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 The portrait of a deceased boy.

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MessageSujet: The portrait of a deceased boy.   Jeu 1 Fév - 6:49

The portrait of a deceased boy.
D'intenses élancements aux jambes me réveillèrent durant la fin de l'après-midi. J'avais fait un petit somme supplémentaire à mon retour des courses dans l'espoir d'être plus productive physiquement pour la nuit qui viendrait. Je reprenais le métier en douceur et c'était difficile. Parce que la douleur me rendait parfois encore vulnérable, me rappelait mon handicap, me rendait malade. Je m'épuisais plus rapidement, j'étais moins efficace. Si j'avais gagné en expertise et en force mentale, j'avais perdu en force et en équilibre de mes jambes. Heureusement pour moi, même après avoir bouffé une balle dans la moelle épinière, j'étais restée plus efficace dans le pétage de culs que les rangs de Cobblepot.

« Ahh... Merde... »  

En attendant, je chialais dans mon lit, à me masser férocement les mollets. J'avais l'impression qu'un nid de fourmis me remplissait le bassin et les jambes, que mes os élancés avaient l'envie fervent de s'étirer. Creusant dans mes doigts ma peau, je massais de toutes mes forces pour en retirer la douleur entêtée. Pliants mes jambes engourdies dans toutes les positions que me permettait un lit simple. Puis, voyant que je ne sentais plus rien, je me recouchai avec la tête pleine d'espoir. La douleur revint.


Plus question d'être au lit; je devais me lever. Mes pieds nus et froids me guidèrent jusqu'à mon réfrigérateur, dans lequel je trouvai deux boissons nutritives vanillées qui furent terminées en deux ou trois gorgées chacune. J'avais par la suite poussé la tête de la petite statuette doré pour un scan de mes yeux, qui permit l'accès aux ordinateurs. Gotham devait être très tranquille, car même en fouillant je ne trouvais rien qui puisse avoir besoin de l'aide de Batgirl. Je pris ce moment pour aller à la douche et m'arroser d'un parfum à l'odeur sucré du nom d'Amour. C'était con comme nom, mais le contenu sentait bon.

J'avais la serviette encore sur la tête quand le visage d'Alfred apparut sur le plus gros écran de mon ordinateur:

« Ah ! Miss Gordon, vous êtes réveillée. Pardonnez moi d'importuner votre toilette... »

« Qui a-t-il, Alfred ? »

« Il s'agit de Master Bruce. Tout va bien de son côté, mais je crois que votre aide ne serait pas de refus.  Le Goliath et ses gangs se sont échappés de Blackgate et déambulent désormais dans les rues de Gotham. Master Bruce n'aura pas de difficulté à les rattraper, mais... Il s'agit plutôt d'un coéquipier. Un certain Red Hood, miss. »

Je connaissais ce nom. Une inspiration à la con de Red Riding Hood.

« Cet homme... N'avait-il pas été envoyé à Blackgate lui-même ? Par Batman ? »

Il y eut une pause, comme si Alfred n'avait pas su quoi répondre.

« C'est... Compliqué. S'il-vous-plaît, arrêtez cet homme, il est dangereux. Je vous envoie les coordonnées. »

Je le vis se pencher un tantinet, devinant qu'il appuyait sur les touches de son clavier.

« Merci Alfred. »

« Soyez prudente, Miss Gordon. »

Là dessus, je coupai la communication et fonçai vers ma garde-robe.

[...]

Les catacombes de Gotham City. Qui avait-il de si intéressant pour qu'on y amène toute sa troupe ? J'avais entendu des rumeurs sur cet endroit, soit, mais il avait été oublié depuis fort longtemps déjà. Les ressources d'or et de trésors jadis cachés entre les cercueils d'une crypte avaient dû être dénichés il y a des années par les riches entrepreneurs de la cité. Si ce n'était pas en lien avec l'argent, ça devait quand même être important.

J'étais arrivée à l'entrée des catacombes. Les portes en bois moisi et détruit s'ouvraient sur un trou rectangulaire avalant des escaliers de pierre dans un nuage d'obscurité. Des monuments anciens - sur lesquels sillonnaient une multitudes de pousses vertes et de fleurs murales - enfermaient avec eux l'endroit reculé, se dressant en cercle tout autour du passage vers les tunnels des tombeaux. J'étais décidé à pénétrer les catacombes avant la tombée complète de la nuit et je m'étais préparée en conséquence. M'armant d'une flashlight, je me glissais jusqu'au bas des escaliers, faisant bien attention à ne pas glisser sur la petite mousse verte naissante sur les dernières marches. Je ne vis rien de bien impressionnant; deux lanternes antiques et poudreuses ayant été éteintes il y a des décennies et quelques symboles curieux sur les murs. Je fis vaguement le tour, sans voir de porte, sans voir de chemin menant aux catacombes. Les hommes de Red Hood avaient bien dû passer par là, s'ils s'étaient rendus aux tunnels souterrains. Soit le passage avait été scellé, soit ce n'était pas la bonne entrée. Le problème était qu'il n'y en avait qu'une. Forcément, il devait y avoir quelque chose que je n'avais pas encore trouvé. Je refis le tour plus lentement, en restant près des murs pour détecter certains reliefs, sinon des motifs différents, quelque chose qui me servirait à entrer dans ce fichu tombeau.

Je m'habituai tranquillement à l'odeur de champignons et de vieille poussière, mais l'air lourde et humide me démangeais rapidement. Si je devais entrer à l'intérieur, j'avais à m'habituer tout de suite en partant. Là dedans, ce serait bien pire. En attendant, je m'immobilisai devant le mur nu de symboles, m'attardant par la suite sur les lanternes. J'essayai d'en allumer une, mais ce fut sans succès. Tout était devenu trop vieux pour que les flammes ne prennent. Par contre, la lumière du feu - parce que celle de ma flashlight ne donnait pas le même effet - me permit de voir un reflet différent sur un symbole particulier. Il brillait comme l'or, à la différence de ses partenaires, lorsque le feu reflétait sur les murs. Rien ne donna lorsque j'appuyai dessus, mais en le tournant pour le mettre à l'envers des autres symboles, un petit mur s'enfonça plus loin et donna sur une étroite entrée. Par laquelle je m'y glissai sans trop de difficulté.

