slade, ces nuits n’avaient toujours été qu’un simple rappel de la mortalité des hommes. Quand il était jeune, sa mère lui avait raconté que derrière chacune de ces étoiles, se cachait un de leurs ancêtres. Un homme dont l’existence était arrivé à son terme et qui surveillait désormais sa descendance depuis la voûte étoilée. Il était vrai que toutes ces histoires pouvaient s’apparenter à de parfaits bobards… Mais après tout, certains croyaient à Dieu, au Paradis, d’autres pensaient se réincarner, alors pourquoi ne pas rêver des étoiles ?

Le propriétaire du corps qui était étalé dans la rue avait lui aussi rejoint les étoiles. Slade s’en était personnellement assuré en lui empalant le flanc d’un coup de couteau. Un message, juste pour garder les moutons agglutinés le temps de les descendre un par un. Les flics étaient tous les mêmes, ils voyaient un corps, il fallait qu’ils viennent se prosterner au-dessus, chercher à établir la cause de la mort, voir s’il était encore vivant… Toujours la même rengaine, c’était lassant à force ! Trois flics pourris tournant autour d’un corps, comme des vautours ! Alors, qu’allaient-ils faire maintenant ?
L’intervention serait rapide. Une balle dans la tête du premier grâce au fusil sniper, puis un lancer de couteau dans le cœur du second. Et pour finir en beauté, j’égorgerais moi-même le dernier. Voilà un programme tout à fait complet pour une exécution en bonne et due forme ! Il faudrait après que je me débarrasse des corps. Quelle plaie ! Vraiment la pire partie du boulot, on n’était pas censés avoir des larbins pour faire ça ? En plus, quelle importance pour moi que l’on sache que j’ai tué des gens ? C’était ce que je faisais tout le temps, nul ne pouvait m’arrêter de toutes manières…

Alors que je me préparais à intervenir, je vis poindre un élément qui allait changer la tournure de cette soirée. Un quatrième petit mouton, qui venait de pointer son joli petit nez dans la tanière du loup ! Voilà qui était inattendu, est-ce que celle-ci faisait aussi partie du groupe à éliminer ou est-ce qu’elle n’avait rien à voir du tout avec tout ça ? Si c’était le cas, elle était plutôt mal en point… Qui pouvait dire ce qu’allaient lui faire ces trois dingues ? Est-ce que je devrais m’en mêler ? Elle aura du mal à s’en sortir toute seule et je ne peux pas laisser une femme mourir sans raison.
Attends, mais qu’est-ce que je raconte, moi ? J’en ai rien à foutre de cette gamine, je suis là pour ma prime, c’est tout. Qu’est-ce qui se passera si je l’aide ? Elle va me tirer dans le dos, ça on peut en être sûr, ça ne me fera pas grand-chose, mais je devrais la tuer. Et puis, si elle me voit, elle risque de parler, peut-être un peu trop. J’ai vraiment pas besoin d’une chasse à l’homme en ce moment. Je suis juste en train de tout reconstruire. Peut-être qu’il vaudrait mieux que je la laisse se faire descendre en fait. Non mais regardez-là, « Mme Je veux tout savoir et immédiatement », elle inspecte le corps, elle aussi… quand je disais que tous les flics faisaient la même chose. Ils vont la descendre, pas d’autre issue.

Alors qu’un dilemme moral me traversait l’esprit, j’essayais de prendre une décision quand j’eus finalement une idée. « Une taupe dans la police, ça peut pas être si mal… Ça m’éviterait un sacré paquet d’embrouilles, et en ce moment, j’ai besoin de contacts. Voyons voir… » Dès mon retour, j’avais prévu de me rapprocher des huiles. Maintenant que Cobblepot et Strange exerçaient une certaine influence dans la ville, je pourrais gagner des contrats dodus, en évitant d’avoir les poulets aux basques sans arrêts. Le seul dont je voulais retenir l’attention, c’était le chiroptère.
Bon, j’avais pris ma décision. M’asseyant tranquillement sur le toit, je soulevais mon masque et m’allumais une clope en regardant la scène qui se déroulait 20 mètres plus bas. Un des ripous venait de planter la gâchette de son pistolet sur la tête de la petite. « Ok, gamine, t’as 5 minutes. Si t’arrives à survivre à ces mecs pendant 5 minutes, on verra ce qu’on peut faire de toi » murmurais-je avec un sourire énigmatique. Levant les yeux au ciel, je chuchotais "On dirait que c'est une nuit sans étoiles ce soir. Seras-tu la première ?"
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MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Dim 4 Mar - 23:17


« Qu’est-ce que vous foutez, putain ?! C’est quoi cette blague ?! »

