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 The sweetest devotion - ft. Angela Jackson

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MessageSujet: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Sam 20 Jan - 14:28

« Rose ! ROSE ! »
 
Je manque de lâcher mon café et lui cracher le liquide à la figure, Maya a les yeux encore rougeauds de sommeil et la figure barbouillée de dentifrice. Je lève mon regard de merlan frit mort sur elle et pose ma tasse, un sourcil levé. Je passe ma main sur sa joue pour lui enlever la trace rose puant la fraise chimique.
 
« Ce soir il y a la rencontre des bénévoles avec les pa… »
 
Elle ferme la bouche façon poisson séché. Je fronce les sourcils et passe ma main dans ses cheveux pour les ébouriffer. La petite pousse un mini cri aigu et essaie d’écarter ma main de sa chevelure. J’en profite pour lui lancer : « Je viendrais, mais je finis tard ce soir, je vais négocier avec des collègues pour sortir, mais je ne te promets par d’arriver en première, d’accord ? »
 
La bouille d’ange n’a pas l’air trop déçue que je ne sois pas la plus assidue du coin, je pense qu’elle souhaite éviter les questions à propos de notre cohabitation. J’ai fait mes recherches, techniquement je suis coupable d’un kidnapping. Gordon adorera lire dans les journaux qu’un membre de son unité d’élite a kidnappé malgré elle une fillette de dix ans. Quant à moi… je ne suis pas certaine d’avoir le cran d’assumer une rencontre parent-profs à l’école publique où Maya va. Des bénévoles font office de garderie pour les enfants les plus défavorisés et les aident dans les devoirs. Ce qui me permet de ne pas sacrifier mon travail pour mon blonde et elle de pouvoir évoluer dans un endroit qu’elle connaît, où elle a ses repères, avant de rentrer dans un appartement qui n’est, à la base, pas le sien. On y trouve notre compte et au final on arrive toutes les deux à graviter ensemble sans exploser. Je viens habituellement la chercher devant le portail suivant l’heure où je termine, puisque les activités durent jusqu’à 20h, pour des questions de discrétion et de timidité. Parfois elle n’y va pas, quand j’ai un jour de congé ou que je travaille de nuit nous passons la soirée ensembles, on fait les devoirs (et seigneur qu’elle est intelligente, j’en pleurerai) et on mange n’importe quoi.
 
J’aime cette vie, je crois. Et en dix jours, je ne me vois plus jamais vivre dans un silence sans mon trésor de petit génie. Maya, elle, semble apprécier de ne plus être l’adulte 100% du temps, on se partage les tâches, elle fait la vaisselle un jour sur deux, range et nettoie sa chambre, entretient mon bordel et je fais le reste. Surtout le repas. Elle m’a affirmé savoir cuisiner mais je refuse catégoriquement de la laisser approcher de la cuisinière. Si une personne doit mourir atrocement brûlée, autant que ce soit moi.
 
Tant bien que mal, et surtout mal, nous finissons par quitter l’appartement. Je dois déposer Maya à l’école, je l’habille en conduisant une voiture de patrouille que j’ai emprunté de façon permanente au GCPD envers et contre tous, en mentant effrontément sur la permission que Gordon m’aurait donnée. Depuis dix jours, la pauvre petite arrive à l’école coiffée comme un épouvantail mais elle n’a jamais émis la moindre protestation. Elle essaie de dompter sa crinière dans la voiture pendant que je m’échine à nettoyer le dentifrice à chaque feu. Vous savez, ce geste super dégoutant qu’ont nos parents qui consiste à se baver sur le doigt et frotter, eh bien devinez quoi ? C’est instinctif. Dès qu’on voit un enfant, PAF !, on le fait. C’est insensé.
 
Après avoir longuement bavé, je la dépose et file passer une longue journée de bons et loyaux services envers ma très chère ville de Gotham. Il y a quelque chose de plus qui me motive, ces jours-ci. Un sentiment volatile, à peine l’ais-je ressenti qu’il m’échappe, à chaque fois que je brandis mon arme pour protéger quelqu’un je me dis « et si… ». Et si quoi ? Et si qui ? Je ne comprends pas, j’étais déjà animée d’une grande passion, d’une volonté surpuissante de bien faire, d’aider, servir, protéger. Et pourtant, chacun de mes mouvements me semble motivé par un schéma plus grand. Ce n’est plus mon idéal de justice qui me meut, ce n’est plus ma farouche loyauté envers Gordon et Silent, ni mon espoir d’un futur meilleur pour cette ville. C’est un sentiment plus chaleureux, bien plus chaleureux, brûlant, parfois, quand je vois un enfant en danger, écrasant, terrifiant, cette peur de voir des cheveux blonds remplacer ces cheveux quand un enfant a été retrouvé mort, torturé, violenté.
 
Cette journée se déroule sous le signe de l’apaisement, je trouve un collègue prêt à échanger ma soirée au GCPD contre un mois de café, j’accepte sans hésiter. Entre entraînements au tir, encore une porte ouverte par l’équipe spéciale de Gordon, et patrouilles, je laisse mon esprit s’enfoncer dans les limbes des pots d’échappements de la ville pour ne pas trop penser à ce soir. Et à peine ais-je battu des cils que me voilà, tirant nerveusement sur mon uniforme pour le lisser, devant le portail de l’école de Maya. Il est dix-neuf heure, j’ai sauté dans ma voiture sans me changer et les parents qui partent, main dans la main avec leurs morveux me regardent de travers. Ici, comme dans mon quartier, ce ne sont pas des gens riches, alors on se méfie de tout, du Batman, du GCPD, des gens qui portent des uniformes. On se demande que fait la police quand les mafieux terrorisent les citoyens. Je baisse la tête et fend le flot en direction de la salle où Maya doit m’attendre. Son sourire est ma conviction. Les GCPD n’est pas parfait, mais nous sauverons ces enfants, même si l’on a échoué à aider leurs parents.
 