À l'intérieur, la première chose que je remarquai fut l'étrange odeur. Pas de moisi, pas de champignons et pas d'air humide et lourde, mais bien le fumet âcre de la poudre de dynamite, de torches brûlées, de fumée. Les hommes de Red Hood étaient bel et bien passés par ici. J'étais pressée de les voir et je m'empressa de continuer mon chemin. Je descendis une multitude d'escaliers et de plaquettes de pierres jusqu'à me rendre sur un parterre stable et plus large qu'un mètre carré. Des voix masculines firent écho jusqu'à moi, me révélant un corridor jusqu'à une autre très grande pièce. J'éteignis ma lumière et longeai le corridor à pas de chat. Les doigts collés contre mon fouet, je m'immobilisai sur le coin donnant sur la grande pièce à peine illuminée par quelques lampes à l'huile. Des hommes installaient de la dynamite sur une grande pile d'énormes cailloux. Ils étaient cinq et costauds, mais surtout cinq.

« Y'a intérêt à ce qu'on soit bien payés... Ces conneries moi j'en peux plus. Des mecs sont morts en faisant des trucs pareils. »

« Boucle-là crétin, y'a pas que toi qui en a marre. C'est pas en chialant qu'on aura l'argent plus vite. »

« Hé ! Qui a prit mon coffre à outils... Je l'avais laissé là près de l'entr-Argh ! »

Raide et lourd, il s'effondra sur le sol devant ses compagnons, incrédules, qui partirent vers leurs armes. Deux des quatre restants n'eurent pas le temps d'atteindre leur mitraillettes que je me lançais à leur poursuite, faisant une double roulade pour brutaliser en plein vol la mâchoire d'un truand de ma semelle. Je frappai l'estomac du second de mon poing et profita qu'il se replie sur son abdomen endommagé, dans un cri étranglé, pour l'envoyer valser d'un coup de genou sur le menton jusqu'aux cailloux. Les deux autres revinrent avec leurs armes; des couteaux et une machette.

« Je vais te niquer, connasse ! »

« On merde ! C'est Batgirl ! »

Le premier, armé d'une machette, se rua vers moi. Je bondis vers la droite et me glissai derrière lui pour lui faire un crochet du bras et le plaquer suffisamment fort contre le mur pour qu'il s'en fracture la mâchoire et s'effondre à mes pieds. J'étais sous l'adrénaline, je ne sentais pas mes jambes, mais elles étaient pourtant fatiguées. Le dernier s'était pétrifié, il n'avait même pas prit la peine de m'approcher et avait pissé dans son pantalon. Il fuit vers le corridor à gros galops, mais je sortis mon fouet et le ramena jusqu'à moi par la gorge. Comme j'avais ramassé le coffre à outils pour assommer le premier. Lorsqu'il fut suffisamment près, j'administrai un coup de talon derrière ses genoux et l'assommai de ma flashlight contre sa tête.

Je m'étais approchée vers les packs de dynamite déjà installés, ayant tôt fait de déplacer les lampes de sorte à ce qu'elles ne puissent pas être responsables d'éventuels accidents. Ne restais plus qu'à trouver ce Red Hood. Si ses hommes étaient là, c'est qu'il ne devait pas être bien loin.


Dernière édition par Barbara Gordon le Lun 5 Fév - 4:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The portrait of a deceased boy.   Dim 4 Fév - 0:25

Jason Todd / The Red Hood

ft. Barbara Gordon / Batgirl

「 The portrait of a deceased boy. 」

« Jason, c’est vraiment nécessaire ? »

Le dénommé Jason, un jeune adulte d’un bon mètre quatre-vingt se tourne vers son ami, Lance. Ses cheveux bruns sont trempés de sueur, son corps luit d’une pellicule humide, il est accroché par ses bras à une barre de traction et s’élève à leur seule force jusqu’à avoir le menton au-dessus afin de toiser le nouvel arrivant. Le brun redescend lentement et lâche une main pour montrer du doigt son oreille et, toujours avec un seul bras, monte à nouveau. L’autre homme lève les yeux au ciel et éteint la radio d’un geste sec ce qui provoque immédiatement une réaction outrée chez son cadet. Il hurle malgré lui, trop habitué aux hurlements de la chaine hi-fi : « Hey, Lance ! Remets-moi ça !
- Hors de question ! Tu nous fais chier avec ta Reine des Neiges depuis qu’on t’a sorti de cette prison à la con, putain, Jay, tu me donnes envie de t’y renvoyer ! »

Isabelle fait son apparition en hurlant elle aussi, mais elle sourit. A son arrivée, Jason se laisse tomber au sol et sans se soucier de son odeur musquée il la prend dans ses bras et lui claque deux fois le dos avec vigueur. Il la sent se laisser aller un instant dans l’étreinte avant de le repousser à bout de bras. Elle fronce son nez brun et se le pince.

« Mec, tu pues la mort. »

Pas ennuyé pour un sous, le mercenaire lui rit au nez. Il passe sa main dans ses cheveux pour tirer en arrière sa mèche trop longue. S’il a vu Lance et a eu le loisir de discuter avec lui après sa libération, c’est la première fois qu’il revoit la jeune femme, elle n’a pas tellement changé à l’exception d’un tatouage sur son épaule ressortant avec peine sur sa peau foncée. Ses cheveux sont teints en rouge et tressés en arrière. Elle a plus de cernes qu’au moment de la disparition de Jason et il tient de Lance qu’elle n’a pas ménagé ni ses heures ni ses efforts pour compenser la disparition de leur chef. Pendant que Lance s’occupait de gérer les aspects plus terre à terre comme la trésorerie et les ressources en armes, elle faisait régner une implacable justice sur leur territoire, achevant de l’agrandir. C’était une amie et aussi une sorte de pupille pour l’ancien Robin et il se sentait gonflé de fierté en apprenant qu’elle n’avait rien lâché et s’était bien gardée de changer les règles de conduites du gang. Toujours pas d’enfants impliqués, toujours pas de violence qui ne soit pas nécessaire.