Je lève les mains en l’air alors qu’une sueur froide entame une longue descente dans mon dos. Je suis furieuse. Furieuse de m’être faite avoir, furieuse d’être tombée dans le piège, furieuse de n’avoir pris aucune précaution. Comme une bleue. Putain. Putain ! A quoi ça sert, ces entraînements ? A quoi ça sert, cette expérience ? Ces blessures ? A quoi ça sert de ne pas m’être vidée de mon sang dans cette putain d’usine si c’est pour crever le cerveau explosé ici ! Tuée par mes « camarades » ! Putain ! Putain… J’aurais rien achevé de ma vie. Rien fait. Inutile. Stupide. Envahissante. Une perte de temps. J’aurais ni aidé Maya, ni vengé mes parents, ni amélioré cette ville. J’aurais servi à rien. Et mes parents auraient eu meilleur compte de fuir en me laissant derrière plutôt que de faire un drame à la Harry Potter.

« J’t’avais dit de rester vers la bagnole, merde ! »

Je sens l’arme trembler contre mon crâne, je l’entends grommeler, je perçois le son ténu d’une voiture passant au loin, la musique trop forte. Et j’ai envie de pleurer. Parce que j’ai peur, bordel. Parce que je n’ai pas envie de mourir, parce que j’ai fait une erreur mais merde, merde ! Qui aurait cru qu’un homme en bleu irait tirer sur sa collègue, putain !

« Rose ! Rose ! »

La tornade blonde me fonce dessus et freine juste avant de me rentrer dedans, m’évitant une chute douloureuse sur mon arrière train. Avec une prudence touchante, elle passe ses mains dans mon dos, prenant soin de ne pas trop me serrer fort, des fois que je ne me sois transformée en Rose de verre et que cela ne me brise. Je me baisse et l’enserre de toutes mes forces avec ma main libre, l’autre étant coincée dans une écharpe. Je lui murmure des excuses et des mots d’amour à l’oreille, lui demandant pardon pour cette journée entière sans nouvelles, et ces deux jours de convalescences ou, pour protéger notre secret, elle n’a pas pu venir. Je pose des yeux fatigués sur mon sauveur, qui a les traits presque aussi tirés que moi, il m’adresse un hochement de tête et un demi-sourire. Le plus grand sourire que j’ai jamais vu de sa part et qui me soit adressé, parce qu’il rit toujours aux éclats avec Maya. J’ai l’air d’un zombie en pleine famine, après pourtant trois jours complets de repos à l’hôpital de Gotham, et lui n’a l’air de rien après sans doute trois jours sans quitter mon appartement, dont il a désormais le double, pour ne pas laisser la petite seule.

« Merci, merci… sans toi, je ne sais pas comment j’aurais fait…
- Tu m’en dois une, Rose, mais attends de récupérer un peu avant de me rembourser, d’accord ? Mon rendu à l’université est pour dans quelques semaines, alors j’ai encore le temps de t’aider. »

Je le remercie à nouveau, le corps chaud de Maya toujours pressé contre moi, je sens de petites larmes perler contre mon épaule valide mais je ne dis rien, je me contente de lui caresser le dos en formant des dessins avec mes doigts. Je ne veux plus lui dire que je reviendrais, que je serais là, que je ne pars pas. Parce que cette fois, j’ai bien failli mentir. Je veux lui prouver. Je veux lui prouver, parce que je ne veux plus jamais avoir à me demander si je vais mourir sans lui dire adieu.


« Faites pas les cons, les gars. Faites pas les cons. J’ai… expliquez-moi. Putain, vous allez pas me flinguer, bordel ?! J’suis flic, comme vous ! Je bosse pour Gordon, merde ! C’est la fin de votre putain de carrière ! »

A mesure que ne se forme un nœud dans ma gorge, ma voix monte en flèche et se brise, malgré la colère. Il y a un temps de latence silencieuse avant qu’une voix chevrotante ne me parvienne : « On a merdé, Ahn, ok ?
- Ta gueule ! Ta gueule putain !
- Elle a le droit de savoir… Elle va crever de toute façon, on peut pas… on peut pas la laisser… T’as merde, Thomas…
- Savoir quoi ? je gémis en parvenant difficilement à contenir mes larmes.
- TA GUEULE ! VOS GUEULES ! »

Et juste comme ça, l’arme a quitté ma direction pour, je crois, se pointer vers l’autre flic. Je tombe en avant, me réceptionnant sur mes bras. Le soulagement me coupe net les forces et mon épaule blessé lâche en premier, me faisant rouler sur le côté, sur le dos. Je commence à doucement glisser ma main vers mon arme pendant que les deux hommes se disputent, mais le troisième me prend de court et donne un coup de pied dans mon poing sitôt l’arme sortie de son fourreau. Je pousse un cri de douleur alors qu’à nouveau, une arme se pointe sur ma tête.

