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 Midnight City

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Criminel(le)
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Rose Persona/White Rabbit
MessageSujet: Midnight City   Jeu 4 Jan - 20:46


Midnight City

- Lonnie Machin/Anarky -

« Et bien je crois que ce sera tout, monsieur Hudson.

- Merci infiniment, je vous souhaite une bonne soirée. Jaina ?

Je vous remercie, sergent. »

Mon père se lève, je me lève à son tour, faisant un léger sourire hypocrite au sergent. Toujours à côté de mon père, nous sortons dans le silence, nous ne prononçons aucun mot. Des policiers nous regarde, j’essaye de rester digne. Certaines femmes me regardent comme si j’étais étrangère, ou pire, quelqu’un qui a vraiment changé de bord. Et quoi ? J’ai le droit d’être comme je veux. Je suis en jean, dans un sale état avec les trous, j’ai des converses, un t-shirt gris un peu large et court, un petit collier descend dans le creux de mon cou, des puces d’oreilles ainsi que quelques bracelets quelconques. Je me réchauffe avec une veste en jean molletonné, avec un col en laine, et une écharpe. Je ne suis pas maquillée, je suis un peu coiffée, des boucles légères qui permettent de laisser mes cheveux voler, être beaux tout de même. Mon père m’ouvre la porte arrière de sa voiture, j’y entre et je vais au dernier siège, il rentre à côté de moi et donne comme instruction à son chauffeur de démarrer. Quel plaisir de revoir Stewart, c’est un gentil mec, il à la cinquantaine d’année, je le connais depuis petite, il est si serviable et tellement à l’écoute. Il me sourit dans le rétroviseur, j’en fais autant.

« Pourquoi tu es habillée comme ça ? Me demande mon père, toujours un peu sur les nerfs.

-J’avais prévu d’aller à Burnley aujourd’hui, d’ailleurs est-ce que tu peux me déposer là-bas s’il te plaît Stew ?

-Pas de problème Jai’.

-Oui évidemment tu avais oublié que tu devais aller en prison !

-Je n’y vais pas !

-Bien sûr ! Heureusement que je suis là pour épargner cette connerie ! Jaina, mais qu’est-ce qui t’as pris ? Laisser échapper cette ordure, il nuit à ta carrière, il a fait du mal à ses gens !

-Cet homme avait raison, il faisait que prévenir à tous ces chercheurs d’or qu’ils devaient s’occuper d’autres choses que de leur cul.

-Depuis ton adolescence j’ai dû mal à te comprendre.

-Tu devrais pourtant, on a vécu comme tous ces pauvres qui sont dans le quartier de Burnley, quand on était en Inde, c’était très dur, on a connu la famine parfois alors s’il te plaît tu peux comprendre que je veuille me rapprocher de ces gens … Comme eux on était heureux parce qu’on était ensemble mais la pauvreté nous détruisait, tu le sais. »

Je le regarde, il ne dit rien et se met même à regarder dehors. Je soupire en songeant au fait qu’il aurai pu au moins se souvenir de cela, de comment on a vécu auparavant. Maintenant que ce dur passé est derrière nous il ne fait que de vivre avec ce qu’il a, de l’argent à ne plus savoir quoi en faire, il a complètement oublié d’où il venait, moi non.

« Déjà adolescente tu étais une espèce de terroriste avec ton association.

-On ne faisait rien de comparable aux terroristes, papa, on voulait libérer les animaux c’est tout.

-Tu pourrai au moins t’habiller comme d’habitude, au moins avec élégance.

-Je vais à Burnley ! Si je vais à Burnley avec ce que je porte en général, je me ferai vite tuer. Et arrêtes de changer de sujet. »

Ce fût exactement comme je le prévoyais : nous ne décrochons pas un mot. Je n’avais même pas pris la peine de le remercier d’être venu à Gotham pour parler au GCPD de ce qui s’était passé. J’avais de la chance de l’avoir à mes côtés mais je détestais le fait qu’il me parlait comme à une ado et aussi le fait qu’il ne comprenne pas la cause que j’essaye de défendre. Stewart s’arrête, je le remercie et je descends sans rien dire. Je croise les bras et je regarde partir la voiture, je ne lui ai pas dit au revoir mais c’est vrai que j’ai fait fort aujourd’hui. Je me retourne et je vais directement au refuge que je finance où l’on sert les plus pauvres en nourriture. En général, nous pouvons donner des couvertures ou même laisser quelques personnes dormir dans le bâtiment la nuit à partir de minuit. Je me demande comment se porte cet endroit, ça fait un long moment que je n’y ai pas mis les pieds mais je verse souvent de l’argent à ceux qui s’en occupent.

Je pousse la porte d’entrée de la bâtisse, le hall a été repeint en blanc, il y a des bancs, des tables et on sent déjà que Mag a commencé la cuisine. Je me dirige de ce pas vers les cuisines où je trouve mon amie, une rousse au caractère un peu fort, qui m’accueille bras ouvert et me donne même un tablier. On discute un peu du bâtiment, elle me remercie des fonds que je verse chaque mois et on cuisine de la soupe pour les SDF. La nuit commence à tomber au fur et à mesure et les personnes vont commencer à arriver, certains proches de Mag sont habitués à venir l’aider, je les laisse gérer la suite et je commence à partir. Je préfère rentrer chez moi pour reprendre mon travail, j’en ai besoin si je veux sauver mon job. Je sors du bâtiment et je reprends la direction de mon quartier.