« Je suis content de te voir, Isa. Son air doux et son sourire chaleureux font taire les deux amis. Vous avez fait un boulot énorme sans moi, je me demande si je suis vraiment nécessaire… »

Toujours les mêmes angoisses, les mêmes peurs qui ressurgissent. Est-il assez bien ? Est-il désiré ? Mais Lance le connaît, il lui laboure l’épaule en lui tapant dessus. Il s’écrie : « on t’a fait sortir de ce trou pour que tu nettoies le gang, après… t’y retournes. »

Il pousse une espèce de rire, entre grognement et rire nasal, histoire de ne pas trop montrer à ses alliés qu’il s’amuse bien. Grâce à une organisation efficace et une action coup-de-poing, Jason s’est extirpé des geôles d’Arkham puis de Blackgate. Après avoir été certifié sain d’esprit par les praticiens de l’asile, et sous un faux nom (après tout, Jason Todd était mort) il avait été admis à la prison comme détenu lambda. Sauf que voilà, entre les tentatives d’assassinats de rebuts de la société en mal de vengeance et un empoisonnement massif à la cafétéria causant pas loin de 80 décès, il avait été décidé que le mercenaire n’était pas si sain d’esprit. Entre temps, un petit souci était venu perturber l’équilibre des forces dans le gang et il avait été décidé que ce nouveau transfert serait le moment idéal pour sortir le Red Hood de sa monotonie judiciaire. A grand coup d’explosif, d’armes lourdes et de motos, quelques hommes avec Lance à leur tête étaient partis libérer le leader du gang afin de le nettoyer de quelques rats.

« C’est bien beau, ces retrouvailles les amis, mais on a du pain sur la planche. »

Sitôt sorti, sitôt de retour sur les rails. Après une douche grandement méritée et appréciée par Isabelle, exit Jason Todd, faites place au Red Hood. Il ne lui manque que sa veste en cuir, son masque et son casque pour filer remplir sa mission. Lance s’est lui aussi mis au travail, armé d’une tablette il pianote quelques instants avant de projeter sur l’écran mural des photos et quelques documents que le brun parcourt du regard vitesse grand V. D’un geste rapide de la main, le second augmente la taille d’une photo en particulier et la commente : « voici Chester Ducard, il a fait partie du gang à nos débuts mais l’a quitté à lui suite d’une divergence d’opinion avec nos règles.
- Ouais, j’me souviens. Il voulait vendre autour de l’école de la 4e. Si j’avais su, j’lui aurais plombé la tête à ce connard.
- Il a passé assez de temps dans le gang pour gravir quelques échelons et se faire une notoriété. Il s’en sert aujourd’hui pour guider une petite bande qui se fait passer pour nos gars. Ils ont commencé à piller et faire chanter des commerçants d’un bloc au croisement de la 4e et la 5e. Lance fait apparaitre un plan et une flèche indiquant la localisation du gang. Mais j’ai suivi leurs payements et… ils sont in traçables. Je ne sais pas ce qu’ils mijotent. Par contre, j’ai une localisation confirmée pour ce soir. La fenêtre s’ouvre vers 20h25 et se ferme à une heure du matin.
- Ce sera suffisant. Où ?
- Le souci est là. Ils seront dans les catacombes. »

Jason manque de lâcher sa prise sur la bouteille d’eau qu’il buvait et ne peut s’empêcher de cracher dedans. Un « merde » à peine étouffé lui échappe et il regarde les poissons flotter dans sa boisson en soupirant. Honnêtement, à part attraper la lèpre, qu’est-ce qu’ils foutraient dans ce trou ? Sérieusement ? Lance et Isabelle se regardent, ils n’ont pas l’air de savoir non plus ce qu’il y aurait d’intéressant dans ces catacombes labyrinthiques qui n’ont servi qu’à enterrer les corps dont on ne voulait plus.

« Je suppose que le travail, c’est le travail… Ils sont combien ?
- Aux dernières nouvelles, une vingtaine. Pas tous sur le site, en revanche. Mais le groupe ne s’est formé qu’il y a quelques mois avec seulement Ducard. Le bruit court vite et ils vendent de la drogue sans restriction géographique, donc ils s’enrichissent plus vite. Isa et moi, on a beau être aussi durs que possible, sans la menace d’Hood, nos effectifs vont bientôt se tourner vers ce rat.
- Alors il faut que tu fasses dans le grand et le spectaculaire. Isabelle a les bras croisés sous sa poitrine, elle n’a pas l’air ravie de savoir que la peur qu’elle inspire n’est pas suffisante.
- D’accord. Je suppose que tu ne veux pas venir, Lance ? D’un haussement de sourcils moqueur, son lieutenant lui indique son refus. Isa ? »

Elle lève les mains, paumes face à Jason et secoue négativement la tête en riant. Une mission solo et le grand jeu. Comme au bon vieux temps. Le mercenaire fait rouler ses épaules et se craque le cou, plutôt content de retourner sur le terrain. Le vrai. Avec des armes qui font du bruit et gicler du sang plutôt que de vieux couteaux de cantine et des fourchettes tordues.

°°°°° Quelques heures plus tard, à l’entrée des catacombes de Gotham °°°°°

Comme prévu, les relents d’humidité et de pourriture assaillent l’ancien Robin dès son arrivée au bas de l’escalier de pierre qu’il a failli descendre sur le cul. L’odeur est forte et entêtante, lui rappelant de mauvais souvenirs à base de terre et de bois, d’ongles arrachés et de terreur. De mort. Il secoue la tête. A l’instar de Barbara Gordon, il se trouve plusieurs minutes dans la salle ronde à chercher une entrée. A première vue, rien d’anormal, juste une absence totale de chemin. Bien sûr, rien d’étonnant, le jeune homme ne s’était pas imaginé trouver un néon en forme de flèche indiquant l’entrée des réseaux de galeries souterraines. Mais de là à finir dans un cul de sac… En donnant un coup avec les jointures de ses doigts sur le casque, la vision thermique s’enclenche. L’ordinateur embarqué dans l’objet lui permet d’augmenter les contrastes de couleur, puisque la pierre est plutôt froide sous terre et qu’il est essentiellement entouré de pierre. Agacé par l’inutilité de son gadget, le vengeur s’arme d’une lampe torche lambda et promène le faisceau sur les murs et les lanternes. Sur l’une d’elles, la poussière s’est envolée, révélant les striures du passage d’une main curieuse. Il y passe ses doigts et caresse l’objet à l’affut d’un mécanisme. Rien. Un gros soupir lui échappe, il sent l’impatience monter.