« Tues-la maintenant, Thomas ! »

Ils ont l’air plutôt d’accord. Et je suis toujours couchée. En bien trop mauvaise posture pour me défendre. Alors c’est la fin, hein ? Je n’ai plus qu’à fermer les yeux et demander pardon à Maya. J’ai menti. Je ne reviendrais pas, je ne rentrerais pas, je ne trouverais pas qui a tué mes parents et toute ma misérable vie, je serais et resterais « Rose, qui a stupidement refusé de rester vers la voiture ce soir-là ». Je décide de jouer ma dernière chance et la jouer sincèrement.

« J’vous en supplie, j’ai une fille… j’la fermerais, j’vous l’jure, mais putain… me tuez pas.
- Quoi ?
- Elle ment ! T’as jamais eu de fille, Ahn !
- Si… je sens de grosses larmes perler aux coins de mes yeux et reprend en reniflant, c’est la fille de mon ex, elle vit chez moi ? J’vous en prie. Je veux revoir mon bébé… J’vous en prie… »

Ils se regardent tour à tour, mais décident finalement que non. Non, ma vie ne vaut pas leurs carrières de flics ripoux.

« T’es pas l’genre de nana qui la ferme, Rose. T’es un bon flic, j’te reconnais ça. Désolé, mais on peut pas.
- Alors fait vite, putain de connard, TIRE ! TIRE OU TU POURRA PLUS JAMAIS LE FAIRE ! »

J’ouvre les yeux sur du blanc. Partout. Le plafond est blanc. Les murs, quand je tourne la tête, sont blancs. Les gens sont blancs quand ils se penchent sur moi pour me dire de me calmer. J’entends leurs voix distantes, pleines d’échos, comme s’ils m’avaient plongé la tête dans de l’eau. Je n’ai pas mal. Pourquoi aurais-je mal ? Je ne me souviens plus de la raison de cette sensation qui me pousse à me demander si je souffre. Je ne souffre pas. Je flotte. Mon corps est lourd, gorgé de sommeil, mais il flotte. Je ferme mes paupières, j’ai envie de me reposer, mais j’entends qu’on me pose des questions. J’agite la tête et tente de murmurer que je veux qu’on me laisse en paix. De ma voix, je ne saisis que de vagues croassements, comme si je n’avais plus la force de pousser assez fort pour parler. Je n’ai pas froid, pourtant, je frissonne. Je n’ai pas mal, pourtant, je pleure. Je ne suis pas seule, pourtant, je cherche de la chaleur. Je me sens… vide. Tellement vide.

« Maya... ?
- Qui est-ce ? »

Silence.

Je me souviens maintenant. Mais je ne dois pas leur dire que je veux la serrer contre moi. Ils ne doivent pas savoir. Jamais. Je prends sur moi pour me sortir de ma douce pénombre et ouvrir les yeux. Briser mon cocon de repos, me reconnecter à ce monde qui, allongée sur ce brancard, semble aller si vite. Trop vite. Où allons-nous ? Me soigner. Ça me revient maintenant. J’ai pris une balle. Et j’ai perdu du sang. Beaucoup, je crois. Ils croient aussi, les médecins, parce qu’ils crient plus que ce qu’ils ne discutent.

« Les… enfants… ?
- Ils sont en sécurité. S’il-vous-plaît, ne faites pas plus d’efforts et concentrez-vous pour rester consciente. »

Je m’aperçois que je me suis levée du coussin à chaque fois pour parler. Je retombe lourdement dans le brancard et m’endort immédiatement, faisant fi des appels des soignants et de leurs cris.


Quitte à mourir, j’vais pas partir comme une merde, j’ramperais pas. Je pleurerais pas. Je vais me battre. Je suis née en me battant, j’ai grandi en me battant, je vais mourir en essayant de tuer ces raclures, et ils seront tellement amochés que Gordon et Thomas Silent comprendront directement que personne n’aurait eu assez de rage pour infliger de telles blessures, sinon Rose Ahn.

Je balance mes pieds dans ceux de l’homme le plus proche qui est, comble de la chance, l’homme armé. Et me roule en boule. La balle ricoche juste au-dessus de mon oreille et j’ai les tympans qui sifflent. Mais pas le temps de pleurnicher, je me relève et lui fonce dessus, profitant de mon extension pour lui foncer dans l’estomac, tête en avant. Il pousse un grognement et je saisis son poing pour éloigner l’arme de mon corps alors qu’il tire à nouveau. J’ajoute mon autre main et frappe violement son bras contre mon genoux levé afin de lui faire lâcher son pistolet. Je n’ai pas le temps de l’attraper pour le mettre en joue que deux bras puissants se glissent sous les miens et me soulèvent, m’empêchant de bouger d’une clef aussi habile qu’immobilisant. Je pousse un cri de douleur en sentant mes points pas encore cicatrisés s’étirer.