Je marche, je pense aux pauvres gens qui vont recevoir un repas chaud ce soir, ceux qui dormiront là-bas ou dehors malgré ce froid, alors que je rentre dans mon grand appartement. Je me demande souvent comment j’ai pu en arriver là où je suis, j’en suis surprise parfois. Je sens alors qu’une personne me suis. Je penche un peu la tête sur le côté et je vois deux ombres me suivre, ils ont une marche assez déterminée même si elle semble à vouloir se faire discret, et j’ai l’impression qu’ils me suivent vraiment. J’accélère le pas, ils en font de même.

Merde.

Je commence à accélérer un peu plus. Tant pis, je commence à courir et je les entends courir derrière moi. Et merde j’avais vraiment oublié comme était ce quartier quand on commence à se promener la nuit tomber.

« Hudson ! »

Ils m’ont reconnu ! Moi qui pensait passer inaperçu habillé comme ça. Je continue à courir et j’ai même l’impression que White m’aide à prendre de la vitesse. Je tourne dans une rue, les maisons s’alignent ainsi que des ruelles. Je me dépêche de me glisser dans une ruelle et de me cacher derrière une grosse poubelle. La cachette classique, peut-être, mais j’espère au moins qu’ils ne m’auront pas suivi.

« Où t’es beauté ? »

Je prends délicatement un bout de bois près de moi, je le tiens entre mes deux mains, j’essaye de ne pas faire de bruit avec ma respiration. J’espère que je saurai leur faire face.



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Lonnie Machin/Anarky
MessageSujet: Re: Midnight City   Ven 5 Jan - 2:29


Midnight City


Une effusion de sang vient s’imprimer sur le papier peint beige. Un râle la suit, un long râle de douleur. Je me relève et reprends doucement mon souffle. Debout, taché par le sang de cette vermine, je le regarde à travers mon masque. Il est étendu devant moi, le visage fracassé par mes poings et mon pied de biche. Son nez ne ressemble à plus rien, ses yeux peinent à s’ouvrir, sa bouche est pleine de sang et de dents, ses joues sont barbouillées de sang. Il est méconnaissable. Ses vêtements sont imbibés de son propre sang tandis que quelques giclées sont venus s’écraser sur mon blouson et mon sweat. Pendant de longues minutes, je regarde cet homme agoniser par terre, respirant difficilement et recrachant son sang avec le peu de force qu’il lui reste. Je devrais peut être ressentir quelque chose à son égard mais ça n’est pas le cas. Il ne m’inspire rien, même plus de mépris. Je ne vois plus qu’un pauvre type qui vient de prendre la raclée de sa vie. L’adrénaline laisse place à la douleur qui vient de mes poings. Mais ça n’est rien à coté de ce qu’il doit ressentir en ce moment. Il a eu ce qu’il méritait. C’est ainsi que la justice devrait fonctionner.
Il est 20h, je viens de tabasser Tyler, le chef d’un petit gang qui extorquait les commerces et les habitations du coin. Cela fait quelques semaines qu’ils terrorisent les habitants de ce quartier et que la police ne fait rien. Alors j’ai décidé de m’occuper d’eux moi même. Ça a été simple, j’ai juste eu à trouver où vivait leur chef et à lui rendre une petite visite. Avant cette visite, je n’avais jamais autant frapper un homme de toute ma vie. Il faut dire que je me suis acharné sur lui, emporté par l’adrénaline, le tuant presque d’ailleurs. Mais il le méritait. Lui aussi a frappé des innocents, il a même fait bien pire. Maintenant, je suis sur qu’il ne recommencera pas. Il sait que si il recommence, je le trouverais et je recommencerais, mais sans m’arrêter cette fois. Ce soir, la justice a été rendu correctement.

« Je te laisse en vie pour cette fois. Tu vas d’ailleurs me rendre un service. Dis à tes copains que ce quartier est sous la protection d’Anarky. Si j’entends encore parler de vous, je reviendrais, et je serais moins clément. »

Je l’enjambe et traverse le petit appartement pour en sortir. Je ne prends même pas la peine de fermer la porte derrière moi, me dirigeant directement vers les escaliers pour quitter l’immeuble. J’ai encore beaucoup à faire cette nuit. La révolution ne mène pas seulement en s’attaquant aux grands de ce monde. Faire tomber les entreprises qui enchaînent ce monde, c’est bien mais insuffisant. D’autres viendront les remplacer. Une révolution, c’est au peuple de la mener. Ça a toujours été comme ça. Je ne suis que l’étincelle. Je les guiderais, ils ont besoin de moi comme j’ai besoin d’eux. Et pour ça, je dois obtenir leur confiance. Je dois me débarrasser de tout les effets secondaires du système avant de m’attaquer au cœur du problème.