Une femme assez âgée m’intercepte à l’entrée. Elle ne me reconnaît pas et m’interroge : « Vous venez voir.. ? 
- Euh, je viens voir Maya… Je danse d’un pied sur l’autre, mais la femme à l’air d’accepter ma réponse comme étant tout à fait normal. 
- Sa mère n’a pas encore pu venir, je suppose ? »
 
Ouh la la ! Voilà que les choses sont en train de m’échapper. J’agite la tête de haut en bas frénétiquement comme une idiote et mon seul uniforme semble cette fois me sauver les fesses. La femme doit me prendre pour la babysitter débile ou je ne sais quelle fantaisie. Help. Histoire d’achever de me tirer de ce mauvais pas, Maya, de dos, se retourne sur sa chaise miniature et agite sa main dans tous les sens en me souriant de toutes ces dents. Puis, comme si je n’étais rien, elle se penche à nouveau sur sa table et reprend son travail. Bien. Euh… Je dois faire quoi moi ? A côté d’elle, une jeune femme est penchée sur ma princesse, elle a de longs cheveux blonds plus raides que ceux de l’enfant et me semble plus jeune que moi. Je m’approche d’elle, voyant des parents discuter avec des bénévoles je me décide à tenter de les imiter.
 
« Bonjour, je suis Rose Ahn. Je… euh… m’occupe de Maya en ce moment. »
 

Je lui tends la main, la femme de toute à l’heure semblait au courant que Sam était du genre maman à l’ouest et n’avait pas l’air choquée qu’une tierce personne vienne s’occuper de l’enfant. J’espère que la bénévole acceptera de discuter de Maya bien que je ne sois ni de près, ni de loin, sa génitrice. D’ailleurs je commence à me demander combien de temps Sam compte me laisser me ridiculiser dans ce genre d’évènement… 
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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Sam 20 Jan - 18:39

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J'étais nouvelle dans cette association pour donner des cours aux enfants défavorisée, et j'appréhendais fortement cette réunion "parents/profs", comme on dit dans le jargon. Autant, j'appréciais la compagnie d'enfants encore innocents, autant je pouvais haïr les parents, déjà coupables à mes yeux de la misère dans laquelle se trouvaient leurs enfants. 

Dans la matinée, Béatrice, la directrice de l'association, était venue me trouver dans la matinée pour me mettre au parfum de ce qui nous attendait ce soir. Quelques parents, même s'ils étaient minoritaires, se souciaient réellement du bien être de leur enfant, et avec ceux-là, la réunion se passait pour le mieux. Nous pouvons identifier ensemble les problèmes des enfants et trouver une solution au cas par cas pour que l'enfant s'épanouissent au mieux. Mais, comme Béa l'avait dit plus tôt, ceux-ci étaient une minorité. Les autres se fichaient royalement de leur progéniture, nous accusaient de tous les maux de leurs enfants. Et encore, quand ils se donnaient la peine de venir. On n'avait jamais vu, par exemple, le visage de la mère de Maya, une petite fille de ma classe. Dans le fond, en venant dans cette association, je m'attendais à des enfants dans ce contexte social. Mais si j'étais là, c'était pour les enfants et uniquement pour les enfants. Les parents démissionnaires n'étaient ni mon travail ni mon intéret.

Dix-huit heure. L'heure d'ouvrir les portes de l'école aux parents. Dans ma classe, j'ai la chance d'avoir presque tous les parents d'élèves. Enfin, la "chance" est un mot bien grand. Sur une vingtaine d'élèves, je dois avoir une quinzaine de parents, et sur cette quinzaine de parents, seulement deux n'ont pas cherché à faire d'histoires. Mes pulsions violentes remontaient en moi alors que les parents défilaient, m'accusaient ou encore me menaçaient. Je ravalais mon amour propre et me contenais dignement. J'aurais mérité une médaille pour avoir fait preuve d'un sang froid dont je m'ignorais capable.

Enfin, j'avais vu tous les parents et cette corvée était enfin derrière moi. Je m’apprêtais à sortir de l'école et rentrer chez moi, mais dans le couloir, je me trouvai surprise de voir la petite Maya encore assise  en train de faire ses devoirs, tellement sage qu'on aurait pu l'oublier. Même si je ne l'admettais pas, par principe, Maya était ma chouchoute. Cette petite fille était aussi calme et gentille qu'elle était brillante. Cette petite fille était l'un des rares êtres qui me redonnaient foi en l'espèce humaine. Même si Béa m'a déjà prévenue de l'attitude de la mère de Maya, je m'agenouille près d'elle et lui demande:

-Ta maman ne vient pas Maya? Pourquoi attends tu ici toute seule?

L'enfant semble hésiter un peu, puis, à ma grande surprise, elle répond:

-Si, elle arrive. Mais elle travaille et elle est un peu en retard.

La surprise est double. La maman de Maya commence à s'intéresser à sa fille et qui plus est, elle trouve un travail! Il faudrait que je mette mes fiches à jour. Enfin, cette femme semblait se prendre en main et j'étais sincèrement heureuse pour Maya. La chance semblait enfin lui sourire et sa vie s'en trouverait fortement améliorée.