Un autre tour et quelques minutes de plus lui sont nécessaires pour que le petit ordinateur lui signale une anomalie dans sa vision thermique. Un courant d’air froid, ou plutôt un monceau de pierres plus froides. Comme si une portion du mur n’était pas réchauffée par la chaleur naturelle (mais tenue) du noyau terrestre. Pas tellement décidé à y aller à la Indiana Jones et toucher tout avec soin, le mercenaire fonce épaule en avant et constate avec une légère satisfaction que le mur s’enfonce. Le voilà son passage.

La première chose qui l’assaille c’est le son étouffé des coups. Quelqu’un l’aurait devancé ? Qui frappe qui ? La bande de Ducard contre un héros ? Ou un héros contre Ducard ? Un instant, l’ancien justicier ne peut s’empêcher de craindre que Timothy ne se soit fourré la dedans, le nez encore une fois plongé dans la merde de son aîné. Freinant des quatre fers pour ne pas s’élancer en plein dans la scène, Hood aperçoit une silhouette connue, mais pas vêtue de rouge et noir. Il soupire. Encore un souvenir du passé, encore un sale moment à passer.

Prenant la jeune femme par surprise, il frappe dans ses mains à trois reprises, avec une lenteur calculée. Il marche dans la direction de Batgirl. La célèbre Batgirl. La féroce adolescente, pas intimidée pour un sous par Batman, pas dupe du charme du Boy Wonder originel (ou bien seulement un petit peu et bien caché) et ayant assez de répartie pour se faire apprécier immédiatement de Jason. Ah… il pourrait s’installer avec elle, pousser ces caisses d’explosifs à la con et s’asseoir un instant pour parler de ce temps des miracles, ce temps qui s’efface dans l’esprit embué de terrifiants cauchemars de l’enfant traumatisé, ce temps de tous les possibles et de toutes les douceurs. Il se souvient. De la douceur d’Alfred, de l’humour cinglant d’une jeune fille impressionnante, forte et compatissante, il se souvient même avec difficulté du regard tendre de Bruce. Il s’en souvient au travers d’un voile, comme on tente de se remémorer un rêve au réveil. Comme un souvenir dont on ne sait plus s’il est réel ou tricoté de toutes pièces. Il se souvient bien mieux du réveil, de cette nuit sous des mètres de terre, seule et effrayé comme un enfant dans le noir. Il s’en souvient toujours après le rêve brumeux de ces années perdues.

« Tiens tiens. Un souvenir est venu me hanter, on dirait. »

C’est bien ça. Un souvenir. Qui le hante. Un éclat de boue sur sa chaussure. Un désagrément. Ne pas penser à cette enfant qui est à présent une jeune femme, ne pas y penser parce que ça voudrait dire penser à la bonté de Bruce. Et pour son bien, pour sa santé mentale, pour préserver ce qu’il a construit, Jason a besoin de colère, de peur, de rage. Pour tenir.

Depuis le temps, il a avisé les caisses d’explosifs et les loques répandues au sol, comme désarticulées. Visiblement, la chauve-souris lui a volé ses jouets. Peut-être sait-elle qu’ils faisaient là ? Ou alors… il secoue la tête à cette idée, il ne se l’avouera pas, mais elle le blesse. Il la formule à haute voix, l’air moqueur : « T’es venue me renvoyer à Arkham ? Parce que B. n’a même pas le temps de s’occuper de son fils régénérat ? Ah, pardon… je fais tâche dans la famille, c'est vrai. »

Comme pour lui éviter ce terrain glissant, à l’autre bout de la pièce, derrière Barbara, se pointe une figure connue. Il a maintenant la barbe taillée et son visage est parsemé d’ombres dansantes, créées par l’addition de la pénombre et des lueurs des lanternes. Chester Ducard est venu en personne voir ce qui se trame avec ses hommes. On dirait bien que la soirée sera riche en rebondissements et l’ancien Robin espère qu’il n’aura pas à écarter la rousse de son chemin. Parce qu’au fond, c’est la seule à ne pas avoir fait semblant de l’apprécier, ni avant, ni après sa mort. Pas de faux semblants. Pas de faux amour. Pas de fausse parenté. Et pourtant…

Et pourtant, il ne peut s’empêcher d’espérer qu’elle ne soit pas là pour lui.

« Red Hood, espèce de connard, alors tu t’es vraiment tiré de Blackgate, hein ?
- Surpris ? Ha ! T’as intérêt à me déballer rapidos la raison de la présence d’explosifs ici avant que je ne fasse sauter ta putain de tête. Ou alors cours vite dans les jupons de la dame, c’est ton seul espoir. »

Ah. La colère, encore. Toujours. Sa chère béquille. Ducard hésite, il a senti poindre cette émotion dévorante dans la voix de son ancien chef, il ne doute pas un instant de la véracité des menaces proférées. Il semble esquisser un pas vers Barbara Gordon, mais il hésite. Il ne sait pas trop s’il a ses chances, s’il doit profiter de la présence des deux antagonistes pour sortir son arme et éliminer son rival direct ou fuir comme un lâche.
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MessageSujet: Re: The portrait of a deceased boy.   Mer 7 Fév - 23:22

The portrait of a deceased boy.
La blessure, une douleur brûlante à la poitrine lorsqu'il fit mention de Jason Todd. Mon ami, mon acolyte. S'il n'avait pas passé autant de temps avec moi comme l'avait fait Dick, il avait su prouver sa loyauté plus que lui. Il avait été un jeune garçon difficile, mais j'avais deviné très tôt qu'il pansait ses blessures derrière ses âneries typiquement adolescents. En vivant toujours plus intensément chaque jour, chaque minute. En me faisant rire de ses bêtises complètement immatures et de son caractère carrément abusé. Ce petit avait voulu protéger sa mère jusqu'au bout avant de mourir, même en sachant qu'elle l'avait vendu au joker. L'accident... Je me remémorais son sourire, ses yeux...