Je sors de l’immeuble et me retrouve dans la rue. La nuit est en train de finir de tomber et le quartier de s’endormir. La nuit, il est plutôt calme, seul les truands et autres criminels ont le courage de braver le froid et de sortir. La criminalité règne en maître une fois le soleil disparu. Il faut avoir beaucoup de cran ou être suicidaire pour se risquer à se promener. Comme cette femme qui court par exemple.
Brisant le calme de la nuit, des bruits de pas résonnent dans la rue. Je tourne la tête et vois une femme courir et tourner dans une petite ruelle, deux hommes la poursuivant. On dirait que Tyler ne sera pas le seul à découvrir ce qu’est la justice ce soir. Je les vois s’arrêter devant la ruelle. Je me dirige alors vers eux, pied de biche à la main. Au fur et à mesure que je m’approche, j’entends plus distinctement leurs cris, témoignage de l’effet que le système peut avoir sur des cerveaux faibles. Ils s’engorgent à leur tour dans la rue et je presse le pas pour les intercepter avant qu’ils ne puissent faire du mal à cette femme. J’arrive à mon tour dans la ruelle, à quelques mètres d’eux. Je m’approche doucement, profitant de l’effet de surprise. Ils m’entendent, mais trop tard. Le premier coup part, touchant l’un des deux hommes à l’arrière du crane. Il tombe sur le coup, assommé. L’autre se retourne, surpris. Mais je ne le lui laisse pas le temps de faire quoique ce soit et lui envoie un coup dans la mâchoire, l’assommant à son tour. Je les regarde brièvement puis avance de quelques pas dans la ruelle.

« Vous pouvez sortir, je ne vous ferais pas de mal. Vous êtes en sécurité maintenant. »






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Criminel(le)
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Rose Persona/White Rabbit
MessageSujet: Re: Midnight City   Ven 5 Jan - 23:57


Midnight City

- Lonnie Machin/Anarky -

Le bâton en bois entre ma poitrine, je sentais mon cœur battre à une vitesse folle. Je pouvais sentir ma cage thoracique se gonfler et se dégonfler au fur à mesure que je respirais. Je pouvais voir mon souffle chaud s’envoler dans l’air froid de la nuit. Le silence dans la rue, dans la nuit, faisait que je pouvais entendre parfaitement les pas de ceux qui m’avaient suivi. Ils étaient deux, ils n’avaient pas la même taille, pas le même gabarit. Qu’est-ce que je pouvais faire ? J’avais ce bâton de bois, j’avais au moins quelque chose mais … Que me voulaient-ils ? Que veulent-ils me faire ? Je sais juste qu’ils savent qui je suis et qu’ils veulent ma peau. Enfin, c’est ce que j’ai constaté en tout cas. Il avait une allure effrayante, ils voulaient se montrer agressifs. J’entends encore leurs pas s’approcher, mais ils avancent doucement. Je ferme les yeux, j’inspire profondément, prête à me lever à tout moment. D’un coup, un picotement me ramène à moi, je regarde ma main qui me lance des petits picotements, comme lorsque le sang revient doucement. Ma main devenait blanche, un blanc pâle et des ongles bien plus claire. Ô mon dieu non, pas maintenant, non il ne faut pas.

Ne fais pas ça je t’en supplie.

C’est pour nous sortir de là.

Ce sera trop tard !

Un autre bruit me ramène à la réalité, j’entends un coup dur venir cogner une surface dure puis un corps qui tombe. Soudain, un deuxième. Je serre mon bâton dans ma main, je ne comprends pas. Je regarde ma main, je ne sens plus rien et elle est redevenue normale. Je respire vite, à la vitesse à laquelle mon cœur se met à battre maintenant que j’ai entendu ces bruits étranges. J’entends maintenant une voix. Cette voix … Je crois que je la reconnais. Serait-ce possible que ce soit l’homme que j’ai rencontré quelques jours plus tôt ? Je ne sais même pas quoi faire, j’hésite à sortir de là. Je ne sais pas ce qu’il peut encore m’arriver. Après tout, j’ai peur et c’est normal. J’inspire profondément et je décide de me lever d’un coup, je me retourne directement vers la personne en faisant un pas en arrière, gardant le bâton vers moi. Je perçois une forme, une attitude, une position, une ombre familière. J’hôte les cheveux qui sont devant mon visage pour les remettre en arrière et je vois maintenant plus clair : C’est lui, c’est l’homme en rouge, l’homme au masque blanc qui avait menacé les invités de la soirée que j’avais organisé, mais aussi celui que j’avais aidé à s’enfuir. Je vois qu’il a un pied de biche dans la main puis mon regard descend un peu plus sur les corps au sol, les corps de mes agresseurs. Il les a vu me suivre ? Je crois qu’il est arrivé au bon moment. Je baisse lentement mon bâton et je le laisse tomber au sol. Je me demande bien ce que me voulait ces brutes. Je regarde l’homme en rouge, dont j’ignore le nom, et je hoche légèrement la tête.