« TUE LA ! »

Le leader du trio que je viens d’agresser hurle à son compère en se tenant son bras blessé, l’autre imbécile attrape en paniquant son arme et je ferme les yeux. Putain. J’lui ai à peine pété le bras. Tu parles d’un combat.
Une nuit sans étoiles


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MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Dim 11 Mar - 9:24

Assis confortablement (ou autant qu’on puisse l’être sur le toit d’un immeuble), j’observais le drame qui semblait se dérouler à mes pieds, comme on assisterait à un film de série B au cinéma. Rien de bien excitant pour le moment, une gamine qui allait se faire dessouder par ses collègues pourris. A quoi s’attendre d’autre en même temps, dans une ville comme Gotham ? L’histoire d’une ville, « comment la moindre tapette du coin se laisse acheter pour vivre un jour de plus ». Irrémédiablement, la plupart des gens abandonnait tout en venant à Gotham. Seuls les désespérés ou les fous restaient vivre ici. Il n’y avait aucun espoir à en tirer, et seule une minorité, comme cette agaçante créature planante avait encore une étincelle du feu sacré brûlant en soi. C’était précisément ce que je voulais voir chez cette gamine, est-ce qu’elle avait la hargne de vivre ou est-ce qu’elle allait se laisser crever comme un autre de ses tâcherons.

Pour le moment, c’était mal parti. Elle ne faisait pas grand-chose à part chialer. Que c’était chiant ! Ooohh, ça me donnait même envie de bâiller… Et les trois lopettes ne valaient pas beaucoup mieux, rien à en tirer. 5 minutes, j’avais dit. Dieu que ça allait être long !

         Les pourris étaient clairement confus, ils ne savaient pas quelle ligne de conduite adopter, décidant de flinguer la petite puis se retournant les uns contre les autres, encore et encore. C’était bien le but en même temps : semer la confusion chez eux afin de les buter vite fait. Ça gueulait beaucoup en bas, maintenant. Les flics se pointaient chacun du bout du flingue, personne ne faisant confiance à personne, la crainte d’être tué dans une ruelle sombre et froide. C’était la crainte primordiale chez l’homme, être tué sans que personne ne se souvienne de nous. A quoi aurait servi notre vie au final ? Qu’aurions-nous fait de ce temps passé sur terre ? Alors que la petite flicarde restait à terre, elle venait de perdre peut-être son unique chance de s’en sortir. Tenter de sortir son arme au vu et au su de tous, aucune chance que ça marche, évidemment ! Quelle amatrice ! Elle avait encore beaucoup à apprendre. Maintenant, c’était fini. Rien à voir au final, grande gueule mais pas grand-chose d’autre.

Au moment même où j’avais ces pensées, la petite me surprit pour la première fois. Elle se jeta sur l’homme qui la tenait en joue et parvint à lui faire perdre son arme. « Bien joué ! Bel instinct de survie ! » pensais-je en applaudissant des mains. Elle se battait farouchement pour sa vie, mais malheureusement c’était trop peu et finalement, elle était revenue au point de départ. Dommage ! Il aurait été intéressant de voir jusqu’où elle aurait pu pousser ses limites, chercher le courage au plus profond d’elle-même pour sauver sa vie. Mais je n’interviendrai pas, j’avais dit que je lui laisserais 5 minutes et le temps n’était pas encore écoulé… Je regardais ma montre… et me levais. « Oh ! Puis zut, en fait, j’ai pas vu que c’était passé aussi vite, déjà 6 minutes ! La barbe, bon, quand faut y aller, faut y aller ! »

Passant les deux jambes par-dessus la balustrade, je me laissai tomber à la vitesse d’une boule de démolition, franchissant les étages à une vitesse folle, et atterrissant droit sur celui qui portait un flingue. Ainsi, ma chute fut amorti. Bon, par contre, lui devait aller beaucoup moins bien. Mes jambes tombant de 5 étages sur sa colonne, ça avait dû bien le calmer… Sans laisser davantage le temps de la réflexion aux autres protagonistes présents, je saisissais un couteau de lancer que j’envoyai se loger droit entre les deux yeux de celui à qui la gamine avait pété le bras.

Celui qui restait commençait à paniquer, faisant quelques pas terrifiés en arrière, toujours en tenant la petite contre lui. « Putain ! T’es qui, toi ? Fais gaffe, t’approche pas, j’ai une otage ! Je te jure, tu fais un pas vers moi et j’hésiterai pas à la buter ! »

Un pas ? Mais pour qui il me prenait celui-ci, je pourrai très facilement le tuer de là où j’étais, nul besoin de bouger pour ça. Ah ! Ces larbins de seconde zone, tous les mêmes. Saisissant un second couteau de derrière mon dos, je m’adressai à la petite : « Hé, gamine ! Baisse-toi, maintenant ! »

Sans savoir si elle allait le faire ou pas, je jetai le couteau droit devant, visant exactement le même endroit où mon précédent couteau s’était enfoncé. Qu’elle fasse ce que je lui dise ou pas, au final, le sort de cette gamine m’importait peu. Elle n’était pas sur la liste, mais bon… Un mort en plus ou en moins, ça changeait pas grand-chose au tableau. Et puis, j’avais envie de miser sur son instinct de survie !