Et l'envie de casser la gueule à ce Red Hood me chatouillait.

« Tu viens avec moi, Red Hood. »

Malgré moi, j'étais resté placide à ses provocations. Sachant que je devais rester suffisamment concentrée pour pouvoir venger le nom du défunt Robin et lui apprendre le respect à ce bouffon. C'était la base de savoir qu'il fallait respecter les morts, bon sang !

« Je ne sais pas qui t'es, mais t'as pas le droit de te faire passer pour-...

- Red Hood, espèce de connard, alors tu t’es vraiment tiré de Blackgate, hein ? »

Mes nerfs se raidirent dans un tressaillement. J'étais en fait complètement abasourdie qu'on m'ait interrompue aussi facilement, comme si j'avais été l'un de leurs hommes, un pion qu'on poussait du dos de la main. L'action m'aiguisa le tempérament et dans mon agacement, je me ruais vers Hood pour miser toute ma force dans la rotation de mon corps pour lui envoyer un high kick diagonal dirigé vers son masque. Prenant mon deuxième élan, je vins lui administrer un coup de poing au thorax. À peine étais-je entamée dans mon combat que les hommes de Ducart se rassemblèrent autour de Red Hood et moi, pendant que leur homme prenait la suite dans un deuxième couloir souterrain. On m'attaqua hâtivement avec un bâton rouillé, mais j'avais bloqué de mon avant-bras et l'avait attiré vers moi d'une grippe sur son arme pour lui envoyer un coup de coude au nez. Faisant volte-face, j'envoyai mon poing sur le torse d'un second homme, mais je sentis toutes mes phalanges craquer au contact du mur de brique. Un gredin aussi long et large qu'une armoire et aussi laid qu'un mendiant endurci. Déstabilisée par sa stature, je ne vu pas le gros poing venir vers mon visage et fus envoyée au tapis. On m'agrippa par les épaules pour m'immobiliser, mais j'avais déjà envoyé mon premier coup de poing sous la ceinture avant même d'avoir complètement repris mes esprits. Me libérant des gros bras du truand d'un coup de tête contre nez. Certains avaient déjà prit la fuite sous les assauts de Red Hood, moi je me contentais d'assommer le dernier debout.

Le grand mec avait suivit son patron en espérant bloquer le passage d'un rocher qu'il se mit à pousser, mais j'étais déjà dans les airs pour lui lancer un batarang et mon coup de semelle au visage. Dans la douleur, il s'était tortillé en hurlant et retira de sa chair le projectile. Dans un élan de rage, il me souleva avec une étrange facilité et du bout de ses bras, me catapulta vers les escaliers. La spacieuse, mais étrange grotte donnait sur un vide où une multitude d'escaliers descendaient en cercle. Des pièges brisés étaient parsemés à travers les passages étroits menant à ce qui semblait être les tombeaux des catacombes. Évidemment, j'étais bien trop occupée à voler pour m'attarder sur les détails, mais dans ma plongée, je persécutai Red Hood de mon corps et nous envoyâmes dans un nid de paille qui se défonça sur une cage fermée accrochée à une maigre corde. Lorsque nous touchâmes le fond de cette cage, elle se détacha du mur par lequel elle avait été supportée et sa porte se referma sur nous. Nous enfermant dans une totale pénombre, brisée par les quelques filets de lumières révélant des fentes dans l'étrange piège. Je sentis que nous étions toujours en chute libre lorsque, suspendus par un plus large cordage, la cage bascula et plongea vers un mur sur lequel elle s'y percuta. Des piques avaient été autrefois mise en place pour empailler les prisonniers de la cage, mais puisqu'ils avaient été tous brisés par le temps, le cage rebondit sur le mur cinq fois avant de complètement s'immobiliser.

J'étais encore sonnée, mes muscles me faisaient mal et mes os également. Je n'y voyais pas grand chose mise à part les ombres de la silhouette de Red Hood. Mon corps était appuyé au sien en position assise, plié par le manque d'espace. Ma cheville était posée sur son épaule, mes fesses contre son bassin et nos jambes entrelacées, ma tête coincée dans un coin de carré et mon bras appuyé contre le mur. Je n'arrivai pas à me lever avant une dizaine de secondes pour réaliser que le sol n'était pas stable, obligée de me placer en fonction de Red Hood qui empêchait le majorité de mes déplacements, sachant que la cage n'était pas très spacieuse.

« Il fallait que tu sois dans mon chemin... »

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MessageSujet: Re: The portrait of a deceased boy.   Dim 25 Fév - 14:37

Jason Todd / The Red Hood

ft. Barbara Gordon / Batgirl

「 The portrait of a deceased boy. 」

Le désaveu, c’est quand une personne que tu as respecté, que tu as admiré, que tu as presque révéré pour son tempérament, son courage, sa volonté de tenir tête au Batman pour apprécier son idéal de justice sans qu’un trentenaire ne nous l’assène, le désaveu, c’est quand cette personne choisi entre deux ennemis de vous foncer dessus.

C’est ce que ressent Jason Todd, caché sous l’anonymat de son casque rouge sang. Il claque sa langue avec une certaine désapprobation et la voyant prendre son élan, il a le temps de parer son coup de pied en lui opposant son avant-bras. Mais le mouvement des hommes autour d’eux attire son regard et quand la rousse le frappe, tout l’air dans ses poumons s’échappe, il pousse un grognement de douleur, repoussé par l’attaque un poil lâche de Batgirl.

Pas le temps de se lancer du un combat fratricide, le petit gang de Ducard se rebelle. Fidèle à ses habitudes, la jeune femme saute dans le combat et Hood la suit avec un peu moins d’entrain, ralenti par son coup. Il saisit le bras d’un type avant qu’il ne frappe son ancienne amie et alliée et l’attire contre son pied en train de le frapper au torse pour multiplier la puissance du choc, envoyant promener le criminel contre la paroi rocheuse. Quand il se retourne, dans sa vision périphérique, Barbara Gordon est envoyée au sol et agrippée.