Une femme asiatique, habillée en policer entra dans l'école. Mon cœur ne fit qu'un bond en la voyant parler avec Béatrice. La police avait-elle retrouvé la trace de Gormogon? La jeune femme s'approcha de moi et se présenta. Je fus un peu surprise. Maya ne ressemblait nullement à cette femme! mais peut-être avait-elle pris tous les trais de son père? Ces histoires ne me regardent pas après tout. Je tend la main à la jeune femme.

-Oh, vous êtes la maman de Maya! Je suis ravie que vous ayez pu vous libérer, venez vous asseoir! Maya, tu peux venir si tu ne veux pas rester seule.

Maya préféra rester travailler dans le couloir, mais madame Ahn et moi sommes allées nous asseoir dans la salle pour parler tranquillement, à l'abri des oreilles indiscrètes des autres bénévoles. 

-Madame Ahn, votre fille est absolument brillante. C'est une enfant adorable, appliquée, studieuse... bref une élève modèle. Mais j'ai l'impression qu'elle s'ennuie ici... Elle aime étudier, mais le niveau des enfants que nous accueillons ici est nettement inférieur aux capacités de Maya... Pensez-vous qu'il serait envisageable de faire étudier Maya dans un contexte moins... défavorisé?

J'espérais que la jeune maman ne s'énerverait pas et que mes paroles n'avaient pas été trop crue. Mais je sentais que cette femme au visage avenant voulait le meilleur pour son enfant.


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Dernière édition par Angela Jackson/Gormogon le Dim 21 Jan - 20:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Sam 20 Jan - 19:25


 
Je pose ma main sur l’épaule de Maya et lui adresse un sourire quand elle se tourne vers moi. La jeune femme qui s’en occupe à l’air plutôt sympa mais fonce directement dans le piège. Si je suis là à une réunion parent-prof, je suis FORCEMENT parent. Eh bien, surprise : pas du tout. Au secours. Je commence à ouvrir la bouche comme une carpe hors de l’eau quand je capte le regard de Maya. Je ne sais pas si vous lisez des manga, mais j’en ai lu dans ma lointaine jeunesse, et il y a toujours ce quiproquo où la personne A est interrogée sur sa relation avec B, elle en est amoureuse mais n’ose pas l’avouer alors réfute tout de bloc. Et B entend la conversation et pense son amour non-réciproque. Bref, tout ça pour dire que je ne veux surtout pas que Maya pense qu’elle est un fardeau dont je veux absolument me débarrasser. Certes, je la sais mieux avec sa mère, dans son appart, qu’avec une vieille chouette au rythme de sommeil erratique, mais pour autant, en l’espace d’une grosse semaine, je suis devenue dépendante de cette présence. Elle essaie de se faire discrète, je le sais, je le vois, mais elle a marqué mon environnement. Son dessin sur le frigo, ma nourriture abandonnée et périmée dans une poubelle, troquée pour des trucs sains, l’odeur de dentifrice à la fraise dans ma salle de bain et ses doudous qu’elle sème partout. Je ne me sens pas de retourner trop vite à ma vie solitaire d’ourse mal léchée.
 
Je décide de cesser de balbutier et de suivre la jeune femme pendant que Maya termine ses leçons. Avant de la laisser, je me penche sur elle et abandonne sur son front un bisou baveux qui ne manque pas de lui faire pousser ce cri, entre hurlement, rire et dégoût. Je souris, mais j’ai presque envie de pleurer. Ces aperçus de ce que pourrait être notre vie si Sam disparaissait… c’est… presque douloureux. Egoïste, imbécile, et douloureux.
 
J’écoute la bénévole avec une fierté déplacée, une fierté que je ne devrais pas avoir, parce que je n’ai aucune raison d’être fière. Sam non plus, tout le mérite revient à Maya qui, envers et contre tous, a su faire mieux que ce que la vie lui a donné. Mais tant pis, mon cœur est réchauffé d’une fierté toute puissante qui s’impose à moi malgré mon bon sens. Toutefois, il me faut bien me reprendre à la fin de la tirade de la jeune femme, je me pince l’arête du nez et m’appuie contre une table minuscule.
 
« Je vous arrête tout de suite, vous n’imaginez pas comme je suis ravie d’entendre que Maya est excellente, je le savais déjà, en plus l’entendre se confirmer c’est… super. Je souris largement, témoignant de mon enthousiasme. Mais je n’ai aucun pouvoir sur son éducation, je veux dire… c’est compliqué. Je secoue la tête mais décide de jouer franc-jeu. Je ne suis pas sa mère. Sam, sa vraie mère donc, est partie, elle m’a laissée la petite. Depuis dix jours. »
 
Je voudrais bien la mettre dans une autre école, une meilleure école, la Gotham Academy, qui sait ? Mais je n’en ai pas le droit. Et pas les moyens, même avec les aides accordées par l’école aux enfants de policiers… eh bien… ce n’est pas ma fille. Elle pourrait avoir une bourse, j’en suis certaine, mais qui ferait les papiers ? Et quel genre de personne aurait le culot de faire ça sur un enfant qui n’est pas le sien. Ceci dit… si Maya le veut, je trouverais bien un moyen… mais…
 
« Même si elle veut changer d’école, qu’elle obtient une bourse ou n’importe quoi, je ne peux rien faire. Il faut attendre que Sam rentre. Je… je suis désolée, je ne peux pas l’aider je suis déjà au maximum. Je risque mon job en la gardant, vous comprenez ? Ça ne me dérange pas, je l’adore, mais même l’amour ne peut pas faire de miracles. »
 
La table glisse en arrière et je manque de me casser la gueule. Super première impression. Bien joué, Rose. Je me reprends et tire mes cheveux en arrière pour me donner de la contenance. Une fois la vérité dite, autant entrer dans le vif du sujet : les difficultés de Maya et le moyen de les dépasser. C’est un truc que je peux faire le temps que nous sommes ensembles, lui apprendre à rester concentrée malgré l’ennui, trouver des activités saines à faire en classe quand le reste des enfants est à la traîne. Je sais ce que deviennent les enfants doués qui s’ennuient et n’apprennent pas à le gérer bien. Ils deviennent des flics de seconde zone. Comme moi. Et Phil, malgré tout, vient d’une génération où il suffisait d’être bon pour être enquêteur. Alors il n’a jamais compris cette école qui a fini par me broyer. Mais ce n’est pas le sujet.
 