« Merci … Je dois dire que vous êtes arrivé au bon moment. »

Je ne sais trop quoi dire, je crois qu’il m’intimide un peu, j’ai l’impression que l’on est presque quitte maintenant. Je lui ai sauvé la mise la dernière fois et maintenant par pur hasard c’est lui qui me sort de ce pétrin. Comment remercier un homme qui vient de vous sauver d’un traumatisme ? Qui sait ce que ces hommes auraient pu faire de moi. Je regarde mon sauveur et je distingue des tâches de sang sur ses chaussures et de très légères gouttes sur son masque mais je ne pense pas que ce sang vient des hommes qui sont au sol. Je me redresse un peu, histoire de me tenir un peu droite, tout de même. Je commence à croiser mes bras contre mon torse, sentant la brise glaciale venir sous mes vêtements. Si j’avais su que je rentrerai aussi tard chez moi, je me serai habillée plus chaudement.

« Comment pourrais-je vous remercier ? »

Le froid commençant à venir assez rapidement, je décide de fermer ma veste et de croiser mes mains, histoire de les recouvrir ensemble, les préserver un peu du froid pour les réchauffer mutuellement. 



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Criminel(le)
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Lonnie Machin/Anarky
MessageSujet: Re: Midnight City   Sam 6 Jan - 18:47


Midnight City


Ces yeux verts … Je ne les ai vu qu’une seule fois et pourtant, je m’en souviens comme si il était gravé dans ma mémoire. Ces deux émeraudes percent la nuit, reflétant le clair de lune, seule lumière qui baigne la lugubre ruelle. Et je reconnais immédiatement la personne que je viens de sauver.
Elle est sortie de derrière une poubelle, un bâton à la main. Quatre mètres doivent nous séparer mais j’arrive à entendre sa respiration. De grandes inspirations, haletantes, sûrement l’effet de la panique. Logique, qui sait ce que c’est deux types auraient pu lui faire ? Si même moi j’ai réussi à massacrer un homme comme je l’ai fait ce soir, je n’ose même pas imaginer ce que ces deux là aurait pu lui faire à elle. Elle laisse tomber son arme de fortune, un pauvre bâton qui n’aurait pas été d’une grande utilité, puis elle me remercie pour avoir été là au bon moment. Si elle savait ce que j’avais fait pour arriver dans le coin, elle ne dirait peut être pas ça. Que penserait-elle de ce que j’ai infligé à ce cher Tyler ? Trouverait-elle toujours ma cause juste ou mes méthodes extrêmes la ferait changer d’avis ? Ce serait dommage, moi qui doit être dans ses bonnes grâces après ce sauvetage.
Elle se tient face à moi, les bras croisés, m’examinant de la tête au pied. J’en fais de même, constatant qu’elle a mis au placard la robe de princesse pour une tenue bien plus passe-partout. Un jean en mauvais état, un T-shirt basique, des converses usées, on pourrait presque croire qu’elle vient du quartier. Seul les bijoux font tache. En porter, c’est dangereux, même la camelote intéresse les petits criminels qui pourraient de toute façon vendre leur propre mère.
Elle finit par relever la tête et me demande comment elle pourrait me remercier. Même si lui demander de vider l’un de ses comptes en banque pourrait être une proposition alléchante, je m’abstiens. Elle mérite sûrement d’être mieux traiter que les gens qu’elle côtoient. Ça serait idiot de gâcher ma chance de la revoir, qui sait comment pourrait tourner cette nuit qui s’annonçait pourtant aussi banale que les précédentes.

« Je pense que nous sommes quittes. Vous avez déjà fait votre part la première fois que nous nous sommes rencontrés. C’est plutot à moi de vous demander comment je pourrais vous aider ? Ce quartier n’est pas vraiment un endroit où une jeune femme comme vous peut se promener la nuit. »

Une bourrasque de vent engouffre dans la ruelle et même moi la ressens malgré mes nombreuses épaisseurs de vêtements. Je la vois fermer sa veste et mettre ses mains à l’abri du froid. Je ne peux malheureusement pas faire grand-chose pour elle sur l’instant, n’ayant pas de solution miracle pour tous les problèmes existants. A vrai dire, je ne peux pas forcement faire grand-chose pour l’aider. La raccompagner chez elle est hors de propos, je ne suis pas vraiment le bienvenue dans le quartier où elle vit et je ne risquerait pas une arrestation pour ça. Et dans les environs, je n’ai que ma planque comme endroit sur, dans les sous sol du tribunal Solomon Wayne. Est ce que lui montrer l’endroit où je me terre est réellement une bonne idée ? Je ne la connais pas et j’aimerais éviter une descente de flics après seulement quelques semaines d’installations. Mais c’est la seule alternative que j’ai à lui proposer et si elle m’a sauvé la mise une fois, le risque peut être pris. Je la vois mal me balancer après ça, et puis, elle sait qui je suis, rien que ça devrait suffire à l’assagir.

« Je peux peut être vous proposer quelque chose. J’ai une planque pas loin d’ici. C’est de loin l’endroit le plus sur du quartier. Si vous n’avais pas d’autres solutions, vous pourrez y passer la nuit, jusqu’au lever du soleil demain. »

Je la regarde dans les yeux en attendant une réponse. Osera-t-elle me suivre droit dans l’inconnu, moi, un dangereux inconnu qui l’a menacé il y a seulement quelques jours auparavant ?