HRP:
 


Arsonist's lullaby. « When I was a man I thought it ended. When I knew love's perfect ache. But my peace has always depended on all the ashes in my wake. All you have is your fire and the place you need to reach. Don't you ever tame your demons, but always keep 'em on a leash .unbreakable »
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MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Sam 17 Mar - 15:53


Personne ne vous apprend à affronter la mort. On ne vous dit pas à l’école de Police comment regarder ses derniers instants avec droiture et à garder la face. On ne vous fait pas un cours sur la bonne façon de partir, de rester digne et courageuse. Soit ils pensent qu’on survivra à cette carrière, soit ils pensent que malgré des heures et des heures de sermons, il y aura toujours ceux qui se pissent dessus, ceux qui pleurent et ceux qui paniquent trop pour avoir l’air d’avoir peur. Je sais, cette analyse n’a aucun sens, mais c’est la seule que je formule pour l’instant, me rangeant automatiquement dans le groupe des gens qui ont trop peur pour avoir peur.

L’adrénaline toujours présente en nombre dans mes veines me donne largement le temps d’analyser ce qui se passe autour de moi, le son assourdissant de la ville qui vibrionne, les klaxons, le bruit des chantiers, le bip-bip répétitifs des camions, l’odeur ténue mais envahissante des égouts et un léger relent de mauvaise friture, la sensation du type suant dans mon dos et son rythme cardiaque effréné, le goût de fer dans ma bouche, alors même que je ne crois pas avoir pris de coup sur le visage et surtout la scène qui se décompose lentement devant moi. Le tireur qui frémit et sa prise qui se raffermit sur l’arme. Je ferme les yeux doucement, omettant d’adresser une quelconque prière à qui voudra l’entendre. Mes paupières qui tombent laissent échapper une seule larme qui dévale ma joue.

Et puis… rien. Rien. C’est à peu près ce que j’attendais de la mort, mais pas aussi vite. Je m’imaginais en chier, souffrir comme ce soir-là avec le Joker… Mais peut-être qu’une balle dans la tête c’est plus rapide. Indolore. Je suppose que je ne saurais jamais, mais par principe, je rouvre les yeux. Force m’est de constater que l’homme qui me tenait en joue est dans une posture étrange. Lui lancer un simple coup d’œil me donne envie de vomir sur mes sneakers. Sur lui, les pieds fermement plantés dans… sa colonne vertébrale, une figure étrange. Un genre de Batman issu du spectre LGBTQI+, bardé d’orange et de noir. Bizarre.

Vous avez remarqué à quelle vitesse le cerveau humain passe de « je vais mourir » à « oh… okay… cool » ? Ou alors c’est mon cerveau qui débloque complètement après toutes ces merdes. Mh… Possible. Le couteau qui vient tuer le chef du trio met un terme à mes élucubrations et je pousse un hoquet de stupeur. Soit je suis sauvée, soit je vais passer à la casserole après ce bref moment où la dopamine coule à flot dans mon petit cerveau.

J’obéis à son ordre sans me poser de questions, comme la gentille et obéissante jeune femme que je suis. Ce n’est pas très difficile, toutes ces émotions m’ont littéralement épuisée et il suffit que je me laisse aller pour que mes genoux cèdent sous mon poids. Je m’écroule par terre, probablement en cassant mes deux rotules au passage, alors que j’entends distinctement le son d’un couteau traversant un crâne et quelques instants plus tard le son sourd d’un cadavre heurtant le sol. Je lève la tête, passant ma main sale dans mes cheveux pour y voir quelque chose. Ça fait un an que je suis dans cette ville, j’ai été promus (yeepee yay) et honnêtement ? Je ne m’habitues pas aux plot-twists incroyables qui me tombent dessus les uns après les autres. Je ne suis même sûre que je vais survivre à cette rencontre.

« Vous êtes qui, putain ? »

J’ai conscience d’outrancièrement copier mon collègue. Pardon, ex-collègue et traitre, mais je n’ai pas tellement le temps ni le courage ni la force mentale de penser à autre chose de plus catchy. Moitié titubante, moitié tremblante, je me relève lentement, afin de ne pas prendre par surprise mon nouvel ami et probablement futur meurtrier, et lance discrètement un coup d’œil autour de moi. Tous les pistolets sont trop loin, et même avec une arme à la main, je ne suis pas certaine de mon coup. D’abord parce que je tremble comme une feuille et que mon visage est barbouillé de larmes séchées, et ensuite parce que ce type est tombé du ciel. Je veux dire littéralement !