« Je sais qu’elle doit s’ennuyer, elle passe ces soirées à potasser ses leçons et griffonner ses cahiers, elle apprend ses leçons à l’avance et récite des poésies aux toilettes ! D’accord, je peux admettre que Maya est peut-être un poil plus douée que moi. Un gros poil. Il faudrait que son professeur lui trouve une activité pour ne pas qu’elle reste des heures à attendre le reste de la classe, au moins le temps que je puisse parler à Sam… Je pourrais prendre un jour de congé et aller la voir pour en discuter, mais honnêtement, vous êtes mieux placée pour me donner des idées de choses à faire, je… je n’ai jamais été très scolaire. »
 
Je lui adresse une grimace penaude, je la suppose étudiante, un peu plus jeune que moi, sans doute à la faculté. Alors que moi, j’ai fini le lycée à grande peine, entre exclusions et école buissonnière, au grand dam de Phil.
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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Dim 21 Jan - 22:25

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Je restais quelques minutes muette, sans bouger. Pourquoi Maya m'avait-elle dit que sa mère venait à la réunion? Elle devait vraiment beaucoup être attachée à cette femme pour prétendre qu'elle est sa mère. Au bout d'un certain temps, je me levai et me dirigeai vers la porte qui menait au couloir. Personne. A l'exception de Maya, le couloir était désert. Une bonne chose. Je rassure la petite fille qui tourne vers moi un regard inquiet.

-Tout va bien Maya, je dois juste parler en privé avec ta maman, il n'y en aura pas pour très longtemps.

Je ferme la porte, qui jusque là était restée ouverte selon les lois administratives, et je revins m'asseoir auprès de mademoiselle Ahn. 

-Vous savez que théoriquement, vous êtes coupable d'enlèvement. La procédure aurait voulu que vous donniez Maya aux services sociaux de l'enfance. Vous prenez un gros risque en me confiant que vous n'êtes pas la mère de Maya, je devrais vous dénoncer à mes supérieurs... Mais je ne ferai pas ça. Je crois que vous êtes une bonne chose pour Maya, sans doute la meilleure qui ne lui soit jamais arrivée. Et, sans vouloir offenser l'agent de police que vous êtes, je crois que toutes les lois ne sont pas bonnes. Cela restera notre secret, mais... évitez d'en parler à n'importe qui....

Je pensais réellement ce que je disais. Depuis une semaine, on voyait que Maya avait changé. Elle ne semblait plus aussi préoccupée qu'elle l'avait été depuis le début de l'année scolaire. Elle semblait avoir retrouvée l'innocence et l'insouciance que devait avoir un enfant de son âge. En bref, Maya semblait heureuse. Et j'étais intimement convaincue qu'elle devait son bonheur uniquement à la présence de la jeune femme dans sa vie. Et après tout, mon rôle d'éducatrice était avant tout de veiller à l'épanouissement personnel de mes élèves. C'est la seule chose qui importait réellement. Néanmoins, on ne pouvait pas ignorer les capacités de Maya.

-Il va tout de même falloir trouver une solution pour qu'elle puisse développer tout son potentiel... Je la ferais bien passer en classe supérieure si ma classe n'était pas la plus la plus haute de cet établissement... Il faudrait vraiment retrouver la mère de la petite et lui demander de vous signer une dérogation, vous identifier comme le tuteur légal de sa fille. Vous pensez que ce serait possible? 

Je ne peux m'empêcher de saisir le poignet de l'agent de police et de lui lancer un appel désespéré.

-Ne la laissez pas récupérer Maya... Dans son intérêt, ne la rendez jamais à sa mère... 

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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Lun 22 Jan - 12:58


Je commence à sentir mes dessous de bras suer fortement en l’entendant me parler d’enlèvement. Je sais déjà tout ça, mais ça fait un drôle d’effet de se le faire dire par quelqu’un d’autre. Une étrangère, surtout. Je remercie silencieusement ma veste de cacher l’expression la plus pure de mon angoisse et reprend pied quand elle m’affirme qu’elle ne me balancera pas dans la fosse aux lions. Ouf. Je hoche la tête, je n’avais pas comme projet de le crier sous tous les toits, mais j’ai besoin d’au moins une personne dans le circuit de l’enseignement qui puisse m’éviter de, justement, balancer notre secret, à quiconque. En l’occurrence, j’ai besoin de cette jeune femme pour faire l’intermédiaire entre les professeurs de Maya et moi sans que je n’aie à me mouiller.
 
Je l’admets, j’aurais aimé que Maya retrouve sa maman au plus vite, et malgré tout, je n’ai pas pu me résoudre à déposer un avis de recherche, préférant des moyens plus discrets. Parce qu’un avis de recherche voudrait dire que les autorités iront chercher Maya. Et la mettre dans un foyer en attendant que Sam reparaisse. La petite m’avait dit que sa maman rentrait en général rapidement, mais cette fois, elle avait passé dix jours sans nouvelles, une durée, selon elle, extraordinaire. Mais je refusais toujours de le signaler aux autorités. Parce que j’avais connu les foyers. Je savais ce que c’était. Derrière le confort d’un toit et l’attention des adultes, se cachait la solitude écrasante, dévorante, désespérante. Et je gardais l’espoir de la préserver au maximum de ces pensées.
 