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MessageSujet: Re: Midnight City   Dim 7 Jan - 1:00


Midnight City

- Lonnie Machin/Anarky -

Je le regarde, lui et son manteau rouge, son masque blanc … Sa présence. Je repense encore à cette soirée, il y a quelques jours, où l’eau s’écoulait sur nous, il avait un air menaçant, il menaçait les invités, moi y comprit, il nous avait tous mit dans le même panier. Maintenant, le voilà face à moi, me sauvant la mise, ou même la vie. Ganesh seul sait ce qui aurait pu arriver. Il me dit alors que nous sommes quittes, lui et moi, exactement ce que j’avais moi aussi pensé un peu plus tôt. Je lui ai rendu un service, je l’ai moi-même sauvé de la police, et maintenant il me sauve de deux hommes voulant me faire du mal. Il me demande aussi comment il pourrait m’aider, me disant que ce quartier n’est pas fréquentable la nuit. Oui, merci, je le sais. Je n’oserai sûrement pas lui demander de me raccompagner chez moi, ce serait trop compliqué. De nombreuses personnes l’ont vue à la soirée que j’avais organisé et s’il venait dans ce costume il serait très vite repéré et arrêté. Je ne peux donc pas lui demander cette faveur. Je peux peut-être tenter de lui dire que je rentrerai seule, que je ferai mon chemin sans lui mais que je le remercie encore pour m’avoir défendu. Je passe mes mains sur mes bras, croisant mes bras au passage, réfléchissant à comment, effectivement, il pourrait m’aider. Seulement je ne vois pas grand-chose qu’il puisse faire maintenant et à cette heure-ci. Il n’est pas tard, non, mais les gens fréquentent encore trop les rues près du quartier où je vis.

Alors que je m’apprête à lui dire de laisser tomber et lui dire que je vais rentrer chez moi seule avant que la gelée ne tombe sur la ville, il me propose de venir me réfugier dans sa planque, d’y dormir et de repartir le lendemain matin, lorsque le soleil sera levé. Je ne pense pas qu’il a une idée mal placée, pourquoi m’aurait-il sauvé autrement ? Et puis avec tout ce qu’il avait dit l’autre soir, je n’en pense pas moins au sujet de ces gens qui utilisent la bonté des autres à des fins personnels pour le pouvoir et l’argent. Je baisse les yeux, je regarde partout, je recherche à savoir ce qui est bon. Le froid commence vraiment à devenir presque insupportable, le quartier de Burnley, je dois encore traverser pas mal de rue avant d’arriver à un autre quartier. Et s’il était gentil ? Et s’il ne voulait que mon bien ? Je n’ai pas envie de le mettre mal à l’aise non plus. Il n’est pas un homme lambda, il est un homme costumé qui a surgit dans une soirée pour menacer des gens dans le but de montrer qui il est. Je ne sais pas trop quoi en penser d’ailleurs. Je ne sais même plus quoi penser. Je relève les yeux vers lui, oserais-je ? Je regarde le ciel, je sens le vent balayer mon visage de quelques mèches de cheveux. Je me résigne.

« Très bien … J’accepte. »

Je viens déposer mon regard sur lui, je ne sais pas trop pourquoi j’accepte. Disons peut-être que j’ai besoin de découvrir qui il est, après tout on partage un peu les mêmes idées, je me demande ce qu’il veut faire dans cette ville. Veut-il vraiment faire changer le point de vue des riches ? Je pense que c’est un peu mal parti. Ils ne sont pas très sensibles à la menace, pour certains, ils restent sur l’idée que la police est là pour les protéger. A vrai dire, c’est ce qu’il arrive plus souvent.

« Mais … Je ne veux pas vous déranger, vraiment. Je me ferai discrète s’il faut. »

Mon cœur recommence à s’emballer. Aurais-je peur ? C’est-à-dire que je m’embarquer dans une planque avec un homme qui m’a sauvé la vie mais qui m’a menacé tout de même quelques jours plus tôt. Mais bon, autant risquer des choses dans la vie, pimenter un peu sa journée, faire des choses que l’on n’a pas l’habitude de faire. Vivre, en fait. 



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Lonnie Machin/Anarky
MessageSujet: Re: Midnight City   Lun 29 Jan - 1:19


Midnight City


Le silence est revenu, laissant loin derrière nous les cris d’agonie de Tyler ou le fracas de mon pied de biche contre les cranes des deux agresseurs. Ces instants de calme font du bien dans une vie où la violence occupe une place maintenant importante, peut être trop, mais malheureusement obligatoire. C’est le seul langage que comprend ce monde d’aujourd’hui.
J’attends la réponse à ma proposition, qui avec du recul m’apparaît presque comme une erreur. Livrer ma planque et mes secrets à quelqu’un qui n’a pas prouvé que je peux lui faire confiance, c’est une erreur de débutant. Je ne suis pas là pour prendre des risques, ressentir de l’excitation et avoir des montées d’adrénaline. Mais maintenant que c’est fait, autant essayer d’en tirer autant de bénéfices que possible. Qui sait ce qu’elle pourrait m’apporter correctement manipulé. Alors qu’une faible bourrasque de vent frais s’engouffre dans la ruelle, elle répond positivement à ma réponse puis insiste sur le fait qu’elle ne veut pas déranger. Plus elle me parle, et moins j’arrive à la voir comme une ennemie, même si une partie de moi le voudrait. Je sache ses pensées de ma tête et me met en route avec elle sur mes talons.