« Batgirl ! »

Le brun s’élance vers elle mais est arrêté net par un étranglement. Un type vient de lui sauter dans le dos et le maintient ainsi, son avant-bras empêchant l’air de passer le long de sa gorge et l’autre main fermant la clef. Perdant la combattante de vue, Hood se penche violemment en avant et fait rouler au-dessus de sa tête le malfrat. Il le saisit par le col et lui fait décoller le sol, profitant de sa force supérieure à la normale et sa haute stature. Il se contente de le jeter en usant de toute sa puissance sur un gars qui semblait hésiter entre la fuite et le combat, les envoyant tous deux compter les chandelles.

L’heure du chevalier blanc n’est pas encore arrivée pour le mercenaire, en effet, Batgirl s’en est sortie comme une grande et termine l’armoire à glace qui s’en prenait à elle comme si de rien n’était. Ducard était en train de filer dans un passage étroit qu’un homme tentait de condamner. Arme au poing, l’ancien Robin ferme un œil pour viser la tête du félon, mais une ombre faite de noir, de jaune et de roux se déporte sur le chemin idéal de la balle et lui bouche définitivement le passage, jusqu’à ce que Ducard n’ait disparu.

Elle est arrêtée dans sa course et rejetée au loin. Le jeune homme n’a que le temps de crier son nom et tenter de la réceptionner, mais la course folle du corps transformé en projectile est bien trop forte et les deux combattants finissent par être catapultés vers une sorte de puit. Les bras du mercenaire se referment sur le corps de Barbara comme par réflexe. Il entoure sa nuque et son dos de façon à tomber en premier, fermant les yeux quand son dos heurte avec violence une sorte de mur. Sentant le sol sous ses jambes, il lâche la jeune femme et ouvre la bouche pour lui cracher son venin, souhaitant lui mettre sur le dos la fuite de Ducard.

Sauf que la corde qui semblait tenir la cage en l’air cède et la chute soudaine ferme de force la bouche du mercenaire qui manque de se sectionner la langue et s’en tire avec une douloureuse coupure. Le mouvement de balancier du piège envoie Jason valdinguer contre un côté de la cage, tête la première. Son casque émet un son inquiétant, entre le son du verre qui se fissure et appareil électroménager qui prend feu. Les écrans intégrés dans l’espace aménagé pour ses yeux sursautent avant de s’éteindre définitivement, annonçant la destruction totale de l’objet.

« Putain… »

Il essaie de porter sa main à son visage pour se libérer de l’objet mais elle heurte une chose. Molle. Chaude. Barbara, en somme. Il essaie de la pousser sur le côté, sentant le poids du corps de la jeune femme sur le sien : « Dégages, tu pèses une tonne. »

Mais elle ne bouge pas, le garçon s’aperçoit que la cage est juste assez petite pour contenir un corps d’une taille normale, donc deux personnes, dont une de grande taille, c’est bien trop. Il la sent s’agiter contre lui et quand elle s’appuie sur son torse, il pousse un gémissement. Elle parle, mais entre sa voix pâteuse et le cerveau du brun du joue du carillon contre son tympan, il se sent obligé de lui dire : « Quoi ? Oh… T’as beau jeu de dire ça. Si t’arrêtais d’imiter Dickie à te prendre pour une acrobate on en serait pas là… Tu veux pas te foutre ailleurs que sur mes côtes ? J’crois que tu m’en as cassés quelques une, abrutie. »

Il la sent bouger encore et s’il ne faisait pas aussi noir, il aurait pu voir que sa vision était troublée par l’addition de la douleur et du manque d’air. Respirer lui devenait difficile, enfermé entre quatre murs étroits, plongé dans l’obscurité au fond d’un trou qui sent le moisi. Comme un air de déjà-vu. Il pousse un long soupir et entreprend de déplacer sa deuxième main, un peu plus libre que l’autre. Il touche au passage une forme et, sachant que ce serait une partie du corps de Barbara, tente de l’identitifer en la touchant.

« Oh, c’est ton visage. Oups. Il retire rapidement son doigt en sentant qu’il touche au nez de la jeune femme, j’arrive pas à enlever mon casque, file moi un coup de main et j’te fais sortir de ce tombeau. Après tout, j’en ai l’habitude. »

Camouflant sa panique sous en semblant de sarcasme, se demandant si Bruce avait omis de transmettre au reste de la famille son identité. C’est un peu vexant, voire plus que blessant. Comme si Jason Todd ne comptait pas, ne comptait plus. Comme s’il n’était plus que Red Hood. Il avait bien sûr, embrassé pleinement et totalement sa nouvelle identité, convaincu de sa nécessité, mais au fond de lui, Robin était toujours présent, espérant avoir un jour compté, avoir un jour été un membre aimé et apprécié de cette famille. Et finalement, le fait que Barbara ignore son identité, était la preuve suffisante pour se rendre compte qu’il n’avait jamais été qu’une tentative de remplacer le vrai Boy Wonder.

« J’suis déçu que B. n’aies pas pris la peine de t’informer de qui je suis. Ça ne doit pas figurer sur le tableau des trucs… importants. Il ajoute plus bas, seulement pour lui-même : et je déteste cette foutue cage ! »

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MessageSujet: Re: The portrait of a deceased boy.   Lun 2 Avr - 7:26

The portrait of a deceased boy.
« Quoi ? Oh… T’as beau jeu de dire ça. Si t’arrêtais d’imiter Dickie à te prendre pour une acrobate on en serait pas là… Tu veux pas te foutre ailleurs que sur les côtes ?

- ... Attend, quoi ? Dickie ? Mais... Comment ? -Urgh et si t'étais pas aussi gros, j'aurais plus que deux centimètres pour bouger !

Plus j'en apprenais, moins j'en connaissais. La voix, l'intonnation me rappelait quelqu'un en plus bourru, plus grave. J'étais certaine de deviner qui se cachait sous le masque, mais je n'arrivais pas à le réaliser. Un coup de Ducard peut-être ? Des hallucinogènes ? C'était pas possible, ça pouvait pas être possible ! La science permettait peut-être de retrouver l'usage de ses jambes, mais pas de membres décapités !