La bénévole me tire de mes pensées en reprenant le fil de son explication. Je hausse un sourcil et lui répond en réfléchissant en même temps : « J’essaie de trouver Sam depuis l’arrivée de Maya, mais cette imbécile a bien fait les choses et n’a laissé aucune procuration, ni pour moi, ni pour personne. Je me retiens de dire que de me laisser Maya sans procuration est une grosse connerie mais… Mais j’essaie, je passe mes soirées à chercher sur le net et mes journées à patrouiller dans les coins a… où il y a de la prostitution. Si elle est à Gotham, je devrais la trouver d’ici deux semaines. »
 
La jeune femme aux cheveux blonds me saisit le poignet, je baisse le regard sur sa main, mal à l’aise avec le contact ferme et assuré. Je ne me souviens plus de la dernière fois qu’on m’a attrapé le poignet sans essayer de me planter, me foutre au sol ou m’entraîner au loin. Je garde ma composition, assurée d’être maintenant capable de me défendre et de toute façon, qu’est-ce qu’une frêle jeune femme ferait à une policière, hein ? La bénévole n’a pas du tout l’air du genre dangereux. Je lui souris, me sachant trop sur les nerfs, entre les entrainements, l’unité spéciale, les récents évènements dans la ville et ce nouveau problème.
 
Je finis quand même pas manquer de m’étouffer en toussant en entendant la dernière phrase de la blonde. J’essaie de dégager frénétiquement mes voies respiratoires en toussant.
 
« Pardon ?! Mais enfin, c’est sa mère ! Je ne peux PAS lui faire ça ! Vous ne comprenez pas… »
 
Je secoue la tête. Je me doute que Sam n’a pas dû faire bonne impression sur l’association et les enseignants, avec son dilettantisme et son incapacité à aider sa fille, mais il est naïf de croire qu’un enfant de dix ans s’arrête à ces problèmes-là. A la voir sourire et rire, être ouverte et épanouie, courir, parler, chanter, je me suis, moi aussi, dit qu’elle avait tellement changé en dix jours, qu’elle s’était tellement améliorée, je pensais que ces quelques jours avaient fait de moi la mère idéale pour ma bouille blonde, mais la réalité m’avait frappé. Juste avant-hier. Quand je travaille tard, c’est mon voisin qui s’en occupe ou une nounou, cette fois c’était lui. J’arrive donc chez moi tard, vers une heure du matin sur la pointe des pieds. Le jeune homme repart chez lui tout aussi silencieux, soucieux de ne pas réveiller le petit ange qui dort et à qui personne ne pourrait résister. 
Actuellement, elle dort dans un lit d’appoint qu’une voisine m’a prêté, dans mon bureau croisé débarras. Je passe devant sa porte pour me coucher et je l’entends doucement sangloter. Sans le silence de la nuit, sans nous efforts conjugués pour ne pas faire de bruit, je ne l’aurais pas entendu ou elle se serait tue. C’est à ce moment-là que je me rends compte que je pourrais toujours être la super Rose, la pote trop cool qui achète des glaces, la remplaçante de maman pour quelques jours, mais jamais juste « maman ». Je ne suis pas sa mère. Jamais.
 
« Vous ne comprenez pas, je ne suis pas sa mère, je ne serais jamais sa mère et je n’en ai pas envie, d’ailleurs. Elle a besoin de sa mère, de sa vraie mère, il n’y a qu’avec sa mère qu’elle sera heureuse et protégée. »
 
Les enfants, ce n’est pas comme les chiens, on ne peut pas les adopter et attendre d’eux un amour inconditionnel, indéfectible et total en une journée. Son équilibre repose sur ce tandem Maya-Sam et ça me va aussi bien comme ça, finalement. Je reprends, plus calmement cette fois : « En attendant que Sam rentre et que Maya la retrouve, je ferais ce que je peux pour sa scolarité et je chercherais sa mère, c’est le mieux que je puisse faire. »
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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Mar 23 Jan - 21:38

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Je fus quelque peu déçue de la réponse de Mademoiselle Ahn. Elle pouvait bien dire qu'elle ne voulait pas garder l'enfant près d'elle, l'amour que je lisais dans ses yeux et dans ceux de la petite fille lorsque leurs regards se croisaient ne mentait pas. Si Maya m'avait dit que sa mère venait à la réunion, ce n'était certainement pas un hasard. Mais j'avais été trop brusque. Rose n'était pas prête à s'assumer en tant que responsable d'un enfant. Comment aurais-je réagit moi-même dans une telle situation? J'aurais sans doute été effrayée moi aussi. Certes, je passais ma journée avec les enfants, mais une fois que la sonnerie retentissait, je retrouvais ma solitude et j'étais alors à mile lieues des tourments de mes élèves, peu importe combien je les aimais, une fois mon salon regagné, seuls mes petits tracas quotidiens m'atteignaient. Ma vie retrouvaient sa langueur monotone. Comment aurais-je réagit si, du jour au lendemain, un petit être débarquait chez moi sans avoir crié gare? Sans doute de la même façon que la jeune femme. Je me redressais sur mon siège, lâchant la main de l'agent de police.

-Veuillez-m'excuser... J'ai été maladroite. C'est juste que... Maya semblait tellement éteinte... Et vous l'avez rendue tellement radieuse... Je me suis laissée gagner par mes émotions. J'en suis navrée.