Nous marchons cote à cote dans le No man’s land qu’est devenu le quartier. Alors que le bruit de mes rangers s’écrasant contre le bitume résonne dans la nuit taciturne et rythme notre marche, elle ne fait presque aucun bruit, comme si ce n’était qu’une ange qui m’accompagnait, n’existant pas vraiment pour le reste du monde. Je chasse aussi cette pensée de mon crane. Je dois rester le plus neutre possible face à elle, ne montrer aucun signe de faiblesse ni de quoique ce soit. Mesure de précaution.

Après un trajet des plus silencieux, nous arrivons finalement au tribunal, dans lequel nous entrons. Il y fait sombre et la saleté y est de plus en plus envahissante chaque jour. Nous traversons une par une les salles abandonnées, qui forment maintenant un dédale lugubre où la justice n’est plus qu’un fantôme d’un lointain passé. De ces murs n’émanent plus que la corruption qui a fait sombré ce bâtiment et qui s’attaque aux restes de la ville désormais.
Nous arrivons à une pièce de service après avoir franchi une épaisse porte métallique qui était verrouillé. Des escaliers se trouvent dans cette pièce, escaliers que nous descendons. Nous nous retrouvons face à une énième porte que je déverrouille à son tour puis nous entrons enfin dans ma tanière.

C’est un véritable îlot en dehors de l’espace et du temps. Même si l’endroit n’est pas des plus propres et des plus accueillants, il tranche nettement avec le reste du bâtiment. Mais on est loin du confort auquel elle doit être habitué. Pour dormir, elle n’aura qu’un matelas posé à même le sol et à peine assez de draps pour échapper à la fraîcheur ambiante. Le reste de la pièce n’est que cartons remplis de pièces de récupérations, des tables sur lesquels on peut trouver des plans, des photographies, des notes, des outils. Et au fond de la grande pièce trône mon bureau, seul lien avec le reste du monde. Il y a mon ordinateur, plusieurs écrans et un bazar monstre. Je m’y dirige, ne faisant plus attention à elle. C’est presque comme un rituel quand je rentre de mes sorties nocturnes. J’arrive face à ce bureau et commence à enlever ma tenue. Je baisse ma capuche, pose mon sac à dos, enlève mon épais blouson et le pose sur le dossier du siège et finalement, je pose mon masque sur le bureau, découvrant mon visage qu’elle n’a encore jamais vu. On se connaît un peu et pourtant, il va falloir refaire les présentations. C’est la première fois que quelqu’un va connaître les deux facettes, je me demande encore si c’était une si bonne idée …

Je me retourne et vais vers elle alors qu’elle vagabonde dans la pièce. Elle arrête de faire ce qu’elle faisait pour reporter son attention sur moi. L’instant est particulier. Sans le masque, c’est tout de suite moins évident, je redeviens une simple personne, sans rien d’exceptionnel. Je me demande ce qu’elle voit maintenant que le masque est tombé, maintenant que je suis un peu plus moi même et un peu moins Anarky …
D’une voix toujours assuré mais nettement moins puissante, plus naturel, je prends finalement la parole.

« Lonnie, enchanté. »






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MessageSujet: Re: Midnight City   Lun 12 Fév - 10:38


Midnight City

- Lonnie Machin/Anarky -

Nous marchons côte à côte, nos pas sont sur le même rythme, tandis que je regarde le paysage : un quartier silencieux, vide, aucune personne dans les parages, sauf nous évidemment. Non, rien, même pas un avion ne vole dans le ciel noir. Aucun mot ne vient perturber ce silence, malgré le fait que les pas de l'homme à mes côtés sont bruyants. Doucement je suis la direction qu'il prend où l'on arrive tous les deux devant le tribunal Solomon Wayne. Une inspiration s'empare de moi lorsque je me retrouve devant le tribunal, un souvenir pénible y siège confortablement depuis des années. Je le suis, enjambeant quelques débris. Les murs sont sales, certains endroits ont recueillis l'humidité. Je peux sentir l'odeur de la poussière qui vole à chaque fois que nous marchons. Pourquoi m'emmène-t-il ici ? Mon cœur bat de plus en plus vite, je ne comprends pas vraiment pourquoi je suis là. Je tente d'apaiser mes craintes en regardant les pièces que nous traversons chargées d'histoire et de secret. Nous traversons une porte métallique qu'il venait de déverrouillé, nous descendons d'un étage par les escaliers présents dans cette pièce. Une fois descendue, nous nous retrouvons devant un petit couloir menant à une porte. Il rentre et me laisse entrer à son tour. Par habitude, je ferme la porte en regardant la pièce.