« - Non... Tu peux pas êt-ahk... ! »

Des doigts poussèrent sur mon globe oculaire, mon nez et ma bouche. J'avais presque voulu lui mordre le bout des doigts pour avoir eu l'audace de me foutre sa main là. À la place, je repoussais l'intrus violemment vers son propriétaire en grognant d'agacement. Déjà qu'il me racontait des salades et que ça venait véritablement me perturber, il le disait avec un naturel destabilisant. Jason, il avait explosé comme m'avait décrit Batman. Il était mort, ça pouvait être... Ça devait pas être... Jason était pas un criminel... Dick...

C'était pas possible.

« Non merci, je me débrouille. »

Il fallait que je sorte de cette cage étouffante et puante avant qu'il n'y ait véritablement des dégâts. S'il y avait des toxines capables de me faire voir des gens morts, alors autant profiter du fait que je ne ressentais pour l'instant aucun effet. Puis pourtant, j'étais sûre d'avoir compris une mention antérieure à l'extérieur de la cage. Lorsqu'il avait mentionné Batman, je n'avais pas été folle. La main dans mon sac, je sortis un batarang que je plantai entre la petite fente révélant la porte de la cage, faisant glisser la lame sur le long pour espérer briser le lock. Ne trouvant rien, je poussai le plat de la lame en sens contraire de sorte à écarter la petite séparation et permettre un plus grand jeu pour la dégager. Déjà, de l'air un peu plus frais pénétrait l'étrange piège, ajouté par une éclairage minime, mais suffisante que je puisse voir une parcelle du visage de mon adversaire.  J'avais essayé d'y sortir le bout de ma main pour espérer trouver quelque chose, mais je n'eus pas suffisamment d'espace pour aller bien loin. Je dû à la place tenter de me positionner et frapper de mon épaule l'ouverture à plusieurs reprises. En vain, mis à part un petit craquement suspicieux, je n'avais réussi qu'à me faire bien mal à l'épaule et j'étais retombé fesse contre son genou sur l'homme masqué.

« Aïe ! Ah... ! Mais... Mais dégage ! »

En me retournant, je fis un faux mouvement et vint écraser vigoureusement ce qui semblait être les burnes de Red Hood avec mon genou. Obligée de m'appuyer sur ses épaules pour me replacer, je me pinçai les lèvres pour étouffer mon ricannement.

« Oups... Bon, laisse-moi t'aider. En échange, aide-moi et défonce cette porte ! »

Puisque ses bras étaient toujours bien coincés par l'étroit confinement, je dû dans notre accolade involontaire lui retirer inhabilement le casque. J'étais restée figée au moment où je soulevais le dernier centimètre de son armure faciale, peut-être choquée par l'image qui se révélait devant moi. Ma bouche entre-ouverte, je laissai passer un couinement, puis un rire nerveux, puis une plainte d’effroi.

« Oh... Non. Oooh... Oh-non... Ok... Non ! »

Fallait se l'avouer, j'étais sous le choc. Je lui laissais son casque pour mon coller au mur en face de lui, cherchant nerveusement une porte de sortie, loin de l'apparition de Jason Todd, loin de... de ce fantôme... De JASON TODD.

« J'ai... On m'a drogué au hallucinogènes, ça peut pas... Ça peut pas ! Batman... Je l'ai vu... Je T'AI vu mourir... Oh non non non non... ! »

Mon coeur s'agitait, mes yeux se mouillèrent de larmes. Je reconnaissais ce visage masqué, même sous le domino. Il était plus vieux, plus... Monsieur. Plus... Moins Robin, mais... Je reconnaissais son visage. Je reconnaissais ce jeune homme. Je ne savais pas si mon coeur arrivait à le supporter. J'étais sûre de m'étouffer tant j'avais de la difficulté à respirer, secouée par mon torse qui se soulevait à chaque grande inspiration. Un sanglot mal étouffé secoua mes épaules et mon cerveau. Je dû me rendre à l'évidence; Jason était en vie.

« Jason... Jason ? ... Jason ! »

Tranquillement, je me calmais, tranquillement, je sentis une vague de chaleur chauffer ma tête, mes entrailles, tranquillement un sourire poussait sur mes lèvres malmenées. Heureusement pour nous, la cage était suffisamment basse pour que personne ne puisse nous entendre véritablement.

« Oh mon dieu Jason ! »

J'avais essayé de lui enlacer la nuque, mais la place était trop petite et je ne pus véritablement entourer son cou de mes bras entiers. À la place, je lui fichu un coup de poing sur l'épaule.

« Pourquoi tu m'as jamais dit ? ... Il le savait, il le savait tellement en m'envoyant ici. »

Mes yeux se plissèrent dans une nouvelle bouffée de colère tandis ce que je chuchotais avec haine. Bruce connaissait l'identité réelle de Red Hood depuis longtemps. Il avait prévu ma rencontre avec lui, savais que je devinerais... Il avait tout prévu et je m'étais fait dupée comme une grande conne.

Comme une grande conne, je reprenais désormais mes esprits, en me remettant au travail. Mon corps qui était raide lorsque je me hissais contre le rebord de la cage et que je tentais d'ouvrir d'une main molle et tremblante l'ouverture, sans succès.

« Fais-nous sortir de là, il faut ramener Ducard. Me dis pas que tu fais affaires avec ces gens là Jas-.... Hood... Comment c'est possible ? »

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MessageSujet: Re: The portrait of a deceased boy.   Lun 2 Avr - 19:01

Jason Todd / The Red Hood

ft. Barbara Gordon / Batgirl

「 The portrait of a deceased boy. 」

Respirer devenait plus compliqué, bien plus compliqué que cela ne devrait être malgré des côtes endommagées et une personne appuyée sur le thorax. Respirer devenait plus compliqué parce que, lourdement vautrés sur ses poumons, trainaient des ombres, des fantômes, des souvenirs, et ils étaient lourds. Si lourds. Lourds comme un gamin de seize ans massacré, lourds comme un pied-de-biche, lourds comme le Joker, lourds comme le Puit, lourds comme l’abandon, lourds comme le deuil de la famille. Camouflant sa détresse respiratoire sous de longues inspirations et de profondes expirations, Jason essaie avec difficulté de faire parvenir à ses poumons de l’air, à faire remonter un peu d’oxygène dans sa tête qui commence à tourner. Il sent que son corps s’alourdit, ses membres pris dans une gangue de glace. Il se sent enfermé, coincé, il sent la terre, l’humidité, il sait que c’est dans sa tête, l’angoisse, la peur, il sait que rien n’est vrai, à part le corps de Barbara contre lui et la paroi froide de la cage. Il essaie de s’ancrer aux palpitations du corps de la jeune femme, à la dureté froide de la cage dans son dos, il essaie de garder son esprit ancré à la réalité, mais l’appel d’air qui le jette au fond du gouffre est bien trop puissant.