Un mal être commençait à s'installer entre nous. Je repris une attitude plus professionnelle. Enfin... Disons que je me recentrai sur les problèmes scolaires de Maya. Après tout, avec qui vivait la petite fille ne me regardais pas directement, et ce malgré l'affection que je vouais à mon élève. Ce que je m'apprêtait à proposer à Rose n'était pas plus légal que l'accueil que la jeune femme faisait à la petite fille. Mais c'était peut-être la seule façon pour que la petite fille ne voue pas une haine viscérale envers l'école. 

-Concernant Maya, Je vais essayer de différencier au maximum mes cours pour qu'elle ait des exercices plus difficiles et qui la stimuleront davantage. Je ne peux pas faire plus à l'école, je risquerait mon poste de bénévole. Maintenant, si vous me le permettez, je pourrais également lui donner des cours particuliers sur des cours de niveau supérieur. Ainsi, elle conserverait le goût de l'étude le temps que vous retrouviez sa mère... Bien entendu, si Maya le désire elle aussi, je ne tiens pas à imposer quoi que ce soit. Aussi, je crois que le mieux serait de faire entrer Maya et de le lui demander directement. Mais avant, auriez-vous des interrogations auxquelles vous désireriez que je réponde en "privé" si je puis dire? Car après tout, le temps que la mère de Maya refasse surface, vous êtes en droit d'avoir toutes les informations que nous livrons aux parents...

Je proposais ce que je pouvais faire de mieux. Je risquais gros moi aussi dans cette histoire. Si Rose venait à se faire arrêter et que l'on apprenait que j'étais au courant... Mieux vaut ne pas y penser pour le moment. Nous aviserons en temps voulu.

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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Mer 24 Jan - 14:39


Dans la catégorie « plombage d’ambiance » je viens de décrocher haut la main l’oscar. Il faut dire que malgré tout, je reste une personne relativement terre à terre et prudente (je sais, je sais, ça sonne faux) et je garde en tête que le meilleur moyen d’aider Maya, c’est de la garder près de moi le plus longtemps pour lui éviter les foyers. Ensuite, elle retournera avec Sam après que je lui ai passé le plus gros savon de sa vie. Ça ne s’arrêtera pas à son retour, j’ai trop longtemps considéré que ce sur quoi je n’avais pas un pouvoir direct n’était pas de mon ressort, maintenant c’est fini. Je veux changer, je veux m’améliorer et je ne veux pas cesser d’être l’amie et l’alliée de Maya. Je ne serais jamais loin pour surveiller et épauler du mieux que je peux Sam et sa fille.
 
Je continue de garder en tête mon cap, déterminée à ne pas laisser la jeune bénévole me mettre en tête des plans fous qui foutraient en l’air nos vies à toutes les trois. Quand elle commence à s’excuser, je lui fais un signe de la main et entreprend de l’imiter : « Non, c’est moi… c’était déplacé de venir à la place de Sam. J’ai tendance à agir sur un coup de tête et me rendre compte que j’ai mis tout le monde dans la panade avec moi… »
 
Je lui souris avec gêne. C’est un demi-mensonge. Je n’ai pas agi tant que ça sur un coup de tête parce que même en y pensant tout un centenaire, je serais venue quand même, déjà parce que Maya le voulait et parce que si je ne sais pas ce qui se passe à l’école, comment puis-je l’aider ? Je souffle avec soulagement quand la jeune femme recentre la discussion sur les solutions qui lui viennent en tête pour aider Maya à ne pas s’ennuyer en classe. J’ai un peu de peine pour la petite qui devra travailler plus, personnellement ça m’aurait agacé, mais je sais qu’elle n’en sera pas tellement gênée. Après tout, si je suis la Cigale, elle serait plutôt ma fourmi. Mais une fourmi généreuse.
 
Mon sourire s’élargit à mesure qu’elle parle. Je n’ai pas de quoi lui offrir une école privée mais un tutorat… plutôt deux fois qu’une ! Je suis capable d’aider la petite à faire ses devoirs mais pas de lui créer des exercices pour la stimuler. Mes compétences se limitent aux visites de musées dans lesquelles je suis souvent la première ennuyée, il faut l’admettre, et les séances de cinéma. Je secoue négativement pour lui dire que je n’ai aucune question mais n’ouvre pas immédiatement la porte pour aller chercher Maya.
 
« Honnêtement, je ne sais pas comment vous remercier pour ce que vous faites. Je vais vous laisser mon numéro de téléphone, je lui emprunte une feuille de brouillon et y griffonne rapidement mon numéro de portable, mon nom et mon prénom. N’hésitez pas à me contacter n’importe quand pour qu’on se fixe des jours où vous pouvez l’aider et toutes les modalités. Je ne suis sans doute pas venue avec les réponses que vous espériez, ni les solutions d’ailleurs, mais personnellement je sais que Maya est entre de bonnes mains avec vous. Quand Sam rentrera, je lui parlerais et je l’aiderais à se trouver un job, on reviendra vous voir et on trouvera une solution pour changer Maya d’école. J’ai des économies de côté, avec une bourse et un peu de travail ça fonctionnera. Elle en est capable si elle le veut. On en discutera, toutes les trois, au retour de Sam. »
 
Je la fixe avec assurance. Il n’y a pas moyen que je laisse tomber, pas après toutes ces aventures. Il n’y a pas moyen que je laisse tomber ce petit bout de chou. Pas moyen.
 