Cette pièce est beaucoup moins en lambeaux comparées aux autres pièces, bien qu'elle reste dans un état de reprise et chargé d'histoire. Les restes de cette pièce sont encore là, un matelas est posé à même le sol avec par dessus quelques draps. Le bureau de l'ancien procureur a l'air d'être encore en bon état, il y a plusieurs écrans relier à une tour d'ordinateur que je ne peux pas voir, elle doit être de l'autre côté. Que peut-il bien faire avec autant d'écran et un ordinateur ici ? Préparer ses coups en douce évidemment, comme il a préparé son coup dans ma réception. Il va vers celui-ci, je tourne alors le dos regardant le reste de la pièce où plusieurs cartons traînent par ci et par là. Je me penche vers les cartons où je vois des pièces, des vises, des boulons, d'un petit peu de tout je présume. Sur quelques tables d'apoint il y a plusieurs choses aussi, des plans, dont j'en prends un en main, je me demande de quel lieu il s'agit. Une clé à molette traîne aussi sur une des tables, bon à savoir si les choses ne se passent pas comme prévu.

Au même moment, j'entends des pas venir vers moi, je me retourne et mon estomac se retourne, se crispe, une espèce de peur et de rage invisible. Tout se mélange et se brouille dans ma tête. Je regarde son visage lorsqu'il me dit : « Lonnie, enchanté. », il a la voix plus douce, moins rude que lorsqu'il parlait derrière son masque. Il a osé l'enlevé, il a osé me montrer qui il était, il ne doit pas faire ça à tout le monde.

Mais … le fait est que j'ai déjà vue son visage avant, tout est plus clair à présent. Maintenant, je sais comment il est entré dans l'hôtel pour prévenir les invités pour décrire ce que certains sont. Il avait fait toutes les démarches pour être serveur dans l'hôtel avant d'aller se revêtir de son costume. Comment a-t-il fait ses papiers ? Comment a-t-il fait pour rentrer dans cette démarche alors l'homme qui les engage prend pourtant soin de vérifier de nombreuses choses … Je ne sais pas comment réagir, en fonction de ma réaction tout peut changer la donne, et pourtant j'ai tellement envie de lui crier dessus, de le démasquer à son propre jeu, maintenant qu'il s'est dévoilé à moi. Et en même temps, je me souviens de ce rictus que j'avais pu afficher en voyant ce visage sur la photo que le maître d'hôtel avait laissé au sol, il était mignon sur cette photo, comme maintenant quand je le regarde, il n'a pas l'air méchant, et c'est pourquoi ce costume est parfait pour dissimuler cela, autrement il ne pourrait montrer une telle puissance devant les autres, devant les invités d'une réception par exemple. Il est là devant moi, attend une réaction, une réponse.

« Enchantée … Jaina. »

Je décide de rester calme, qui sait comment la situation pourrait tourner si je m'énervais contre lui. Mais à quoi ça sert de s'énerver, je connais maintenant ce petit détail sur les invités, comment il a pu rentrer dans cet hôtel.

« Tu … Tu vis ici ? »



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Lonnie Machin/Anarky
MessageSujet: Re: Midnight City   Lun 19 Mar - 0:54


Midnight City


Pas de masque ni de robe cette fois si. Sommes nous vraiment les mêmes qu’à notre rencontre il y a quelques semaines de là sans nos artifices respectifs ? Pas de masque et de grands discours, pas de maquillage et de pression sociale, juste deux inconnus dans le sous sol d’un bâtiment abandonné. C’est sûrement le face à face le plus étrange de toute ma vie. Je suis partagé entre la méfiance, la curiosité, l’admiration, etc … Tout un panel de sentiments contradictoires qui rendent la situation particulièrement difficile à aborder de façon claire. Moi qui n’ait pas l’habitude de la compagnie, me voilà servi …

Après quelques instants de silence face à face, elle finit par à son tour se présenter, inutile vu que je sais déjà beaucoup de choses sur elle, sûrement plus qu’elle ne se l’imagine. Il faut avouer que quand on est une personnalité publique, il est difficile de cacher tout ce qui peut de près ou de loin nous concerner, surtout à quelqu’un comme moi. Mais tout ça, elle n’est pas obligée de le savoir. Je préfère garder quelques cartes dans la manche pour l’instant.
Elle reprend la parole et me demande si je vis ici. Je ne m’attendais pas à ça comme première question mais soit. C’est vrai que pour une personne comme elle, dormir dans un lieu aussi sale et sordide que celui ci doit être assez conceptuel.

« Je vis ici effectivement. J’imagine que pour toi, ça se rapproche plus d’un taudis que d’un véritable lieu de vie mais quand on est dans ma situation, le confort ne compte que très peu. »

Je glisse mes mains dans les poches de ma veste et jette quelques coups d’œil dans la pièce, comme pour vérifier que tout est là. Des cartons sont un peu partout dans la pièce, gardant à l’abri mes affaires ainsi que tout un tas de pièce de récupération qui finiront sûrement dans des explosifs. Après avoir brièvement balayé la pièce du regard, je reporte mon attention sur elle.