L’air frais qui se fraye soudainement un chemin dans ses poumons alors qu’une brise douce se promène sur ses cheveux le traine de force dans la réalité. La voix de Barbara tremble, elle ne le croit pas. Elle ne veut pas le croire, hein ? Est-ce qu’elle ne veut pas admettre que Jason soit revenu à la vie parce que c’est contraire à la science ? Parce qu’elle ne veut pas croire que le précieux Robin de Batman est devenu un tueur ? Ou parce qu’elle ne veut pas de lui ? Quand elle essaie de l’enlacer et lui frappe l’épaule, il est tiré de la brume sombre dans laquelle il se perdait et sursaute tellement fort que son crâne heurte le plafond. Il la sent trembler contre lui, s’agiter, se révolter. Il la sent contre lui. Elle est là. Elle existe. Cette fois, il n’est pas seul contre le destin, ce n’est plus un gamin esseulé dans sa tombe, mais un adulte prêt, résolu et entraîné enfermé dans une prison avec une héroïne forte d’années d’expérience. Et visiblement, une paire de couilles en moins. Un gémissement sourd lui échappe, mais il garde les dents serrées, de peur d’insulter plus que de raison la jeune femme jusqu’à ce que les vagues de douleur refluent.

« Surprise, Babs ? J’suis devenu plutôt beau gosse hein ? Je l’étais déjà avant, mais là… »

Le brun laisse échapper un soupir rêveur pour souligner ses paroles. Mais il ne peut pas s’empêcher de saisir avec douceur un pan des vêtements de la rousse et s’y cramponner, le cœur au bord des lèvres en entendant la jeune femme pas loin de pleurer. Elle avait toujours été son idole, la Batgirl qu’il fallait impressionner, comme on essaie d’impressionner les gamins des classes supérieures. Recueillir son assentiment, son amitié. Et puis en revenant, il ne s’en était pas réellement souvenu. Ses seules pensées étaient focalisées sur ce qui le faisait souffrir, comme un animal blessé il s’était mis à traquer les causes de sa douleur : le Joker, Batman et Timothy. Quel aurait-été l’intérêt de venir remuer le couteau dans la plaie et s’exposant sous son pire jour devant les gens qu’il avait aimé ? Respecté ? Le jeune homme n’avait pas eu le courage d’affronter le regard d’Alfred, Barbara ou Kate. Au fond, son projet ressemblait fortement à un genre de baroud d’honneur. Se venger. Puis mourir. Malgré son égoïsme, l’enfant n’avait jamais eu comme projet de faire souffrir les personnes innocentes, il n’avait pas souhaité troubler la jeune femme, n’imaginant même pas que sa mort ait pu lui faire une quelconque peine. Et pourtant, la voilà, la voix érodée par le chagrin. A cet instant, Jason pourrait presque croire en la rédemption. En cette nouvelle chance qui lui fit fouler à nouveau le monde des vivants.

« T’as raison, j’aurais dû venir sonner à ta porte, histoire de me faire botter le cul par toute la batfamily. Je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé, tiens. »

Un rire nasillard lui échappe, c’est vrai qu’il ne s’était pas attendu à ce que Bruce ne pipe mot, mais de là à ce que Batgirl demande à un mercenaire et tueur de venir la voir pour lui passer le bonjour… C’est plus surprenant. Comme s’il y avait moyen de mettre de côté que le Red Hood et Jason Todd soient la même personne, comme s’il y avait moyen de séparer sa vengeance de son passé, compartimenter. Comme s’il y avait moyen de récolter toutes les échardes, tous les morceaux que formaient le Jason Todd d’un autre temps, les recoller, le réparer. Parce que c’était bien ça, le projet, non ? Réparer le soldat et lui faire reprendre le combat de la bonne façon. Un rire nerveux lui échappe. Il se plaisait, brisé, cassé, hanté. C’est incroyable, mais la colère et le désespoir lui aillaient bien au teint. Rendu fou par une tristesse incommensurable, il en oubliait de souffrir de la cruauté de ses actes, de l’immaturité de sa pitoyable quête et l’inutilité de sa pauvre vie.

« Ça tombe bien, j’comptais pas rester dans cette boîte à peine plus grande que mon cercueil plus longtemps, malgré la bonne compagnie. »

Il passe la main contre la fente, cherchant un loquet ou un mécanisme et touche du bout des doigts deux visses, le brun prévient la Justicière : « Bouches toi les oreilles, Babs, j’vais défoncer le loquet. Appuie toi sur mes épaules, faut que j’attrape mon flingue. » Hood se retient de gémir quand le poids sur ses côtes augmente mais sa main qui touche la crosse glacée de son arme le rassure quant au fait qu’ils seront bientôt libérés. Et qu’il n’a pas attrapé une quelconque autre partie de l’anatomie de la jeune femme rousse.

Tant bien que mal, il dirige le canon juste en dessous de la première visse et tire, le grondement déchirant de l’arme manque de lui arracher les tympans mais il se tortille à nouveau pour faire sauter le deuxième côté du verrou. Les deux corps appuyés contre la porte qui cède d’un coup fait basculer la cage qui s’ouvre. Quand il sent son corps être violemment attiré par la gravité, il lâche un « OUPS » sonore et pousse Barbara au fond de la cage pour lui éviter semblable sort.

La chute est courte, mais l’atterrissage rude. L’air est expulsé d’un coup de ses poumons quand il touche le sol et reste quelques instants sonné. Puis quand son cerveau reprend son fonctionnement normal, il se met à chercher de l’oxygène et le brun tousse violemment, assailli par la nausée.

« Batgirl ? Batgirl ? J’vois rien, files moi un coup de main pour monter ! »
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