Je sors de la salle pour aller chercher Maya qui gribouille sur une feuille maculée de diverses couleurs. Sitôt la porte ouverte, elle saute sur ses pieds et m’interroge du regard. Ça a pris du temps, je m’en veux un peu de l’avoir laissée seule tant de temps et elle doit se demander si on ne discutait pas d’elle d’une façon négative. Je m’agenouille devant elle et lui remet sa veste droite et lui lance « désolée ma chérie, on a mis un peu de temps, et on a encore besoin de te parler parce que tu as très bien travaillé, la dame me l’a dit. On aimerait trouver un moyen de te récompenser ici. Et ce soir… on mange tout ce que tu veux, ou tu veux, et la quantité que tu veux ! » Je lui adresse un clin d’œil sachant que mes paroles ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Avant de me relever, je ne déroge pas à ma règle sacrée de la décoiffer dès que j’en ai l’occasion et file ventre à terre dans la salle de classe en souriant comme une béate.
 
« Je vous laisse lui expliquer en détail notre idée, si ça ne vous dérange pas. »
 
J’ai peur de faire peur à la petite fille en lui disant « Maya, la madame veut te faire travailler plus, quelle chance, hein ? », alors au lieu de dire des imbécilités je pose ma main sur son épaule et l’autre sur sa tête pour la lui caresser et essayer de la recoiffer un petit peu.
The sweetest devotion


Dernière édition par Rose Ahn le Lun 29 Jan - 11:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Jeu 25 Jan - 13:19

détails
The sweetest devotion
sous-titre
ft. ...
Ʃkaemp はは ™️


Les compliments de Rose à mon égard me réchauffaient le coeur. Pour une fois dans ma vie, je sentais que quelqu'un me faisait confiance, et je ne comptais nullement trahir cette confiance. Je faisais mon travail du mieux que je pouvais et quelqu'un le remarquait et me remerciait de le faire. Elle me rendait fière des efforts et du combat que je menaient chaque jour pour que les enfants gardent la tête en dehors de l'eau. J'en étais presque gênée. Je n'étais pas habituée à ce que les gens pensent du bien de moi, encore moins depuis que je mène une double vie.


-Je vous en prie... Je le fais pour le bien de Maya vous savez...

Nous faisons entrer la petite fille après que Rose l'a rassurée. La jeune policière me laisse la parole. Je souris. On voit qu'elle n'est pas tout à fait à l'aise avec les enfants, qu'elle a peur de mal s'y prendre et de braquer l'enfant. Pourtant, même si elle ne le savait pas encore, elle était une mère, ou plutôt une mère de substitution comme elle le laissait entendre, absolument formidable. Elle manquait juste encore un peu de confiance en elle. Il y avait quelque chose de touchant dans la relation de ces deux personnes. Une relation où chacune voulait protéger l'autre et où une confiance absolue règne. On aurait dit qu'elles vivaient dans une petite bulle, un cocon douillet où il n'y avait de la place que pour elles deux. Elle respiraient le bonheur, malgré les angoisses de Rose, et rien qu'en les approchant, nous pouvons nous aussi goûter un peu de leur paradis sur Terre. Je me tourne vers Rose.

-Je vous en prie, je suis trop jeune pour être appelée "la dame", appelez moi Angela.

Puis, je me tourne vers Maya, qui pose sur moi un air interrogateur.

-Maya, tu as extrêmement bien travaillé, et nous sommes toutes les deux vraiment très fières de toi. Tu as tellement bien travaillé que l'école est devenue trop facile pour toi et tu commences un peu à t'ennuyer non? (La petite fille acquiesce d'un hochement de tête.) Alors avec Rose, nous avons décidé que tu auras des exercices un peu différents à l'école, un peu comme on avait commencé à faire quand tu finissais ton travail avant les autres, mais cette fois, avec des exercices de grands. Nous voulions aussi te proposer quelque chose. Est-ce que tu voudrais que, certains jours, on se retrouve toutes les deux pour apprendre d'autres choses? Comme ça, quand ta maman revient, on essayera de te mettre dans une école avec les grands et, tu verras, tu ne t'ennuieras plus du tout.

La petite fille semblait intéressée par ce que je lui disais, mais également un peu déboussolée. Elle cherchait le regard de Rose pour qu'elle lui confirme ce que je venais de dire, comme si j'étais en train de lui jouer un mauvais tour. Elle semblait ne pas vraiment comprendre pourquoi nous voulions la changer d'école. Comme pour confirmer ma pensée, elle demanda:


-Pourquoi me changer d'école? Vous ne voulez plus de moi? Et mes amis alors?

Les amis. Cette considération qui prime sur tout chez les enfants. Ils pensent encore que les amitiés sont éternelles et qu'ils ne s'intégreront jamais ailleurs. Je m'empressais de la rassurer, cherchant par la même occasion approbation de son officieuse tutrice. 

-Tu sais Maya, tu pourras voir tes amis en dehors de l'école. Si nous voudrions te changer d'école, c'est pour que tu apprennes mieux, que tu aies un meilleur avenir et un meilleur métier quand tu seras grande.

Maya sembla réfléchir un moment. Puis elle secoua la tête.

-Je crois que ça me plairait bien d'apprendre avec les grands. Et puis si j'ai un métier qui gagne beaucoup d'argent, je pourrai aider maman, parce que elle, elle n'en a pas beaucoup de l'argent.

Bien que stupéfaite, j'acquiesçais pour ne pas braquer la petite fille. J'étais admirative de voir que même si sa mère l'avait abandonnée à une quasi-inconnue, le coeur pur de la petite fille ne lui en voulait pas, elle était même capable de pardonner, et d'aider sa mère. Une belle leçon de pardon! Je repensais à Tim. Je n'avais pas été capable de faire preuve d'autant de sagesse qu'une petite fille de dix ans. Peut-être devrais-je pardonner moi aussi et le rappeler? Peut-être me rejetterait-il lui aussi. Mais si je n'essayais pas, je ne pourrais pas le savoir. 