« Comme tu es partie pour passer la fin de la nuit ici, fais comme chez toi. Enfin, évite quand même de toucher à certains trucs sur l’établi, tout mes prototypes ne sont pas encore au point. »

Mais à part ces quelques prototypes qui sont encore à modifier et ajuster, elle risque de vite tourner en rond. Je n’ai pas vraiment le temps pour tout ce qui est divertissement, et je n’en suis pas un grand adepte non plus. Divertir les masses pour éclipser les problèmes, les fédérer autour de clubs de sport et d’artistes pour les contrôler plus aisément, voilà l’intérêt de tout les divertissements pour tout les systèmes quel qu’il soit. Alors non, pas de télévision ni de magasine pour moi.
Après avoir dit ça, je lui tourne le dos et retourne vers mon bureau. Je reprends mon sac que je pose dessus, je l’ouvre et en sort ma matraque que j’ai eu l’occasion de réessayer ce soir. J’appuie sur le bouton au niveau du manche et quelques étincelles surgissent au bout, accompagnées d’un bruit de crépitement. Elle fonctionne parfaitement bien désormais, surtout au vu des chocs qu’elle a pris ce soir. Je l’éteins et la repose sur mon bureau, satisfait. Pour le coup, je n’ai rien qui presse, je pense que discuter avec mon invitée serait sûrement la meilleure des idées. Déjà je la garderais en vue et en plus, j’en ai probablement beaucoup à apprendre sur elle. Je sais que cette femme réserve de nombreuses choses qui pourraient être intéressantes. Et l’occasion ne se représentera peut être pas.
Alors je me retourne vers elle, m’appuie contre mon bureau et croise les bras.

« Alors, que vient faire Jaina Hudson dans notre quartier à une heure pareille ? »






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MessageSujet: Re: Midnight City   Mer 21 Mar - 22:16


Midnight City

- Lonnie Machin/Anarky -

Comment rester impassible devant cet homme qui avait berner tout le monde et moi-même quelques jours plus tôt ? Bien sûr il ne le sait pas, et qu'est-ce que ça peut lui faire ? Quoi que, je connais bien déjà maintenant son identité. Il me fait confiance et c'est carrément dingue. Je ne m'attendais pas du tout à une confiance aussi rapide, il a dû vraiment apprécier le fait que je lui sauve la mise lors de ma réception. Il m'explique alors qu'il vit bien dans ce lieu, que ce n'est pas un simple repère. Il se contente de cela, en même temps au vue de sa situation, de ce qu'il fait et de qui il est, il ne peut que se contenter de cela.

Je me contente de hocher la tête alors qu'il regarde un peu autour de lui. Je suis un peu son regard, je regarde les quelques cartons posés à quelques endroits. J'ai la curieuse envie de regarder ce qu'il y a dedans. Je reviens à le regarder lorsqu'il me reparle pour me dire que je peux faire comme chez moi, car je suis bien partie pour passer la nuit ici. Effectivement, c'est ce qui semble prévu au programme. Il me donne quand même la règle de ne pas toucher à ce qu'il y a sur son établi à cause de certains prototypes pas encore au point.

Tiens donc, il fabrique des petites choses !

Quoi à ton avis ?

Je ne sais pas, mais cela pourrait être intéressant.

Je ne vois pas en quoi cela pourrait être intéressant pour toi.

« Très bien. »

Il me tourne le dos et fait face à son bureau, voulant reprendre ses occupations. Je regarde la pièce, croisant les bras. Je me déplace un peu, me rapprochant malgré moi de son établi. Je touche le rebord de la plateforme, regardant les différents matériaux, ni comprenant pas grand chose non plus. Des câbles, des boîtiers … Rien qui ne correspond vraiment à mon univers. J'entends une sorte de crépitement qui me fait retourner vers Lonnie. Je le regarde, de dos, je ne sais pas trop ce qu'il fait. Je me retourne pour regarder les murs qui se dégradent, je pense à tout ce que j'ai pu vivre dans ce tribunal avant qu'il devienne ce qu'il est aujourd'hui. Je regarde les autres cartons un peu de loin avant d'entendre la voix de mon hôte. Je me retourne, le regarde. Il est contre son bureau, il a les bras croisé et il me regarde. Il me demande ce que je faisais dans ce quartier à cette heure-ci. Je glisse mes mains dans les poches de ma veste en jean. Je colle mon derrière à l'établi et je le regarde.

« J'étais allée voir une association que je maintiens dans le quartier. Il y a quelques années j'ai ouvert un refuge et des bénévoles m'aident à l'entretenir, j'y verse beaucoup d'argent et de mon temps pour pouvoir nourrir ceux qui ne peuvent pas se payer leur propre nourriture et héberger, quand il y en besoin, les SDF. A vrai dire, j'aimerai faire plus, j'aimerai bien ouvrir un foyer de réinsertion, quelque chose comme ça... »

Les mains au fond de mes poches de la veste en jean, je réfléchis à ce que je pourrai lui dire d'autre. Néanmoins, je me demande ce qu'il peut penser par ce que je viens de lui dire. Je retire mon écharpe pour la poser sur le dossier d'une chaise, je retire également – au final – ma veste en jean que je pose par dessus mon écharpe.

« Ça change de la façon dont je m'habille d'habitude mais en même temps dans ce quartier je ne peux pas me permettre de venir habillée avec des vêtements de hautes coutures. Je ne pas non plus suicidaire … »

Je passe mes mains sur mon jean troué, un peu large, je redescends également un peu mon t-shirt gris et je m'appuie sur le dossier de la chaise.

« … Et puis j'aime bien être comme ça, ça me change et c'est plus confortable. Dis moi si je parle trop. »

Je passe ma main dans les cheveux et je regarde mon interlocuteur. J'espère ne pas en dire trop.  



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