« Vous connaissiez ces types ? Vous êtes un genre de Batman avec un mauvais costumier ? Oh… j’aurais pas dû dire ça… j’adore votre costume… Ne me tuez pas, s’il-vous-plaît. »

J’ajoute ma requête à toute allure en priant mentalement pour qu’il soit sourd ou très gentil. Les sourcils froncés, je me passe la main sur le visage, consciente d’empirer l’état de ma face. Je me sens étrangement calme. Vide. Vidée de toutes émotions. Je suis trop fatiguée pour ressentir quoi que ce soit, ni peur, ni colère, ni tristesse. Ah… attendez… si. J’ai quand même très très très très peur. Mais comme j’ai l’impression que depuis une demi-heure je vais de problèmes en problèmes et toujours en m’enfonçant plus vers le bas, je pense que j’ai atteint le dernier sous-sol. Ça ne pourra pas être pire. Autant essayer de quémander une mort indolore et rapide.

« Est-ce que j’ai le droit à une dernière parole ? Un dernier SMS ? Non ? »

Ok, ce n’est pas exactement ce que j’envisageais pour un départ classe et courageux, mais je troquerais volontiers ma mort rapide et indolore contre un dernier SMS pour Maya.
Une nuit sans étoiles

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MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Lun 26 Mar - 2:22

La créature géante volait dans le ciel de Gotham, trimbalant avec elle une caisse de métal. Elle rugissait et le battement de ses ailes était perceptible si on y faisait attention. Elle survolait maintenant l'East End, se cherchant un refuge afin de retrouver son calme et se reposer après les événements exténuants du musée. Elle était éreintée et blessée, et décida de se poser sur un toit pour souffler un peu quelque part loin de toute lumière. Ses yeux jaunes perçants pouvaient être visibles grâce aux reflets de lumière, et quiconque se serait attardé sur l'ombre dissimulée y aurait trouvé un monstre.
L'édifice sur lequel la chauve-souris géante qu'était devenu Kirk Langstrom s'approcha du bord et observa les environs grâce a sa vision nocturne qui, en fait, était son ouïe surdéveloppée. Il voyait des centaines de voitures défiler dans les rues a une dizaine d'étages en dessous de lui. Des gens marchaient, se fichant totalement des autres. La puanteur des lieux lui donnait la nausée, mais la créature devait se reposer avant de continuer. Puis, son regard se posa sur un individu solitaire, lui aussi sur un autre toit. Il observait d'autres personnes en contrebas dans une ruelle. Elles étaient quatre et trois d'entre elles semblaient s'acharner sur la dernière. Une envie prit l'homme transformé : celle de plonger vers le bas et massacrer les personnes en présence. La violence l'excitait et la vue du sang ne l'aidait pas a se calmer. Déposant la mallette, il grimpa sur le rebord pour fondre sur ses proies. Mais juste avant qu'il ne puisse s'engager, l'individu solitaire se précipita vers le groupe et mit rapidement fin au conflit apparent. La chauve-souris géante se ravisa et retourna prendre la mallette. Puis, désirant toujours se trouver un coin tranquille a l'abri du bruit et de la lumière, elle s'élança dans le vide en poussant un rugissement qui se répercuta sur plusieurs immeubles et se propagea dans les rues et ruelles alentours. L'instinct de l'animal fut exalté une fois de plus et les ailes du monstre allaient l'emmener vers un autre quartier de Gotham.
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MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Mar 10 Avr - 6:35

Comme cela avait été prévu, la rixe m’opposant à mes trois cibles n’avait duré qu’une fraction de seconde. Loin d’être un combat à ma hauteur, il s’était plutôt agi d’une petite passe d’armes pour se défouler. Deux, trois coups à droite à gauche et on en parlait plus. Une affaire rondement menée. Bien sûr, il restait toujours le problème de la petite à qui j’avais malencontreusement sauvé la vie. Elle représentait maintenant un facteur inconnu dans ce nouveau chapitre que j’écrivais. Témoin du triple assassinat que je venais de commettre, elle pourrait gravement compromettre la discrétion dont je voulais assurer mon retour, si elle décidait de l’ouvrir un peu trop. Mais c’était plus fort que moi, semblait-il ! Il fallait continuellement que je joue avec le feu, créant des ouvertures, des défis (si on peut appeler ça ainsi…). La solution la plus simple serait de la zigouiller d’un seul coup, furtif et acéré. Mais voulais-je réellement en terminer ainsi ? A quoi aurait rimé toute cette mascarade si c’était pour la trucider aussi vite ?
Non, j’avais d’autres plans pour elle si elle savait se montrer à la hauteur de mes espérances…
Enfin, pour le moment, elle n’était même pas à la hauteur de ma poitrine, alors les espérances semblaient n’être qu’un doux rêve éveillé. Les deux jambes en compote, le bras démoli, le corps complètement affaibli… Elle avait besoin de soins médicaux et ce, urgemment. C’était suicidaire de sortir patrouiller dans cet état. Peut-être qu’elle l’était en réalité, qui peut savoir ? On rencontre tellement de tout dans ce trou à fumier qu’est Gotham.
Enragée, en proie au choc, à l’adrénaline, à la peur, peut-être tout cela en même temps, la flic à terre m’interrogeait agressivement. Bien, c’était déjà un bon point. Apparemment, malgré ma réputation brillante, elle ne me connaissait pas. C’était donc une rookie, fraîchement arrivée, elle n’avait pas encore été bercée aux récits de toutes les racailles qui passaient dans ce coin des Etats-Unis.