-Tu es vraiment une petite fille formidable Maya, surtout, ne change pas. 


Hors-sujet.

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MessageSujet: Re: The sweetest devotion - ft. Angela Jackson   Ven 2 Fév - 12:29


Maya appuyée contre mes jambes, je finis par distraitement écouter les explications en jouant de mes doigts dans ses cheveux dorés. Je la sais très concentrée, elle écoute toujours tout attentivement, sauf quand je lui demande d’aller se coucher. Elle a tout le temps un trop plein d’énergie, j’ai du mal à la suivre tellement elle en bouillonne. Je la surprends qui lève les yeux sur moi, le front plissé et le regard interrogatif. Avec un sourire, je glisse ma main sur sa joue dans une caresse discrète. Malheureusement, je ne peux pas choisir pour elle. Je ne veux pas. C’est sa vie. Ses choix. Je peux l’aider, la conseiller, lui dire tout ce que je sais du monde et lui narrer ma vie pour qu’elle évite de faire les mêmes erreurs, mais je ne peux pas les lui éviter. Je peux l’empêcher de tomber dans la rue, mais pas lui dire que sa vie est dans cette école ou dans une autre.

Je me penche sur elle et lui demande ce qu’elle en pense. Sa réponse est immédiate. Elle s’enquiert en premier de ses amis. Angela est plus rapide que moi et lui apprends qu’elle pourra toujours les voir après l’école. Je tente une méthode plus douce et lui explique : « On pourra aller les voir si tu veux aller dans une nouvelle école. Je t’emmènerais quand tu veux. Mais tu sais, tu es encore jeune et à vos âges l’amitié n’est pas liée à la distance ou aux moments passés ensembles. Chaque fois que vous vous reverrez, tes amis et toi seraient aussi heureux. C’est pour ça qu’il ne faut pas t’inquiéter, tu ne disparaîtras pas de leurs vies et ils ne t’oublieront pas. Je te le promets, mon cœur. »

Un sourire doux flotte sur mon visage et semble achever de convaincre l’élève. Elle a posé une autre question qui ne s’adresse pas à moi, mais je sais exactement ce qu’il en est.

« Personne ne veut se débarrasser de toi, Maya, Angela, Sam et moi on ne veut que le meilleur du monde pour toi. Aujourd’hui, on pense que le meilleur serait encore de te donner toutes tes chances dans le monde et t’éviter de t’ennuyer de l’école. Tu es très très forte, mais ça ne t’empêchera pas de détester l’école quand tu te rendras compte que ça va trop lentement. Ça m’est arrivé et il n’y avait pas une extraordinaire professeure à ce moment-là pour m’aider et me guider. »

La conversation reprend une nouvelle fois et Maya pense directement à Sam. Je ressens un pincement au cœur quand elle adresse ses souhaits. J’étais là à faire de mon mieux et la petite fille ne pense qu’à son imbécile de mère. Je sens ma mâchoire se crisper à cause d’un sentiment stupide et inconvenant de jalousie. Je n’y crois pas. Je suis restée une gamine. Idiote, mesquine et jalouse. Angela met un terme à mes pensées stupides et je devine qu’il est temps pour moi de rappeler à Maya qu’elle a encore le temps. Je tourne la petite vers moi et m’accroupis face à elle, cette fois, c’est elle qui me regarde d’en haut.

« Tu sais, tu peux encore y penser. Tu as jusqu’au retour de ta maman pour bien réfléchir, Angela et moi sommes là pour t’aider et te guider, mais c’est ton choix, tu comprends ? Je pointe mon doigt vers son cœur. Tu es encore jeune et ta vie n’est pas faite, quoi que tu fasses, tu es et restera ma petite merveille et la meilleure Maya du monde. Tu es libre. La seule chose que j’ai à t’offrir Maya c’est tout mon amour et mon soutien dans ce choix et dans ta vie. J’aiderais ta maman autant que je le peux et autant que tu le voudras. Tu n’auras qu’à me poser tes questions et me dire ta réponse. »

Elle me fixe et je passe à nouveau ma main sur sa joue mais cette fois bien plus longtemps. Elle finit par appuyer sa tête dessus et passer ses bras autour de mon cou. Il ne m’en faut pas plus pour la tirer vers moi et la serrer avec douceur. Je l’entends murmurer dans mon oreille : « Je crois que je vais aller dans la nouvelle école, Rose. Mais il faut que je demande à maman si elle est d’accord. »

Je souris à Angela de toutes mes dents et lui fait un signe « oui » de la tête. Je suis tellement heureuse. Tellement fière. Tant de courage dans un si petit corps. Tant de force dans un être à la vie si compliquée. Tant d’amour dans une personne abandonnée par sa mère. Elle finit par s’éloigner de moi avant que je ne lui fasse mon célèbre câlin-ourse-étouffant et se tourne vers Angela.

« Je crois que je vais faire ce que vous avez dit Madame Jackson ! Merci ! »

J’entends dans sa voix qu’elle a un large sourire et sa grimace me contamine. Quand la bouille d’ange se tourne vers moi l’air de me demander si elle peut y aller, je lui fais signe en hochant la tête. Une fois qu’elle a disparu dans l’entrebâillement de la porte, je tends la main à Angela.

« Je compte sur vous pour la suite. Je vous tiens au courant pour Sam… J’espère qu’elle va vite revenir histoire de ne pas passer à côté de cette opportunité. J’ai l’air plus grave qu’en présence de Maya maintenant qu’elle a quitté la pièce. Merci infiniment. Merci pour tout… »
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