        Subrepticement, mon attention fut attirée momentanément par un cri strident qui résonnait dans les cieux. Qu’est-ce que c’était encore que ça ? On avait suffisamment d’acteurs pour la nuit, pas besoin d’en rajouter davantage. Détournant le regard vers le ciel, je vis une ombre gigantesque planant dans la lueur du clair de lune. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ? C’était quoi cette saloperie ? Comme je l’avais pensé plus tôt, on trouvait vraiment de tout à Gotham. Bref, elle était loin maintenant.

        Reportant mon attention sur la gamine à qui j’avais décidé de consacrer une part déjà bien trop grande de mon emploi du temps ce soir, je la vis à la recherche d’une arme, scrutant des yeux la scène avec l’espoir de trouver la moindre échappatoire. Qu’est-ce qu’elle pouvait donc bien espérer encore, dans l’état où elle était ? J’étais presque convaincu qu’elle était même incapable de faire 10 mètres sans se casser la gueule.

Se rendant compte de son échec, elle commençait à baragouiner des conneries, elle n’arrêtait plus de parler. C’est dingue ce que les gens sont enclins à parler quand ils sont mis sous pression. Je lui avais rien demandé pourtant. Et vas-y que ça fait des allusions à Batman, putain, ils n’avaient vraiment que ce nom-là à la bouche, ici à Gotham ! Je levais un sourcil interloqué sous mon masque, ne sachant si je devais prendre sa remarque à l’humour ou me mettre en colère. « Un Batman au rabais » ? Et puis quoi encore… Elle me prenait pour un con, ou quoi ? C’est pas moi qui me déguise en animal, pour compenser je ne sais quoi.
En revanche, elle commençait à sérieusement me saouler. Je voulais bien comprendre qu’elle ne savait plus trop où elle en était, le déluge d’émotions, le stress de la survie, tout ça, mais c’était pas une excuse pour m’étaler toute sa vie non plus.

« T’as surtout le droit de la fermer, ouais ! C’est constant chez toi de raconter des conneries, ou c’est juste que t’as pris trop de médocs pour ce soir ? » lui assenais-je brutalement.
Si elle voulait réellement faire une comparaison avec la chauve-souris, il y avait au moins une chose qu’on ne pouvait enlever à celui-ci, c’est qu’il savait se montrer silencieux et serein. Elle aurait un rayon à apprendre, de ce côté-là.

« Tu vas continuer à gueuler encore longtemps ou on va pouvoir vérifier tes blessures ? C’est à toi de voir, si tu restes comme ça, je ne suis pas sûr que tu puisses tenir bien longtemps encore. »
En fonction de sa réponse, je m’approchais pour inspecter comment elle se portait, établir l’inventaire de ses moult fractures et voir quels premiers soins on pouvait apporter. Ou je restais à une distance respectable, droit comme un piquet. Nul besoin de m’agenouiller pour se mettre à sa hauteur. Si elle souhaitait conquérir le droit de parler d’égal à égal, ce serait à elle de se lever pour rejoindre les cimes où je siégeais.

« Joli instinct de survie que t’as montré tout à l’heure. C’était… pas mal… non, en fait, c’était carrément nul, je ne peux pas le dire autrement. T’as encore beaucoup à apprendre, gamine ! Si tu veux survivre aux rues de Gotham, c’est sûrement pas comme ça qu’il faut t’y prendre ! »


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MessageSujet: Re: Une nuit sans étoiles [PV Rose Ahn]   Dim 15 Avr - 21:16


J’ouvre la bouche et la referme. Avant de la rouvrir. Pour la fermer à nouveau. Mh… La dernière fois, j’étais en train de me vider de mon sang avant de n’avoir eu le temps de dire « ouf », et je galopais après les enfants, seule, sans personne à qui parler. Pour ma seconde confrontation avec la mort… j’étais bavarde. Trop bavarde, visiblement. Je hausse les épaules en adressant un regard contrit au tueur, je n’avais pris aucun médicament. Peut-être trop de café, tout au plus. Contempler mes derniers instants me laissait un goût amer dans la bouche, mais rien d’autre. Etrangement calme, il me semblait que la peur s’était diluée dans une espèce de calme imbécile. Dans ma tête, je fais le bilan. Je n’avais rien accompli, rien réussi, mais j’étais enfin libérée de toutes mes obligations. Plus d’inquiétudes, plus de vengeance, plus de galère. Je retrouverai rapidement ma famille. Ouais… ce n’était pas si effrayant, finalement. Il y a cinq minutes, je me faisais dessus, mais là ? Je crois bien que j’ai eu le temps d’assimiler qu’il n’y aura pas d’après et…

Quoi ? Cette fois, j’ouvre grand la bouche et omet de la fermer. Soigner mes blessures ? Par réflexe, je me retourne pour voir s’il y a quelqu’un d’autre que moi dans la ruelle, mais comme il ne reste que nous deux, je fixe, hébétée, le type. Soudainement, le tiraillement familier d’un bobo se fraye un chemin jusqu’à mon cerveau en plein délire. Je pose ma main sur le creux juste avant mon épaule, le frottant pour en chasser la sensation de démangeaison. Baissant les yeux, je rencontre ma peau tâchée de sang.

« Uh… je… saigne ? »

Il n’y a pas encore une mare de sang et en réfléchissant calmement, je crois bien qu’un seul point a sauté. Je renifle bruyamment pour me donner une contenance et sourit au type, pour une obscure raison étant donné qu’il vient de massacrer trois flics, et probablement plein d’autres gens, et ajoute : « je crois que je me suis écorché le genou en tombant ». Ma voix penaude me donne des envies de vomir mais je garde la foi. Pendant ce temps, l’autre reste planté à quelques mètres de moi sans s’approcher, à croire que j’ai la gale. Je l’écoute docilement continuer. Mes dents grincent mais je suis forcée d’admettre que sans lui je serais probablement morte dans cette putain de rue, comme une imbécile, juste après ma promotion. Un ricanement nerveux m’échappe.

Je me penche pour épousseter mon genou gauche et le tissu à présent troué de mon pantalon avant de me redresser. Il y a quelque chose d’ironique à devoir sa vie à un criminel quand on est flic. Me faire sauver la mise par Black Canary et Nightlaw avait déjà blessé mon égo, mais là ? Ah… Je lui lance un regard désabusé et plein de mépris en crachant : « Ah… Parce que vous allez m’apprendre à survivre comme vous, en tuant tous ceux qui n’me reviennent pas ? Vous savez quoi ? Non merci. Quitte à crever, j’préfère le faire en restant droite dans mes bottes plutôt qu’après avoir rampé et léché ces merdes de mafieux comme ces connards-là ! »

Je montre d’un geste nos amis qui achèvent bien gentiment de se vider de leur sang et laisse trainer un instant de trop mon regard sur eux. Un long frisson remonte ma colonne vertébrale et j’ose admettre que je suis un tantinet heureuse de ne pas être à leur place. Pour l’instant. Les points de mon épaule me tiraillent, je me souviens de la sensation de fatigue que la perte de sang entraîne, l’engourdissement, le froid… Je me souviens d’avoir senti cette lourdeur me presser de lâcher prise, la panique aussi. La peur. Dévorante. Gloutonne. Qui monte, vous saisit et vous paralyse. Le sang qui jaillit à grands flots parce que votre cœur se noie, compensant le manque de sang en battant plus fort et accélérant l’hémorragie. Je me souviens de le sentir chavirer, ralentir, irrémédiablement vaincu par la perte de sang. Et puis les cris dans la distance. Le sommeil qui vous happe. Je me souviens… Je me souviens que ça et aussi de Maya. Je me souviens que j’aime vivre et que ramper face à l’adversité ce n’est pas vivre. Ce n’est plus vivre. C’est mourir chaque jour. C’est se faner et blesser les gens autour de nous. Alors je toise ce garde venu du ciel, je le fixe avec colère et avec insoumission. Intrépide, sauvage, insolente, oui, je le suis. J’ai été beaucoup de choses. Rustre, indisciplinée, indomptée, et beaucoup d’autre qualificatifs négatifs. Mais jamais lâche. Ou faible. Jamais je n’ai fui, jamais je n’ai renoncé et ce soir ? Ce soir est peut-être le dernier, mais il n’est pas différent des autres.

« Vous pouvez aller vous faire foutre, avec vos jugements. Ouais j’ai eu peur, et ouais j’ai encore peur de mourir. Mais putain, j’préfère mille fois que vous me foutiez une balle dans le front que dans le dos. J’suis pas comme ces gars-là, j’le serais jamais. Alors si vous voulez tuer du flic, faites-le, mais vous perdez pas dans des considérations de merde. »

Je me suis avancée en parlant, sans le quitter des yeux, sans chercher à me mettre en position de défense ni d’attaque. Je suis maintenant juste sous son nez, parce qu’avoir les ovaires bien accrochés ne m’a pas rendue plus grande, et j’ai l’air d’une tomate, rouge de colère, proche de me pisser dessus de trouille, mais j’tiens bon. J’ai l’air cool putain.
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